Sighetu Marmației

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Sighetu Marmaţiei
Blason de Sighetu Marmaţiei
Héraldique
Le centre de Sighetu Marmaţiei
Le centre de Sighetu Marmaţiei
Administration
Pays Roumanie Roumanie
Région Transylvanie
Judeţ Maramureș
Maire
Mandat
Eugenia Gojda PSD
2008-2012
Indicatif téléphonique international +(40)
Démographie
Population 41 640 hab. (2007)
Densité 375 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 55′ 43″ N 23° 53′ 33″ E / 47.928611, 23.892547° 55′ 43″ Nord 23° 53′ 33″ Est / 47.928611, 23.8925  
Altitude 274 m
Superficie 11 100 ha = 111 km2
Divers
Cours d'eau Tisa
Fondation 1326
Localisation
Localisation de Sighetu Marmației dans le județ de Maramures
Localisation de Sighetu Marmației dans le județ de Maramures

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Sighetu Marmaţiei

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Sighetu Marmaţiei
Liens
Site web http://www.primaria-sighet.ro

Sighetu Marmaţiei ou Sighetul Marmaţiei (au Moyen Âge Ostrovu Marmaţiei, en ukrainien : Сигіт Сигіт-Мармароський, en hongrois Máramarossziget, en rusyn Sihota), mais seulement Sighet à l'époque communiste, est une ville (municipalité) du Județ de Maramureș au confluent de l'Iza et de la Tisa, dans le nord-ouest de la Roumanie.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Sziget, prononcé comme Sighet, signifie « île » en hongrois, ce qui est aussi le sens du mot médiéval Ostrov en roumain et en rusyn.

Géographie[modifier | modifier le code]

La ville est située sur la rive gauche de la rivière Tisa, qui la sépare de la Ruthénie ukrainienne.

Les communes avoisinantes incluent : Sarasău, Săpânța, Câmpulung la Tisa, Ocna Șugatag, Giulești, Vadu Izei, Rona de Jos et Bocicoiu Mare en Roumanie ; Bila Cerkva et Solotvino en Ukraine (oblast de Transcarpathie).

Démographie[modifier | modifier le code]

La ville abritait avant la Seconde Guerre mondiale une importante communauté juive ashkénaze (10 526 personnes en 1930, soit 38,6 % de la population totale)[1], dont Elie Wiesel, qui l'évoque dans de nombreuses œuvres.

Elle comptait en 2002 44 185 habitants.edrc, dont

La communauté de communes de Sighetu Marmației comprend la ville de Sighetu Marmației elle-même (36 098 habitants en 2002) mais aussi les villages de Iapa (1 712 habitants), Lazu Baciului (510 habitants), Șugău (795 habitants), Valea Cufundoasă (622 habitants) et Valea Hotarului (1 483 habitants).

D'après le recensement effectué en 1910, la ville comptait 21 370 habitants (dans la ville même) dont 17 542 (82,1 %) Magyars et Juifs hongrois, 2 001 (9,4 %) Roumains, 1 257 (5,9 %) Allemands, et 32 (2,5 %) Ruthènes[2]. Ces statistiques ne prenaient en compte ni la population juive, qui était substantielle à Sighet, avant la Shoah (selon certains comptes, Sighet possédait en 1940 la plus grande proportion de Juifs de toutes les villes du pays[3]), ni les Roms[4].

Évolution démographique
1880 1900 1910 1930 1956 1977 1992 2002 2007
12 324 19 117 23 657 27 270 24 222 38 146 44 185 41 250[1] 41 640


Religions[modifier | modifier le code]

En 2002, la tradition religieuse déclarée de la population (qui n'inclut pas forcément une pratique régulière) était la suivante :

Histoire[modifier | modifier le code]

Encore inhabitée à l'époque de la culture de Hallstatt, la confluence de la Tisa et de l'Iza se situait sur la route qui, par le col de Iablonitsa, reliait la plaine pannonienne à la grande plaine scythique, en franchissant les Alpes Bastarniques. Cette route était très empruntée par les Agathyrses, Roxolans et Sarmates, peuples de la steppe de langues iraniennes (comme les Daces locaux), auxquels vinrent se mêler ultérieurement des Celtes, les Scordices. Il est probable que l'endroit ait pu abriter périodiquement des marchés, mais la première mention d'un établissement permanent ne date que du XIe siècle, et la ville en tant que telle n'est citée qu'en 1326. En 1352, elle est mentionnée comme ville franche et capitale du voévodat du Maramureș, lui-même vassal du royaume de Hongrie. Au siècle suivant, le voïvodat perd son autonomie et devient un simple comté de la Hongrie, statut qu'il gardera jusqu'en 1918, Sighet en étant le chef-lieu.

En 1472, de nouveaux privilèges sont accordés à la ville par le roi Matthias Ier de Hongrie.

En 1717, la ville, comme toute la Marmatie eut à subir la dernière invasion tatare, qui occasionna de nombreux dégâts. La première ayant eu lieu en 1224, c'est donc durant six siècles que les Tatars, venus de l'actuelle Ukraine méridionale, ont menacé, parfois assiégé, et parfois pris et pillé la ville avec une périodicité d'environ 40 ans.

