Hartmannswillerkopf

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Hartmannswillerkopf
(Vieil Armand)
Le sommet vu depuis le Molkenrain
Le sommet vu depuis le Molkenrain
Géographie
Altitude 956 m
Massif Vosges
Coordonnées 47° 51′ 40″ N 7° 09′ 40″ E / 47.8611, 7.161147° 51′ 40″ Nord 7° 09′ 40″ Est / 47.8611, 7.1611  
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Alsace
Département Haut-Rhin

Géolocalisation sur la carte : Haut-Rhin

(Voir situation sur carte : Haut-Rhin)
Hartmannswillerkopf(Vieil Armand)

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Hartmannswillerkopf(Vieil Armand)
Le site historique
Le profil du Vieil Armand vu depuis Cernay. Une croix est illuminée chaque soir au sommet.
Cimetière militaire du Silberloch

Le Hartmannswillerkopf rebaptisé Vieil-Armand après la Première Guerre mondiale (nommé l'Hartmann, la « mangeuse d'hommes » ou la « montagne de la Mort » par les Poilus), est un éperon rocheux pyramidal, dans le massif des Vosges, surplombant de ses 956 mètres la plaine d’Alsace du Haut-Rhin.

Un monument national y est érigé en souvenir des combats qui s'y déroulèrent durant le premier conflit mondial, en 1915 surtout. En effet, situé en droite ligne à 7 km de Thann et 6 km de Cernay, entre lesquelles passait la ligne séparant la partie de l'Alsace redevenue française dès 1914 et celle reprise par les troupes allemandes, le Vieil Armand était une forteresse stratégique alors âprement disputée. Le sommet est partagé entre les communes de Hartmannswiller, de Wuenheim, de Wattwiller et de Soultz[1].

Le cimetière militaire apparaît dans une scène du film Jules et Jim de François Truffaut[réf. souhaitée].

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le nom de Hartmannswillerkopf provient du nom du village de Hartmannswiller et de la butte (la « tête », Kopf) qui le surmonte. Les Poilus, à l'époque, ont rebaptisé le Hartmannswillerkopf en Vieil-Armand, Hartmann étant l'équivalent d'Armand en français.

Géographie[modifier | modifier le code]

Du haut de ses 956 mètres d'altitude, le Vieil-Armand domine la plaine rhénane, entre les villes de Colmar au nord et de Belfort au sud, avec entre les deux Mulhouse. Il surplombe les communes de Hartmannswiller, de Wattwiller, d'Uffholtz et de Cernay.

Le cimetière militaire du Hartmannswillerkopf est situé tout près de la route des Crêtes des Hautes-Vosges (lieu-dit Silberloch).

Au niveau du monument national du 152e R.I. se trouve un promontoire-observatoire qui offre une vue plongeante sur la plaine alsacienne, au niveau de l'agglomération mulhousienne ; la ville suisse de Bâle est visible, en arrière-plan, par temps clair.

Par beau temps, au-delà du Rhin, la ligne bleue de la Forêt-Noire germanique est visible, tout particulièrement au niveau du Belchen et du Feldberg.

Par temps exceptionnellement clair et dégagé, les Alpes bernoises (en Suisse), peuvent être visibles, les pics enneigés éternellement se dessinant alors sur la ligne d'horizon sud-est, au-delà du Jura suisse, avec des altitudes dépassant les 4 000 mètres (4 274 m au Finsteraarhorn, leur point culminant).

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Bataille du Hartmannswillerkopf.

Les principaux combats eurent lieu les 19 janvier-20 janvier, 26 mars, 25 avril-26 avril et 21 décembre-22 décembre 1915 faisant près de vingt-cinq mille morts dont une majorité de Français[2]. Parmi ces nombreux morts, on relève le général Marcel Serret et le capitaine Joseph Ferdinand Belmont. Ensuite le front s'est stabilisé et ne donna lieu qu'à des duels d'artillerie et qui a valu au sommet le nom de Montagne Sacrée d'Alsace. Au sommet, au niveau de la croix, il y a environ 22 mètres qui séparent les lignes allemandes des lignes françaises. L'inconvénient de cette situation est que les lignes doivent constamment être silencieuses, car elles peuvent s'écouter les unes les autres, et donc découvrir les stratégies de l'ennemi.

Dans l'impressionnante organisation défensive allemande, des sculptures d'Antoine Bourdelle illustrent le sacrifice de la jeunesse de ces pays voisins et cousins. Pour en sentir le pathos, il faut faire comme ces soldats du Kaiser qui gravissaient les 560 marches de la « Himmelsleiter » (échelle du ciel) qui commence à 790 m d'altitude sur le Bergpfad au versant sud.

Lieu de mémoire[modifier | modifier le code]

Médias[modifier | modifier le code]

Daniel Ziegler a réalisé en 2004 HWK, la mangeuse d'hommes, respectueux de la précision historique (les soldats du début de 1915 ne portaient pas encore de casques). Sa caméra traque les regards vides, la trouille mortelle, l'envie d'en finir avec l'horreur du déluge de fer, de feu et le sang dans le paysage lunaire au sol mêlé de terre et de chair. Les prêtres faisaient sonner les cloches pour masquer le bruit et la fureur[style à revoir]. Il y a aussi des scènes de fraternisation entre les adversaires.

Photographes et peintres immortalisèrent les événements tragiques qui se déroulèrent en ces lieux. Parmi ceux-ci, François Flameng, peintre officiel aux armées, dont les nombreux croquis et dessins furent publiés dans la revue L'Illustration.

Commémoration du centenaire[modifier | modifier le code]

Le site du Hartmannswillerkopf inclut 45 km de tranchées qui ont été conservées, et des sentiers qui permettent de visiter le site.

Pour préparer la commémoration du centenaire de la Grande Guerre, les installations militaires reliques de la Première Guerre ont fait l'objet d'un projet de rénovation et de mise en valeur. Le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) a été missionné pour un diagnostic des zones d’instabilité des anciens souterrains sous et près de la crête. Des propositions de mise en sécurité pour une mise en valeur sans risques ont été faites[3].

Le 3 août 2014, François Hollande, président de la République française, et Joachim Gauck, président de la République fédérale d'Allemagne, se rendent sur le Hartmannswillerkopf pour célébrer le centenaire de la Grande Guerre, et plus particulièrement le début des hostilités entre ces deux pays[4]. Cette commémoration est qualifiée d'« inédite »[5] car c'est la première fois que le site du Vieil Armand accueille une commémoration de la Première Guerre mondiale.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Auguste Chapatte, Souvenirs d'un poilu du 15-2 : Hartmannswillerkopf 1915-1916, Bernard Giovanangeli Editeur 2011 (ISBN 978-2758700784)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Carte IGN au 1:25 000, feuille de Thann
  2. Le Hartmannswillerkopf (68)
  3. « Champ de bataille du Hartmannswillerkopf (68) ; Evaluation des risques et recommandations », in BRGM (2012), Rapport Activité de Service Public 2011
  4. « Le Vieil Armand, un terrible champ de bataille érigé en symbole de réconciliation », site Paris Normandie, 1er août 2014
  5. « 14-18 : une commémoration franco-allemande inédite en Alsace », site du Figaro, 3 août 2014