Femmes au Moyen Âge

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Article principal : Histoire des femmes.

L'histoire des femmes au Moyen Âge est incomplète, puisque dans l'histoire, la plupart des textes sont écrits par des hommes et les femmes sont très peu évoquées (voir histoire des femmes). Plus nous remontons dans le passé, plus les informations sur les femmes sont partielles.

Les couvents chrétiens sont une alternative au mariage, pour les femmes du Moyen Âge
Huile par John Everett Millais, 1858.

La femme religieuse[modifier | modifier le code]

Depuis le Ve siècle les femmes ont l’interdiction de recevoir les ordres sacrés, seul le clergé régulier (clergé des moines et religieuses) accepte les femmes. Elles sont même un nombre très important. En 1760, un abbé dénombre 80 000 religieuses sur 206 000 ecclésiastiques (religieux - religieuse)[1]. Ces 80 000 religieuses sont réparties dans 253 abbayes et 64 prieurés qui bénéficient d’une organisation spéciale. À la tête des abbayes il y a l’abbesse qui normalement est élue par les religieuses mais le plus souvent c’est le roi qui la désigne avec le vote de la communauté. Au-dessous de l’abbesse, il y a une prieure qui l’aide dans l’administration et si pour une raison quelconque (maladie, interdite par l’évêque) l’abbesse est incapable d’exercer c’est la prieure qui s’en charge. La prieure prend parfois le nom de coadjutrice ou d’assistante. Une économe ou trésorière est chargée de l’administration financière et de la comptabilité.

Les pouvoirs des abbesses ont été très grands au Moyen Âge, en revanche leurs pouvoirs spirituels sont très limités à cause de l’interdiction aux femmes de recevoir les ordres religieux. Mais, les abbesses les plus importantes ont quand même le droit de nommer les prêtres qui exercent en leur nom les fonctions spirituelles. Des textes formels ont interdit aux abbesses d’entendre les confessions des religieuses et aucun texte n’indique qu’elles y étaient opposées.

Les religieuses ne sont contraintes à presque aucune obligation à part à celle du célibat. À l’église, elles sont habillées comme toutes les autres dames, sauf qu’elles portent un voile blanc sur la tête et un grand manteau pendant la messe.

Le rôle des femmes dans la famille[modifier | modifier le code]

Le mariage[modifier | modifier le code]

Vers la fin du Moyen Âge, l'âge minimum des fiançailles est fixé à 7 ans et l'âge du mariage à 12 ans par le droit ecclésiastique. Les garçons ne peuvent pas se marier avant 14 ans. L'Église a pourtant la possibilité de faire des exceptions lorsque l'union peut rétablir la paix entre deux familles. Se marier jeune est normal à cette époque où la durée de vie et donc la durée de la jeunesse sont très courtes. Pendant l'Ancien Régime, il n'y a plus que 4 % de femmes qui se marient avant 17 ans[2]. Les femmes les plus jeunes sont majoritairement issues de classes élevées, et se marient avec des hommes souvent beaucoup plus âgés. Dans les familles plus modestes, les mariés ont des âges plus proches.

Saint Augustin a exprimé en trois mots le but du mariage : progéniture, fidélité, sacrement[3].

L'amour n'est pas un fondement de l'union, mais un principe qui vient en se mariant. Le mariage étant premièrement une union de deux familles, il apaise les disputes et garantit la paix. Comme dans les sociétés primitives, donner une femme en mariage est la plus commune et plus simple méthode de forger des liens entre clans et nations.

Des cadeaux, champs, troupeaux, esclaves ou bijoux sont parfois offerts en échange de la femme. Ou alors donnés avec elle, certaines sociétés estimant que la femme sera tellement chère à entretenir que son père doit payer pour s'en défaire. Les biens apportés par le mari sont appelés "douaire". Ceux déboursés par la famille de la mariée, "dot". Ces pratiques sont si courantes, qu'un mariage sans dot ou douaire n'est pas considéré comme valable. Les pauvres s'échangent aussi des biens pour le mariage, même si ces cadeaux ne sont alors que symboliques. Les transactions matérielles sont bien au centre de l'engagement. Le banquet de noces où se retrouvent parents, alliés et amis fait partie du même rite. Les familles dépensent sans compter pour satisfaire les convives en nourriture, vins et spectacles[4].

