Enrico Macias

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Enrico Macias
Description de cette image, également commentée ci-après
Enrico Macias en 2016.
Informations générales
Nom de naissance Gaston Ghrenassia[1]
Naissance (80 ans)
Constantine (Algérie)
Activité principale Chanteur
Compositeur
Activités annexes Acteur
Genre musical Musique arabo-andalouse, world music, variété
Instruments Guitare, oud
Années actives depuis 1962
Site officiel enricomacias.net

Enrico Macias, né Gaston Ghrenassia à Constantine en Algérie, le , est un chanteur, musicien et compositeur français. Il est populaire dans le monde entier et a beaucoup voyagé pendant cinquante ans, du début des années 1960 à nos jours.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Gaston Ghrenassia[2] est le fils de Sylvain Ghrenassia et Suzanne Zaouch, famille juive d'Algérie de musiciens de malouf[3]. Il se définit lui-même comme juif « d'origine berbère »[4] d'Aïn Abid. Son père est violoniste dans l’orchestre de Raymond Leyris dit Cheikh Raymond (son futur beau-père) ; il apprend la guitare avec son cousin Jean-Pierre, mais aussi avec des amis gitans qui lui donnent le surnom de « petit Enrico », son futur prénom d’artiste. Son nom d’artiste résulte d’une erreur de la secrétaire de la maison de disques qui a mal compris son nom au téléphone et le baptise « Macias », alors qu’Enrico lui avait soufflé « Nassia »[5].

Jeunesse et exil[modifier | modifier le code]

Il a poursuivi une carrière d'enseignant, mais a continué à pratiquer la guitare. En 1961, la guerre d'indépendance algérienne faisait rage et la situation devint intenable pour les résidents juifs et européens de Constantine. L’assassinat en 1961 de son beau-père et musicien Cheikh Raymond Leyris par le Front de libération nationale (FLN), qui semble être dû à son opposition à l’indépendance de l’Algérie vis-à-vis de la France, a eu un effet immense sur Gaston Ghrenassia.

Carrière[modifier | modifier le code]

Débuts[modifier | modifier le code]

D’abord instituteur en 1956[6], il rejoint l’orchestre de Cheikh Raymond. Ce dernier, symbole de l’échange entre les communautés d’Algérie, est assassiné en juin 1961, à Constantine. La famille Ghrenassia se décide à quitter l’Algérie le , soit onze mois avant la fin de la guerre. C'est durant cette traversée nostalgique de la Méditerranée comme de nombreux pieds-noirs, qu'il compose à la guitare « J'ai quitté mon pays, j'ai quitté ma maison »[7]. La famille s’installe à Argenteuil.

Enrico Macias (1965).
Affiche annonçant le chanteur Enrico Macias et la chanteuse brésilienne Elis Regina à Olympia en 1968. Archives nationales du Brésil.

À Paris, Enrico travaille irrégulièrement, vit de petits boulots tout en se produisant dans les cabarets, jusqu’à ce qu’il soit repéré, qu'il fasse la première partie d’un concert de Gilbert Bécaud et passe en 1962 à la télévision dans l’émission Cinq colonnes à la une pour illustrer un reportage sur les rapatriés d'Algérie[5]. Son interprétation de la chanson Adieu Mon pays, devient le symbole de l’exil des Pieds-Noirs. Il adopte alors le pseudonyme d’Enrico Macias. Pathé Marconi sort son premier album en 1963, avec le titre phare Enfants de tous pays[7].

Reconnaissance[modifier | modifier le code]

Reconnu internationalement, il reçoit le titre de Chanteur de la paix de Kurt Waldheim en 1980.

En 1985, il reçoit la croix de chevalier de la Légion d'honneur des mains du Premier ministre Laurent Fabius. Il est promu au grade d’officier par le président Jacques Chirac en avril 2007. En 2006, il est promu commandeur des Arts et des Lettres pour l'ensemble de sa carrière par Renaud Donnedieu de Vabres, ministre de la Culture.

En 1998, il devient membre du conseil de surveillance du groupe Partouche. Il est également directeur général délégué de la Société européenne de grands restaurants, qui gère entre autres le Laurent, appartenant au groupe.

En 2008, il est ruiné, ayant perdu 20 millions d'euros dans la crise financière islandaise à la suite de la faillite de la banque Landsbanki dans laquelle il avait investi cette somme en hypothéquant sa villa de Saint-Tropez[8].

En 2008 également, son épouse Suzy meurt[9].

