Textile

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« La fileuse »
(œuvre de William Bouguereau - XIXe siècle).

Textile est le nom donné à tout matériau susceptible d'être tissé. Initialement, il désigne donc un matériau qui peut se diviser en fibres ou en fils textiles, tels le coton, le chanvre, le lin, la laine (textiles organiques) ou la pierre d'amiante (textile minéral), puis avec les améliorations de la technique des fibres synthétiques.

L'action de séparer les fibres d'un textile s'appelle le filage. Par extension, le mot textile peut également s'appliquer au résultat après transformation, un drap est un textile.

S'il est tissé, le textile forme un tissu. Dans le cas contraire, il forme une étoffe servant à rembourrer et orner. À la fin du XVIe siècle, l'étoffe prend le sens plus spécifique de textile servant à l'habillement ou à l'ameublement. Aujourd'hui, on trouve des tissus formés par pressage ou agglomération de textile, une extension technique moderne aboutissant à l'expression contradictoire tissu non tissé.

On distingue deux grandes classes de textiles auxquelles s'ajoutent plusieurs sous classes possibles :

  • Textiles traditionnels : textiles pour lesquels on porte l'attention sur l'apparence et le confort. Il s'agit surtout du domaine de la mode, souvent du vêtement, mais aussi de l'ameublement (draps, tentures, rideaux, nappes, serviettes, tapisseries).
  • Textiles techniques : sont classés dans cette catégorie tous textiles pour lesquels importent les caractéristiques mécaniques, chimiques, physico-chimiques et ayant une application technique : géotextile, textile médical, matériaux composites à renfort textile.

Par exemple les filtres, le feutre, les mèches, le fil, les tricots, le papier... sont des textiles.

Historique[modifier | modifier le code]

Les premiers vêtements portés il y a au moins 650 000 ans (date établie par l'analyse paléogénétique du pou du vêtement[1]) étaient probablement en peaux et fourrures d'animaux rêches et grossières, protégeant le chasseur-cueilleur préhistorique des glaciations du Pléistocène : en utilisant des grattoirs pour racler la viande d'animaux, ils se sont servis de leur peau comme costume drapé ou enfilé, ont utilisé de fines lanières de cuir pour attacher les fourrures[2]. L’homme de Cro-Magnon, il y a 40 000 ans, a développé des outils pointus plus fins comme des poinçons ou des aiguilles à coudre en os d'animaux, pouvant percer de petits trous dans les peaux, et ainsi lacer ou coudre des tuniques. La maîtrise de la fabrication d'objets et de vêtements créés avec des fibres textiles durant les temps préhistoriques est une étape essentielle pour les chances de survie des populations préhistoriques[3].

La découverte de fibres teintes de lin naturel et de laine de chèvre portant des marques de torsion dans des couches d'argile de la grotte de Dzudzuana en Géorgie il y a 34 000 ans suggère l'utilisation de matériaux textiles. Bien qu'elles aient pu être utilisées comme cordage pour l'emmanchement des outils en pierre ou pour le tressage de nattes et paniers, ces fibres ont probablement servi au tissage de vêtements à coudre, l'équipe de chercheurs ayant trouvé associés à ces fibres des mites, des larves de coléoptères et des spores de Chaetomium (en) typiques de la dégradation des textiles[4].

L'homme préhistorique apprend progressivement à macérer les fibres végétales pour les rendre flexibles (technique du rouissage) ainsi qu'à détacher les poils des cuirs grâce à des silex taillés, fabriquant d'abord des feutres (le premier feutre est évoqué sur des motifs de peinture murales du site néolithique de Çatal Höyük, vers -8000) de lin, laine, poils, fourrure, voire en écorce d'arbre, mais le feutre reste une étoffe moins résistante que le tissu[5]. Une forme de tricot, le nalbinding (en), est repérée dès -6000 en Judée[6].

Le tissage rend l'étoffe plus résistante. Cette technique néolithique nécessite le filage de la laine de mouton ou de chèvre, de la fibre de coton, laine, lin, ou soie, ces fibres pouvant subir une torsion à la main pour former un fil solide. L'art du filage est attesté dès la sédentarisation des hommes qui découvrent qu'il est possible de fabriquer un fil solide en parallélisant les poils ou les fibres végétales (laine, lin) puis en donnant manuellement une torsion aux faisceaux de fibres[7].

