Hôtel du Palais

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Hôtel du Palais
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Localisation
Pays
Région
Département
Adresse
1 avenue de l'Impératrice (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Coordonnées
Architecture
Type
Construction
1854-1855
Reconstruction à la suite d'un incendie 1903-1905
Ouverture
Architectes
Style
Style Second Empire (1854-1855)
Néo-Louis XIII (1903-1905)
Patrimonialité
Équipements
Étoiles
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Chambres
111 chambres et 31 suites
Restaurants
2
Gestion
Propriétaire
Commune
Site web

L'hôtel du Palais est un hôtel de luxe situé sur la commune de Biarritz, dans le département français des Pyrénées-Atlantiques. Ses façades et ses toitures sont inscrites aux monuments historiques par arrêté du [1].

Présentation[modifier | modifier le code]

L'édifice est établi dans et autour de l'ancienne résidence impériale de Napoléon III et Eugénie de Montijo, construite en 1854-1855 dans le style Louis XIII en brique et pierre. Dénommée Villa Eugénie, elle garde ce nom jusqu'en 1881, date à laquelle elle est transformée en hôtel-casino sous le nom de Palais Biarritz. Il est repris en 1893 et prend alors le nom d'« Hôtel du Palais ». Incendié en , il est rebâti et augmenté sur les murs de l'ancienne villa par Édouard-Jean Niermans, qui en fait un hôtel de luxe. Il est classifié 5 étoiles en 2011 et obtient, en mai de cette même année, la distinction française de « palace » qui est renouvelée en 2016.

Histoire[modifier | modifier le code]

Photographie de la Villa Eugénie (1860-1870).

En , l'empereur décide de construire une résidence estivale à Biarritz pour satisfaire l'impératrice qui souhaitait se rapprocher de son Espagne natale. Il désigne Hippolyte Durand, architecte du département des Basses-Pyrénées, pour construire le bâtiment. Il en dresse les plans et la résidence est construite entre la fin 1854 et l'été 1855. Louis-Auguste Couvrechef, architecte de la couronne et du domaine impérial chargé du château de Pau, nommé inspecteur des travaux adjoint auprès de l'architecte au début du chantier, remplace finalement Hippolyte Durand à son poste en . Ce remplacement est dû à l'incompétence de Durand qui peine à suivre le chantier. L'architecte Henri-Paul Nénot qualifia le bâtiment de « construction sans aucun intérêt artistique ». De 1856 à 1868, date du dernier séjour du couple impérial, il accueille alors des fêtes somptueuses réunissant le Gotha européen.

En 1859, Gabriel-Auguste Ancelet est nommé architecte des résidences de Pau et de Biarritz. Il fait construire une nouvelle aile.

Ancelet étant désigné architecte du palais de Compiègne en 1864, il est remplacé par Auguste Lafollye qui construit une vacherie, une bergerie et hausse le bâtiment d'un étage en 1867.

La villa devient propriété de l'impératrice à la mort de Napoléon III en 1873.

Eugénie la vend à la Banque de l'Union parisienne en 1880. Elle est d'abord transformée en hôtel-casino, le « palais Biarritz », puis en hôtel en 1893.

C'est encore un lieu de rendez-vous de prestige qui reçoit des têtes couronnées, comme la reine Victoria, ou l'impératrice Élisabeth d'Autriche (cette dernière sous pseudonyme)[2].

XXe siècle[modifier | modifier le code]

Vestige de la Villa Eugénie d'origine, à l'entrée du parc de l'Hôtel du Palais.

Ravagé par un incendie le , l'édifice est reconstruit de 1903 à 1905 et devient un hôtel de luxe de 120 chambres et 33 suites. En référence au prénom de l'impératrice, le plan général du bâtiment adopte la forme d'un E, mais ne conserve quasiment plus rien de la Villa Eugénie d'origine, la chapelle voisine étant l'unique vestige complet de la villégiature impériale à Biarritz.

L'architecte Édouard-Jean Niermans, auteur de cette reconstruction, opte pour des façades d'un style néo-Louis XIII, à l'instar des murs extérieurs de l'ancienne villa Eugénie.

L'édifice est pourtant très moderne, construit en béton armé avec un décor plaqué. Le décor intérieur, notamment de la salle de restaurant en rotonde, est conçu par Niermans ; les peintures murales, sur le thème de Jason et la Toison d'or, sont dues au peintre Paul Gervais.

En 1957 est inaugurée une piscine dite « californienne », remplie d'eau de mer à 21°C. Le chanteur américain Frank Sinatra est invité à l'évènement et l'hôtel lui attribue la cabaña n°1[2].

Respectivement en 1980 puis fin 1988, les films La Banquière de Francis Girod et Mes nuits sont plus belles que vos jours d'Andrzej Żuławski[3] y ont été tournés[4].

XXIe siècle[modifier | modifier le code]

En 2006, le film Hors de prix de Pierre Salvadori y est tourné[5].