La douaire étant majoritaire en Occident au début du Moyen Âge, il est remplacé peu à peu par la dot vers le XIIe siècle. Ce changement bouleverse la nature sociale du mariage et les stratégies matrimoniales. Alors que le douaire était relatif à l'hypergamie, les femmes épousant des hommes de rang inférieur, et que la femme en est l'usufruitière, la dot rend l'hypogamie majoritaire, ce n'est alors plus un jeune homme ambitieux qui achète son ascension sociale, mais la famille de la mariée. La femme est donc inférieure à son mari, ce qui détériore sa condition. Les filles dotées n'ont plus accès à l'héritage de leur père, les maris ont plus de pouvoir sur les biens de leur couple et quelquefois même la tutelle ou curatelle des enfants est retiré aux mères veuves[4].

La femme est alors presque considérée comme une mineure tout le long de sa vie, passant de l'autorité de son père à celle de son mari.

Mais à cette époque se répand aussi la théorie du libre consentement, nécessaire à la validité du mariage. Bien que l'égalité des époux soit posée dans l'échange des consentements, la femme reste pourtant sous l'autorité de son mari. L'homme endosse la responsabilité de l'honneur de la famille. Son épouse lui doit obéissance et soumission. L'époux a le pouvoir sur la famille. Les châtiments physiques sont acceptés, ce qui explique une grande tolérance de la société d'alors pour la violence conjugale. Le mari est même autorisé à tuer sa femme en cas d'adultère.

À la Réforme, le statut d'épouse est revalorisé. La responsabilité est partagée et le père de famille doit être juste, ce qui exclut toute tyrannie. À la seconde moitié du XVIe siècle, les autorités séculaires réduisent l'arbitraire parental en diminuant l'influence des parents sur le choix du conjoint de leur enfant. Elles offrent aussi plus de débouchés aux femmes qui dénoncent leur mari comme étant violent[5].

Après le mariage, la femme est accueillie dans la famille de son mari. Elle doit alors honorer ses beaux-parents. Facteur d'une bonne entente dans le couple, cette attention consiste à manifester son respect en paroles et gestes humbles, à ne jamais créer de conflit et à chercher à éliminer toutes leurs causes par la douceur et la gentillesse. La femme doit à ses beaux-parents les mêmes égards qu'à ses propres parents.

L'épouse est obligée d'aimer son mari. Cela résume en quelque sorte les devoirs de la femme à son époux. L'amour de la femme devant être parfait, l'homme ne doit quant à lui qu'aimer avec retenue, plus avec jugement qu'avec passion, ce qui entraînerait la jalousie et même la folie[6].

La maison est typiquement l'espace de la femme. Elle contrôle le travail domestique et s'occupe de tout le reste. Elle file, tisse, soigne, nettoie, prend soin des animaux et accueille les amis de son mari. Elle doit aussi s'occuper des enfants et des serviteurs. Sans se mettre en travers de l'autorité de son mari, elle prend en charge l'instruction, le contrôle moral et l'affection dus aux serviteurs.

La maternité[modifier | modifier le code]

Au Moyen Âge, la maternité est l'un des devoirs principal de la femme mariée. Les femmes stériles sont alors parfois répudiées après des années de mariage non fécond.

Dans les classes supérieures, les mères ne sont pas forcées de veiller constamment aux besoins de leurs enfants. Les nourrices et les domestiques s'occupaient souvent de nettoyer, baigner, langer et nourrir les bébés. Comme les femmes sont de plus mariées très tôt, cela amène de nombreuses naissances, en moyenne de 8 à 10[7].

Les femmes de milieu artisan ou paysan s'occupent bien plus de leur progéniture. Aussi, la descendance est moins nombreuse que dans la noblesse. Malgré tout, il n'est pas toujours facile de conjuguer travail obligatoire et soins aux enfants. Les plus jeunes, laissés sans surveillance, sont donc souvent victimes d'accidents. À partir de 4 ans, ils commencent à aider leurs mères dans le travail de la maison ou du jardin.

