Le Petit Rapporteur

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Le Petit Rapporteur
Logo du Petit Rapporteur
Logo du Petit Rapporteur

Genre Émission d'information satirique
Périodicité Hebdomadaire
Création Jacques Martin et Bernard Lion
Réalisation Jean-Pierre Manquillet
Présentation Jacques Martin
Participants Pierre Bonte, Piem, Stéphane Collaro, Robert Lassus, Philippe Couderc, Pierre Desproges et Daniel Prévost.
Musique Bob Quibel
Thème du générique Grande ritournelle (La Belle Excentrique)
Slogan « Sans la liberté de flatter, il n'est pas d'éloge blâmeur »
Pays Drapeau de la France France
Langue Français
Nombre de saisons 2
Nombre d’émissions 58
Production
Lieu de tournage Studio 101 de la Maison de la Radio
Durée 45 minutes
Production Jacques Martin et Bernard Lion
Société de production SFP / TF1
Diffusion
Diffusion TF1
Date de première diffusion
Date de dernière diffusion
Statut Arrêtée
Public conseillé Tout public
Chronologie
Publicité pour le papier à cigarette 'Le Nil', de Joseph Bardou (1906).

Le Petit Rapporteur est une émission de télévision française satirique, créée par Jacques Martin et Bernard Lion et diffusée en direct le dimanche à 13 h 20 sur TF1 du au .

L'émission a ensuite été suivie de La Lorgnette sur Antenne 2 de 1977 à 1978.

Principe de l'émission[modifier | modifier le code]

Le support de l'émission (logo) est issu de la publicité pour le papier à cigarette 'Le Nil' de Joseph Bardou et fils, publiée au milieu des années 1900.

Le Petit Rapporteur est un véritable journal télévisé, servi par de vrais journalistes, dont Jacques Martin est le présentateur et le rédacteur en chef, mais qui traite l'actualité de façon satirique en la prenant « par le petit bout de la lorgnette »[1].

Le titre de l'émission est le nom d'un journal satirique fictif dont l'équipe de Jacques Martin constitue la rédaction. Cette équipe est au départ constituée de Pierre Bonte (reportage sur des personnages attachants de la France profonde), Piem (La Petite Semaine de Piem : l'actualité de la semaine sous forme de dessins satiriques), Stéphane Collaro, Robert Lassus et Philippe Couderc. Ces deux derniers quittent ensuite l'équipe et sont remplacés par Pierre Desproges et Daniel Prévost. Pierre Desproges quitte à son tour l'émission avant la fin de la saison.

L'une des cibles politiques préférées de Jacques Martin est le ministre de l'Intérieur de l'époque, Michel Poniatowski.

L'émission marque l'histoire de la télévision française par son audace, irritant souvent la direction de TF1, à tel point que le générique de fin de l'émission se finit toujours par « À dimanche prochain, peut-être… »[2]

Jacques Martin devant participer à un film (écriture, réalisation, interprétation), il demande une interruption de six mois afin de pouvoir s'y consacrer. Mais le film ne voit jamais le jour, et l'émission ne reprend jamais.

Jacques Martin et certains de ses collaborateurs reprennent alors la formule du Petit Rapporteur l'année suivante (1977-1978) sur Antenne 2 avec La Lorgnette, émission à laquelle participent également les journalistes Alain Scoff, Laurent Cabrol et Alexandre Lichan, ainsi que le dessinateur Dadzu (qui remplace Piem).

Hymnes et générique[modifier | modifier le code]

L'équipe du Petit Rapporteur fait de la chanson À la pêche aux moules son hymne (l'origine en est une campagne de la sécurité routière montrant un groupe d'enfants chantant cette chanson...). Cette chanson est remplacée en par une chanson suggérée par Pierre Desproges : Mam'zelle Angèle.

À la pêche aux moules n'est pas déposée par Jacques Martin qui n'en est pas l'auteur (il s'agit d'une chanson populaire datant du XVIIIe siècle). Le ventriloque David Michel, avec sa marionnette Nestor le pingouin, s'approprie donc le titre et le dépose. Ulcéré, Jacques Martin dépose aussitôt le titre Mam'zelle Angèle.

La musique du générique utilisée pour l'émission est la « Grande ritournelle », extrait du premier mouvement de la suite pour deux pianos La Belle Excentrique composée par Erik Satie en 1920.

Devise[modifier | modifier le code]

La devise du Petit Rapporteur est : « Sans la liberté de flatter, il n'est pas d'éloge blâmeur ». Elle fait écho à la devise du journal Le Figaro : « Sans la liberté de blâmer, il n'est point d'éloge flatteur », citation de Beaumarchais issue du Mariage de Figaro.

Morceaux d'anthologie[modifier | modifier le code]

L'émission est marquée par plusieurs séquences restées dans les mémoires :

  • Un des moments les plus connus de l'émission, le reportage de Daniel Prévost dans le village de Montcuq (Lot), qu'il prononce « mon cul » (alors qu'il doit être en réalité prononcé « monkuk »), dans lequel il interviewe le Maire sur la localité tout en usant de jeux de mots plus ou moins grivois[3]. Ce reportage est réalisé par Karel Prokop, l'un des réalisateurs attitrés des séquences filmées de l'émission. Montcuq, qui connaît un essor de notoriété et de tourisme grâce à cette séquence, inaugure une rue du Petit Rapporteur en , en présence de Pierre Bonte.
  • L'entretien du tandem Desproges-Prévost avec Jean-Edern Hallier.
  • Le premier reportage de Pierre Desproges : une interview de Françoise Sagan à laquelle il demande d'entrée de jeu : « Françoise Sagan, comment ça va la petite santé ? », après quoi, tout au long de l'interview, il lui pose des questions expressément ineptes et complètement étrangères à la littérature[4]. Mais comme l'émission est très regardée, et que la séquence est diffusée dès sa réalisation, jamais Pierre Desproges ne peut renouveler l'exploit. Cette séquence sert ensuite de modèle à Raphaël Mezrahi pour créer son personnage d'Hugues Delatte (journaliste débutant et gaffeur), afin de piéger des célébrités dans les années 1990. Avant Desproges, Robert Lassus, avec La Brosse à reluire, avait piégé Maurice Druon en le couvrant d'éloges prétendument émis par des journalistes (chaque éloge étant accentué au montage par une séquence où l'on voyait une brosse à reluire en action) mais n'avait plus pu piéger personne par la suite.
  • Le tandem Desproges-Prévost se livre également au moment des fêtes à une très célèbre bataille de boudins blancs dans une charcuterie parisienne[5].
  • Lors de la dernière émission, l'équipe va chanter sous les fenêtres de quelques ministres (Adieu Ponia on t'aimait bien) ainsi que sous les fenêtres de l'Élysée (Adieu Valy on t'aimait bien) et de Matignon (Adieu Chirac, on t'aimait bien) des versions du Moribond de Jacques Brel adaptées à chacun.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Présentation du concept du Petit Rapporteur par Jacques Martin lors de l'émission de présentation des programmes de TF1 le 6 janvier 1975 sur ina.fr
  2. Générique de fin du Petit Rapporteur, TF1, 1975, sur Youtube.com
  3. Reportage de Daniel Prévost sur le village de Montcuq, Le Petit Rapporteur, TF1, 1976, sur Dailymotion.com.
  4. .Interview de Françoise Sagan par Pierre Desproges, Le Petit Rapporteur, TF1, 1975, sur Dailymotion.com
  5. La bataille de boudin blanc, Le Petit Rapporteur, TF1, décembre 1975, sur Youtube.com

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Vidéos