C'est le mouton qui fut d'abord domestiqué en Mésopotamie en raison de la qualité de sa laine, Hammurabi appelant la Babylone le « pays de la laine ». Facile à travailler, elle était filée et tissée avec des techniques encore utilisées en vannerie, la laine tissée étant plus chaude que les fourrures[8].

Le premier outil de filage consistait en un petit bout de bois doté d'un crochet qui permettait d'attraper le fil. Il était possible de rouler la branche sur la cuisse afin de rendre la torsion plus rapide. Le fil était quant à lui enroulé autour de la branche afin de pouvoir être stocké et maintenu en place. Il est possible de filer avec la branche. Toutefois, si ce procédé est particulièrement adapté à l'apprentissage, il en demeure relativement lent. Une alternative fut donc nécessaire.

Le filage au fuseau et à la quenouille, constitués de différents matériaux, pour le lin et la laine est attesté dès le VIe millénaire av. J.-C. (découverte dans le village néolithique de Sesklo (en) de fusaïole)[9] jusqu'à l'apparition du rouet au début du XIVe siècle au Moyen-Orient. C'est au XVIIe siècle qu'on ajoute une pédale au rouet pour libérer la main droite du fileur et améliorer la technique. Mais malgré ce progrès, le tissage et le filage restent des opérations lentes, artisanales et relativement onéreuses[7].

En 1746, la première manufacture d'indiennes mulhousienne est créée dans ce qui est encore la République de Mulhouse (Stadtrepublik Mülhausen) par Koechlin, Schmaltzer et Jean-Henri Dollfus. Dans les années 1760 apparaît, au Royaume-Uni, le premier métier à filer mécanique (Spinning jenny) puis en 1771, Richard Arkwright crée la première filature industrielle. Crompton invente quant à lui la spinning mule permettant à un seul ouvrier de commander jusqu'à 1 000 fuseaux. En 1812, tous les métiers à filer du Royaume-Uni produisent autant que quatre millions de rouets[7].

Jeton de la corporation des commerces de draperie

Le filage industriel se développe avec deux inventions : d'une part, la machine à égrener le coton pour fournir la fibre ; d'autre part, celle du métier à tisser pour utiliser le fil. L'expansion des filatures crée un exode rural qui engendre une mécanisation agricole visant à maintenir les niveaux de production et oblige les artisans fileurs à se reconvertir. Le travail en filature ne demandant ni force, ni aptitude spéciale, la main d'œuvre bon marché que sont les femmes et les enfants est préférée, avant que l'évolution de la législation ne finisse par interdire le travail des enfants[7].

Techniques[modifier | modifier le code]

Fibres[modifier | modifier le code]

Tissage traditionnel maya.

Les fibres textiles sont classées en trois grandes catégories :

  • Les fibres naturelles (existant à l'état naturel) ; elles furent les premières à être utilisées pour la confection de vêtements.
  • Les fibres chimiques:
    • Les fibres artificielles (fabriquées à partir de matières premières naturelles).
    • Les fibres synthétiques (obtenues par réactions chimiques).

Filature[modifier | modifier le code]

Filature industrielle.

La fabrication d'un fil nécessite le décorticage et le nettoyage de la matière première (égrenage), le desserrement et la parallélisation des fibres (cardage, peignage) puis enfin la filature.

La réalisation d'un fil est une succession d'étapes dépendant de la qualité du fil souhaité et du type de fibres à travailler, mais qui comporte toujours au moins trois phases :

  • plusieurs filaments sont tirés de la filasse et rassemblés en mèche ;
  • la mèche est roulée en fil par torsion ;
  • le fil est mis en bobine pour être tissé.

Il existe deux grands processus de filature :

  • la filature pour fibres longues (filature type laine) ;
  • la filature pour fibres courtes (filature type coton).

Pour ces deux processus, on part de bourres de fibres nettoyées, si nécessaire, qu'on transforme en ruban puis en mèche puis en fil.