Les enfants ont comme première fonction d'assurer les vieux jours de leurs parents.

Les techniques utilisées lors des accouchements sont très peu connues. En effet, les hommes n'ayant aucune expérience là-dedans et ne pouvant pas y assister, nous n'avons quasiment aucune information. En tout cas, quelle que soit leur origine sociale, les femmes appréhendaient leurs couches. À cette époque et pendant longtemps, l'accouchement engendre de nombreux risques. Les sages-femmes et les matrones n'ont qu'accès à des méthodes limitées. La césarienne, par exemple, n'est autorisée que sur des femmes mortes[8]. Le nombre de femmes mortes en couches est donc très élevé.

Les moyens de contraception de l'époque étant très illusoires, les femmes ne pouvant ou ne voulant pas assumer une grossesse ou une naissance sont parfois obligées d'avorter, de tuer ou d'abandonner leurs enfants à la naissance. La difficulté de l'avortement vient de l'impossibilité de déterminer assez rapidement que la femme est enceinte. Les risques sont alors de plus en plus importants. La plupart du temps, la mère meurt en même temps que le fœtus. Le meurtre ou l'abandon sont donc sûrement plus pratiqués, bien qu'ils soient aussi dangereux, l'Église ou les lois laïques les condamnant à mort. L'abandon d'enfant était la solution ultime des pauvres, surtout dans les villes. Même les pires menaces ne dissuadaient pas les mères désespérées. Vers la fin du XIVe siècle, des orphelinats et des hospices pour enfants abandonnés commencent à apparaître dans les villes.

Travail et métiers[modifier | modifier le code]

Les jeunes filles sont destinées à se former en attendant le mariage, à des travaux ménagers ou féminins[9]. Souvent, elles sont dans un premier temps placées dans d’autres familles pour être leur servante et exécuter leurs tâches ménagères afin de se constituer une dot (voir chapitre du mariage). Une fois adultes, elles sont généralement embauchées comme apprenties par des maître(sse)s afin d’être formées et de se spécialiser dans la profession « choisie ». Par contre, à la fin du Moyen Âge, les femmes sont peu à peu évincées du travail artisanal, à cause de la concurrence qu’elles créent : une loi interdit même aux femmes d’exercer une activité artisanale[10].

Malgré les succès de certaines femmes dans le domaine scientifique, le biais culturel a affecté leur éducation et leur participation à la science du Moyen Âge. Par exemple, saint Thomas d'Aquin, un érudit chrétien a écrit, sur la femme : « Elle est mentalement incapable de tenir une position d'autorité »[11].

Entreprise artisanale, marchande ou paysanne[modifier | modifier le code]

À la fin du Moyen Âge, la main-d’œuvre féminine tient une place décisive dans l’économie européenne, mais avant cela, au début du XIIe siècle, de nombreuses modifications ont été opérées dans ce domaine. Ces modifications ont permis aux femmes d’exercer un plus grand choix de métiers. Elles travaillent généralement avec leur mari, dans l’entreprise familiale artisanale, marchande ou paysanne.

Dans la famille[modifier | modifier le code]

Photographie montrant une illustration médiévale du travail de la vigne : en haut à gauche, la taille et l'attachage de la vigne et en bas le travail du sol. En haut à droite, le pressurage du raisin et en bas, les vendanges.
Tacuinum sanitatis : les quatre saisons du travail de la vigne dans un manuscrit du XIIe siècle

Cependant, les femmes célibataires doivent rester sous la dépendance d’une famille jusqu’à leur mariage, ou jusqu’à leur mort si elles ne trouvent pas de mari. Durant la même période, la culture des céréales ou des produits agricoles s’intensifie dans le milieu rural, ce qui diminue l’activité artisanale. C’est par ces activités que la campagne se distingue de la ville. Malgré ces modifications, la femme est très souvent cantonnée aux travaux ménagers, à l’éducation de ses enfants, au métiers du secteur du textile, du petit commerce et de l’alimentation et seules les femmes peuvent exercer des métiers dans le milieu de l’obstétrique et de la puériculture.

