Pierre Tchernia

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Pierre Tchernia
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Pierre Tchernia au festival de Cannes 2001.
Nom de naissance Pierre Tcherniakowski
Surnom Monsieur Cinéma
Naissance
Paris 13e (France)
Nationalité Drapeau de France Français
Décès (à 88 ans)
Paris 18e (France)
Profession Réalisateur
Animateur
Films notables Le Viager
Les Gaspards
La Gueule de l'autre

Pierre Tcherniakowski, dit Pierre Tchernia, est un réalisateur, concepteur et animateur d'émissions de télévision français, né le à Paris et mort le [1],[2] dans la même ville.

Surnommé « Monsieur Cinéma » en référence à l'émission de télévision homonyme qu'il présentait (ou encore « Pierre “Magic” Tchernia » par Arthur dans le cadre de l'émission Les Enfants de la télé), il est l'un des pionniers de la télévision française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille et enfance[modifier | modifier le code]

Son père Isaac Tcherniakowski, un ingénieur en chauffage central d'origine juive ashkénaze né en 1874 à Odessa (Empire russe), a fui, en 1898, la misère ; sa mère Aimée Dufour, une couturière de confession chrétienne. Pierre Tchernia est le frère cadet du futur océanographe Paul Tchernia (1905-1986).

Élève au lycée Pasteur de Neuilly-sur-Seine[3], Pierre découvre le cinéma en fréquentant la salle de cinéma du Magic Ciné de Levallois-Perret où la famille s'est installée[4].

Études[modifier | modifier le code]

En septembre 1939, craignant pour sa sécurité, les parents de Pierre Tchernia l'adressent aux bons soins de sa sœur, Rachel, établie dans l'Yonne à Auxerre[5]

Au terme de sa scolarité, il entre à l'École nationale de photographie et de cinématographie (ENPC) dite « école Vaugirard », puis intègre l'Institut des hautes études cinématographiques (IDHEC). Dans cet établissement, il se lie d'amitié avec Yves Robert, Jean-Marc Thibault et Jean Richard. Diplômé en 1948, il trouve son premier emploi comme régisseur d'une tournée théâtrale en Allemagne.

Carrière[modifier | modifier le code]

À la télévision[modifier | modifier le code]

Pierre Tchernia en 1993.

En collaborant au Club d'essai de la radiodiffusion française, Pierre Tchernia fait la connaissance de Pierre Dumayet et participe à la création du tout premier journal télévisé français en 1949. Il anime l'émission Les Amoureux de la tour Eiffel en 1951, et crée une série d'émissions comme Monsieur Muguet s'évade, La Boîte à sel (1955-1960) et La Clé des champs (1958-1959). Il produit et présente L'Ami public numéro un, émission constituée d'extraits des productions Disney, à partir de 1961, sur la Première chaîne de la RTF pendant 17 ans. Il crée, en 1964, sur la Deuxième chaîne de l'ORTF, SVP Disney qui va durer 14 ans.

Il co-anime le magazine d'informations de l'ORTF Cinq colonnes à la une à partir de 1965, rejoignant ainsi l'équipe des journalistes Pierre Lazareff, Pierre Desgraupes, Pierre Dumayet et Igor Barrère jusqu'en 1966. L'émission, créée en janvier 1959, s'arrête le 3 mai 1968.

Il remporte la « Rose d'or » et le Prix du jury de la presse au Festival de la Rose d'Or à Montreux en 1966 pour L’Arroseur arrosé, un documentaire humoristique en hommage aux frères Lumière, écrit en collaboration avec Goscinny et Jean Marsan.

Il commente en direct le concours Eurovision de la chanson pour la télévision française à douze reprises entre 1958 et 1974 : en 1958, 1960, 1962, 1963 pour la RTF ; puis pour l'ORTF en 1965, de 1967 à 1970, en 1972 et 1973. Le 6 avril 1974, la France ne participe pas au concours Eurovision à la suite du décès du président de la République Georges Pompidou ; le concours sera tout de même diffusé par l'ORTF une semaine plus tard avec les commentaires en différé de Tchernia[6].

À partir de novembre 1966, il présente Septième art, septième case, le premier jeu télévisé consacré au cinéma[7]. Il anime ensuite, de 1967 à 1980, Monsieur Cinéma[8].

Entre 1976 et 1995, il est plusieurs fois le maître de cérémonie des Césars retransmise sur Antenne 2, France 2 puis sur Canal+. Il présente seul la soirée en 1976, 1977, 1978, 1981, 1985, 1989, et est accompagné en 1979 et 1995 par Jean-Claude Brialy, par Peter Ustinov en 1980, en 1982 par Jacques Martin, par Michel Drucker en 1987.

