Catastrophe nucléaire de Tchernobyl

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Catastrophe nucléaire de Tchernobyl
Le réacteur no 4 et son sarcophage
Le réacteur no 4 et son sarcophage
Généralités
Type Accident nucléaire majeur de niveau 7
Pays Drapeau de l'URSS Union soviétique
Localisation RSS d'UkrainePripiat, RSS d'Ukraine
Coordonnées 51° 23′ 22.39″ N 30° 05′ 56.93″ E / 51.3895528, 30.0991472 ()51° 23′ 22.39″ Nord 30° 05′ 56.93″ Est / 51.3895528, 30.0991472 ()  
Date 26 avril 1986

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La catastrophe nucléaire de Tchernobyl , également désignée comme l'accident nucléaire de Tchernobyl, est un accident nucléaire classé au niveau 7, le plus élevé, sur l'échelle internationale des événements nucléaires (INES) qui a eu lieu le 26 avril 1986 dans la centrale Lénine, située à l'époque en RSS d'Ukraine en URSS.

Résumé[modifier | modifier le code]

L'accident a été provoqué par l'augmentation incontrôlée de la puissance du réacteur no 4 conduisant à la fusion du cœur. Cela a entraîné une explosion et la libération d'importantes quantités d’éléments radioactifs dans l’atmosphère, provoquant une très large contamination de l'environnement, et de nombreux décès et maladies survenus immédiatement ou à long terme du fait des irradiations ou contaminations.

Il s'agit du premier accident classé au niveau 7 sur l'échelle internationale des événements nucléaires (INES) (le second étant la catastrophe de Fukushima du 11 mars 2011), et il est considéré comme le plus grave accident nucléaire jamais répertorié.

La centrale nucléaire est située sur un affluent du Dniepr à environ 15 kilomètres de Tchernobyl (Ukraine), et à 110 kilomètres de la capitale Kiev, près de la frontière avec la Biélorussie.

L'accident de Tchernobyl est la conséquence de dysfonctionnements importants et multiples :

  • un réacteur mal conçu, naturellement instable dans certaines situations et sans enceinte de confinement ;
  • un réacteur mal exploité, sur lequel des essais hasardeux ont été conduits ;
  • un contrôle de la sûreté par les pouvoirs publics inexistant ;
  • une gestion inadaptée des conséquences de l'accident[1].

Les conséquences de la catastrophe de Tchernobyl, controversées, sont importantes aussi bien au plan sanitaire, écologique, économique que politique. Plus de 200 000 personnes ont été définitivement évacuées.

Le rapport de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) établi en 2005 recense près de 30 morts par syndrome d'irradiation aiguë directement attribuables à l'accident et estime que 5 % des décès de liquidateurs seraient liés à la catastrophe. Dans les populations locales, 4 000 cancers de la thyroïde ont été officiellement diagnostiqués entre la catastrophe et 2002, dont la grande majorité est attribuée à la catastrophe. De plus, ce rapport estime que le nombre de morts supplémentaires par cancer dans ces populations (estimé à 4 000 morts d'après les modèles de radioprotection) est trop faible par rapport à la mortalité naturelle (100 000 morts, soit 4 % d'accroissement) pour être détectable par les outils épidémiologiques disponibles[2].

Causes[modifier | modifier le code]

L'accident s'est produit lors d'un exercice qui avait pour but de prouver que la centrale pouvait être relancée d'elle-même à la suite d'une perte totale du réseau électrique. La centrale était pourvue de générateurs diesel, mais ceux-ci mettaient 15 secondes pour démarrer et de 60 à 75 secondes pour arriver à leur puissance maximale. Ce laps de temps étant considéré comme trop élevé, l'objectif était d'utiliser l'énergie cinétique du turbo-alternateur pour relancer les pompes de recirculation primaires pendant cette période. Les réacteurs RBMK sont instables à faible puissance avec du combustible peu enrichi comme c'était le cas. Cet exercice a été conduit à une puissance trop faible et en plein pic Xénon et Iode : ce phénomène est qualifié d'« empoisonnement du réacteur ». La conduite à tenir à ce stade aurait été d'arrêter le réacteur pendant 1 à 2 jours en maintenant un refroidissement permanent le temps que l'iode et le xénon se désintègrent naturellement.

Le réactif de l'explosion est le liquide caloporteur, en l'espèce de l'eau légère. La chaleur aurait provoqué la radiolyse de l'eau, puis la recombinaison de l'hydrogène et de l'oxygène libérés aurait provoqué l'explosion qui a soulevé la dalle de béton recouvrant le réacteur. Selon d'autres experts, l'explosion serait une explosion de vapeur, conduisant aux mêmes conséquences. Le graphite incandescent après l'explosion a fait fondre la gaine des crayons d'uranium, en zirconium et s'en est suivie la fusion de l'uranium lui-même qui dégagea des gaz et particules hautement radioactifs qui ont contribué à la contamination des nuages. L'incendie a été entretenu par la suite par la combustion du graphite. Il n'y a donc pas eu d'explosion nucléaire : si le point de départ est bien une réaction nucléaire en chaîne, c'est bien une réaction chimique, et non nucléaire qui a provoqué la catastrophe. À la suite de l'accident, de grandes quantités de radioisotopes, radioactifs (et pour certains, extrêmement toxiques de surcroît), ont été libérées dans l'atmosphère. L'accident qui s'est produit à la centrale nucléaire de Tchernobyl dans le réacteur no 4 est ainsi classé au niveau le plus élevé (le niveau 7) dans l’échelle INES qui mesure la gravité des accidents nucléaires.

Conception et construction du réacteur[modifier | modifier le code]

Schéma simplifié d'un RBMK
Schéma détaillé d'un RBMK

Le réacteur de la tranche no 4 est de type RBMK 1000 (réacteur de grande puissance à tubes de force). Par sa conception, ce type de réacteur présente plusieurs points faibles :

  • Son coefficient de vide est positif à basse puissance et dans certaines conditions de fonctionnement (contrairement aux réacteurs RBMK plus récents) : si des bulles se forment dans le fluide caloporteur, la réaction tend à s'emballer. Les opérateurs de la centrale n'en étaient pas au courant. Cet état de fait a les origines suivantes :
    • D'une part, le modérateur prépondérant est le graphite qui est solide et peu sensible en volume aux variations de température.
    • D'autre part, pour pouvoir utiliser de l'uranium 235 peu enrichi, le réseau en fonctionnement est proche de l'optimum de modération.
    • Ces dispositions étaient considérées comme bonnes par les concepteurs parce qu'elles rendent le réseau relativement peu sensible aux variations du taux de vide dans le cours du fonctionnement normal du réacteur. En effet, le taux de vide est variable en fonctionnement ; plus la puissance est élevée, plus la pression de vapeur est basse et plus le taux de vide est élevé dans le cœur. Dès lors si l'augmentation du taux de vide déprime fortement la réactivité (soit un effet de vide fortement négatif), une augmentation de la puissance nécessite une manœuvre importante des absorbants de commande pour compenser et accompagner la montée en puissance du réacteur. A contrario, une relative insensibilité de la réactivité du cœur au taux de vide facilite la régulation d'ensemble en limitant la nécessité de faire varier trop fréquemment la réactivité du cœur au moyen des absorbants de commande ce qui est une bonne chose du point de vue de la régulation d'ensemble de la centrale.
    • Dans certaines configurations toutefois, on peut se trouver avec un cœur surmodéré dans lequel la disparition d'atomes d'hydrogène modérateurs et celle d'atomes d'oxygène absorbants, induites par l'augmentation du taux de vide dans le cœur, provoquent une augmentation de la réactivité.
  • Le réacteur se retrouve donc à un niveau de puissance faible pour commencer l'expérience dans lequel il est instable : le coefficient de vide était positif c’est-à-dire que plus le réacteur chauffait, plus il produisait de vapeur et plus la réactivité augmentait, le système était divergent. Ce phénomène dû à la conception est pourtant bien connu, c’est pourquoi il était interdit de maintenir le réacteur dans cet état.
  • Le graphite utilisé comme modérateur est inflammable à haute température.
  • Le système d'arrêt d'urgence du réacteur est particulièrement lent (20 secondes). Ce système d'arrêt d'urgence est assuré par le déplacement de barres absorbantes, dites barres de contrôle, qui descendent dans le cœur du réacteur. En outre, dans certaines situations les barres de contrôle accroissent la réactivité durant la première phase de leur descente dans le cœur. Cette particularité a été un facteur aggravant de l'accident car les opérateurs ont ainsi été trompés : ils disposaient sans le savoir d'un accélérateur et non pas d'un frein de la réaction nucléaire en chaîne. Dans les centrales du même type que les centrales françaises, ces barres descendent sous la seule action de la gravité en cas d'urgence. De ce fait, elles mettent environ 1 seconde à atteindre leur efficacité maximale.
  • La centrale de Tchernobyl n'avait pas d'enceinte de confinement, contrairement aux centrales en occident ; c'est ce qui a permis aux rejets radioactifs de s'échapper aisément dans l'environnement.