Dans les entreprises familiales paysannes, les femmes s’occupent principalement de l’élevage, de la fabrication du pain, de la bière, et de la production laitière (sauf si cette production était spécifique à l’entreprise, dans ce cas, l’activité était réservée aux hommes). Le but recherché par les familles est de gagner un maximum d’argent, car leurs revenus sont parfois insuffisants pour leur permettre de vivre et de se nourrir, et on peut constater que dans les milieux où la pauvreté est élevée, 9 travailleuses sur 10 sont des paysannes[12].

Certaines activités rurales sont essentielles à la production urbaine, comme la culture du lin, ou la viticulture[9]. En ville, certaines femmes font du commerce en vendant ce qu’elles ont elles-mêmes produit (petit commerce), et parfois, elles se regroupent et font alors du grand commerce, mais elles ne doivent pas s’éloigner de leur foyer afin de pouvoir continuer à remplir leurs devoirs familiaux.

Hors du milieu familial[modifier | modifier le code]

Les veuves ou les célibataires sont très pauvres étant donné le très petit salaire qu’elles perçoivent, et pour survivre elles mendient, volent, se prostituent ou se réfugient dans un monastère. Là-bas elles peuvent lire, chanter, filer et tisser.

À la fin du XIIIe siècle, des femmes sont placées à la tête d’écoles élémentaires de jeunes filles, la séparation filles et garçons étant obligatoire dans les écoles. Elles sont également présentes dans l’artisanat, par exemple dans la production de vêtements ou dans la transformation de la laine, mais aussi dans des métiers très éprouvants tels que la métallurgie, le bâtiment ou le brassage de la bière, car elles représentent une main-d’œuvre à très bas prix, bien moins chère que la main-d’œuvre masculine. Dans ces métiers aujourd’hui dits masculins, elles ne sont jamais élevées au rang de maîtresse de métier.

À la fin du Moyen Âge, les femmes sont peu à peu évincées du travail artisanal, à cause de la concurrence qu’elles créent. Ce n'est que deux siècles plus tard, en 1688, qu'une loi fut créée par Adrian Beier interdisant aux femmes d’exercer une activité artisanale[10].

Entreprise scientifique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Place des femmes en sciences.
Hildegarde de Bingen

La première partie du Moyen Âge européen est marquée par le déclin de l'Empire romain d'Occident. La portion latine occidentale de la civilisation gréco-romaine est alors aux prises avec de grandes difficultés affectant négativement la production intellectuelle du continent. Bien que la nature était toujours vue comme un système qui est compréhensible par la raison, il y a peu d'initiative ou d'innovation scientifique[13]. Toutefois, les siècles suivant l'an mil ont amené davantage de prospésité et une augmentation rapide de la population, ce qui a entraîné plusieurs changements et donné une poussée à la production scientifique.

Couvents[modifier | modifier le code]

Durant cette période, les couvents était un lieu central pour l'éducation des femmes et dans certaines communautés, il était possible aux femmes de s'adonner à la recherche scientifique. Un exemple est l'abbesse allemande Hildegarde de Bingen, dont les écrits prolifiques incluent des traitements d'une variété de sujets scientifiques, dont la médecine, la botanique et l'histoire naturelle (c.1151–58)[14]. Un autre exemple est celui de Herrade de Landsberg qui devient célèbre en tant qu'auteure et illustratrice de l'Hortus deliciarum (Le Jardin des délices), composé entre 1169 et 1175. Première encyclopédie écrite par une femme, c'était un superbe manuscrit à vocation essentiellement didactique.

Au XIe siècle, émergent les premières universités, bien que les femmes y étaient en général exclues[11]. Il existe des exceptions, dont l'université de Bologne, qui a permis l'accès des femmes aux cours, dès sa fondation en 1088[15].