En 2014, il est condamné par un tribunal de Luxembourg à verser 30 millions d'euros à la filiale luxembourgeoise de cette banque[10]. Il conteste cette décision, qui n'est d'ailleurs pas exécutoire en France[11]. Il porte plainte pour escroquerie. Lors de l'ouverture du procès en mai 2017, Enrico Macias se montre déterminé. « Cela fait dix ans que je vis avec la peur au ventre de perdre mon seul bien. J'ai sué pour l'avoir. J'ai travaillé près de cinquante ans pour obtenir ce privilège d'avoir une belle propriété », a-t-il confié, tout en insistant sur le fait qu'on lui avait « menti, [et qu'on l'avait] trompé et escroqué ». Les liquidateurs lui réclament 35 millions d'euros. En 2014, le chanteur a assuré à Nice-Matin qu'il n'abandonnerait pas son combat judiciaire. « Je vais la garder. On ne me la prendra jamais », a-t-il indiqué. Le 28 août 2017, il perd son procès contre la banque islandaise[12].

Enrico Macias (2016).

Vie privée[modifier | modifier le code]

En 1962, il épouse Suzy Leyris, la fille de Raymond Leyris.

Le couple aura deux enfants Jocya (1964) et Jean-Claude (1969) [13] et cinq petits-enfants : Symon (1994), Elyot (1996), Julia (1996), Ethel (2000) et Jérémie (2008)

Née en 1940, Suzy meurt le 23 décembre 2008 des suites d'une longue pathologie cardiaque qui l'a fragilisée toute sa vie, avec quatre opérations à cœur ouvert[14],[15].

Parcours musical[modifier | modifier le code]

S’il a grandi dans la musique judéo-arabe, Enrico Macias se lance rapidement à son arrivée en France dans des chansons de variétés orientalistes (Adieu mon pays, Les filles de mon pays), où l’influence de Lili Boniche est patente (L’Oriental)[a]

Le style de ses disques évolue vers une musique moins marquée et plus facilement accessible au grand public ; il reste néanmoins attaché à ses racines musicales dans les chansons qu’il interprète en concert – ou en 1979, quand il invite les Gipsy Kings à assurer sa première partie à l’Olympia après qu’il eut fait de même avec la chanteuse Danièle Danaé.

Parmi les divers paroliers qui ont signé les textes du répertoire de Macias, Jacques Demarny accompagna une grande partie de la carrière de cet interprète (dans les années 1960 à 1980) et fut l’auteur de la majorité de son répertoire (une centaine de chansons).

Engagements[modifier | modifier le code]

Engagement en faveur d’Israël[modifier | modifier le code]

En janvier 2006, Enrico Macias est décoré par le ministère israélien de la Défense « pour son soutien à l’État d’Israël et à son armée tout au long de sa carrière »[16].

Enrico Macias participe ponctuellement à des événements et manifestations de soutien à Israël. En janvier 2008, il parraine le gala de l’association Migdal, destiné à apporter un soutien aux militaires de l’unité Magav, chargée de la surveillance des frontières israéliennes[17]. Le , il est présent à un rassemblement de solidarité avec les victimes israéliennes[18],[19], organisé par le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) en réaction à une manifestation ayant eu lieu la veille dénonçant l’intervention de l’armée israélienne (Tsahal) dans la bande de Gaza[20],[21].

En janvier 2015, dans une interview au journal Le Parisien, il se montre perplexe face aux juifs qui se sentent mal à l'aise en France et qui décident de partir pour Israël. Il aborde également la cause palestinienne avec une anecdote qui lui est arrivée peu de temps auparavant, en déclarant :

« L'antisémitisme, il faut le combattre, pas le fuir. J'en ai été victime à mes débuts. Aujourd'hui, on ne m'insulte plus, mais parfois je me retrouve dans des situations délicates. Il y a peu, un jeune Maghrébin m'a interpellé dans la rue en me disant : Salut Enrico, et en ajoutant Vive la Palestine. Je lui ai dit : Je suis d'accord, vive la Palestine. Moi aussi je peux le crier. Mais je veux que tu cries aussi vive Israël. Et tous les deux on a crié Vive Israël, vive la Palestine ! Quelle leçon je lui ai donnée. »

Dans son autobiographie, L'Envers du ciel bleu, parue en 2015, il évoque son combat pour la paix dans le conflit israélo-palestinien[22].

Statue d'Enrico Macias.

Engagement politique[modifier | modifier le code]

Il soutient François Mitterrand aux élections présidentielles de 1981 et de 1988[23].