Outre ces problèmes de conception, la construction de la centrale a été réalisée sans respecter les normes en vigueur. Un rapport confidentiel de 1979, signé par le directeur du KGB Iouri Andropov et cité par Nicolas Werth[3], souligne que « divers chantiers de construction réalisant le bloc no 2 de la centrale atomique de Tchernobyl mènent leurs travaux sans aucun respect des normes, des technologies de montage et de construction définies dans le cahier des charges »[4].

En 1983, l'« acte de mise en exploitation expérimentale » du réacteur no 4 de la centrale de Tchernobyl est signé alors que « toutes les vérifications n'avaient pas été achevées »[3].

Cause directe[modifier | modifier le code]

Un essai d’îlotage était prévu sur le réacteur no 4, pour tester l'alimentation électrique de secours qui permet au réacteur de fonctionner en toute sécurité pendant une panne de courant. La puissance thermique[5] du réacteur avait été réduite de 1 000 MW à 200 MW dans le cadre de ce test dans la nuit du 25 au 26 avril. L'expérience était initialement prévue dans la journée du 25 avril, mais une autre centrale électrique tomba en panne et le centre de régulation de Kiev demanda de retarder l'expérience car son énergie était nécessaire pour satisfaire la consommation électrique de la soirée. À 23 h 04, le centre de régulation de Kiev donna l'autorisation de reprendre l'expérience.

L'accident s'est alors produit à la suite d'une série d'erreurs commises par les techniciens de la centrale en supprimant sous les ordres de leur supérieur, Anatoli Diátlov, plusieurs sécurités. Les opérateurs ont notamment violé des procédures garantissant la sécurité du réacteur et donc de la centrale. Enfin, depuis sa mise en service en 1977, la centrale est dirigée par Viktor Petrovitch Brioukhanov, un ingénieur en thermodynamique et non un spécialiste du nucléaire. Il fait partie d'une génération d'hommes promus grâce à « leur volontarisme militant, qui consistait d'abord et avant tout à remplir et dépasser le plan de production, nonobstant le respect des normes de construction ou de sécurité »[3].

Chronologie des événements[modifier | modifier le code]

Le test prévoyait que la puissance du réacteur soit située entre 700 et 1 000 MW. La puissance de 700 MW est atteinte le 26 avril 1986 à 00 h 05 mais continue à baisser. Lorsqu'elle atteint environ 500 MW, le responsable du régime du réacteur, Leonid Toptunov, commet une erreur en insérant les barres de commande trop loin. Ceci conduit à la chute de la puissance de sortie qui atteint 30 MW, provoquant un empoisonnement du réacteur au xénon. Les opérateurs essaient alors de rétablir la puissance, mais le xénon-135 accumulé absorbe les neutrons et limite la puissance à 200 MW. Pour débloquer la situation, les opérateurs retirent les barres de carbure de bore, qui servent à piloter la température du réacteur, au-delà des limites de sécurité autorisées.

  • Le 26 avril 1986, entre 01 h 03 et 01 h 07, deux pompes supplémentaires du circuit de refroidissement sont enclenchées pour essayer d'augmenter la puissance du réacteur. Le flot supplémentaire entraîne une hausse de température dans les échangeurs de chaleur. À 01 h 19, pour stabiliser le débit d'eau arrivant dans les séparateurs de vapeur, la puissance des pompes est encore augmentée et dépasse la limite autorisée. Le système demande l'arrêt d'urgence. Les signaux sont bloqués et les opérateurs décident de continuer.
  • L'essai proprement dit débute à 01 h 23 et 4 s. Les vannes d'alimentation en vapeur de la turbine sont fermées, ce qui fait augmenter la pression dans le circuit primaire. Les générateurs diesel démarrent et atteignent leur puissance nominale à 01 h 23 et 43 s. Durant ce temps, l'alimentation des pompes était fournie par l'inertie des turbo-alternateurs. Le débit d'eau passant dans le réacteur décroît au fur et à mesure de la baisse de régime des turbo-alternateurs, ce qui provoque la formation de bulles dans le liquide de refroidissement. À cause du coefficient de vide positif, le réacteur entre dans une rétroaction positive (amplificatrice du processus engagé), entrainant une rapide montée de la puissance du réacteur.
  • À 01 h 23 et 40 s, le contremaître de nuit Alexandre Akimov, sous les ordres d'Anatoly Diatlov, l'ingénieur en chef adjoint, déclenche l'arrêt d'urgence. Les barres de contrôle sont descendues, sans grand effet : en effet, le réacteur est déjà bien trop chaud, ce qui a déformé les canaux destinés aux barres de commande ; celles-ci ne sont descendues qu'à 1,50 m au lieu des 7 m normaux.
  • À 01 h 23 et 44 s, la radiolyse de l'eau conduit à la formation d'un mélange détonant d'hydrogène et d'oxygène. De petites explosions se produisent, éjectant les barres permettant le pilotage du réacteur. « En 3 à 5 secondes, la puissance du réacteur centuple »[6]. Les 1 200 tonnes de la dalle de béton recouvrant le réacteur sont projetées en l'air et retombent de biais sur le cœur du réacteur qui est fracturé par le choc. Un incendie très important se déclare, tandis qu'une lumière aux reflets bleus se dégage du trou formé.
  • Les techniciens présents sur place, ainsi que le directeur Brioukhanov réveillé à 1 h 30, ne saisissent pas immédiatement l'ampleur de la catastrophe. Ce dernier appelle le ministère de l'Énergie à 4 h en déclarant que « Le cœur du réacteur n'est probablement pas endommagé »[3]. Il reçoit pour ordre de maintenir le refroidissement par eau du réacteur ; cet ordre, que Brioukhanov persistera à appliquer toute la journée, n'aura pour effet que de libérer plus de radio-éléments dans l'atmosphère et de noyer les installations souterraines communes aux réacteurs 3 et 4, menaçant gravement le fonctionnement et l'intégrité du réacteur 3. L'ingénieur en chef responsable du réacteur 3 prendra, au cours de la journée et contre les directives de Brioukhanov, la décision de faire passer ce réacteur en arrêt à froid, permettant ainsi de le sauver d'une destruction certaine, au vu de la destruction progressive des installations.

Versions alternatives[modifier | modifier le code]

Plus de cent versions alternatives de l'accident ont été proposées par des sources diverses. Aucune de ces versions n'a jamais été reprise dans un rapport national ou international, ni dans une revue publiée sous évaluation par les pairs.

L'une d'elles attribue la cause de l'accident à un tremblement de terre qui aurait eu lieu quelques secondes avant dans la zone de Tchernobyl[7],[8],[9]. Des enregistrements sismiques effectués par trois stations militaires auraient mis évidence un séisme de magnitude 2,6 sur l'échelle de Richter à 01 h 23 min 39 s (moment du pic des courbes), tandis que selon plusieurs rapports l'explosion aurait eu lieu entre 01 h 23 min 49 s et 01 h 23 min 59 s. Cet enchaînement des événements est contesté, et la secousse enregistrée pourrait simplement correspondre à l'onde de choc provoquée par l'explosion du bloc no 4. Plusieurs scientifiques qui se sont penchés sur l'hypothèse du tremblement de terre ont ainsi refait les calculs de temps en prenant en compte différentes incertitudes et ont montré qu'il était possible de faire coïncider le moment de l'explosion avec celui de la secousse, ce qui les a cependant amenés à modifier la chronologie « officielle » des événements telle qu'elle a été décrite dans la section précédente[10],[11].

D'autres versions supposent une foudre en boule artificielle[12], la formation d'un monopôle magnétique[13], ou divers actes de sabotage ou de terrorisme.

Gestion de l'accident[modifier | modifier le code]

Lutte contre l'incendie (26 avril 1986)[modifier | modifier le code]

Afin d'éteindre l'incendie, Brioukhanov appelle simplement les pompiers. Ceux-ci, venus de Pripyat, située à 3 km de la centrale, interviennent sur les lieux sans équipement particulier. Cependant, les matières nucléaires ne peuvent être éteintes avec de l'eau. Les pompiers, gravement irradiés, sont évacués et mourront pour la plupart. Les témoignages sur leur souffrance et les conditions de leur mort ont été recueillis par la journaliste biélorusse Svetlana Alexievitch[14].