Femmes médecins italiennes[modifier | modifier le code]

Pour ce qui est de la place des femmes en médecine en Italie, elle apparaît avoir joui d'une attitude davantage libérale qu'ailleurs en Occident. On croit que la femme médecin Trotula de Salerne a tenu une chaire à l'école de médecine de Salerne au XIe siècle où elle enseignait à des italiennes nobles, d'où le surnom de ses étudiantes : « les dames de Salerno »[16]. On attribue à Trotula plusieurs textes d'influence sur la médecine féminine, couvrant les champs de l'obstétrique et de la gynécologie, entre autres sujets.

Dorotea Bocchi, une autre femme médecin italienne, a détenu une chaine de philosophie et de médecine à l'université de Bologne dès 1390 et pendant plus de 40 ans[15],[17],[18],[19]. D'autres Italiennes de l'époque dont les contributions en médecine sont notées sont en autres : Abella, Jacqueline Félicie de Almania, Alessandra Giliani, Rebecca de Guarna (en), Margarita (en), Mercuriade (XIVe siècle), Constance Calenda (en), Calrice di Durisio (XVe siècle), Constanza (en), Maria Incarnata (en) et Thomasia de Mattio (en)[17],[20].

Les vêtements des femmes au Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Le filage à la main est un travail typiquement féminin (illustration c. 1170).

La forme[modifier | modifier le code]

Au début du Moyen Âge, du Ve au XIIe siècle, les costumes que portent les femmes et les hommes sont identiques, les seules différences venant du fait que ceux des femmes atteignent le sol tandis que ceux des hommes ne leur arrivent qu’aux genoux et sont accompagnés d’un pantalon appelé braies. Le costume est composé d’une tunique de dessous, appelée la chainse, généralement accompagnée d’une ceinture, et recouverte d’un bliaud. Ce n’est que plus tard, vers le XIIIe siècle qu’une distinction entre les vêtements féminins et masculins apparaît grâce à l’art gothique. Les robes sont plus décolletées, accessoirisées à l’aide de boutons et de lacets, et leurs manches s’élargissent. Les femmes portent des corsets afin d’avoir une taille très fine, et sous leurs robes, une "armature" faite de fils de fers "vertudin", qui servait à raidir et à donner une forme de cloche à leurs multiples couches de jupon. Au-dessus de l’armature, elles portent un jupon en coton, et par dessus le tout, un deuxième jupon, décoré de broderies, dentelles et autres décorations. À partir du XIVe siècle, le hérigaut (manteau) et la houppelande (robe) sont portés tant par les hommes que par les femmes. Les chaussures portées par les femmes étaient en velours ou en cuir et très pointues.

Les couleurs et les matières[modifier | modifier le code]

Entre le Ve et le XIIe siècle, les tuniques et les bliauds sont généralement composés de lin ou de laine de lin de couleur neutre. Ce n’est que lorsque les robes sophistiquées apparaissent (à partir du XIIIe siècle) que les tissus les composants deviennent plus luxueux. Elles sont alors composées de soie d’orient, de coton d’Arabie, de velours et de dentelles[21]. Quant aux couleurs, les plus fréquemment portées par les femmes sont le bleu, le pourpre, le noir, le violet ou encore le gris. Le rouge et le vert étant réservés aux nobles. Les fillettes devaient être vêtues de bleu ciel. La fourrure est également utilisée pour doubler les vêtements (la peau d’hermine étant l’une des plus utilisées). Après cette période, la mode bourguignonne définit la fin du Moyen Âge. Elle dure du XIVe au XVe siècle.

Les coiffes[modifier | modifier le code]

Les femmes les plus nobles se tirent les cheveux derrière la tête et se recouvrent la tête d’une coiffe à cornes. Les femmes moins fortunées ne portent qu’un simple voile blanc, mais les demoiselles se distinguent en étant "en cheveux", c’est-à-dire la tête découverte. Quant aux femmes âgées, elles s’entourent la tête entière avec des voiles blancs.

