Jacques Martin (animateur)

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Jacques Martin

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Jacques Martin au festival de Cannes 1992.

Naissance 22 juin 1933
Lyon, Rhône, France
Décès 14 septembre 2007 (à 74 ans)
Biarritz, Pyrénées-Atlantiques, France
Nationalité Drapeau de la France française
Pays de résidence France
Profession Journaliste, animateur de radio, animateur de télévision, producteur de télévision.
Activité principale Comédien, réalisateur, compositeur, scénariste, chef décorateur
Distinctions
Conjoint
Annie Lefèvre
Marion Game (1968-1972)
Danièle Évenou
Cécilia Ciganer-Albéniz (1984-1989)
Céline Boisson (1992-2005)
Famille
David (fils)
Élise (fille)
Frédéric (fils)
Jean-Baptiste (fils)
Judith (fille)
Jeanne-Marie (fille)
Juliette (fille)
Clovis (fils)

Jacques Martin, né le 22 juin 1933 à Lyon (4e arrondissement) dans le Rhône et mort le 14 septembre 2007 à Biarritz dans les Pyrénées-Atlantiques, est un comédien, animateur de radio et de télévision, producteur de télévision français. Son père joue de sept instruments, et cette passion pour la musique et celle de la cuisine, l'accompagneront toute sa vie ; son fils David est un cuisinier habitué des chaînes de télévision françaises.

Après avoir débuté par le théâtre en 1949, il a produit et animé entre les années 1970 et 1990 de nombreuses émissions de divertissement comme Le Petit Rapporteur, L'École des fans ou Dimanche Martin.

Biographie[modifier | modifier le code]

Premiers pas[modifier | modifier le code]

Germain Muller et Jacques Martin à Strasbourg en 1978.

Fils de Joannès Martin, industriel, et de Germaine Ducerf, Jacques Martin est élevé chez les jésuites, entre autres, parce qu'il est souvent renvoyé pour son indiscipline. Il s'oriente d'abord vers le théâtre et suit à partir de 1949 les cours de Charles Dullin.

Il commence sa carrière à la télévision sous le pseudonyme de Ducerf à Télé-Strasbourg, devenue France 3 Alsace, où il anime dans les années 1950 l’émission Pas très show, puis en 1961, Trois petits tours et Deux petites notes à la clé. À Strasbourg, il fait aussi partie de la troupe du cabaret satirique alsacien de Germain Muller, Le Barabli, entre 1959 et 1962. Par amitié pour Germain Muller, il participera au dernier spectacle du Barabli, lors du réveillon du Nouvel an 1989[1].

Au début des années 1960, il se lance dans la chanson, comme compositeur et chansonnier, dans des émissions comiques avec Jean Yanne, Roger Pierre et Jean-Marc Thibault, notamment pour un disque de rock sous le nom de Johnny RockFeller et ses RockChild, avec des titres comme J'aime pas le rock, Le rock coco, Saint Rock, en 1961 ; également des parodies comme celles des Élucubrations d'Antoine coécrites avec Jean Yanne : les Émancipations d'Alphonse, Les Revendications d'Albert, Les Pérégrinations d'Anselme, et les Préoccupations d'Antime (1966).

Carrière dans le spectacle[modifier | modifier le code]

Jacques Martin se produit aussi comme chanteur, assurant notamment la première partie de Jacques Brel à l'Olympia, montant un spectacle associant chansons et parodies à Bobino et participant à l'émission Le Palmarès des chansons. Il compose des chansons, écrit une comédie musicale, Petitpatapon, en 1968, qui se solde par un échec, avant de s'essayer à la réalisation de films avec Na ! en 1973. Il fait aussi l'acteur dans Erotissimo (1968), Sex-shop (1972), Le Rescapé de Tikéroa (Jean L'Hôte, 1983) et La Passante du Sans-Souci (1982). En 1978, il enregistre avec Jane Rhodes et Rémy Corazza une version de l'opérette La Belle Hélène sous la direction d'Alain Lombard dans laquelle il incarne le roi Ménélas, époux d'Hélène.