Le principal danger de l'incendie est que les dégâts qu'il occasionne à la structure risquent de provoquer l'effondrement de la matière en fusion (corium) dans les parties souterraines qui sont noyées. Un contact entre l'eau et le réacteur en fusion provoquerait une explosion qui disperserait d'immenses quantités de matière radioactive. Des plongeurs sont envoyés afin de fermer les vannes et installer un système de pompage pour vider les salles noyées. L'incendie finira par être éteint par projection dans le brasier de sacs de sable et de plomb depuis des hélicoptères.

Les photos des pompiers de Tchernobyl sont exposées au musée de Tchernobyl de Kiev. On y découvre des héros tels que Vladimir Pravik, Victor Kibenok, Vassili Ignatenko, Micolas Titenok, Micolas Vachtchouk et Tichtchoura[15].

Étouffement du cœur du réacteur en fusion (26 avril - 14 mai)[modifier | modifier le code]

L'incendie éteint, les techniciens de la centrale prennent conscience de l'étendue des dégâts provoqués par la retombée du toit sur le réacteur, qui est désormais fissuré. Le graphite toujours en combustion, mélangé au magma de combustible qui continue de réagir, dégage un nuage de fumée saturée de particules radioactives.

Il faut donc au plus vite maîtriser le feu de graphite et faire face à la présence de débris hautement radioactifs projetés aux environs par l'explosion. Ce n'est qu'ensuite que le réacteur pourra être isolé par un sarcophage.

La première opération est réalisée grâce à un ballet d'hélicoptères militaires de transport mené par plus de mille pilotes. Il s'agit de larguer dans le trou béant 5 000 tonnes de sable, d'argile, de plomb, de bore, de borax et de dolomite, un mélange qui permettra de stopper la réaction nucléaire et d'étouffer l'incendie du graphite afin de limiter les rejets radioactifs. La mission est difficile, car elle consiste à larguer les sacs à une hauteur de 200 m dans un trou de 10 m de diamètre environ, et ceci le plus vite possible, car malgré l'altitude les personnes reçoivent 15 röntgens, soit 150 mSv, en 8 secondes, avec un débit dose de plus de 100 Sv/h. Une telle dose augmente significativement la probabilité de développer un cancer. Dans la seule journée du 30 avril, 30 tonnes de sable et d'argile sont ainsi déversées sur le réacteur.

D'autre part, sur le toit et aux alentours immédiats de la centrale, une cinquantaine d'opérateurs sont chargés dans les premiers jours suivant la catastrophe de collecter les débris très radioactifs. Chaque opérateur ne dispose que de 90 secondes pour effectuer sa tâche. Il est exposé à cette occasion à des niveaux de radiations extrêmement élevés dont ne le protègent guère des équipements de protection dérisoires, principalement destinés à l’empêcher d’inhaler des poussières radioactives. Un grand nombre de ces travailleurs en première ligne ont développé par la suite des cancers et sont morts dans les années qui ont suivi. Ces travailleurs ont été surnommés les liquidateurs. Il a aussi été fait appel à des robots télécommandés français, suisses et allemands mais ceux-ci sont tous tombés en panne à cause des niveaux de radiation exceptionnellement élevés.

Cependant, le réacteur est toujours actif et la dalle de béton qui le soutient menace de se fissurer. Plus grave, l'eau déversée par les pompiers pour éteindre l'incendie[réf. souhaitée] a noyé les sous-structures, menaçant ainsi l'intégrité et le pilotage des trois autres réacteurs de la centrale. Le professeur Vassili Nesterenko diagnostique que si le cœur en fusion atteint la nappe d'eau accumulée par l'intervention des pompiers, une explosion de vapeur est susceptible de se produire et de disséminer des éléments radioactifs à une très grande distance[réf. nécessaire]. En effet, la fusion du combustible et des structures métalliques a formé un corium sur le plancher situé sous le réacteur. L'évacuation de la population est recommandée et une nouvelle équipe de pompiers envoyée pour évacuer cette eau en ouvrant les vannes de vidange de la piscine de suppression située sous le plancher de la cavité du réacteur. Ceux-ci travailleront toujours sans protection et y laisseront leur vie.

Sous le cœur du réacteur en fusion, la dalle de béton menace de fondre. Au cours de la seconde quinzaine de mai, environ 400 mineurs des mines des environs de Moscou et du bassin houiller du Donbass sont appelés pour creuser un tunnel de 167 mètres de long menant sous le réacteur[16] afin d'y construire une salle. Un serpentin de refroidissement à l'azote doit y être installé pour refroidir la dalle de béton du réacteur. Les mineurs se relaient 24 heures sur 24 dans des conditions très difficiles dues à la température élevée et au niveau très important de radiation, le débit de dose à la sortie du tunnel est d’environ 200 röntgens par heure. La radioactivité dans le tunnel lui-même est élevée quoique non fatale à court terme, mais la chaleur rend le travail difficile[6]. Le circuit de refroidissement ne fut jamais installé et finalement remplacé par du béton pour ralentir et arrêter la descente du cœur fondu.

Grâce à ces travaux, le niveau de radiation baissera momentanément avant de s'élever à nouveau. Ce n'est que le 6 mai que la radiation absorbée en huit secondes chute enfin à 1,5 röntgen par heure. Après cette date, ce sont encore 80 tonnes de mélanges qui seront déversées. Valeri Legassov, un haut fonctionnaire soviétique chargé des questions nucléaires, se suicide en voyant la manière dont l'accident a été géré par les autorités, et publie à titre posthume un article dans la Pravda[17],[18].

Écroulement final du cœur[modifier | modifier le code]

Le 6 mai, l'émission du réacteur tombe en moins de vingt minutes à 1/50 de sa valeur précédente, puis à quelques curies par jour. L'explication n'en sera connue qu'en 1988, à la suite des forages horizontaux faits à cette date à travers le bloc 4 par l'Institut Kourtchatov : le fond du réacteur avait cédé d’un coup, et le cœur fondu en lave liquide s’était écoulé puis définitivement solidifié 20 m plus bas dans les infrastructures, dans la piscine de suppression de pression qui avait heureusement été vidée[19].

Sarcophage et décontamination (14 mai – décembre 1986)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Liquidateurs.

Dans les mois qui ont suivi, plusieurs centaines de milliers d'ouvriers (600 000 environ[20]), les « liquidateurs » venus d'Ukraine, de Biélorussie, de Lettonie, de Lituanie et de Russie arrivent sur le site pour procéder à des nettoyages du terrain environnant. Leur protection individuelle contre les rayonnements était très faible, voire nulle. La décontamination était illusoire dans la mesure où personne ne savait où transférer les gravats déblayés. Beaucoup de villages en Ukraine mais surtout en Biélorussie ont été évacués, détruits et enterrés en raison d'une radioactivité trop élevée.

Dans la zone interdite, les liquidateurs étaient chargés de tuer les animaux car la poussière radioactive présente dans leur pelage risquait de contaminer les autres liquidateurs. D'autres unités de liquidateurs procédaient à la décontamination des villages et des camions revenants de la centrale à l'aide de simples jets d'eau, la poussière radioactive recouvrant presque tout.

En août 1986, la décontamination de la centrale et l'isolation du réacteur commençaient. C'est dans ce périmètre que les niveaux de radioactivité étaient les plus élevés. Les véhicules étaient recouverts de plaques de plomb pour protéger leur équipage. Les liquidateurs travaillaient dans une radioactivité si élevée qu'ils ne pouvaient rester sur place que quelques minutes voire secondes. De plus, des morceaux de graphite qui entouraient les barres de combustible du réacteur en avaient été expulsés lors de l'explosion et étaient éparpillés sur le toit de la centrale et dans ses environs. Ces gravats hautement radioactifs ne pouvaient être récupérés par des êtres humains sans sacrifier leur santé. Dans de telles conditions, des robots téléguidés ont été choisis pour procéder au nettoyage, mais la radioactivité était si élevée qu'ils tombaient en panne après quelques missions. La dernière solution était donc d'envoyer des hommes pour effectuer ce travail. Ces liquidateurs, par la suite appelés « bio-robots », se relayaient à peu près toutes les 30 secondes. Leur mission était de jeter les gravats radioactifs dans des bennes ou dans le réacteur détruit à l'aide de pelles ou, quand il n'y en avait plus, à main nues. Une fois cette lourde tâche effectuée, les travaux d'isolement du réacteur pouvaient commencer. On estime qu'il y avait sur le toit de 10 000 à 12 000 röntgen par heure ; sachant que la dose mortelle est d'à peu près 400 röntgens en une année, il n'est pas difficile de deviner la cause des différents problèmes de santé que ces hommes ont endurés une fois rentrés chez eux[21].

