Paul Misraki

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Paul Misraki
Description de cette image, également commentée ci-après

Portrait de Paul Misraki.

Nom de naissance Paul Misrachi
Naissance
Constantinople (Turquie)
Décès (à 90 ans)
Paris (France)
Activité principale Compositeur
Style Chanson française
Musique de film
Opérette
Activités annexes Écrivain
Pianiste
Lieux d'activité Argentine
Brésil
États-Unis
France
Années d'activité 1929-1993
Collaborations André Hornez
Ray Ventura
Éditeurs Paul Beuscher
Raoul Breton
Francis Salabert
Formation Lycée Janson-de-Sailly
Maîtres Charles Koechlin
Distinctions honorifiques Chevalier de la Légion d'Honneur (1990)
Grand Prix de la Chanson de la SACEM (1964 et 1982)
Site internet http://paulmisraki.fr/

Œuvres principales

Paul Misraki, de son vrai nom Paul Misrachi, est un compositeur et un auteur français né le à Constantinople et mort le à Paris.

Compositeur et pianiste de Ray Ventura dans les années 1930, Paul Misraki a composé pour ce dernier la musique des grands succès comme Tout va très bien madame la marquise, Qu'est-ce qu'on attend pour être heureux ? et Ça vaut mieux que d’attraper la scarlatine. Il se consacre ensuite à la musique de films auquel il compose la musique de plus de 180 films dont notamment celle de Et Dieu… créa la femme en 1956.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né le 28 janvier 1908 dans une famille juive séfarade à Constantinople en Turquie, où son père travaillait pour une compagnie d'assurances, il passe une partie de sa petite enfance à Bucarest, puis arrive en France en 1917. Collégien au lycée Janson-de-Sailly, il prend des leçons particulières d'harmonie et de contrepoint auprès de Charles Koechlin. Il avait auparavant écrit des pièces musicales variées, et avait été stagiaire dans un magasin de pianos sur les Champs-Élysées.

Il intègre dès 1929 la troupe de son camarade de classe Ray Ventura, Ray Ventura et ses Collégiens, comme compositeur-arrangeur-pianiste.

Les années 1930 sont pour lui à la fois les années Ventura, avec les succès phénoménaux de Tout va très bien madame la marquise, de Qu'est-ce qu'on attend pour être heureux ?, les reprises américaines de Chez Moi et la découverte de la musique pour le cinéma, mais ce sont aussi des années de recherche de sens. Le père de Paul Misraki avait rêvé son fils reprenant la compagnie d'assurances familiale, et le voilà musicien ! Paul Misraki lui-même rêvait de musique symphonique, et le voilà auteur de la chanson comique la plus connue du moment ! À la recherche de sens, l’auteur-compositeur-interprète passe ses week-ends à lire, à faire tourner les tables, visite la Cathédrale Notre-Dame de Chartres, songe à se retirer définitivement dans un monastère. Finalement, il se convertit au catholicisme et choisit de pratiquer sa religion dans la vraie vie.

La Deuxième Guerre Mondiale voit les Collégiens se lancer dans une tournée en Amérique du Sud au moment où l'armée allemande envahit la zone non-occupée. Au Brésil puis en Argentine, Paul Misraki compose pour l'orchestre de Ray Ventura (auquel s'est joint Henri Salvador), mais aussi pour le cinéma, et même une comédie musicale, intitulée Si Eva se hubiese vestido.

En 1945, la RKO le contacte pour collaborer à Hollywood sur Un cœur à prendre, remake d'un film français (Battement de cœur) auquel Paul Misraki avait également collaboré. Il compose pour Ginger Rogers une scène restée célèbre. Il s'exécute, mais le besoin de revenir auprès des siens, en France, est le plus fort. Il embarque de New York pour Le Havre où son frère l'accueille et lui apprend la mort en déportation de sa mère et de sa tante, à Auschwitz. Paul découvre tous ses biens saisis, son appartement occupé... Seul son piano, un Pleyel, a été sauvegardé par un de ses amis, qui croyait à son retour.

À partir de 1946, les collaborations de Paul Misraki se font plus variées. Il retrouve Édith Piaf et Danielle Darrieux, mais l'étendue des interprétations augmente, en même temps que le succès de Ray Ventura décline.

La musique de films prend de plus en plus le relais et Paul Misraki devient un compositeur incontournable de la Nouvelle Vague avec notamment la musique de Et Dieu... créa la femme de Roger Vadim.

Dans le même temps, Paul Misraki commence à publier des livres relatant sa trajectoire spirituelle : dialogues philosophiques, romans, essais sur des sujets ésotériques (OVNIs, vie après la mort...), et enfin livres où il expose les raisons de sa foi catholique, et le catholicisme auquel il croit.

Paul Misraki s'est marié en 1950 et a eu trois enfants dont notamment Christophe Misrachi qui participe à des émissions pour évoquer la mémoire de son père[1].