  • Filature de fibres continues ou filage :
    • Pour les fibres synthétiques : par filage, on obtient un filament. Les filaments sont convertis (coupés) ou craqués pour obtenir des fibres pouvant être mélangées ;
    • Pour les fibres naturelles : Un ver à soie est capable de sécréter un filament pouvant mesurer jusqu'à 1 500 m. La soie n'entre généralement pas dans les processus de filature décrits au-dessus. On assemble les filaments des soies, puis on fait un retordage de ces assemblages, qui peuvent ensuite être coupés pour être mélangés à d'autres fibres.

Tissage[modifier | modifier le code]

Le tissu est obtenu par le tissage qui est le résultat de l'entrecroisement, dans un même plan, de fils disposés dans le sens de la chaîne et de fils disposés, perpendiculairement aux fils de chaîne, dans le sens de la trame. Le liage obtenu entre ces fils de chaîne et trame se définit par une armure.

On distingue trois grandes classes fondamentales d'armures : toile, sergé et satin.

Il existe des armures dérivées des trois précédentes : le reps, le cannelé, le croisé, le satin à répétition, etc. Un tissu peut être composé de plusieurs armures différentes et dans ce cas on parle de tissu façonné (e.g. Le velours de Gênes).

Le métier Jacquard permet la sélection de fils de chaîne de façon indépendante tandis que les métiers à cadres font une sélection de cadres et donc de groupes de fils.

Selon l'utilisation qui est faite des fils, on parle de duites (fils de trame) et de fils (fils de chaîne). On peut aussi trouver des fils fantaisie quand une grande importance est donnée à l'esthétisme du fil au lieu de sa régularité. Il existe aussi les fils dit techniques utilisés dans des applications techniques.

Le tissage s'accompagne d'étapes précises dont les plus importantes sont :

  • le bobinage : les fils sont disposés sur les bobines ;
  • l'ourdissage : préparation de la chaîne sur le métier à tisser ;
  • le rentrage : les fils de chaîne sont enfilés dans des tiges métalliques (les lisses) puis dans les dents du peigne ;
  • une fois la pièce textile descendue du métier industriel et jusqu'à l'informatisation, les tissus de luxe (drap d'Elbeuf) destiné à l'habillement connaissent le rentrayage qui consiste à réparer à l'aiguille les grappes, c'est-à-dire les erreurs commises par le métier à l'occasion de la rupture d'un fil de chaîne ou de trame ou tout autre incident.

Tricot[modifier | modifier le code]

Article détaillé : tricot (textile).

Plusieurs méthodes de tricotage ont été développées.

Le tricotage à mailles cueillies, appelé aussi tricotage trame est le plus connu. Il permet l'obtention de tricot jersey, interlock, côte 1x1, côte anglaise, etc. Ces mailles sont fréquemment utilisées dans les sous-vêtements, les tee-shirts, les pull-overs, les chaussettes, etc.

Le tricotage à mailles jetées ou chaîne permet la réalisation d'articles indémaillables. Les armures les plus fréquentes sont la charmeuse, l'atlas, le satin. Ces mailles sont utilisées dans la confection de maillots de bain, de lingerie, de voilages.

Non-tissé[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Textile non-tissé.

Les non-tissées sont des textiles dont les fibres sont maintenues de façon aléatoires, ils sont souvent classés selon leur domaine d'application ou leurs caractéristiques techniques.

Voie de fabrication[modifier | modifier le code]

  • voie
  • voie humide (dite papetière)
  • voie aérodynamique
  • voie fondue

Voie de consolidation[modifier | modifier le code]

  • mécanique
    • aiguilletage
    • couture-tricotage
  • thermollage

Applications[modifier | modifier le code]

Les non-tissés les plus connus sont les feutres. Mais le grand public connaît également cette technologie sous la forme des lingettes ménagères ou cosmétiques.

Ennoblissement[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Ennoblissement.

Les techniques d'ennoblissement ont pour but de modifier les propriétés du textile « brut ».

Une fois les textiles préparés (flambage, désencollage, etc.), ils peuvent recevoir une opération de teinture ou d'impression.

Pour leur donner «de la main» (du toucher), des apprêts mécaniques (émerisage, grattage, etc.) ou des apprêts chimiques sont utilisés. Enfin, des fonctions (bactériostatisme, déperlance, hydrophilie, protection UV, etc.) peuvent être greffées sur ces textiles par apprêts chimiques.