La solution retenue pour isoler le réacteur détruit est une immense structure d'acier recouvrant les ruines du bâtiment du réacteur. Du fait de la radioactivité, les liquidateurs chargés de sa construction ne pouvaient pas rester longtemps sur place. La construction du désormais célèbre sarcophage de Tchernobyl s'est terminée en octobre 1986. Pour célébrer la victoire de l'Union soviétique sur la radioactivité, un drapeau rouge a été hissé au-dessus de la tour de refroidissement. Les liquidateurs, heureux d'assister à la fin de ce terrible chantier, écrivaient leur nom sur la dernière pièce métallique fixée au sarcophage. Une seule personne repose désormais sous ce monstre d'acier, Valeri Kodemtchouk, un employé de la centrale mort à son poste dans la salle de pompage, son corps n'a jamais été retrouvé.

Un hélicoptère Mil Mi-8 s'est écrasé pendant l'édification du sarcophage, entraînant la mort de son équipage. Les pales ont percuté le câble d'une grue. La scène a été filmée par le cinéaste Vladimir Chevtchenko[22].

Selon Viatcheslav Grichine, membre de l'Union Tchernobyl, principale organisation des liquidateurs, sur 600 000 liquidateurs, « 25 000 sont morts et 70 000 restés handicapés en Russie, en Ukraine les chiffres sont proches et en Biélorussie 10 000 sont morts et 25 000 handicapés »[23].

Évacuation tardive des populations[modifier | modifier le code]

Vue de la centrale nucléaire depuis la ville de Pripyat, toute proche.

Le 26 avril 1986, la population locale n’est pas prévenue de l'accident et poursuit ses activités habituelles sans prendre de précautions particulières. Les habitants de Pripyat, petite ville située à 3 km de Tchernobyl, ne sont pas immédiatement informés sur la gravité de la situation. Ils vivront une journée comme les autres, envoyant leurs enfants à l'école, les emmenant jouer au square. Ils ne seront évacués que 30 heures après l'accident[24]. Á Pripyat toujours, 900 élèves âgés de 10 à 17 ans participent à un « marathon de la paix » qui fait le tour de la centrale. Un film amateur argentique d'époque montre de manière très flagrante que Pripyat est déjà contaminée gravement : la radioactivité y a formé de nombreux flashs blancs au rythme de plusieurs par seconde[25].

L'évacuation débute le 27 avril et les 49 360 habitants[26] de Pripyat sont les premiers concernés. Ils n'ont été informés que quelques heures auparavant par la radio locale, qui leur demandait de n'emporter que le strict minimum et leur promettait qu'ils seraient de retour sous 2 ou 3 jours. Emmenés par l'armée, ils sont hébergés dans des conditions précaires dans la région de Polesskoie, elle-même gravement touchée par les radiations. Les premiers symptômes d'une forte exposition aux radiations (nausées, diarrhées, etc.) commencent à apparaître déjà chez beaucoup d'entre eux.

Au début du mois de mai, les 115 000 personnes habitant dans un rayon de 30 km autour du site sont évacuées, opération qui se poursuit jusqu'à la fin du mois d'août. Chaque évacué reçoit une indemnité de 4 000 roubles par adulte[27] et 1 500 roubles par enfant. Les évacuations touchent au total environ 250 000 personnes de Biélorussie, de Russie et d’Ukraine. Slavoutich, une ville comptant plus de 30 000 habitants à la fin de l'année 1987, est créée ex nihilo.

Quatre « zones de contamination radioactive » décroissantes sont définies. Deux d'entre-elles ne sont pas évacuées, mais les habitants disposent d'un suivi médical et de primes de risque.

Gestion administrative et politique[modifier | modifier le code]

Autorités locales et échelons bureaucratiques[modifier | modifier le code]

Dans les premières heures qui suivent la catastrophe, l'opacité créée par les différents échelons administratifs est totale. Mikhaïl Gorbatchev n'est informé officiellement que le 27 avril. Avec l'accord du Politburo, il est forcé de faire appel au KGB pour obtenir des informations fiables[28]. Le rapport qui lui est transmis parle d'une explosion, de la mort de deux hommes, de l'arrêt des tranches 1,2 et 3. Les rapports faits au dirigeant soviétique sont entourées d'« un luxe de précautions oratoires »[29].

Rôle des pays occidentaux[modifier | modifier le code]

Le 28 avril au matin, un niveau de radioactivité anormal est constaté dans la centrale nucléaire de Forsmark en Suède, qui entraîne l'évacuation immédiate de l'ensemble du site par crainte d'une fuite radioactive interne. Mais les premières analyses montrent que l'origine de la contamination est extérieure à la centrale et vient de l'est. L'après-midi du même jour, l'Agence France-Presse rapporte l'incident.

À partir de ce moment, toutes les hypothèses sont formulées par les médias occidentaux. Les informations arrivent au compte-goutte (interview à Kiev de personnes évacuées de la zone, etc.). L'agence de presse TASS parle le 29 avril d'un accident « de gravité moyenne survenu à la centrale nucléaire de Tchernobyl » tandis que les photos satellites du site de la centrale fournissent les premières images de la catastrophe.

Communication de crise[modifier | modifier le code]

Pour Gorbatchev, la catastrophe constitue la première mise en œuvre de la politique de glasnost (« transparence ») présentée au cours du XXVIIe congrès du PCUS (25 février6 mars 1986), et qui a rencontré de fortes oppositions. Dans son esprit, l'accident constitue « un nouvel argument fort en faveur de réformes profondes. »

Le 14 mai, Gorbatchev prononce une allocution télévisée dans laquelle il reconnaît l'ampleur de la catastrophe et admet que des dysfonctionnements profonds ont eu pour conséquence que « ni les politiques ni même les scientifiques n'étaient préparés à saisir la portée de cet événement. » Cette volonté de transparence ne va pas sans une très importante propagande autour des travaux réalisés, destinée à mettre en valeur la « bataille contre l'atome ». Une banderole apposée sur le réacteur éventré proclame que « le peuple soviétique est plus fort que l'atome » tandis qu'un drapeau rouge est fixé au sommet de la tour d'aération de la centrale à l'issue des travaux de déblaiement.

Pendant 15 ans, seuls les 56 premiers décès seront reconnus par les autorités[30].

Gestion des déchets[modifier | modifier le code]

Un grand volume de déchets hautement radioactifs a été produit et stocké en vrac dans un conditionnement plus ou moins durable. Une partie de ces déchets a été conservée sous le sarcophage ; une autre (l'essentiel) a été stockée en surface (véhicules aujourd'hui souvent démembrés ou volés), ou enfouie dans de nombreux dépôts et tranchées (au nombre de 1000 rien qu'en Ukraine où le volume de déchets a été évalué à environ « un million de mètres cubes et une radioactivité de 14 000 térabecquerels »[31]. Avec l'aide de la France et de l'Allemagne, une base de donnée a été créée (de 1999 à mi-2000[31]) pour décrire et localiser ces déchets et permettre leur suivi dans les décennies et siècles à venir pour les trois États principalement concernés[31] à partir des informations qu'ils ont pu ou voulu fournir ; avant d'être complétée au fur et à mesure des données nouvelles (via 426 enregistrements[31], la base contenait (en 2000) l'équivalent de 45 % environ des dépôts estimés dans les zones contaminées[31]). Des incohérences de données ont été détectées entre les versions russes et anglaises, et « des lacunes importantes dans les données sur les émetteurs alpha et bêta rendent délicate la classification de certains déchets » précisent les gestionnaires de la base[31].

Conséquences[modifier | modifier le code]

L'IRSN a publié en 2007 un rapport sur « Les accidents dus aux rayonnements ionisants »[32] qui consacre cinq pages à une synthèse des conséquences de la catastrophe de Tchernobyl. « Des surfaces importantes de trois territoires de l’Ukraine, de la Biélorussie et de la Russie (correspondant à plus de sept millions d’habitants) ont présenté des dépôts de césium 137 supérieurs à 37 kBq/m2 (1 Ci/km2) :

  1. la région comprise dans un cercle approximatif de 100 km de rayon autour de la centrale,
  2. la région de Gomel, de Moguilev et de Briansk à environ 200 km au nord-nord-est,
  3. la région de Kalouga, Toula et Orel à 500 km au nord-est. »[32]

En référence à l'état de peur et d'anxiété éprouvé par les populations à la suite de la catastrophe (IRSN (2007)[32], p. 32), et aux conséquences médicales de ce stress, les auteurs considèrent que : « Les conséquences de l’accident de Tchernobyl non liées directement à l’exposition de la population aux rayonnements l’emportent sans doute, et de loin, sur les conséquences de l’irradiation. Pour avoir négligé ce point important, pourtant connu et parfaitement décrit avant l’accident, les autorités sanitaires et les milieux scientifiques internationaux se sont souvent trouvés pris en défaut, et leurs interprétations variées et discordantes ont profondément entaché leur crédibilité. »[32]

Humaines et matérielles[modifier | modifier le code]

Une des médailles remises aux liquidateurs : le symbole représente une goutte de sang traversée par les rayonnements alpha, bêta et gamma.
Pripyat, devenue une ville fantôme.

