Conflit armé guatémaltèque

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Conflit armé guatémaltèque
Cimetière de la guerre civile à Rabinal.
Cimetière de la guerre civile à Rabinal.
Informations générales
Date 1960-1996
Lieu Guatemala
Casus belli Guérilla marxiste
Issue accord de paix
Belligérants
Drapeau du Guatemala Guatemala
Soutenu par :
Drapeau des États-Unis États-Unis
Drapeau d’Israël Israël
Drapeau de l’Argentine Argentine
Drapeau de la République de Chine Taïwan
Drapeau du Chili Chili
Drapeau de l'Afrique du Sud Afrique du Sud
FAR
EGP
PGT
ORPA
URNG
Soutenus par :
Drapeau de Cuba Cuba
Drapeau du Nicaragua Nicaragua
Drapeau de l'URSS Union soviétique

Le conflit armé guatémaltèque est un conflit asymétrique qui oppose entre de 1960 et 1996 différentes guérillas marxistes au gouvernement du Guatemala. Débuté par un soulèvement d'officiers le 13 novembre 1960 contre l'influence des États-Unis, le conflit se finit en 1996 par un accord de paix signé entre les groupes armés et le gouvernement grâce à l'action de la Mission des Nations unies pour la vérification des droits de l'homme et du respect des engagements pris aux termes de l'accord général relatif aux droits de l'homme au Guatemala (Minugua). Mêlant des causes sociales, économiques, politiques et ethniques, le conflit fait plus de 100 000 morts, des dizaines de milliers de disparus et 1 000 000 déplacés[1].

Contexte historique[modifier | modifier le code]

Le 20 octobre 1944, le président Juan Federico Ponce Vaidés est renversé par un mouvement insurrectionnel. Juan José Arévalo Bermejo est élu et établi la démocratie. Il mène une politique de réduction des inégalités sociales, poursuivie par son successeur Jacobo Arbenz Guzmán via une réforme agraire. La société américaine United Fruit Company (qui contrôle l'exportation des bananes, deuxième produit d'exportation du pays, et les chemins de fer), ainsi que les grands propriétaires terriens (2 % de la population possède 70 % des terres) s'opposent à cette politique. Le pays est secoué par les divisions entre les Ladinos d'origine européenne et les mayas. Soutenu par la CIA dans le cadre de l'Opération PBSUCCESS, Carlos Castillo Armas prend le pouvoir par un coup d'État en 1954, mettant en place un régime autoritaire, interdisant les organisations de gauche, et revenant sur les réformes sociales de ses prédécesseurs[1].

L'éclatement de la guerre civile[modifier | modifier le code]

Un groupe d'officiers libéraux tente un coup d'État le 13 novembre 1960. Inspirés par la Révolution cubaine, ils s'opposent à l'entraînement d'anticastristes au Guatemala sous l'égide des États-Unis et du gouvernement. Des mouvements de guérillas, MR13 et Fuerzas Armadas Rebeldes (FAR), parfois soutenus par le Partido Guatemalteco del Trabajo, se forment au début des années 1960 mais sont rapidement brisés par la répression. De nouveaux groupes sont créés par des dissidents des FAR apparaissent au début des années 1970, entrant réellement en action qu'à partir du milieu de la décennie : l'Ejército Guerrillero de los Pobres (EGP) et l'Organización del Pueblo en Armas (ORPA). Si l'EGP est sur des bases marxistes-léninistes, l'ORPA se pose comme le défenseur des communautés amérindiennes. Les FAR et une partie du Partido Guatemalteco del Trabajo reprennent les armes, s'installant dans l'IXcan. Le 8 février 1982, les différentes guérillas s'unissent en une Unidad Revolucionaria Nacional Guatemalteca (URNG), rassemblant 6 000 militants. Le gouvernement forme les Patrullas de Autodefensa Civil (Patrouilles d'autodéfense civile), organisation paramilitaire civile forte à son apogée de 900 000 membres, pour lutter contre la guérilla au côté des forces de sécurité officielles comme la Police militaire ambulante et différents groupes paramilitaires et escadrons de la mort (Guardia de hacienda, Policia judicial, Mano Blanca, Ojo por Ojo, …), tandis que sont organisés des déplacements de populations dans le cadre d'une stratégie antisubversive. Malgré l'élection de Marco Vinicio Cerezo Arévalo en 1985, marquant le retour des civils au pouvoir, l'armée conserve une forte emprise sur le pays[1].

Processus de paix[modifier | modifier le code]

Suite aux accords d'Esquipulas, des premiers pourparlers sont organisés en octobre 1987 à Madrid et une Commission nationale de réconciliation est créée la même année. Celle-ci organise une nouvelle réunion des différentes forces politiques, accompagnés par un représentant de l'ONU et de représentants de la société civile, à Oslo en mars 1990. En 1992, Rigoberta Menchú, membre du Comité d'unité paysanne, proche de l'EGP, reçoit le Prix Nobel de la paix. Interrompu entre mai 1993 et janvier 1994, le processus de paix est placé sous le contrôle de l'Organisation des Nations unies. La Minuga (Mission des Nations unies pour la vérification des droits de l'homme et du respect des engagements pris aux termes de l'accord général relatif aux droits de l'homme au Guatemala) est fondée le 19 septembre 1994. Une trêve est annoncée pour les élections de novembre 1995, et en mars 1996, la guérilla déclare un cessez-le-feu. Un premier accord est signé en mai 1996 entre le gouvernement et l'URNG et l'accord de paix final est signé le 29 décembre. Le plan de paix prévoit la démobilisation de la guérilla et la transformation de l'URNG en parti politique en 1997 puis des réformes sociales et économiques jusqu'à 2000. Ces réformes sont refusées par référendum le 17 mai 1999 avec plus de 80 % d'abstention, malgré le soutien de la quasi-totalité de la classe politique. Des groupes armés réapparaissent au début des années 2000 (Armée de libération du peuple maya, Front rebelle du peuple,…)[1]. Une Commission pour l'éclaircissement historique, mise en place à partir de 1994, tente d'établir les torts attribuables à chaque partie du conflit et une réconciliation nationale.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Jean-Marc Balencie et Arnaud de La Grange, Mondes rebelles : L'encyclopédie des acteurs, conflits & violences politiques, Paris, Éditions Michalon,‎ 2001, 1677 p. (ISBN 2841861422), p. 53-73