La beauté[modifier | modifier le code]

Au Moyen Âge, la femme doit avoir une taille fine, une poitrine définie et une chevelure ondoyante, mais le plus important pour être considérée comme étant belle est d’avoir un teint diaphane et délicat, car cela est un signe de noblesse. Le front est épilé à la racine des cheveux, pour qu’il soit bombé. La pilosité est considérée comme honteuse (sauf pour les courtisanes). C’est pour cela qu’elles s’épilent le front, la racine des cheveux, les sourcils ainsi que bien d’autres parties du corps à l’aide de racloirs en ivoires, de pâte (appelée "dropax"[22]) ou de pierre ponce. Bien que l’église soit contre le maquillage, les femmes apprécient entre autres le khôl et d’autres fards.

Le voisinage de l'Europe médiévale[modifier | modifier le code]

Ouvrage[modifier | modifier le code]

  • Maïté Albistur et Daniel Armogathe, Histoire du féminisme français du Moyen Âge à nos jours, Des femmes, coll. « Des femmes »,‎ 15 janvier 1977, 500 p. (ISBN 978-2-721-00092-7)
  • Georges Duby et Michèle Perrot, Histoire des Femmes : Le Moyen-Âge, t. 2, Plon,‎ 1er octobre 1991 (ISBN 2-259-02376-2)
  • (en) Leigh Ann Whaley, Women's History As Scientists : A Guide to the Debates, ABC-CLIO,‎ 2003, 252 p. (ISBN 9-781-576-07230-1)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Albistur et Armogathe 1977, p. 30.
  2. Jean-Pierre Bardet, « L'épopée des mères de famille », L'Histoire « Les femmes, 5000 ans pour l'égalité », no 245,‎ juillet/août 2000, p. 61
  3. Duby et Perrot 1991.
  4. a et b Martin Aurel, « La dot, une très mauvaise affaire pour la femme », L'Histoire « Les femmes, 5000 ans pour l'égalité », no 245,‎ juillet/août 2000, p. 30-33
  5. (de) Dictionnaire historique de la Suisse : Dudan - Frowin, Bâle, Schwabe,‎ 2005, 879 p. (ISBN 978-3-7965-1904[à vérifier : ISBN invalide]), p. 687
  6. Duby et Perrot 1991, p. 121-124.
  7. Duby et Perrot 1991, p. 299.
  8. Duby et Perrot 1991, p. 302.
  9. a et b Duby et Perrot 1991, p. 307.
  10. a et b Duby et Perrot 1991, p. 317.
  11. a et b Whaley 2003.
  12. Albistur et Armogathe 1977, p. 33.
  13. (en) Lawrence M. Principe, « The End of the Classical World (lecture 12) », History of Science: Antiquity to 1700, Teaching Company,‎ 2002 (résumé)
  14. (en) « Sabina Flanagan: Hildegard von Bingen »
  15. a et b [PDF] (en) J. S. Edwards, « A Woman Is Wise: The Influence of Civic and Christian Humanism on the Education of Women in Northern Italy and England during the Renaissance », Ex Post Facto: Journal of the History Students at San Francisco State University, vol. XI,‎ 2002 (lire en ligne)
  16. (en) « Reframing the question »
  17. a et b (en) Sethanne Howard, The Hidden Giants, Lulu.com,‎ 2007, 167 p. (ISBN 978-1-430-03007-62[à vérifier : ISBN invalide], lire en ligne), p. 35
  18. (en) « Brooklyn Museum: Elizabeth A. Sackler Center for Feminist Art: The Dinner Party: Heritage Floor: Dorotea Bucca »
  19. (en) Sophia Jex-Blake, the Medical Education of Women,‎ 1874, 15 p. republié dans (en) Dale Spender, The Education Papers: Women's Quest for Equality, 1850–1912, Routledge, 366 p. (ISBN 978-0-415-25686-5, présentation en ligne), p. 270
  20. (en) James J. Walsh, Old Time Makers of Medicine : The Story of The Students And Teachers of the Sciences Related to Medicine During the Middle Ages, Fordham University Press,‎ 1911 (ISBN 978-1-603-03226-1, lire en ligne), chap. 8 (« Medieval Women Physicians »)
  21. [PDF] « Le costume au moyen-âge »
  22. Denis Diderot, Jean le Rond D'Alembert et al., Encyclopédie méthodique: ou par ordre de matières, vol. 144 (lire en ligne), p. 540-541