Le rapport de 2007 de l'IRSN[32] rapporte que dans la semaine qui a suivi l’accident, les autorités soviétiques ont procédé à l’évacuation des habitants des localités des environs, soit plus de 135 000 personnes, qui ont dû être relogées ultérieurement. Comme le note Philippe Coumarianos : « entre le 27 avril et le 7 mai, deux villes et soixante-dix localités, situées dans un rayon de 30 kilomètres autour de la centrale, furent vidées de leurs habitants. Cette zone d'exclusion couvre une superficie de près de 300 000 hectares, à cheval sur les territoires ukrainien et biélorusse. (…) Au total, environ 250 000 personnes quittèrent leurs foyers[33] ».

Le déplacement des populations vivant dans les zones d’exclusion a également engendré un coût, et encore de nombreuses personnes vivent en territoire contaminé (en Biélorussie, le pays le plus touché, 1,6 million de personnes) et connaissent donc des difficultés. Il a également fallu créer de nouveaux établissements de santé et prendre des mesures sanitaires.[réf. à confirmer][34]

Ces personnes évacuées ont ainsi été confrontées à des facteurs de stress aigu, d’où peuvent découler le stress psychologique à long terme, le syndrome de stress post-traumatique et une diminution du bien-être, encore aujourd’hui.[réf. à confirmer][35]

L’accident nucléaire a eu un énorme impact économique dans les trois pays. La plus grande conséquence économique est due aux pertes de terrains agricoles et de forêts (784 000 ha de terrains agricoles et 694 000 ha de forêts ont du être abandonnés) et d’établissements ruraux. La situation économique problématique consécutive à la chute de l’URSS a également été aggravée par la perte des sources de revenus secondaires qu’étaient la chasse, la pêche…[réf. à confirmer][34]

Outre l'évacuation de la zone d'exclusion nucléaire qui a constitué un traumatisme majeur pour les populations vivant de l'agriculture, le sort des samosioli est également à mentionner : Samosioli (ou « colons individuels » en français) est le nom donné aux personnes revenues vivre dans la zone d'exclusion malgré les interdictions, et qui y vivent en autarcie de leur lopin de terre. Leur nombre est estimé à un millier[3]. D'autre part, un trafic s'est développé : il concerne des objets et mobiliers laissés à l'abandon (parfois fortement contaminés), le bois de chauffage abattu illégalement et le braconnage des animaux qui ont proliféré depuis l'évacuation de la zone. Enfin, des agences de tourisme spécialisées dans la visite du site attirent des « touristes nucléaires » venus du monde entier.

En 2000, la plus grande partie des zones contaminées ne présente plus de danger particulier d'irradiation. La dose causée par les retombées radioactives de l'accident ne dépasse encore millisievert par an que dans les zones qui avaient été fortement contaminées (zones de contrôle permanent), ce qui concerne 100 000 personnes[2]. C'est l'ordre de grandeur du niveau d'exposition dû à la radioactivité naturelle (2,5 mSv/an en moyenne, jusqu'à dix fois plus dans certaines régions, sans effets détectables sur les populations). Le 5 septembre 2005, un rapport de 600 pages a été produit à l'occasion du Forum Tchernobyl organisé à Vienne réunissant une centaine d'experts sous l'égide notamment de l'AIEA, de l'OMS et du PNUD : « Jusqu'à 4 000 personnes pourraient, à terme, décéder des suites d'une radio-exposition consécutive à l’accident. » Élisabeth Cardis, chef du groupe rayonnement et cancer au Circ de Lyon, estime que, si l'on prend en compte l'ensemble des habitants de la zone la plus touchée par les retombées radioactives et l'ensemble des 600 000 "liquidateurs", soit environ 5 millions de personnes, « le nombre de risque de décès risque d'être plus proche de 10 000 ». Une autre étude[Par qui ?] portant sur toute la population européenne, soit près de 572 millions de personnes, estime que « d'ici 2065, 20 000 à 35 000 cancers seront directement consécutifs à l'accident »[36].

Au cours des années 2000, le réacteur détruit sous le sarcophage reste une menace permanente. Ce sarcophage se détériore de jour en jour et n'est plus étanche. Il laisse filtrer les eaux de pluie qui risquent par écoulement et infiltration naturelle de contaminer la nappe phréatique qui se situe à l’aplomb.

Sanitaires[modifier | modifier le code]

Carte indiquant l'état de la contamination au césium 137 en 1996 sur la Biélorussie, la Russie et l'Ukraine :
  •      Zone fermée/confisquée (Supérieure à 40 curies par kilomètre carré (ci/km²) de césium 137)

  •      Zone de contrôle permanent (15 à 40 ci/km² de césium 137)

  •      Zone de contrôle périodique (5 à 15 ci/km² de césium 137)

  •      Zone faiblement contaminée (1 à 15 ci/km² de césium 137)

L'IRSN (2007, p. 29)[32] rapporte que « deux radionucléides ont soulevé des problèmes sanitaires, tant à cause de leurs effets que des quantités rejetées : le césium 137 avec 85 PBq (2,3 106 Ci) rejetés et l’iode 131 avec 1 760 PBq (47,5 106 Ci) rejetés. » L'effet sanitaire des radiations a été l'objet d'une polémique durable, les estimations du nombre de victimes allant d'une cinquantaine jusqu'à 985 000 ou plus.

Les plus fortes doses de radiation ont été reçues par le millier de personnes qui sont intervenues sur le site les premiers jours, et ont été exposées à des doses allant de 2 à 20 gray. Selon l'IAEA et l'IRSN 134 présentèrent un syndrome d'irradiation aiguë et 28 décédèrent[2],[32]. L'effet stochastique de la contamination radioactive sur les populations exposées n'apparaît que statistiquement, et est plus difficile à mettre en évidence, d'où son caractère très polémique. La distribution dans les premières heures (6-30) de l'accident de tablettes d'iode à la population de Pripiat (la plus grande ville à proximité de la centrale, dont la population a été évacuée moins de 48 heures après l'accident) a permis en moyenne de diminuer la dose sur la thyroïde d'un facteur six[2]. Selon d'autres experts, allant de l'UNSCEAR à la Commission européenne en passant par le professeur Aurengo, la distribution de d'iode a été trop partielle et/ou tardive[37],[38],[39]. Finalement, une très nette épidémie de 4 000 cancers de la thyroïde (au lieu des 50 statistiquement attendus) a été constatée chez les jeunes enfants de la région, directement attribuable à une contamination à l'Iode-131, et conduisant à quinze décès (donnée 2002). Cela correspond à une multiplication du taux naturel de ce cancer, très rare chez l’enfant, par un facteur entre 10 et 100[32]. Cet excès de cancers de la thyroïde chez les enfants aurait été évité si toute la population avait bénéficié en temps voulu d’une distribution prophylactique d’iode stable[32].

Selon l'IAEA[2] les quelque 600 000 « liquidateurs » qui étaient intervenus sur le site reçurent en moyenne une dose de l'ordre de 100 mSv (de 10 à 500 mSv) ; et le taux de mortalité de ce groupe semble avoir augmenté de quelque 5 %, conduisant à une estimation de quatre mille morts supplémentaires. Cependant, si la mortalité a été anormalement élevée, le risque de cancer à proprement parler semble avoir diminué dans ce groupe selon une étude pratiquée sur 8 600 de ces liquidateurs ayant reçu une moyenne de 50 mSv, qui montre une sous-incidence significative de 12 % de l’ensemble des cancers par rapport la population générale russe, et n’a pas permis de mettre en évidence de relation dose-effet significative[40]. L’analyse chez ces liquidateurs a montré une augmentation (doublement voire triplement) de l’incidence des leucémies mais sans relation dose effet significative, ce qui pouvait indiquer que cette augmentation apparente n'est qu'un biais de dépistage[40],[41],[42]. L'IRSN (op.cit., p. 30) indique que « indépendamment des incertitudes sur les doses reçues par les « liquidateurs », souvent surévaluées en raison des avantages sociaux et des compensations liées au statut de « liquidateur », les données issues du suivi de ces travailleurs sont d’interprétation difficile, notamment à cause de l’éclatement de l’URSS, qui a rendu nombre de « liquidateurs » à leurs pays d’origine[32] ». En reconstruisant les doses des sujets plutôt que d'utiliser les chiffres officiels donnés par les registres, une étude récente a cependant observé une augmentation significative du nombre de leucémies chez des liquidateurs ukrainiens, ce résultat étant conforté par l'existence d'une relation dose-effet linéaire[43],[38].