Teinture[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Teinture.
Nom Caractéristiques
Ikat Procédé asiatique de teinture où les parties du fil à préserver de la teinture sont cachées par un fil noué sur le fil de la trame.
Mahaju Méthode de teinture par réserve, l'étoffe à teindre est nouée en différents endroits pour jouer sur la densité de couleur.

Impression[modifier | modifier le code]

tissus imprimés.

L’impression est la décoration d’une étoffe par un motif répétitif. Historiquement, l’impression daterait du IIe millénaire av. J.-C. et serait originaire des Indes[11].

Nom Caractéristiques
Batik Technique inventée à Java consistant à masquer avec de la cire les parties non teintes.
Dévorage S’applique pour les supports de deux fibres distinctes. La pâte d’impression contient un agent chimique qui détruit l’une des fibres.
Flocage Le motif est encollé et saupoudré de fibres textiles courtes pour un aspect velours.
Impression à cadre rotatif Un rouleau creux, contenant la couleur et découpé aux endroits à imprimer, passe sur l’étoffe ; l’opération est répétée une fois par couleur.
Impression à la planche Procédé artisanal. Les motifs sont sculptés dans une planche qui est ensuite appliquée sur l’étoffe.
Impression par rouleau Version mécanique de l’impression à la planche.
Impression sérigraphique Le motif est gravé sur du vernis fixé sur un cadre puis appliqué sur l’étoffe.
Pochoir Procédé artisanal. Le motif est pré-découpé dans une plaque qui s’applique sur l’étoffe et les couleurs sont appliquées à la brosse.

Textiles à usage technique ; TUT[modifier | modifier le code]

Les TUT sont de plus en plus dénommés textiles techniques et fonctionnels. Ils contribuent à la diversification du secteur textile traditionnel, en réponse aux délocalisations notamment.

Ils regroupent des tissages de matériaux dont les performances et propriétés fonctionnelles qui diffèrent de celles des fibres textiles traditionnelles. On les retrouvera notamment surtout dans des applications techniques et parfois 'extrêmes' : ailes d'avions, voiles de bateaux, pansements, vestes de pompier, prothèses médicales, stabilisateur de route, para-grêle, dirigeables, etc.

La production de TUT croît régulièrement depuis les années 1990 (Marché estimé à 65 milliards d'euros en 1995, puis à 85 milliards d'euros en 2005, et qui pourrait atteindre 100 milliards d'euros vers 2010.

Le 1er producteur et le 1er consommateur de textile technique en Europe serait l'Allemagne où la recherche est pilotée par un réseau de compétences supra régional dit Conseil en Recherches Textiles, avec 16 unités de recherche (en 2007) et de nombreux partenaires institutionnels et industriels.

Article détaillé : Géotextile.

Un nouveau type de textile fait son apparition : les Smart Textiles incorporant de l'électronique pour plus d'interaction avec l'utilisateur ou l'environnement. Ces nouveaux produits promettent des applications dans les domaines du médical (vêtement avec capteur cardio-vasculaire, respiratoire, thermomètre, etc.), du loisir (veste avec lecteur MP3 intégré, mode : vêtement lumineux), de la sécurité (dossard clignotant et communicant, etc.). On évoque aussi des tissus susceptibles de produire de l'électricité, c'est-à-dire jouant le rôle de panneaux solaires, susceptible de recharger des batteries de téléphone, ordinateur, etc. voire d'alimenter des dirigeables.

Performance des textiles[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Résistance évaporative thermique et Schmerber.
Applications
  • bactériostatisme
  • résistance mécanique
  • anti-statisme
  • protection feu
  • oléofuge / hydrofuge
  • géotextiles / agrotextiles
  • smart textiles / Textronique
Caractéristique mécanique
  • comparaison d'essais en traction de différentes fibres.
  • comparaison d'une éprouvette métallique de même finesse qu'un fil textile.
  • Matériau composite

Métrologie des textiles[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Métrologie.