Il anime aux côtés de Jacques Rouland l'émission Jeudi Cinéma de 1980 à 1981, devenue Mardi Cinéma de 1982 à 1987, puis à partir de 1988 Bonjour la télé avec Frédéric Mitterrand. Dans les émissions de Mardi Cinéma, Monsieur Cinéma reçoit les grands noms du 7e art français et internationaux : Jeanne Moreau, Gérard Depardieu, Anna Karina, Jacques Perrin, Jean Marais, Claude Jade, Stéphane Audran, Peter Ustinov, Annie Girardot, Robert Hossein, Jean-Pierre Cassel, Isabelle Adjani, Philippe Noiret, Marie-José Nat et Michel Piccoli entre autres. Monsieur Cinéma obtient en 1986 le 7 d'Or de la meilleure émission de jeu.

Le 17 décembre 1990, Pierre Tchernia reçoit un 7 d'Or d'honneur lors de la 6e Nuit des 7 d'Or retransmise en direct sur Antenne 2 depuis Le Lido à Paris.

Il participe aux côtés de l'animateur Arthur à l'émission de divertissement Les Enfants de la télé dès sa création, le 17 septembre 1994 sur France 2 (transférée sur TF1 en 1996). Il est présent jusqu'en juin 2006. L'émission se poursuit sans lui depuis lors mais est toutefois toujours crédité au générique. Il apparaît exceptionnellement dans l'émission en novembre 2007.

Le 18 mai 2008, il fait sa dernière apparition télévisée, en tant qu'invité dans l'émission de France 2 Vivement dimanche présentée par Michel Drucker.

Au cinéma[modifier | modifier le code]

En 1961, Pierre Tchernia écrit avec Robert Dhéry et Alfred Adam le scénario de La Belle Américaine, film joué par la troupe des Branquignols, dont Louis de Funès et Jean Carmet font partie. Le film est un succès et s'avère le début d'une belle collaboration avec Robert Dhéry.

Avec son ami le scénariste René Goscinny, il écrit, en 1972, le scénario de son premier long-métrage de cinéma, Le Viager, avec Michel Serrault dans le rôle principal et une pléiade d'acteurs célèbres dont Michel Galabru, Odette Laure, Rosy Varte, Jean-Pierre Darras, Claude Brasseur, Yves Robert, Jean Carmet, Jean Richard, Gérard Depardieu à ses débuts. Le film est un tel succès que Tchernia tourne, en 1974, Les Gaspards, toujours avec Serrault, Galabru, Depardieu et Carmet, mais aussi Philippe Noiret, Annie Cordy et Chantal Goya. Pierre Tchernia prendra le même acteur principal, Michel Serrault, pour la quasi-totalité de ses films et téléfilms.

Pierre Tchernia fait quelques apparitions dans les films de ses amis (garde-champêtre dans La Guerre des boutons d'Yves Robert, présentateur dans La Belle Américaine, président du jury dans Le Petit Baigneur), mais aussi dans les siens (journaliste dans Le Viager et La Gueule de l'autre). Il participe aussi en tant que narrateur (voix-off) comme Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre.

Dans le dessin animé et la bande dessinée[modifier | modifier le code]

Pierre Tchernia a participé à l'adaptation de plusieurs albums d'Astérix en animation, prêtant sa voix à la narration de plusieurs films de la série. Il fait une apparition dans le film Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre où il tient le rôle d'un centurion romain et assure aussi la narration. Il a également participé avec Goscinny et Morris à la réalisation, au scénario et aux dialogues du long-métrage Lucky Luke : Daisy Town (1971).

Sa collaboration de longue date avec les studios Disney le conduit à enregistrer pour le label Le Petit Ménestrel la narration de plusieurs histoires tirées des films de Walt Disney, tels que Le Livre de la jungle. En 1979, Pierre Tchernia remet au nom de la Walt Disney Company un Mickey d'honneur au dessinateur Hergé pour l'ensemble de son œuvre (distinction qui n'avait pas été décernée depuis 1967).

Vie privée[modifier | modifier le code]

À partir de 1963, Pierre Tchernia et son épouse, Françoise Pépin, sont propriétaires d'une chaumière dans le village de Kercanic, près de Névez (Finistère)[9],[10]. Il est père de quatre enfants[11],[9].

À la fin de sa vie, il habite dans une maison de repos en région parisienne[12]. En 2014, il dément les rumeurs sur son entourage : « Contrairement à ce qui est parfois rapporté, je ne suis en aucun cas abandonné, mais, au contraire, très entouré par ma famille et mes proches[13]. »

Décès[modifier | modifier le code]

Pierre Tchernia meurt le 8 octobre 2016 à Paris[14]. Il est inhumé à Névez auprès de sa femme Françoise décédée en 1998[9].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Chevalier de l'ordre de la Légion d'honneur depuis le 31 décembre 1992, Pierre Tchernia est promu officier le 31 décembre 2001 puis commandeur le [15].