Selon l'IAEA il n'a pas été constaté d'effet statistiquement observable sur le taux de leucémie ou de cancer (autre que de la thyroïde) des populations les plus exposées : 116 000 personnes évacuées des zones hautement contaminées (exposition moyenne estimée à 33 mSv, avec des expositions maximales de l'ordre de quelques centaines de mSv), 270 000 personnes habitant les zones strictement contrôlées (exposition cumulée de l'ordre de 50 mSv entre 1986 et 2005), et les 5 millions d'habitants des zones faiblement contaminées (de 10 à 20 mSv)[2]. Ces zones contaminées (à plus de 37 kBq/m2 en Cs-137, soit un curie/km2) représentent un total de 200 000 km2. Une contamination de 15 Ci par km2 occasionne une dose externe d’environ 4 mSv/an, auxquels il faut ajouter la part de contamination interne provenant des produits utilisés dans la chaîne alimentaire, doublant en moyenne cette valeur[44].

Photo satellite de la région de Tchernobyl en 1997.

En dehors de ces zones, dans le reste de l'Europe, le passage des « nuages radioactifs » multiples (même si l'on a souvent parlé du « nuage de Tchernobyl »[45] a conduit à une hausse détectable de la radioactivité[46], mais la population a été exposée à moins de 10 mSv (c'est-à-dire deux ou trois fois la dose moyenne reçue par la radioactivité naturelle). En France, la radioactivité maximale enregistrée a été de l'ordre de 6 kBq/m2, cinq à six fois plus faible que la limite des « zones faiblement contaminées » (zones où les populations n'ont pas été évacuées). « L'explosion est restée très concentrée près de l'installation, et les retombées ont été dispersées par de grandes "plumes", qui sont montées très haut dans l'atmosphère et ont traversé l'Europe, diluant leur concentration… ça aurait pu être bien pire »[47].

Si l'on suppose que le taux de cancers varie en fonction de l'exposition suivant une loi « linéaire sans seuil », hypothèse sujette à caution[48], alors chaque sievert statistiquement constaté au-dessus de 100 mSv prolonge le taux de 5 % de cancers. Le nombre total de cancers supplémentaires induits dans ces zones contaminées serait à long terme de l'ordre de 5 000, soit un pour mille de la population exposée (et une extrapolation sur le reste de l'Europe conduirait à 50 000 victimes supplémentaires). Mais de tels chiffres ne peuvent être validés scientifiquement, et sont donc très polémiques : une sur-mortalité de ce niveau n'est pas détectable par des moyens statistiques[49].

IRSN (2007, p. 31-32)[32] précise que

« Les conséquences radiologiques de l’accident de Tchernobyl sur la santé des populations doivent être dissociées des effets qui ont été causés ou amplifiés par les changements radicaux […] qui ont eu lieu en Union Soviétique au même moment. La période post-accidentelle a coïncidé avec la période de restructuration de la Perestroïka, qui a entraîné une chute brutale de tous les indices économiques, comparable à celle constatée dans des pays en guerre. […] L’effondrement économique a eu un impact significatif sur les taux de mortalité et de morbidité. En Russie, le taux brut de mortalité est passé de 488 pour 100 000 en 1990 à 741 pour 100 000 en 1993, soit une augmentation de 52 %. En 1993, l’espérance de vie des hommes est tombée à cinquante-neuf ans, soit six ans de moins qu’en 1987. […] Si l’on néglige cette augmentation globale de la morbidité et de la mortalité, l’examen isolé des statistiques sur les populations exposées du fait de l’accident peut aboutir à la fausse conclusion que ces effets sont en rapport direct avec l’accident. »

— IRSN (2007)[32]

Des incendies de forêts et de tourbières tels que ceux qui ont accompagné la canicule de 2010 en Russie sont susceptibles de réinjecter brutalement dans l'atmosphère et les eaux superficielles et souterraines des radionucléides ou du plomb qui étaient restés piégés jusque là dans la biomasse et la nécromasse fongique, lichénique, animale et végétale.

Il faut rajouter au nombre des victimes cent à deux cent mille avortements volontaires entraînés par la peur que les femmes enceintes ont eu des radiations[50]. De nombreux obstétriciens ont jugé plus prudent de mettre un terme à une grossesse, ou ont été incapable de résister à la demande de la future mère, alors que ces avortements n'étaient pas médicalement justifiés, les doses de radiation étant bien en dessous de celles susceptibles de produire un quelconque effet in utero[51].

Selon Greenpeace[52],[53] la catastrophe causera de l'ordre de 270 000 cancers (93 000 mortels) sur 70 ans.

Techniques[modifier | modifier le code]

Après l'accident de Tchernobyl, un projet de construction d'une centrale nucléaire en Crimée fut abandonné[54].

La catastrophe a accéléré la recherche sur les réacteurs RBMK et leur modernisation. Elle a également mis en évidence la nécessité d'une enceinte de confinement autour des installations, dont l'efficacité a été pleinement démontrée lors de l'accident de la centrale nucléaire de Three Mile Island. En 2000, les autres tranches de la centrale ont été arrêtées définitivement, sous la pression de l'Union européenne et en échange d'aides financières[55].

Maintenance et nouveau confinement[modifier | modifier le code]

Depuis des années, l'eau et la neige s'infiltrent dans le « sarcophage » : le béton a souffert de la radioactivité, et la structure a été bâtie sur des fondations préexistantes ou sur des structures instables dont l'état n'est plus connu avec précision et est aujourd'hui invérifiable car non accessible à cause de la radioactivité et des débris. En 1997, la communauté internationale jugeait qu'une intervention sur le site de Tchernobyl était nécessaire. Il s'agissait de stabiliser le sarcophage actuel, préparer le site à la construction d'un nouveau sarcophage pour finalement le construire.

En 1999, une première série de travaux de consolidation du toit a été réalisée par les Ukrainiens, en attendant la décision de la réalisation d'un autre sarcophage. Au début des études (SIP - Shelter Implementation Plan) en 1998[56], la priorité a été donnée au renforcement du toit qui menaçait de tomber et risquait ainsi de recontaminer le site.

Entre 2003 et 2006, des travaux de construction d'un bâtiment de vestiaire, d'un hôpital, d'un centre d'entraînement, d'une base de construction, des réseaux d'alimentation en eau et énergie(s) ainsi que d'un bâtiment administratif ont été réalisés. En 2006, à la suite d'un appel d'offres, une entreprise russe a procédé à la stabilisation des parties instables du sarcophage existant. En 2001 le concept « arche de Tchernobyl » fut choisi. Entre 2002 et 2003, un avant-projet a été réalisé. Un appel d'offres international a été lancé le 11 mars 2004 pour la conception, la construction et la mise en service du nouveau confinement. Le consortium Novarka mené par les groupes français Vinci et Bouygues est chargé des travaux. Les travaux de terrassement ont débuté en 2006 et la construction de l'arche devrait commencer en avril 2012. Ce gigantesque chantier (l'un des plus importants chantiers industriels de l'histoire) devrait se terminer à l'automne 2015. L'arche mesurera 108 mètres de haut, 162 m de large, 270 m de long pour un poids avoisinant les 30 000 t[57].

La désormais emblématique tour de refroidissement (qui se trouve être aussi le logo de Novarka) devra être démontée lors des travaux car sa base se trouvera sous le nouveau sarcophage. De plus, cette dernière qui n'est plus entretenue depuis la catastrophe, menace de s'écrouler sur le toit du sarcophage et de le faire s'effondrer. En février 2013, le toit d'un bâtiment proche du sarcophage s'est effondré sous le poids de la neige[58].

Le coût total de ce projet est estimé à 1,540 milliard d'euros payés en majeure partie par les pays du G7 et l'Ukraine. Son financement est géré par la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD). L'arche abritera des ateliers destinés à décontaminer, traiter et conditionner les matériaux radioactifs en vue d'un futur stockage[59].

Financières[modifier | modifier le code]

Selon Gorbatchev, l'ensemble de la liquidation a coûté 18 milliards de dollars [21].

Avec l'aide d'un financement européen, il a été entrepris de remplacer le sarcophage de béton et de plomb construit à la hâte par les soviétiques, destiné à durer 30 ans, par une structure métallique prévue pour tenir un siècle.

En 2011, plus de 1,5 milliard de dollars sont encore nécessaires pour la construction du nouveau sarcophage[60].
Sur 30 ans, plusieurs rapports cités par l'IAEA estiment le coût de la catastrophe de Tchernobyl à plusieurs centaines de milliards de dollars[61]. Pour sa part, le directeur de Greenpeace France, Pascal Husting, chiffre le coût total de Tchernobyl à 1 000 milliards[62].

Écologiques[modifier | modifier le code]

Des divergences subsistent sur l'évaluation à long terme des conséquences sur le milieu naturel : la contamination de longue durée de plantes forestières et de gibier, une forte mortalité d'animaux invertébrés ou mammifères, ainsi qu'un impact sur la durée de vie des conifères ont été évoqués[63]. Certains médias évoquent une nouvelle biodiversité consécutive à l'abandon par l'homme des environs de la centrale[64] mais ce point de vue est sujet à débat[65].