Typologie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Liste des tissus.
Nom Caractéristiques Utilisation
Bachette Tissu de coton semblable à une bâche mais en plus léger Habillement, ameublement
Batiste Fine toile de lin Habillement, chemiserie (vieux)
Bogolan Tissu teint suivant une technique utilisée au Mali, Burkina Faso, Guinée Habillement
Calicot Toile de coton Drap de lit, etc.
Crêpe Tissu léger, à l'origine en soie ayant un aspect granuleux Habillement
Cretonne Toile de coton Habillement, Ameublement
Damas Tissu jacquard mélangeant fils mats et brillants Linge de table, ameublement
Dentelle Tissu ajouré Habillement
Denim Tissu de coton résistant Habillement, Jean
Faille Tissu de soie (ou acétate, polyester) à gros grains formant de petites côtes Habillement
Feutre À l'origine textile obtenu par l'agglomération de fibres animales par des opérations thermiques et mécaniques de foulage Chapeau, yourte
Flanelle Tissu à l'origine de laine à l'aspect duveteux et doux au toucher. Aspect obtenu par foulage. Aussi utilisé pour des tissus de coton ayant les mêmes qualités. Habillement
Gabardine Tissu serré présentant une côte en diagonale sur l'endroit Habillement
Gaze Toile légère et transparente Habillement, Médical
Indienne Étoffe de coton peinte Habillement
Jacquard Tissu réalisé avec un « métier Jacquard », à l'origine en soie
Linon Toile de lin délicate, transparente et aérée chemises, lingerie, mouchoirs
Lustrine Tissu de coton d'armure croisée, fortement apprêté et glacé sur une face Habillement (doublure)
Métis Tissu réalisé avec une chaîne en pur coton et une trame en pur lin, contenant au minimum 40 % de lin
Moiré Tissu à fines côtes transversales utilisant les reflets des fils de soie, viscose, etc. pour créer des motifs changeants
Moire Étoffe à reflets changeants obtenus en écrasant le grain du tissu avec une calandre (machine à lustrer ou glacer les tissus) spéciale
Mousseline Tissu fin et transparent de coton ou de laine. Origine ville de Mossoul
Organdi Mousseline enduite d'un apprêt Habillement, broderie
Ottoman Tissu à grosses côtes transversales Ameublement, Habillement
Pongé Taffetas de soie léger et souple Habillement
Popeline Tissu de coton serré et pesant. À l'origine, tissu dont la chaine était en coton et la trame en laine retorse[12] Habillement
Satin Tissu plat, uni, brillant et initialement en soie Habillement, Ameublement
Serge Tissu à armure sergé Habillement
Taffetas Toile de soie légère et brillante Habillement
Tulle Étoffe légère à maille hexagonale Habillement, Ameublement
Tussor Tissu de soie sauvage rustique
Tweed Tissu épais en laine Habillement
Velours Étoffe à l'aspect velu sur l'endroit, serré sur l'envers Habillement, Ameublement
Vichy Étoffe de coton à carreaux tissé et teint d'au moins deux couleurs

Économie[modifier | modifier le code]

Industrie textile[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Industrie textile.
Bobines coniques de fil textile

L'industrie textile rassemble de très nombreux métiers tout au long d'une chaîne de transformation partant de matières premières fibreuses jusqu'à des produits semi-ouvrés ou entièrement manufacturés.

La première étape consiste en la transformation de matières premières issues de fibres naturelles, artificielles ou synthétiques en fils. Les métiers associés sont la filature, le guipage, le moulinage ou encore la texturation.

À partir des fils unidimensionnels, les techniques de tissage et de tricotage permettent d'obtenir des surfaces textiles bidimensionnelles (voire tridimensionnelles).

Ces surfaces sont alors très souvent ennoblies pour leur donner de la couleur (teinture, impression) ou des propriétés particulières (apprêts chimiques, apprêts mécaniques, enduction, contre-collage, etc.).

Les surfaces textiles sont alors transformées en habits, meubles, rideaux mais peuvent également être utilisées pour stabiliser des routes, des chemins de fer (géotextiles), pour drainer des terrains (agrotextiles), pour faire voler des hélicoptères, suppléer une articulation déficiente ou encore protéger un pompier du feu (textiles techniques fonctionnels).

En déclin en occident, cette industrie demeure cependant très dynamique dans les domaines du textile technique et du textile de luxe.

La majorité des 1 280 entreprises textile actives en France se situe dans les régions : Alsace, Champagne, Lorraine, Midi-Pyrénées, Nord, Normandie, Picardie, Rhône-Alpes.

