Brigitte Lahaie

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Brigitte Lahaie
Description de cette image, également commentée ci-après
Brigitte Lahaie au Salon du livre de Paris 2014.
Nom de naissance Brigitte Lucie Jeanine Vanmeerhaeghe
Alias
Brigitte Lahaye, Brigitte Simonin, Fanny, Brigitte Bordeaux, Brigette Lahaye, Brigitte Van Meerhaegue
Naissance (63 ans)
Tourcoing, Nord, France
Nationalité Drapeau : France Française
Caractéristiques physiques
Taille 1,73
Poids 54
Yeux marron
Cheveux brune (blonde)
Carrière
Années d’activité 1976-1980 (jusque 1987 pour le softcore)
Nombre de films + de 116 films pornographiques & classiques[1]
Films notables

Brigitte Vanmeerhaeghe, dite Brigitte Lahaie, est une actrice et animatrice de radio française née le à Tourcoing.

Elle fut l'une des premières stars du cinéma pornographique français à l'époque de son « âge d’or » et de la libération sexuelle des années 1970 à 1980, période durant laquelle des salles confidentielles passaient des films X tournés en 35 mm. Brigitte Lahaie fut l'une des égéries de cette période.

Après avoir arrêté le X en 1980, elle fait des apparitions dans le cinéma dit « classique », notamment dans des films du cinéma bis, et elle intervient dans des émissions de télévision sur des sujets concernant la sexualité ou l'érotisme. En 2001, elle devient animatrice de radio, répondant aux auditeurs sur des questions de sexualité.

Elle est l'une des rares actrices X françaises à avoir réussi une reconversion professionnelle dans les médias grand public.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et débuts[modifier | modifier le code]

Fille d'un employé de banque et d’une représentante de commerce, Brigitte Lahaie ne vit que durant sa première année dans le Nord, passant sa jeunesse en Alsace, puis à Lyon (où sa famille déménage en 1967) au gré des mutations professionnelles de son père, mais revient régulièrement séjourner dans la région Lilloise où elle a encore des attaches familiales[2]. Elle exerce le métier de vendeuse de chaussures avant de déménager à Paris à l’âge de dix-huit ans et de commencer à poser nue pour des magazines.

Actrice X[modifier | modifier le code]

Brigitte Lahaie commence sa carrière d'actrice pornographique à l'âge de vingt ans en 1976 et exerce ce métier jusqu'en 1980, tournant dans une centaine de films (certains étant seulement érotiques)[3].

Durant cette courte période, elle a travaillé avec les principaux réalisateurs du cinéma X de l'époque : Claude Mulot (Jouissances, 1976), Gérard Kikoïne (Parties fines, 1977), Burd Tranbaree (La Rabatteuse, 1978), José Bénazéraf (Bordel SS, 1978) et Francis Leroi (Je suis à prendre, 1978). Ces films ont été en majorité édités chez Alpha France et René Château Vidéo et réédités, pour certains, en DVD dans la collection « Les grands succès du cinéma X français » chez Blue One.

Elle exerçait sa profession à une époque où les réalisateurs savaient faire preuve d’inventivité et d'humour dans l’écriture de leurs scénarios, les scènes X elles-mêmes étant assez peu « anatomiques » et laissant place à une certaine mise en situation érotique. Ainsi, dans son dernier film, Les Petites Écolières de Claude Mulot (alias Frédéric Lansac) en 1980, elle joue le rôle d’une tenancière de maison close amenée à se reconvertir dans la direction d’un pensionnat pour jeunes filles. Bien entendu, l’éducation dispensée dans cet établissement porte sur des matières plus proches de la leçon de choses que du programme officiel de l’Éducation nationale.

Reconversion[modifier | modifier le code]

Avant même l'abandon de sa carrière dans le X, Brigitte Lahaie a tenu des rôles dans des films non pornographiques, notamment des films fantastiques réalisés par Jean Rollin. C'est à l'occasion du tournage de Vibrations sexuelles, un film X, que le réalisateur remarque sa différence, son charisme[4]. Il lui confie donc un rôle dans Les Raisins de la mort, tourné fin 1977. Reine du porno hardcore, elle est, dans ce film, opposée à Marie-Georges Pascal qui fut une vedette du cinéma érotique « soft » au début de la décennie. Rollin lui donne ensuite l'opportunité d'être la protagoniste de Fascination aux côtés de Franca Maï et de La Nuit des traquées avec également Catherine Greiner (Cathy Stewart).