Le mémorial aux deux millions de victimes recensées du communisme, dans la même rue que celui des victimes de la Shoah, à Sighetu Marmației.

Par ailleurs, de 1570 à 1733, le comté et la ville firent partie de la Principauté de Transylvanie, d'abord indépendante, ensuite vassale de l'empire d'Autriche. Après 1733, le comté revint à la Hongrie au sein de l'empire austro-hongrois. Sighetu Marmației fut un centre culturel à la fois roumain, ukrainien et juif ashkénaze. La communauté juive y a de vifs souvenirs liés à la famille Teitelbaum et au Hassidisme, très actif ici. Lors du partage en 1918 du Maramureș entre la Tchécoslovaquie et la Roumanie à l'issue de la Première Guerre mondiale, Sighet échut à cette dernière.

Comme toute la Roumanie, Sighet fut soumise aux régimes dictatoriaux carliste, fasciste et communiste de février 1938 à décembre 1989.

Alliée au Troisième Reich durant la Seconde Guerre mondiale, la Hongrie reprit le Maramureș aux Tchécoslovaques en 1939 (Accords de Munich) et aux Roumains en 1940 (Diktat de Vienne). En 1944, l'Allemagne nazie occupa la Hongrie et y établit un gouvernement fantoche. Durant cette période, plus de 20 000 juifs de Sighet, dont le futur prix Nobel Elie Wiesel, furent envoyés à Auschwitz par les autorités hongroises. Il reste aujourd'hui moins de cent juifs à Sighetu Marmației.

Les troupes roumaines et soviétiques libérèrent Sighetu Marmației fin 1944 et le Traité de Paris (1947) rendit la ville à la Roumanie.

Dans les années 1946-1989, le régime communiste et sa police politique, la Securitate firent de la vieille prison préfectorale austro-hongroise un mouroir pour détenus politiques et d'opinion où périt une partie de l'élite intellectuelle et politique de la Roumanie parlementaire d'avant-guerre, dont l'ancien premier ministre démocrate Iuliu Maniu et l'historien et homme politique Georges Bratianu (tous deux décédés en 1953).

Après la chute de la dictature, fin 1989, la prison est devenue un « Mémorial des Victimes du Communisme », reconnu en 1998 par le Conseil de l'Europe comme « Lieu de Mémoire de l'Europe », comme celui d'Auschwitz et celui de la Paix en Normandie. Ce Mémorial jouxte le monument aux victimes de la Shoah et de nombreuses commémorations se font simultanément : selon Ana Blandiana, fondatrice du mémorial, « Sighet est une petite ville à côté de Berlin : nous, nous ne pouvons pas nous permettre de nous diviser, de fragmenter nos mémoires, et il serait atroce de banaliser celle des voisins pour mettre en exergue la nôtre, car, lorsque comme dans notre cas, la justice ne parvient pas à devenir mémoire, alors seule la mémoire peut devenir justice »[5].

Politique[modifier | modifier le code]

Le Conseil Municipal de Sighetu Marmației compte 19 sièges de conseillers municipaux. À l'issue des élections municipales de juin 2008, Eugenia Gojda (PSD) a été élue maire de la Ville[6].

Élections municipales de 2008[7]
Parti Nombre de conseillers
Parti social-démocrate (PSD) 7
Parti démocrate-libéral (PD-L) 6
Parti national libéral (PNL) 4
Union démocrate magyare de Roumanie (UDMR) 2

Transports[modifier | modifier le code]

Routes[modifier | modifier le code]

Direction ouest : route nationale DN19 vers Satu Mare et Oradea.

Direction nord : frontière ukrainienne et ville de Solotvyna.

Direction est : route nationale DN18 vers le județ de Suceava et la Moldavie par le col de Prislop et route nationale DN17C vers le județ de Bistrița-Năsăud par le col de Șetref.

Direction sud : route nationale DN18 vers Baia Mare, la préfecture du județ par le col de Gutâi.

Voies ferrées[modifier | modifier le code]

Sighetu Marmației est reliée à Salva (județ de Bistrița-Năsăud). Par la gare ferroviaire de Sighetu Marmației passe une voie longeant la frontière, également empruntée par les chemins de fer ukrainiens : c'est pourquoi on remarque trois rails entre Câmpulung la Tisa et Valea Vișeului, les chemins de fer ukrainiens ayant un écartement supérieur à celui des chemins de fer roumains. Le rail sud, partagé par les deux compagnies, doit être remplacé plus souvent que chacun des deux rails nord (le roumain situé à 1 435 mm et l'ukrainien à 1 520 mm du rail sud)[8].

Aéroport[modifier | modifier le code]

L'aéroport le plus proche est celui de Baia Mare, à 60 km au sud-ouest.

Natifs de Sighet[modifier | modifier le code]

La maison natale d'Elie Wiesel à Sighet

(voir aussi Catégorie:Naissance à Sighetu Marmației)

Villes jumelles[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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