En mars 1992, lors des élections régionales en Provence-Alpes-Côte d'Azur, Enrico Macias est candidat sur la liste Énergie Sud, menée par Bernard Tapie[24].

Le , Macias annonce son soutien à la candidature de Nicolas Sarkozy dans l’émission de Laurent Ruquier, mais se déclare n'être ni de gauche ni de droite. Il déclare à cette occasion qu’il aurait pu soutenir Laurent Fabius ou Dominique Strauss-Kahn s’ils avaient été candidats, et critique vivement l’attitude de Ségolène Royal vis-à-vis d’Israël et du Hezbollah.

Il prévoit d’accompagner le président Sarkozy, lors d’un voyage officiel en Algérie en décembre 2007, mais il doit renoncer à la suite de l’opposition des autorités algériennes, en particulier du Premier ministre Abdelaziz Belkhadem et du ministre des Anciens Combattants Cherif Abbas.

Il n'est pas autorisé à retourner en Algérie depuis 1961[25].

Enrico Macias soutient la candidature de Nicolas Sarkozy lors de l'élection présidentielle de 2012.

En 2014, il est membre du comité de soutien à la candidature d'Anne Hidalgo à la mairie de Paris[26].

Style[modifier | modifier le code]

Interprète et musicien[modifier | modifier le code]

Sa première évolution musicale répond à la musique arabo-andalouse ou judéo-arabe. À son arrivée en France, il essaie des rythmes d'influence orientaliste. Par la suite, afin de toucher un public plus diversifié, son style évolutif rend la musique moins marquée sur le plan ethnique. Globalement, il ne cesserait pas de rendre ses racines culturelles perceptibles dans ses différentes compositions.

Controverses[modifier | modifier le code]

Sa décision de jouer des concerts en Algérie a suscité une énorme controverse. Après l'annulation d'un projet de tournée en Algérie en 2000, il a écrit un livre Mon Algérie (Editions Plon en octobre 2001) commercialisé comme une "véritable histoire d'amour entre un homme et sa patrie".

Discographie[modifier | modifier le code]

Albums studio [modifier | modifier le code]

  • 1983 : Deux ailes et trois plumes
  • 1984 : Générosité
  • 1987 : Enrico
  • 1989 : Le vent du sud
  • 1991 : Enrico
  • 1992 : Mon chanteur préferé
  • 1993 : Suzy
  • 1994 : La France de mon enfance
  • 1995 : Et Johnny Chante L'amour
  • 1999 : Aie Aie Aie Je T'Aime
  • 1999 : Hommage à Cheikh Raymond
  • 2003 : Oranges amères
  • 2005 : Chanter
  • 2006 : La Vie populaire
  • 2011 : Voyage d'une mélodie
  • 2012 : Venez tous mes amis!
  • 2016 : Les clefs

Albums en direct[modifier | modifier le code]

  • 1968 : Olympia 68
  • 1989 : Olympia 89
  • 1996 : La Fête à l'Olympia
  • 2003 : Concerts Musicorama
  • 2006 : Olympia 2003

Compilations[modifier | modifier le code]

  • 1990 : Disque d'Or
  • 1992 : Le plus grand bonheur du monde
  • 2003 : Les Indispensables de Enrico Macias
  • 2006 : Les Concerts Exclusifs Europe
  • 2008 : Platinum Collection

Chansons[modifier | modifier le code]

Liste des chansons[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Liste des chansons d'Enrico Macias.

Chansons emblématiques[modifier | modifier le code]

  • A ceux qui m'ont béni 1981
  • Adieu mon pays 1962
  • C'est ça l'amour 1973
  • C'était le bon temps 1973
  • Dis-moi l'avenir 1973
  • Elle reviendra bientôt 1975
  • Je le vois sur ton visage 1967

Filmographie[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Documentaires[modifier | modifier le code]

Distinctions et récompenses[modifier | modifier le code]