Amorçant une reconversion professionnelle dans le cinéma dit « classique » à l'orée des années 1980, on la voit apparaître dans de petits rôles, souvent créditée du nom de Brigitte Simonin : une strip-teaseuse dans I... comme Icare d'Henri Verneuil en 1979, « une fille sans culotte » dans Diva de Jean-Jacques Beineix en 1980, une infirmière aux côtés d'Alain Delon dans Pour la peau d'un flic en 1981, une femme sexy en vidéo dans Te marre pas ... c'est pour rire ! en 1982, et même une mère de famille dans N'oublie pas ton père au vestiaire avec Jean Lefebvre en 1982. Elle participe même à une pièce de l'émission grand public Au théâtre ce soir.

Dans le même temps, elle continue à apparaître dans quelques films érotiques, dont Joy & Joan de Jacques Saurel en 1985 et Le Diable rose de Pierre B. Reinhard (avec Roger Carel et Pierre Doris) en 1987, et dans quelques films de genre : L'Exécutrice de Michel Caputo en 1986 dans lequel elle tient le rôle-titre d'une femme-flic. Elle joue ensuite dans deux films de Max Pécas (Brigade des mœurs en 1985, On se calme et on boit frais à Saint-Tropez en 1987). L'année suivante, elle tourne sous la direction de Jess Franco dans Les Prédateurs de la nuit puis Dark Mission : les fleurs du mal (aux côtés de Christopher Lee). En 1990, elle tient de nouveau un petit rôle de prostituée dans Henry et June de Philip Kaufman, l'un des premiers films d'Uma Thurman. Puis, on la revoit dans Illusions Fatales en 1993 de Patrick Malakian avec Elise Tielrooy, Les Deux Orphelines vampires de Jean Rollin en 1997 et La dame pipi en 2000 de Jacques Richard tiré d'une nouvelle de Roland Topor. Elle retrouve ensuite Jean Rollin avec le film La fiancée de Dracula en 2002. Elle apparait également, en 2005, au cinéma, dans le film Calvaire de Fabrice Du Welz.

Si l'actrice est une des rares vedettes du porno qui soit parvenue à sortir du «ghetto du X », elle est restée pour l'essentiel confinée dans le cinéma bis et n'a fait que de petites apparitions dans des films « grand public ». Elle s'impose en tous cas comme une actrice-fétiche de Jean Rollin avec qui elle a travaillé à sept reprises.

Faisant feu de tout bois au terme de sa carrière d'actrice X, elle se fait remarquer par sa participation à l'émission radio, Les Grosses Têtes, diffusée sur RTL en France.

Elle s'est également essayée à la littérature avec une autobiographie intitulée Moi, la scandaleuse, ce qui lui permet d'être invitée a l'émission Apostrophes de Bernard Pivot le 27 mars 1987 et écrit deux romans érotiques publiés chez J'ai lu : La femme modèle (1991), qui raconte l'histoire d'une femme mariée entreprenant de poser nue, et Le sens de la vie (1994). On lui doit aussi quelques essais sur la sexualité : Les chemins du mieux aimer (J'ai Lu, 1999), D'amour et de sexe (Marabout, 2004), etc. En 2007 parait Parlez-nous d'amour, en collaboration avec le Père Patrice Gourrier, proposant deux regards sur le couple, le désir et la sexualité.

Elle tente par ailleurs de percer dans la chanson en 1987, avec le titre Caresse tendresse, qui passe cependant inaperçu[5].

Nouvelle carrière d'animatrice[modifier | modifier le code]

À la fin des années 1990, Brigitte Lahaie anime quelques émissions sur des chaînes du câble français. Ces émissions sont le plus souvent centrées sur la sexualité. On la voit notamment sur la chaîne XXL spécialisée dans la pornographie.

C'est à la radio qu'elle retrouve un statut de vedette en tant que présentatrice sur l'antenne de RMC. De 2001 à 2016, la star y anime Lahaie, l'Amour et Vous, une quotidienne, de 14 heures à 16 heures, qui traite des relations amoureuses et sexuelles, rediffusée à minuit[6],[7]. Durant l'été 2012, elle commente les épreuves d'équitation des JO de Londres pour RMC[8].