En mai 2011, l'hôtel du Palais est l'un des huit premiers établissements français à bénéficier de la distinction « palace », décernée par un jury présidé par le ministre chargé du Tourisme[6]. Il est le seul palace de la côte Atlantique de France métropolitaine.

Pour le cuisinier Alain Ducasse, qui s'y est marié, le restaurant principal de l'hôtel, la Rotonde, est « la plus belle salle à manger au monde »[7]. Le chef étoilé Jean-Marie Gautier[8] est en cuisine.

Sous la direction de Jean-Louis Leimbacher (qui a pris sa retraite en 2015, après avoir lancé bien des travaux depuis son arrivée du Martinez de Cannes), le domaine du Palais est doté d'un important ensemble spa d'environ 2900 m², indépendant, aménagé dans un grand bâtiment assorti à l'édifice principal, du côté opposé à la piscine en terrasse. La décoration du Spa - nommé[Par qui ?] « Meilleur Spa d'hôtel d'Europe en 2007 » - a été confiée en 2004 à l'architecte intérieur Philippe Belloir, ainsi que la rénovation en 2011 du restaurant La Rotonde, le bar et le salon Eugénie.

La municipalité biarrote, gestionnaire de l'établissement via une SEM, annonce en la rupture de « négociations exclusives » conduites pendant un an avec le groupe hôtelier canadien Four Seasons, en raison de désaccord quant aux investissements considérables nécessités par les travaux de rénovation et modernisation encore indispensables : d'autres groupes de renommée internationale peuvent entrer en jeu.

D'importants travaux de rénovation débutent entre et , période pendant laquelle l'hôtel est fermé[9], pour un coût estimé à près de 70 millions d'euros[10],[11].

Les 24 et , le Palais accueille les chefs d'État réunis pour le sommet du G7[2].

L'établissement rouvre ses portes le après des travaux de restauration[11]. Il est la propriété de la ville de Biarritz (57 % des actions), du groupe JCDecaux (37 %) et de la Caisse des dépôts (2,74 %)[10], tandis que la gestion est confiée au groupe Hyatt Hotels[12]. Entre novembre 2021 et juin 2022, les derniers travaux sont programmés[12].

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

  • Depuis sa rénovation en 2021 : 86 chambres et 56 suites dont les suites Édouard VII de 152 m2 et Alphonse XIII de 177 m2 avec vue sur l'océan Atlantique[11]
  • 2 restaurants : la villa Eugénie et l'Hippocampe au bord de la piscine
  • Le bar impérial et le bar de l'Hippocampe
  • Spa impérial avec Guerlain : salle de fitness, piscine d'eau de mer, sauna, spa, institut du cheveu, golf

Résultats financiers[modifier | modifier le code]

La gestion de l'hôtel (bail emphytéotique de 75 ans) a été confiée par la Ville de Biarritz à la Socomix (société communale mixte pour l'exploitation de l'hôtel du palais) créée en 1962, où l'on retrouve notamment la Compagnie financière du Louvre. Le président en est le maire de Biarritz.

En le chiffre d'affaires annuel est de 21 586 300 , le résultat net de 821 300  et l'effectif de 183 personnes[13].

Galerie[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Hôtel du Palais », notice no PA00125254, base Mérimée, ministère français de la Culture. Consulté le 14 septembre 2009.
  2. a b et c Pierre Groppo, « Sea, jet-set and sund »], Vanity Fair n°88, avril 2021, p. 28-29.
  3. « IMDb: Most Popular Titles With Location Matching "Hôtel du Palais, 1 Avenue de l'Impératrice, Biarritz, Pyrénées-Atlantiques, France" », sur IMDb (consulté le )
  4. Extrait de son récit Une vie pour une autre, Éditions Michel Lafon, Neuilly-sur-Seine, 2000, (ISBN 2-84098-540-3)
  5. « Priceless (2006) » (consulté le )
  6. Il y a désormais huit palaces en France, article sur le site Quotidien du Tourisme.com 5 mai 2011.
  7. « À Biarritz, l’océan a son Palais », Madame Figaro, 11 juillet 2012.
  8. « Portrait de chef Jean-Marie GAUTIER, par Fabien Nègre », lesrestos.com, consulté en septembre 2019
  9. « Biarritz : en images, retour sur l’histoire de l’Hôtel du Palais », Sud-Ouest, 16 octobre 2018
  10. a et b Cyrille Pitois, « Une réouverture au printemps pour l’Hôtel du Palais », sur Les Petites Affiches 64, (consulté le ).
  11. a b et c Cyrille Pitois, « À Biarritz, l'hôtel du Palais reste impérial », dimanche Ouest-France, no 1207,‎ , p. 9 (ISSN 0999-2138, lire en ligne, consulté le ).
  12. a et b Le journal L'Éclair, le 27 mars 2021, p. 2 - 3, L'Hôtel du Palais va rouvrir.
  13. « SOC D'ECONOMIE MIXTE POUR L'EXPLOITATION à BIARRITZ (64200), bilan gratuit 2017, sur SOCIETE.COM (622720159) », sur www.societe.com (consulté le )

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]