Décorations[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

  • En 1965, il reçoit le Prix Vincent Scotto.
  • Il a reçu un disque d'or en 1976 pour Mélisa.
  • Il a été nommé Chanteur de la paix par le Secrétaire général des Nations Unies Kurt Waldheim en 1980 après avoir fait don de la recette de son single Malheur à celui qui blesse un enfant à l'Unicef.
  • En 1997, Kofi Annan l’a nommé ambassadeur itinérant pour la paix et la défense des enfants.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. En 1962, il enregistre la chanson Adieu mon pays, qu’il a composée à bord du navire et qui l’exile.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Voir sur le site Légifrance, la nomination au grade d'officier de la Légion d'honneur
  2. Patronyme d'origine arabe du nom de la tribu des « Ghenaissia », Laurent Herz, Dictionnaire étymologique de noms de famille français d'origine étrangère et régionale : avec l'étymologie de quelques noms étrangers célèbres, L'Harmattan, 1997, p. 130.
  3. Roger Berg, Chalom Chemouny, Franklin Didi, Guide juif de France, Éditions Migdal, 1971, p. 429.
  4. Enrico Macias, L'Envers du ciel bleu, Le Cherche Midi , 2015 p.16
  5. a et b Isabelle Morizet, « Enrico Macias » dans l'émission Il n'y a pas qu'une vie dans la vie sur Europe 1, 17 février 2013
  6. Ina Talk Shows, « Enrico Macias "Mon métier d'instituteur et mon départ d'Algérie" | Archive INA », (consulté le 8 octobre 2018)
  7. a et b Véronique Mortaigne, « Enfants de tous pays », sur Le Monde,
  8. Élisabeth Eckert, « « Donnez, dooonnez »… Enrico Macias est ruiné », sur Tribune de Genève,
  9. Jean-Louis Le Touzet, « Enrico Macias : non, il n’a pas oublié » sur Libération, 14 janvier 2016
  10. AFP, « Enrico Macias doit rembourser 30 millions d'euros à une banque islandaise », sur AFP,
  11. http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2014/03/01/97002-20140301FILWWW00036-enrico-macias-conteste-sa-condamnation.php
  12. « Escroquerie : Enrico Macias perd son procès contre une banque islandaise », lemonde.fr, 28 août 2017.
  13. Caroline Rochmann, « Enrico Macias le patriarche enchanté », sur Paris Match, .
  14. « Enrico Macias : L'enfant de tous pays », Le Parisien, 4 janvier 2015.
  15. « Enrico Macias fond en larmes face à Sophie Davant en évoquant le décès de sa femme », C'est au programme (YouTube), 14 octobre 2015.
  16. Article de l'agence Guysen : Le bon choix, c’est Israël
  17. Ambre Grayman, « Migdal/Magav : Le même combat pour la paix », sur Guysen news international, (consulté le 25 mars 2009) : « À noter enfin que le gala a bénéficié du parrainage d’Enrico Macias »
  18. Article paru avant la manifestation sur le site de France-Soir
  19. Article paru après la manifestation de l'agence de presse franco-israélienne Guysen
  20. Article paru avant la manifestation sur le site de l'Humanité
  21. Article paru après la manifestation sur le site du journal 20 minutes
  22. Enrico Macias : L'enfant de tous pays, Le Parisien, 4 janvier 2015
  23. Enrico Macias, interviewé par Claire Bommelaer et Olivier Nuc, « Enrico Macias : "Je suis un symbole de l'exil" », Le Figaro, encart « Le Figaro et vous », samedi 10 / dimanche 11 octobre 2015, pages 28-29.
  24. La Vie.fr.
  25. « Enrico Macias renonce à accompagner Nicolas Sarkozy en Algérie, où il « n'est pas le bienvenu » », Libération, .
  26. « Le soutien surprise d'Enrico Macias à Anne Hidalgo », consulté le 1er mars 2014.
  27. Décret du 6 avril 2007 portant promotion et nomination dans l'ordre national de la Légion d'honneur
  28. Arrêté du 2 janvier 2006 portant nomination ou promotion dans l'ordre des Arts et des Lettres

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Martin Monestier, Enrico Macias, l'enfant de tous pays, 1980
  • Enrico Macias et Jacques Demarny, Non, je n’ai pas oublié, 1982
  • Enrico Macias avec Françoise Assouline Mon Algérie, 2001
  • Enrico Macia et Cheb Mami Koum Tara Live Au Grand Rex, 2004
  • Gérard Calmettes, Rien que du bleu, 2005
  • Musicien de cœur, préfacé par Jacques Leyris, Éditions Horizon, 2005
  • Armand Carval, Enrico Macias, Un homme libre pour la Paix (180 Pages), 2008
  • Armand Carval, Enrico Macias, Le Chanteur de la Paix (200 pages), 2009
  • Armand Carval, Enrico Macias, Le Chanteur de la Paix (180 pages), Second edition, 2010
  • Idir et Enrico Macias Cnu ay afṛux (Achenu Aya Frukh) (le duo berbère Kabylie), 2011
  • Enrico Macias, L'envers du ciel bleu, 2015

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]