Réception en Europe[modifier | modifier le code]

France[modifier | modifier le code]

Gestion après l'accident[modifier | modifier le code]

Alors que, vingt ans après la catastrophe, la vie dans les régions touchées reste marquée par la catastrophe[66], le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) a lancé en 2003 un programme spécifique pour le développement des régions touchées par l'accident intitulé : « Chernobyl Recovery and Development Programme » (Programme pour le développement et le renouveau de Tchernobyl).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. D'après le ministère de l'industrie, « Le régime d'assurance et d'indemnisation en cas d'accident nucléaire, » DGEMP, avril 2004.
  2. a, b, c, d, e et f Chernobyl’s Legacy: Health, Environmental and Socio-Economic Impacts. The Chernobyl Forum: 2003–2005 - Second revised version. IAEA Division of Public Information
  3. a, b, c, d et e Nicolas Werth, L'Histoire no 308, op. cit.
  4. 21 février 1979, archives d'État de Russie en histoire contemporaine, fonds 5, inv. 76, dos352, f. 40-41.
  5. Les réacteurs nucléaires visant à la production d’électricité ont un rendement approximatif d’un tiers (entre la puissance thermique et la puissance électrique) ; la puissance d'une centrale est exprimée en mégawatt (1 MW = 1 million de watts).
  6. a et b Lettre du Professeur Nesterenko à Wladimir Tchertkoff, Solange Fernex et Bella Belbéoch, janvier 2005
  7. (en) Nature's anomaly blamed for Chernobyl disaster, Pravda, 12 mai 2005
  8. L'hypothèse du tremblement de terre, Historia, 30 juin 2001
  9. (ru) Сейсмические явления в районе Чернобыльской АЭС, Geophysical Journal, 1998, Vol. 17, p. 389-409 (article du 17 février 1997)
  10. (en)[PDF] The Causes and Scenario of the Chernobyl Accident, and Radioactive Release on the CHNPP Unit-4 Site, Boris Gorbatchev, du centre interdisciplinaire «Sarcophage» (russe : Укрытие, Oukrytié) de l'Académie nationale des sciences d'Ukraine ((ru) article en version originale).
  11. (en)[PDF] Analysis of the Version “Earthquake is the Cause of the Chernobyl Accident”, Nikolaï Karpane, ingénieur en chef adjoint de la centrale en 1986 ((ru) article en version originale).
  12. V. P. Tortchiguine, Institut des problèmes d'informatique de l'ASR, 2006
  13. L. I. Ouroutskoïévy, Institut Kourtchatov
  14. La Supplication. Tchernobyl, chroniques du monde après l'apocalypse, Op. cit.
  15. « Musée de Tchernobyl à Kiev »
  16. Philippe Coumarinos, Tchernobyl après l'apocalypse, Hachette Littératures, 2000, p. 37.
  17. Valeri Legassov, « Mon devoir est d'en parler », La Pravda, 20 mai 1988.
  18. « Le testament » de Legassov traduit en français.
  19. Données métrologiques et évaluation des risques en France lors de l’accident de Tchernobyl (26 avril 1986). Mise au point historique, Pierre Galle, Raymond Paulin, Jean Coursaget, juin 2003, Éditions scientifiques et médicales Elsevier.
  20. Marie Jégo, « "Finir le travail" à Tchernobyl », Le Monde, 19 mars 2011, p. 3
  21. a et b La bataille de Tchernobyl, film documentaire réalisé par Thomas Johnson 94 minutes, Année : 2006
  22. « Terrible accident d'hélicoptère à Tchernobyl »
  23. « Selon un rapport indépendant, les chiffres de l'ONU sur les victimes de Tchernobyl ont été sous-estimés » in Le Monde du 7 avril 2006
  24. Tchernobyl forever, documentaire d’Alain de Halleux (France, 2011, 55 min)
  25. Thomas Johnson, « La bataille de Tchernobyl »,‎ documentaire, 2006 (consulté le 29 mars 2011)
  26. (en) « My visit to Chernobyl », sur http://www.chernobylee.com (consulté le 16/07/2014)
  27. Cette somme correspond à un an de salaire moyen
  28. Documentaire France 3 / Play Film, témoignage de Gorbatchev
  29. Mikhaïl Gorbatchev, Mémoires, Le Rocher, 1997.
  30. La Bataille de Chernobyl Part 2 11 minutes
  31. a, b, c, d, e et f IRSN, Christine Brun-Yaba & Gérard Deville-Cavelin, Michel Colin (Laboratoire d’Études des Stockages de Surface, Caractérisation des sites de stockage de déchets issus de Tchernobyl, voir pages 6-7
  32. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k et l , Nénot, Jean-Claude, et Patrick Gourmelon, « Les accidents dus aux rayonnements ionisants - le bilan sur un demi-siècle » ; Édition du 15 février 2007, IRSN. Document en ligne.
  33. Philippe Coumarianos, op. cit., p. 81-83.
  34. a et b Institut de la radioprotection et de la sûreté nucléaire, (2011). « Les conséquences de Tchernobyl pour l'homme et l'environnement.”, http://www.irsn.fr
  35. Patel S. S., Samet J. M. and Thornton F. L. (2011), The Psychological and Welfare Consequences of the Chernobyl Disaster, http://www.greencross.ch/uploads/media/the_psychological_and_welfare_consequences_of_the_chernobyl_disaster.pdf
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  37. (en) United Nations Scientific Committee on the Effects of Atomic Radiation, 2000 United Nations Scientific Committee on the Effects of Atomic Radiation Report to the General Assembly, Volume II, Annex J, Exposures and effects of the Chernobyl accident, Organisation des Nations Unies,‎ 2000 (présentation en ligne, lire en ligne)
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  43. (en) A.Ye. Romanenko, S. Finch, M. Hatch, J. Lubin, V.G. Bebeshko, D.A. Bazyka, N. Gudzenko, I.S. Dyagil, R. Reiss, A. Bouville, V.V. Chumak, N.K. Trotsiuk, N.G. Babkina, Y. Belayev, I. Masnyk, E. Ron, G.R. Howe, L.B. Zablotska, « The Ukrainian-American Study Of Leukemia And Related Disorders Among Cleanup Workers From Ukraine: III. Radiation Rrisks », Radiation Research, vol. 170, no 6,‎ 2008, p. 711-720 (DOI 10.1667/RR1404.1, résumé, lire en ligne)
  44. Effets des radiations, R. Masse.
  45. ApSimon, H. et Wilson, J. (1986), Tracking the cloud from Chernobyl. New Scientist, 17:42–45
  46. ApSimon, H., Wilson, J. et Simms, K. (1989), Analysis of the dispersal and deposition of radionuclides from Chernobyl across Europe. Proc. R. Soc. Lond. A, 425:365–405
  47. D'après un expert de l'AIEA, cité par Chernobyl still casts cloud over health - World news - World environment - msnbc.com.
  48. Voir Roland Masse, [PDF] Effets des faibles doses
  49. Pour une population de 5 millions d'habitants, le taux de mortalité naturel est de l'ordre de 50 000 morts par an, dont 15 000 à 20 000 par cancer ; ces valeurs correspondent statistiquement à un écart-type de l'ordre de 150 à 250 décès. Si l'hypothèse "linéaire sans seuil" est valide, et du fait que les 5 000 morts qu'elle prédit s'étalent sur ~ 25 ans, et n'apparaissent qu'après de nombreuses années, l'ordre de grandeur du signal à identifier est de l'ordre de 200 décès, c'est-à-dire du même ordre que les fluctuations statistiques de la mortalité. Il n'est donc pas possible de prouver statistiquement qu'une petite variation de la mortalité une année donnée peut être attribuée à des rayonnements, parce qu'elle peut aussi bien être due au simple hasard : les variations possibles sont du même ordre de grandeur.
  50. The LNT Debate in Radiation Protection: Science vs. Policy, Kenneth L. Mossman, Dose-Response, Volume 10, Number 2 / 2012
  51. Trichopoulos D, Zavitsanos X, Koutis C, Drogari P, Proukakis C and Petridou E. 1987. The victims of Chernobyl in Greece: Induced abortions after the accident. British Medical Journal 295:1100
  52. (en) Chernobyl death toll grossly underestimated, 18 avril 2006.
  53. (en) The Chernobyl Catastrophe – Consequences on Human Health, p. 23.
  54. Valery Pyatnitsky : des leçons doivent être tirées de Tchernobyl, mais le nucléaire ne doit pas être abandonné
  55. Accident de Tchernobyl : quelques repères sur le sujet sur cea.fr
  56. [PDF] Chernobyl Shelter Fund, février 2000.
  57. Top départ pour le sarcophage géant, un article du monde.fr
  58. No impact from Chernobyl roof collapse, WNN, 13 février 2013.
  59. « Un deuxième sarcophage pour oublier Tchernobyl », dans Sciences et Avenir no 710 (avril 2006)
  60. 600 millions manquent pour le nouveau sarcophage de Tchernobyl
  61. (en) Page 33 « Belarus, for instance, has estimated the losses over 30 years at US $235 billion. »
  62. Citation de Pascal Husting, directeur de Greenpeace France à 14e minute
  63. Tchernobyl, 20 ans après, Conséquences sur l’environnement
  64. Tchernobyl, une histoire naturelle : Quelle explication donner à l’apparente recolonisation par la Nature à Tchernobyl ?
  65. http://groupes.sortirdunucleaire.org/Tchernobyl-Fernex Commentaires de Michel Fernex sur le reportage "Tchernobyl, une histoire naturelle"
  66. [PDF] Société civile et radioprotection : les enseignements de Tchernobyl, 20 ans après