Carrière télévisuelle[modifier | modifier le code]

Repéré par Jacques Chancel en 1964, il rejoint l'ORTF et crée avec Jean Yanne l'émission 1 = 3 qui connaîtra un grand succès populaire. Ils y interprètent notamment des parodies de grands événements historiques. Leur sketch représentant Napoléon et ses maréchaux sous forme de cyclistes du Tour de France lui vaudra d'ailleurs un procès, des menaces de licenciement et surtout la fin prématurée de l'émission. Ils seront renvoyés, Jean Yanne parce qu'il était trop littéraire et Martin pas assez[2].

En 1968, il présente la cérémonie de remise des prix du festival de Cannes, puis anime Midi-Magazine puis Midi Chez Vous avec Danièle Gilbert, de 1968 à 1971. Au cours d'une de ces émissions, il invite le ministre des Finances de l'époque, Valéry Giscard d'Estaing, qui accepte de jouer de l'accordéon. De 1973 à février 1974, il coprésente aux côtés d'Évelyne Pagès l'émission de variété intitulée Taratata, réalisée par Bernard Lion[3] - l'émission proposait des prestations de chanteurs entrecoupés de sketches. À ne pas confondre avec l'émission Taratata présentée et produite par Nagui, lequel obtiendra d'ailleurs l'autorisation de Jacques Martin pour reprendre ce nom d'émission.

En janvier 1975 Jacques Martin lance l'émission satirique Le Petit Rapporteur une parodie de journal télévisé programmée chaque dimanche sur la 1re chaîne de ce qui était encore, pour quelques semaines l'ORTF, puis à la rentrée suivante, TF1. Des tensions avec des membres de son équipe, et un projet de film avec le producteur Carlo Ponti font arrêter l'émission le 26 juin 1976[4]. En 1977 à la demande de Marcel Jullian Jacques Martin vient sur Antenne 2 et reprend le principe de son émission avec La Lorgnette (1976 -1977). Parallèlement, il anime avec Jean Yanne une émission radiophonique quotidienne sur RTL.

Habitué des émissions de variétés comme Les Grands Enfants ou Top à, de Maritie et Gilbert Carpentier, Jacques Martin est avec Michel Drucker et Guy Lux l'un des animateurs vedettes de la variété à la télévision française (alors constituée des trois chaînes publique jusqu'en 1984). En 1977 et 1978 il crée et présente une série d'émissions pour les dimanches d'Antenne 2, sous le titre de Bon Dimanche qui s'enchaînent avec : Ces messieurs nous disent, jeu télévisé, L'école des fans coprésenté avec Stéphane Collaro qui sera repris dans Dimanche Martin, Contre Ut, et Musique and Music, émission de variété diffusée en soirée.

L'émission dominicale la plus renommée de Jacques Martin fut L'École des fans, créée le 30 janvier 1977, et dans laquelle des enfants venaient interpréter les chansons d'un invité. Les passages obligés de cette émission ont marqué les esprits et les caricaturistes : les enfants notant leur prestation et Jacques Martin interpellant les parents dans la salle, dont le père souvent armé d'un caméscope filme la scène. Pour l'anecdote, Vanessa Paradis est passée dans cette émission lorsqu'elle était enfant (le 3 mai 1981 à 8 ans).

Après une pause deux ans, il revient à la télévision en 1980 avec un programme pour enfant intitulé Dessine-moi un mouton.

Antenne 2 lui propose alors de reprendre l'antenne du dimanche. Son programme Dimanche Martin, enregistré en public chaque samedi au théâtre de l'Empire à Paris et diffusé chaque dimanche après-midi sur Antenne 2, reprend le principe de Bon Dimanche en mêlant humour, variétés, spectacles et reportages dans plusieurs émissions qui s'enchaînent : Entrez les artistes un magazine culturel animé avec Daniel Patte, Incroyable mais vrai, qui est remplacé en 1983 par un jeu télévisé Si j'ai bonne mémoire, en 1985 un autre jeu Tout le monde le sait lui-même remplacé par Le monde est à vous de 1987 à 1997, et en dernière saison par Sous vos applaudissements (1997). L'École des fans, Les Voyageurs de l'histoire, Thé dansant, et Ainsi font, font, font, qui vit les débuts de Laurent Gerra, Virginie Lemoine, Laurent Ruquier, Julien Courbet et Laurent Baffie.

Fin de carrière[modifier | modifier le code]

Parallèlement, Jacques Martin participe régulièrement, en compagnie de son vieux complice Jean Yanne, aux Grosses Têtes, l'émission de Philippe Bouvard sur RTL, puis à l'émission On va s'gêner de Laurent Ruquier sur Europe 1.