Parmi ses premières chansons, après Fantastique devenu le générique de l'Orchestre de Ray Ventura, vint l'inoubliable Tout va très bien madame la marquise (1936), inspiré d'un sketch de Bach et Laverne, bientôt suivi par d’autres succès parmi lesquels :

  • Venez donc chez moi (1935),
  • Je voudrais en savoir davantage (1936),
  • Ça vaut mieux que d’attraper la scarlatine (1937),
  • Qu'est-ce qu'on attend pour être heureux ? (1938),
  • Sur deux notes (1937),
  • Dans mon cœur (1937),
  • Comme tout le monde (1938),
  • Le nez de Cléopâtre (1938),
  • Tiens, tiens, tiens (1939),
  • Ah vivement dimanche (1939),
  • Une Charade (1940),
  • Insensiblement (1941),
  • Una Mujer (1943),
  • Maria de Bahia (1947),
  • Sans vous (1947),
  • A la mi-août (1949),
  • Le petit souper aux chandelles (1949),
  • Le portrait de Tante Caroline (1949),
  • Tant je suis amoureux de vous (1949),
  • J'ai peut-être tort (1949),
  • La valse des orgueilleux (1950),
  • L'étang,
  • Tu n'peux pas t'figurer (comme je t'aime) (1960),
  • La tête à l'ombre (1965),
  • Les volets clos (1972).

Il est aussi l'auteur d'une œuvre symphonique intitulée Rhapsodia Brasileira créée aux Concerts Colonne en 1967, puis jouée en 1968 au Festival de Rio de Janeiro, et également de quelques opérettes : Normandie (1936), Le Chevalier Bayard (1948), La petite datcha (1960), Mouche (1966).

Pendant la Seconde Guerre mondiale, à cause de son origine juive, il doit s'exiler en zone libre, puis partir vers Amérique du Sud grâce à un stratagème imaginé par Ray Ventura lui-même. Cette période fut faste et riche d'œuvres en espagnol ou inspirées par le folklore local (Argentine, Brésil). En 1945, il collabore avec les studios RKO à Hollywood, avant de choisir de rentrer en France.

Par ailleurs, très intéressé par le spirituel, il publiera de nombreux livres consacrés à des phénomènes paranormaux, à sa foi catholique engagée, ainsi qu'à sa vie[1].

Paul Misraki a été sociétaire de la SACEM pendant plus de 60 ans, il a été fait Chevalier de la Légion d'Honneur en 1990, a reçu l'insigne de l'Ordre des Arts et des Lettres, ainsi que deux fois le Grand Prix de la Chanson de la SACEM, en 1964 et 1982.

Paul Misraki est mort à Paris le 29 octobre 1998, et est enterré au cimetière du Montparnasse.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Paul Misraki est l'auteur de 185 musiques de films, notamment pour :

Paul Misraki est l'un des cinq compositeurs les plus prolifiques du cinéma français, ayant signé la B.O. de 160 films environ. Son morceau de bravoure est la musique de Et Dieu… créa la femme de Roger Vadim, qui mettait en scène Brigitte Bardot (1956). Le Mambo B.B. reste une scène culte, par l'érotisme dégagé par la danse de Brigitte Bardot sur la musique de Paul Misraki.

Ses collaborations incluent Jean Renoir, Christian-Jacque, Henri Decoin, Marcel L'Herbier, Jean Boyer, Henri-Georges Clouzot, Jean Delannoy, Yves Allégret, Bernard Borderie, Jacques Becker, Orson Welles, Robert Hossein, Luis Buñuel, Roger Vadim, Jack Pinoteau, Claude Chabrol, Jean-Luc Godard, Jean-Claude Brialy, Patrice Leconte, Étienne Périer et bien d'autres.

Principaux films :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Son parcours personnel a amené Paul Misraki à écrire de nombreux livres qui jalonnent sa recherche de spiritualité : phénomènes paranormaux, extra-terrestres, approfondissement de son catholicisme (il s'est converti en 1933). La liste ci-après n'est pas tout à fait complète :

  • La maison de mon père avec Jacqueline Chassang, 1949,
  • De la boue sur les yeux, Éditions Flammarion, 1955,
  • L'éclat du verre,
  • Pour comprendre Teilhard, essai qui fait encore autorité auprès de ceux qui étudient Teilhard de Chardin,
  • Les chemins de l'être, échange de lettres avec Vercors, Éditions Albin Michel, 1965,
  • Mort d'un PDG, Editions MAME, 1972, réédité sous le titre Un PDG au paradis en 1992,
  • Des signes dans le ciel, Éditions Robert Laffont, 1968,
  • Plaidoyer pour l'extraordinaire, 1970, réédité sous le titre Les raisons de l'irrationnel, Éditions Robert Laffont, 1976, puis en 1985 sous le titre original,
  • L'expérience de l'après-vie, Éditions Robert Laffont, 1977,
  • Ouvre-moi ta porte, Éditions Robert Laffont, 1983,
  • Espérance, vous avez dit espérance ?, 1993[1].

Il a traduit et préfacé le best-seller mondial La vie après la vie, de Raymond Moody, Éditions Robert Laffont, 1977, puis a préfacé Lumières nouvelles sur la vie après la vie de Raymond Moody aussi, Éditions Robert Laffont, 1978.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c France Musique, 14 février 2015

Liens externes[modifier | modifier le code]