On peut notamment citer les entreprises Jules Tournier & Fils et la société Bel Maille, spécialistes des tissus techniques.

L'industrie textile est florissante en Asie (Inde, Bangladesh, Chine, etc.) où sont implantées des usines officiels ou des sous-traitants travaillant pour les grandes marques que nous portons au quotidien. Ces usines ne respecte généralement pas la norme Européenne REACH. Des enfants y travaillent. Les rares qui traitent leurs eaux ne filtrent pas les produits chimiques (Nonylphénol par exemple). Ces chimiques se retrouvent dans les sols environnants les usines comme les sols des pays acheteurs de ces vêtements car les produits quittent les vêtements au fur et à mesure du lavage pour traverser les usines de traitement sans être filtrés. 80 % des légumes français contiendraient notamment du Nonylphénol.

Les grandes marques françaises ou étrangères arborent des logos écologiques sur leur site mais ne peuvent ou veulent contrôler leur chaîne d'approvisionnement. Nos vêtements ne sont pas garanties si ils sont produits hors Europe qui applique la norme REACH. il faut demander à chaque marque.

Même les vêtement hauts de gamme sont concernés si le textile a été importé de l'étranger sans traçabilité.

Source : Emission Envoyé spécial du 19 septembre 2013

Arts textiles[modifier | modifier le code]

Pratique : usages et entretien[modifier | modifier le code]

Institutions[modifier | modifier le code]

Écoles d'ingénieur textile en Europe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. David L Reed et col, « Pair of lice lost or parasites regained : the evolutionary history of anthropoid primate lice », BMC Biology, vol. 5, no 1,‎ 7 mars 2007, p. 7 en particulier la référence n°19 (DOI 10.1186/1741-7007-5-7)
  2. David L Reed et Jessica E Light et col, « Pair of lice lost or parasites regained : the evolutionary history of anthropoid primate lice », BMC Biology, vol. 5, no 1,‎ 7 mars 2007, p. 7 (DOI 10.1186/1741-7007-5-7)
  3. (en) M. Balter, « Clothes Make the (Hu) Man », Science, vol. 325, no 5946,‎ 11 septembre 2009, p. 1329-1329 (DOI 10.1126/science.325_1329a)
  4. (en) E. Kvavadze et col, « 30,000-Year-Old Wild Flax Fibers », Science, vol. 325, no 5946,‎ 11 septembre 2009, p. 1359-1359 (DOI 10.1126/science.1175404)
  5. (en) Mary E. Burkett, « An Early Date for the Origin of Felt », Anantolian Studies. Journal of the British Institute of Archaeology at Ankara, vol. 27,‎ 1977, p. 111-115
  6. Lise Bender Jørgensen, « Stone-Age Textiles in North Europe », in Textiles in Northern Archaeology, Textile Symposium in York, North European Symposium for Archaeological Textiles Monograph 3, NESAT III ; London Archetype Publications, 1990, p. 1-10
  7. a, b, c et d Les inventions qui ont changé le monde, Édition Sélection du reader's digest, 1982. ISBN : 2-7098-0101-9
  8. Catherine Breniquet, Essai sur le tissage en Mésopotamie, des premières communautés sédentaires au milieu du 3e millénaire avant J.-C., de Boccard,‎ 2008, 416 p. (ISBN 978-2-7018-0235-0)
  9. Corinne Julien, Histoire de l'humanité: De la Préhistoire aux débuts de la civilisation, UNESCO,‎ 2000 (lire en ligne), p. 1226
  10. Rendre incombustible ou moins combustible un matériau naturellement inflammable en l'imprégnant de substances stoppant ou ralentissant l'action du feu. Voir la définition du verbe ignifuger
  11. Le vêtement, M.N. Boutin-Arnaud, S. Tasmadjian, Éditions Nathan, 1997. ISBN : 2-09-182472-0
  12. [Littré]

Annexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Dominique Cardon, La draperie au Moyen Âge. Essor d’une grande industrie européenne, Paris, CNRS Éditions, 1999, 661 p.
  • Christiane Garaud et Bernadette Sautreuil, Technologie des tissus, Paris, 1982. (ISBN 2-7135-2130-0)