Histoire des Juifs en Belgique

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La présence de Juifs en Belgique est attestée de façon continue, depuis le premier siècle de l'ère commune jusqu'à nos jours. Elle atteignit un pic à 100 000 membres à la veille de la Seconde Guerre mondiale et de la Shoah, mais est descendue actuellement à moins de la moitié de ce nombre.

Histoire[modifier | modifier le code]

Carte des rues des Juifs en Belgique

Belgium location map.svg

Baudour
Bourlers
Charneux
Couvin
Dison
Doische
Fontaine-L'Évêque
Forchies-la-Marche
Gedinne
Givry
Grandrieu
Grosage
Herchies
Jurbise
Matagne-la-Grande
Mons
Mussy-la-Ville
Neerheylissem
Nismes
Nivelles
Onnezies
Vance
Anvers
Budingen
Gand
Herenthout
Louvain
Malines
Saint-Trond
Tienen
Vlijtingen
Zoutleeuw
Eupen

Point carte.svg indique l'utilisation du terme juif ou Joden ou Juden

Les premiers Juifs sont arrivés avec les Romains sur le territoire de l'actuelle Belgique entre 50 et 60 de l'ère commune. Il en est fait mention vers 1200 dans le Brabant (le duc Henri III ordonne l'expulsion des Juifs et des usuriers de cette principauté en 1261). La communauté juive fut éprouvée lors des Croisades, lorsque de nombreux juifs refusant le baptême furent mis à mort. Cette présence juive se réduisit très fortement après la Peste noire. Il en reste quelques noms de rues principalement en Belgique francophone.

L'immigration sépharade[modifier | modifier le code]

Au XVIe siècle, beaucoup de Juifs sépharades expulsés d'Espagne s'installèrent aux Pays-Bas et en Belgique. De nombreux marranes crypto-juifs, qui se revendiquaient officiellement du christianisme, s'installèrent également à Anvers à la fin du XVe siècle. Parmi ces derniers, certains y prospèreront au point d'intégrer complètement l'aristocratie flamande, tels les Rodriguez d'Evora.

L'immigration ashkénaze[modifier | modifier le code]

À partir de 1713, la situation des Juifs en Belgique s'améliore sous l'influence autrichienne. Des Juifs ashkénazes rejoignent les communautés présentes. Le statut des Juifs s'améliore encore avec les influences française et hollandaise.

La Shoah[modifier | modifier le code]

Avant la seconde guerre mondiale, la communauté juive en Belgique s'élève à 100 000 personnes (dont 55 000 à Anvers et 35 000 à Bruxelles). 20 000 d'entre eux étaient des réfugiés juifs allemands. La Belgique étant occupée par les Nazis pendant la plus grande partie de la guerre, des lois antisémites furent adoptées. Entre autres l'étoile jaune fut distribuée par les communes, principalement dans le Grand Anvers. La police communale d'Anvers prit part à l'arrestation de nombreux Juifs à leur domicile et de leur envoi à la Caserne Général Dossin à Malines en vue de leur déportation, vers Auschwitz. Le plus important mouvement juif de défense en Belgique pendant la guerre fut le Comité de défense des Juifs, qui participa au mouvement national de Résistance. Quelque 25 000 Juifs de Belgique périrent entre août 1942 et juillet 1944.

Les ordonnances allemandes[modifier | modifier le code]