En 2016, après avoir été évincée de RMC, elle continue la radio en allant sur Sud Radio. Elle y anime une quotidienne, de 14 heures à 16 heures[9].

Prises de position[modifier | modifier le code]

En , en plein débat sur les violences sexuelles à la suite de l'affaire Weinstein, elle fait partie d'un groupe d'une centaine de femmes signant une tribune dans Le Monde pour critiquer les dérives du mouvement #MeToo et de son équivalent français #BalanceTonPorc[10]. Dans ce contexte, durant un débat sur BFM TV, elle déclare, lors d'un échange avec Caroline De Haas : « On peut jouir lors d'un viol »[11]. Plusieurs femmes ayant cosigné la tribune font alors savoir qu'elles se désolidarisent de ses propos[12]. Après le tollé suscité par sa déclaration, Brigitte Lahaie déclare le 12 janvier, sur TV5 Monde, que ses propos ont été mal compris et sortis de leur contexte. Elle explique avoir voulu non pas minimiser le viol, mais rappeler que « parfois, le corps et l'esprit ne coïncident pas » ce qui d'ailleurs peut rendre « la reconstruction encore plus compliquée ». Elle déplore à cette occasion avoir fait l'objet d'un lynchage dans les médias et sur les réseaux sociaux, et commente : « Je suis une femme qui a souffert dans sa chair et qui depuis trente ans aide les femmes à se libérer. C'est tout. Et quand on est incomprise à ce point, c'est vrai que ça fait mal »[13],[14].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Brigitte Lahaie a été la compagne de l'éditeur René Chateau dans les années 1980[15].

Filmographie[modifier | modifier le code]

Films « classiques »[modifier | modifier le code]

Films pornographiques et érotiques[modifier | modifier le code]

Année 1977[modifier | modifier le code]

Année 1978[modifier | modifier le code]

Année 1979[modifier | modifier le code]

Année 1980[modifier | modifier le code]

Année 1981[modifier | modifier le code]

Année 1982[modifier | modifier le code]

Année 1983[modifier | modifier le code]

Année 1984-1987[modifier | modifier le code]

Vidéos[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Documentaires[modifier | modifier le code]

  • 1999 : Eurotika ! : Vampires and Virgins: The Films of Jean Rollin : elle-même

Publications[modifier | modifier le code]

Distinction[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Imdb
  2. « Brigitte Lahaie « Les briques rouges, c’est ma madeleine de Proust » », La voix du Nord,‎ (lire en ligne)
  3. https://www.imdb.com/name/nm0221321/?ref
  4. Interview de Jean Rollin sur shockingimages
  5. [AUDIO] Voix sans issue: Brigitte Lahaie, «Caresse tendresse», Libération, 10 juillet 2008
  6. « L'émission de Brigitte Lahaie sur RMC "Lahaie, l'amour et vous" s'arrête », Marine Chassagnon, The Huffington Post.fr, 25 juillet 2016.
  7. « Brigitte Lahaie et RMC, c'est fini », La Depeche du Midi.fr, 25 juillet 2016.
  8. « Brigitte Lahaie commentera les épreuves d'équitation des JO sur RMC », L'Express.fr, 20 juillet 2012.
  9. « Brigitte Lahaie débarque Sud Radio, Cyril Féraud arrive sur MFM », www.ozap.fr, 29 août 2016.
  10. « Cent femmes défendent la "liberté d'importuner" des hommes », sur Madame le Figaro, (consulté le 11 janvier 2018)
  11. « "On peut jouir lors d'un viol", affirme Brigitte Lahaie en plein débat sur les violences sexuelles », Le Huffington Post,‎ (lire en ligne)
  12. Jade Toussay, « Après les propos de Brigitte Lahaie, les signataires de la tribune du Monde "se désolidarisent totalement" », sur Le huffington post, (consulté le 11 janvier 2018)
  13. « "On peut jouir lors d'un viol": Brigitte Lahaie s'excuse mais maintient ses propos », sur L'Express, (consulté le 7 mars 2018)
  14. Brigitte Lahaie, en larmes, regrette sur TV5 Monde d'avoir été "mal comprise" après ses propos sur le viol, Huffington Post, 12 janvier 2018
  15. Les jours obscurs de Gérard Lebovici, Les Inrockuptibles
  16. [1] 2014 business.avn.com

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]