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Livres[modifier | modifier le code]

  • Galia Ackerman (dir.), Guillaume Grandazzi (dir.) et Frédérick Lemarchand (dir.), Les Silences de Tchernobyl : l'avenir contaminé, Paris, éditions Autrement, coll. « Frontières »,‎ 2006, 299 p. (ISBN 978-2-7467-0821-1).
  • Galia Ackerman, Tchernobyl, retour sur un désastre, Paris, Gallimard, coll. « Folio / Documents » (no 38),‎ 2007, 162 p. (ISBN 978-2-07-034092-7).
  • Agence de l'OCDE pour l'énergie nucléaire, Les Incidences radiologiques de l'accident de Tchernobyl dans les pays de l'OCDE, Paris, OCDE,‎ 1987, 195 p. (ISBN 92-64-23043-2).
  • Svetlana Alexievictch (trad. Galia Ackerman et Pierre Lorrain), La Supplication : Tchernobyl, chroniques du monde après l'apocalypse, Paris, Lattès,‎ 1998, 267 p. (ISBN 2-7096-1914-8).
  • Association contre le nucléaire et son monde (dir.), Sous l'épaisseur de la nuit : documents et témoignages sur le désastre de Tchernobyl, Paris, Association contre le nucléaire et son monde,‎ 1993, 156 p..
  • Youri I. Bandazhevsky (trad. Manuela Büx, préf. Galina Bandazhevskaïa et Laurent Gerbaud), La Philosophie de ma vie : journal de prison : Minsk, 2005, Paris, J.-C. Gawsewitch éditeur, coll. « Le lieu et l'heure »,‎ 2006, 317 p. (ISBN 2-35013-053-3).
  • Bella Belbéoch et Roger Belbéoch (préf. Cédric de Queiros), Tchernobyl, une catastrophe : quelques éléments pour un bilan, Paris, la Lenteur,‎ 2012, 307 p. (ISBN 978-2-9540696-0-9).
  • Gildas Chasseboeuf et Emmanuel Lepage (préf. Pascal Rueff), Les Fleurs de Tchernobyl : carnet de voyage en terre irradiée, Antony, la Boîte à bulles,‎ 2012, 64 p. (ISBN 978-2-84953-156-3).
  • Michel Chouha et Paul Reuss (préf. Jacques Repussard), Tchernobyl, 25 ans après... Fukushima : quel avenir pour le nucléaire ?, Paris, éd. Tec & doc,‎ 2011, 216 p. (ISBN 978-2-7430-1364-6).
  • Jean-François Claustre (photographies), Spaciba (merci), Roanne, Noir sur blanc,‎ 2001, 30 p. (ISBN 2-914485-01-8).
  • Philippe Coumarianos, Tchernobyl : après l'apocalypse, Paris, Hachette Littératures,‎ 2000, 204 p. (ISBN 2-01-235562-5).
  • Jean-Pierre Dupuy, Retour de Tchernobyl : journal d'un homme en colère, Paris, éditions du Seuil,‎ 2006, 179 p. (ISBN 2-02-087969-7).
  • Luc Gillon (préf. André L. Jaumotte), Le Nucléaire en question : après l'accident de Tchernobyl, Louvain-la-Neuve, Duculot,‎ 1986, 251 p. (ISBN 2-8011-0613-5).
  • Nigel Hawkes, Geoffrey Lean, David Leigh et al., Tchernobyl : le récit de la première catastrophe nucléaire majeure de l'Histoire, Paris, Presses de la Cité, coll. « Document »,‎ 1986, 198 p. (ISBN 2-258-01839-0).
  • Guillaume Herbaut (photographies) (trad. Brian Fulmer et Robert Kremer), Tchernobylsty, Paris, le Petit Camarguais,‎ 2003 (ISBN 2-9518105-1-2).
  • Igor Kostine (trad. Emilia Koustova, avec la collaboration de Thomas Johnson), Tchernobyl : confessions d'un reporter, Paris, France Inter et les Arènes,‎ 2006, 240 p. (ISBN 2-912485-97-5).
  • Yves Lecerf et Édouard Parker, L'Affaire Tchernobyl : la guerre des rumeurs, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Politique d'aujourd'hui »,‎ 1987, 416 p. (ISBN 2-13-041372-2).
  • Gerd Ludwig (préf.: Mikhaïl Gorbatchev: L'ombre de Tchernobyl - The Long Shadow of Chernobyl - Der lange Schatten von Tschernobyl. livre illustré, Ed. Lammerhuber, 2014, ISBN 978-3-901753-66-4 (extrait). Photos de l' intérieur du réacteur[1].
  • Roland Masse, Que doit-on craindre d'un accident nucléaire ?, Paris, le Pommier, coll. « Les petites pommes du savoir » (no 43),‎ 2004, 64 p. (ISBN 2-7465-0166-X).
  • Grigori Medvedev (trad. Laetitia Lys et Nadine Diatlovic, préf. Andreï Sakharov), La Vérité sur Tchernobyl, Paris, Albin Michel,‎ 1990, 318 p. (ISBN 2-226-04031-5).
  • Marc Molitor, Tchernobyl : déni passé, menace future ?, Bruxelles et Namur, Racine et RTBF, coll. « Société »,‎ 2011, 275 p. (ISBN 978-2-87386-715-7).
  • Jean-Pierre Pharabod et Jean-Paul Schapira, Les Jeux de l'atome et du hasard, Paris, Calmann-Lévy,‎ 1988, 247 p. (ISBN 2-7021-1661-2).
  • Ferenc Rákóczy, « Devant Tchernobyl », dans Éoliennes, Lausanne, l'Âge d'Homme,‎ 2007 (ISBN 2-8251-3749-9, présentation en ligne), p. 51-64.
  • V.K. Savchenko, The Ecology of the Chernobyl Catastrophe, Taylor & Francis,‎ 1995, 220 p. (ISBN 2-85184-172-6).
  • Jaime Semprun, La Nucléarisation du monde, Paris, éditions Gérard Lebovici,‎ 1986, 136 p. (ISBN 1850706565).
  • Tchernobyl : anatomie d'un nuage : inventaire provisoire des dégâts physiques et moraux consécutifs à la catastrophe du 26 avril 1986, Paris, éditions Gérard Lebovici,‎ 1987, 157 p. (ISBN 2-85184-178-5).
  • Wladimir Tchertkoff et Michel Parfenov (dir.), Le Crime de Tchernobyl : le goulag nucléaire, Arles, Actes Sud,‎ 2006, 717 p. (ISBN 2-7427-6042-3).

Articles[modifier | modifier le code]

Média[modifier | modifier le code]

Jeux vidéo[modifier | modifier le code]

Plusieurs jeux vidéo évoquent la catastrophe de Tchernobyl :

  • Série S.T.A.L.K.E.R. : jeu vidéo dont l'histoire se déroule dans les années 2010 et a trait à l'accident de Tchernobyl et à l'univers fantastique qu'il a engendré (Shadow of Chernobyl, Clear Sky, Call of Pripyat).
  • Call of Duty 4: Modern Warfare : jeu se déroulant dans la ville de Pripiat qui permet aussi de mesurer les dégâts sur les bâtiments abandonnés.
  • Call of Duty: Modern Warfare 2 : une mission des opérations spéciales se déroule aux alentours de la centrale.
  • Chernobyl: Terrorist Attack : jeu sorti uniquement en Russie, il met en scène un militaire qui doit sauver la centrale de Tchernobyl attaquée par des terroristes.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Documentaire télévision[modifier | modifier le code]

Anecdotes[modifier | modifier le code]

Il existe le Virus informatique CIH (aka Tchernobyl) qui déclenche tous les 26 avril, une dévastation monstre.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  1. Interview (allemand)