  • : Les deux premières ordonnances allemandes relatives aux Juifs visent à définir la judaïcité des individus. Sont ainsi réputés être juifs, celles et ceux dont au moins trois grands-parents sont juifs. Ceux qui ont deux grands-parents juifs mais qui adhèrent au culte et ont épousé un Juif sont également considérés comme Juifs. L'ordonnance impose également aux Juifs de s'inscrire sur des registres des Juifs tenus par les communes (ou par le commissaire d'arrondissement pour les communes de moins de 5 000 habitants) pour le au plus tard. Elle impose aux entreprises juives de se faire enregistrer comme telle et d'apposer un écriteau "entreprise juive" sur les établissements hôteliers et de restauration, pour le . Enfin, elle impose à certains professionnels de cesser leur activité au plus tard le . Il s'agit des métiers liés à l'enseignement, à la presse écrite ou radiophonique, au barreau ou à la fonction publique.
  • : Cette ordonnances concernent les mesures économiques relatives aux Juifs. Elle étend les dispositions relatives aux entreprises. Ce sont désormais l'ensemble des entreprises juives qui doivent faire figurer sur leurs enseignes, en-têtes et cachets: "entreprise juive".
  • : Ordonnance portant limitation à la libre circulation des Juifs. Un couvre-feu leur est imposé de 20 heures à 7 heures du matin. Il ne leur est désormais plus loisible que de résider à Anvers, Bruxelles, Charleroi et Liège.
  • : Instauration de l'AJB
Article détaillé : Association des Juifs en Belgique.
  • : L'AJB se voit confier l'organisation de l'enseignement. Il est désormais interdit aux enfants juifs de fréquenter des écoles non-juives.
  • : Interdiction des voyages à l'étranger.
  • Ordonnances des , , : détérioration des conditions de mise au travail des Juifs.
  • : Confiscation des avoirs au profit du Reich allemand.
  • : Imposition du port de l'étoile de David.
  • : Interdiction de pratiquer une profession en lien avec l'art de guérir (médecin, infirmier, sage-femme, mais aussi vétérinaire).
  • Les ordonnances des , et sont relatives à la spoliation des biens détenus par les Juifs[1].

De nos jours[modifier | modifier le code]

Aujourd'hui, selon Sergio DellaPergola, il y a environ 30 000 Juifs en Belgique[2]. La communauté orthodoxe d'Anvers (environ 15 000 personnes) est l'une des plus importantes d'Europe et l'un des rares centres au monde où le yiddish est toujours la première langue d'une communauté juive nombreuse (à la façon de certaines communautés orthodoxes et hassidiques de New York ou d'Israël). De plus, une large majorité (95 %) des enfants juifs d'Anvers reçoivent une éducation juive. De nombreux juifs anversois sont diamantaires. Cinq journaux juifs sont édités et il y a plus de 45 synagogues actives (dont 30 à Anvers) dans l'ensemble du pays. Les villes d’Anvers et de Bruxelles abritent plus de 95% de la communauté juive de Belgique.

Liste des rabbins[modifier | modifier le code]

Rabbins historiques:

Rabbins actuels:

  • N. Alfred, Rabbin International Jewish Center, Communauté Libérale anglophone, Uccle
  • Chalom Benizri, Grand Rabbin de Bruxelles Sépharade
  • Floriane Chinsky, Rabbin Chir Hadach, Communauté Masssorti de Bruxelles (Fondatrice) (Blog:libertejuive.wordpress.com, Akadem ici)
  • Albert Guigui, Grand-Rabbin de Bruxelles depuis 1987[3]
  • E. Honig, Rabbin Machsiké Hadas, Anvers
  • S. Lasker, Rabbin Communauté Waterloo-Brabant Sud
  • D.M. Lieberman Grand Rabbin Shomre Hadas, Anvers
  • M. Neiger, Rabbin Beth Hillel, Communauté Israélite Libérale de Belgique, Forest
  • Joshua Nejman, Rabbin de Liège
  • S. Olivier, Rabbin Chaaré Tzion, Uccle
  • S. Pinson, Rabbin Maalé, Uccle-Forest
  • E. Pollak Grand Rabbin Machsike Hadas, Anvers
  • D. Schmahl, Rabbin Shomre Hadas, Anvers
  • Sacha Maudoux, Namur, depuis 2005
  • Charles Lange, Namur,depuis 2010

Les synagogues[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Catégorie:Histoire des Juifs en Belgique

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Emile Ouverleaux, "Notes et documents sur les Juifs de Belgique sous l'Ancien Régime", Revue des Etudes Juives t. VIII et IX, Paris, 1885,
  • Jean Stengers, Les Juifs dans les Pays-Bas au Moyen Âge, Bruxelles, 1950, 190 p
  • Jean-Philippe Schreiber, « L'Immigration juive en Belgique, du Moyen Âge à nos jours », dans Anne Morelli, et alii, Histoire des étrangers et de l'immigration en Belgique de la préhistoire à nos jours, Bruxelles, 1992, p. 207-254
  • Philippe Pierret, "Mémoires, mentalités religieuses, art funéraire. La partie juive du cimetière du Dieweg à Bruxelles (XIXe-XXe siècles), Paris-Louvain, 2005, 336 p. + cd-rom; avec Gérard.Silvain, "Une mémoire de papier. Images de la vie juive en Belgique", Bruxelles, 2009, 272 p.

Références[modifier | modifier le code]