En 1998, apprenant la décision de France 2 d'arrêter son programme du dimanche dans l'émission Sous vos applaudissements à la fin de la saison, Jacques Martin est victime dans la nuit d'un accident vasculaire cérébral qui le laisse partiellement paralysé et l'oblige à interrompre ses émissions. Son ami Jean-Claude Brialy le remplace alors au pied levé jusqu'à la fin de la saison. Les émissions ne seront pas reconduites.

En mars 1999, il est fait chevalier de la Légion d'honneur par le président de la République Jacques Chirac.

Après avoir participé épisodiquement à des émissions de radio et de télévision (en 2003, il est invité par Laurent Ruquier sur le plateau du prime d'On a tout essayé pour rendre hommage à Jean Yanne), il se retire dans sa maison à Neuilly, puis, sa santé se dégradant, dans une résidence médicalisée à Courbevoie. Il décide en novembre 2006 de s'installer à l'hôtel du Palais à Biarritz[5], ville où il est mort le 14 septembre 2007 des suites d'un cancer généralisé[6]. Le jour même, la plupart des grandes chaînes de radio et de télévision françaises modifient leur programme pour lui rendre hommage et évoquer sa carrière[7].

Ses obsèques ont été célébrées le 20 septembre 2007 en la primatiale Saint-Jean de Lyon, en présence de ses proches, enfants, épouses successives et de nombreuses personnalités du gouvernement et du monde de la télévision et du spectacle[8]. Jacques Martin est inhumé au cimetière de la Guillotière, à Lyon, auprès de ses parents.

Vie familiale[modifier | modifier le code]

Fin cuisinier, Jacques Martin était le petit-fils de Joannès Ducerf, chef de cuisine du tsar Nicolas II de Russie, qui tiendra également le célèbre restaurant de Lyon L'Universel. Jacques Martin était père de huit enfants. Il s'est marié trois fois et a vécu en union libre avec les comédiennes Marion Game et Danièle Évenou.

Aussi bien Pierre Bonte que Danièle Évenou mentionnent son talent et son perfectionnisme, mais aussi son caractère parfois difficile et colérique.

Émissions[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Théâtre[modifier | modifier le code]

Documentaire télévisé[modifier | modifier le code]

  • Série "Un jour, un destin" Jacques Martin, les coulisses d'un empire (1re diffusion : le 20 décembre 2010, 2e diffusion : 5 janvier 2013 sur France 2)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dernier spectacle du Barabli sur le site de l'INA.
  2. Au Temps Retrouvé, émission en radio sur la Première, diffusée le 27 mai 2013
  3. Julien Lalande, « RTL : Evelyne Pagès est décédée », sur PureMédias,‎ 13 juin 2011
  4. « Le petit rapporteur » : l'actualité par le petit bout de la lorgnette le Figaro.fr
  5. « À Biarritz, Jacques Martin reçoit ses proches et ses amis », Le Parisien, 20 août 2007 (Résumé en ligne)
  6. Dépêche de LCI
  7. « Télévisions et radios rendent hommage à Jacques Martin », dépêche AFP, 14 septembre 2007.
  8. Le gouvernement était représenté par Rachida Dati, ministre de la Justice, Christine Albanel, ministre de la Culture et de la Communication, Rama Yade, secrétaire d'État aux Droits de l'Homme et enfin Christine Boutin, ministre du Logement. Le maire PS de Lyon Gérard Collomb, était par ailleurs présent. Cécilia Sarkozy, « première dame de France », qui fut notamment son ancienne épouse, avec laquelle il eut deux enfants, assistait aux obsèques. Enfin, des personnalités du monde de la télévision, le PDG de France Télévisions, Patrick de Carolis, les journalistes Stéphane Collaro et Pierre Bonte, l'animatrice Danièle Gilbert qu'il avait surnommée La grande Duduche, l'humoriste Laurent Gerra, le dessinateur Piem, les chanteurs Chantal Goya et Enrico Macias et le cuisinier Paul Bocuse ont tenu à rendre un ultime hommage à Jacques Martin.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Brigitte Hemmerlin et Vanessa Pontet, Jacques Martin, l'empereur des dimanches, préface de Jacques Chancel, Archipel, 2008.