La Médaille de vermeil de la Ville de Paris lui est remise par Bertrand Delanoë le — le jour de son quatre-vingtième anniversaire — pour ses services rendus à la présidence du Forum des Images.

Hommages[modifier | modifier le code]

Son amitié avec René Goscinny et Albert Uderzo lui a valu d'être caricaturé dans plusieurs albums d'Astérix (notamment Astérix chez les Belges) ainsi que dans une planche complète publiée dans Pilote, en juillet 1970, à l'occasion de la sortie d'Astérix chez les Helvètes, où on le voit présenter Astérix aux candidats Uderzo et Goscinny à l'émission Monsieur Cinéma.

Le dessinateur Marcel Gotlib l'a également représenté dans plusieurs bandes dessinées.

En 2008, le rosiériste français Meilland l'honore en baptisant une de ses obtentions Pierre Tchernia[16].

Références cinématographiques[modifier | modifier le code]

Le blog Chaos Reigns lui avait demandé quels étaient ses dix films préférés. Il en avait dressé la liste, avec cet avant-propos.

« Que les choses soient bien claires entre nous, je viens de recevoir cette petite lettre m’annonçant que Buster Keaton, Laurel et Hardy, Tex Avery, Charlie Chaplin et les frères Marx refusaient catégoriquement de participer à un quelconque classement, je ne pourrai donc pas les évoquer ! Et puis Woody Allen, Federico Fellini… la liste serait trop longue, voici donc seulement quelques perles parmi les perles[17],[18].


La Chevauchée Fantastique de John Ford
A nous la liberté de René Clair
Citizen Kane d'Orson Welles
Les Enfants du Paradis de Marcel Carné
Battements de cœur d'Henri Decoin
Noblesse oblige de Robert Hamer
La Règle du jeu de Jean Renoir
Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain de Jean-Pierre Jeunet
Le Pigeon de Mario Monicelli
Quai des Orfèvres d'Henri-Georges Clouzot


Amadeus de Miloš Forman »

Filmographie[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

En tant qu'acteur[modifier | modifier le code]

En tant que scénariste[modifier | modifier le code]

Il a également participé à l'adaptation en animation de bandes dessinées de René Goscinny :

En tant que réalisateur[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

En tant que présentateur[modifier | modifier le code]

En tant qu'acteur[modifier | modifier le code]

En tant que réalisateur[modifier | modifier le code]

Pierre Tchernia a également réalisé cinq adaptations de nouvelles de Marcel Aymé :

Théâtre[modifier | modifier le code]

Acteur[modifier | modifier le code]

Auteur[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Lefigaro.fr, « L'homme de télévision Pierre Tchernia est décédé », Le Figaro,‎ (lire en ligne)
  2. Rubrique nécrologique, Le Monde du 8 octobre 2016.
  3. Site des anciens élèves du lycée Pasteur.
  4. « Pierre Tchernia s’en est allé… adieu Monsieur Cinéma », sur television.telerama.fr, 8 octobre 2016.
  5. « Pierre Tchernia, son bout de chemin à Auxerre », sur www.lyonne.fr (consulté le 30 août 2017)
  6. À l'exception de 1959, 1961, 1964, 1966 et 1971.
  7. « 7e art, 7ecase », sur Toutelatele.com (consulté le 8 octobre 2014).
  8. Élisabeth Nicolini, « M. Cinéma raconte sa télé », La Vie no 2498, 15 juillet 1993.
  9. a, b et c « Pierre Tchernia sera inhumé à Névez, dans le Finistère », sur Ouest France, (consulté le 9 octobre 2016).
  10. « Du petit au grand écran, Pierre Tchernia a traversé les générations », sur Ouest France, (consulté le 9 octobre 2016).
  11. Il a en 2008 huit petits-enfants : voir sur francedimanche.fr.
  12. Voir sur sudinfo.be.
  13. Voir sur telestar.fr.
  14. « L'homme de télévision et de cinéma Pierre Tchernia est décédé », sur Ouest France, (consulté le 9 octobre 2016).
  15. Décret du 13 juillet 2011 portant promotion.
  16. « Rosiers de jardin, grandes fleurs » sur le site officiel Meilland International, consulté le 11 mai 2012.
  17. Pierre Tchernia : Les 10 films préférés de monsieur cinéma, Chaos Reigns
  18. R.I.P. Pierre Tchernia, Chaos Reigns.
  19. L'Anglais tel qu'on le parle sur ina.fr
  20. Gatemeau et Rondin sur ina.fr
  21. L'Homme invisible sur ina.fr
  22. L'Arroseur arrosé sur ina.fr
  23. Deux Romains en Gaule sur ina.fr
  24. « Tournage du film Deux Romains en Gaule » sur ina.fr
  25. La Grâce sur ina.fr

Liens externes[modifier | modifier le code]