Catholicisme en Belgique

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Église catholique en Belgique
image illustrative de l’article Catholicisme en Belgique
Cathédrale Saints-Michel-et-Gudule de Bruxelles
Pays Belgique
Église catholique
Rite liturgique plusieurs
Type de juridiction Église catholique dans un état
Province ecclésiastique 1 Province ecclésiastique
Conférence des évêques Conférence épiscopale de Belgique
Langue(s) liturgique(s) Néerlandais, Français, Allemand, Latin
Calendrier plusieurs
Paroisses ? (diocèses:9)
Prêtres 3200
Religieux près de 3000
Religieuses près de 6000
Population totale 11 millions
Population catholique 4,4 millions
Pourcentage de catholiques 40 %
Site web http://www.catho.be (version francophone) http://www.kerknet.be (version néerlandophone)

Le catholicisme est la confession religieuse comptant le plus de membres en Belgique. L'Église catholique est une union d'églises locales, ou diocèses, en étroite communion avec le pape. Le catholicisme en Belgique n'est donc pas organisé comme une église nationale, mais l'ensemble de la Belgique forme une unique province ecclésiastique au sein de l'« Église universelle ». Il existe en outre une instance de concertation entre les évêques des différents diocèses belges : la conférence épiscopale de Belgique.

Histoire du catholicisme belge[modifier | modifier le code]

L'Église de la Belgique moderne[modifier | modifier le code]

À la suite de la réorganisation religieuse française de 1801, se distinguent les futurs diocèses belges de Gand, Tournai, Malines, Namur et Liège.

Le catholicisme belge prend ses racines dans l'histoire des différentes entités, politiques et religieuses, qui ont précédé la Belgique moderne et sur les territoires desquels celle-ci est plus ou moins entée. Ses diocèses les plus anciens sont celui de Liège (IVe siècle) et celui de Tournai (VIe siècle) mais c'est au VIIe siècle que le christianisme prit véritablement son essor dans cette partie de l'Europe.

Entre 1559 et 1561, dans le cadre de la Contre-Réforme catholique, la réorganisation religieuse des Pays-Bas espagnols mit en place une nouvelle organisation ecclésiastique. En 1679, le roi Charles II demanda au pape Innocent XI que cette région soit dédiée à saint Joseph; son vœu fut exhaussé et il est, depuis, honoré par les catholiques locaux comme saint patron de la Belgique dont le sanctuaire national est l'église Saint-Joseph à Bruxelles.

Quelques décennies avant sa création, la Belgique vit une partie de son patrimoine chrétien détruit ou confisqué (en 1782 et 1789) à la suite des réformes joséphistes puis à la suite des affres de la Révolution française (cette fois, surtout entre 1793 et 1798). En 1801, le concordat et les bulles Ecclesia Christi et Qui Christi Domini redéfinirent l'organisation des territoires religieux catholiques et préfigurèrent les contours des futurs diocèses belges. Dans la future Belgique, il y avait des dissensions entre les catholiques et les libéraux mais Mgr Sterckx fut la figure de proue de ceux qui apaisèrent les oppositions, ce qui put aboutir à l'élaboration de la Constitution de 1831. Peu de temps après sa création, la Belgique fut aussi reconnue par le Vatican qui fit d'elle, d'un point de vue catholique, une province ecclésiastique métropolitaine en 1832.

Lors de la Première Guerre mondiale, le cardinal Mercier devint, par son action et sa lettre inspiratrices Patriotisme et Endurance, une figure de proue de la résistance morale et nationale. Entre 1920 et 1925, à la suite de l'annexion par la Belgique des cantons de l'Est (Eupen, Malmedy et Saint-Vith) repris à l'Allemagne en vertu du Traité de Versailles, fut érigé l'éphémère diocèse de Malmedy, dont l'évêque était l'évêque de Liège. En 1925, ce diocèse a été incorporé à celui de Liège. Une survivance de cet état de fait : l'église de Malmedy (l'ancienne abbatiale de l'abbaye-double de Stavelot et Malmedy) porte, de nos jours encore, le titre de cathédrale. C'est également, dans les années 1920, que se tinrent les conversations de Malines. Pendant les années 1930, l'abbé Froidure donna une nouvelle dimension au catholicisme belge en liant charité et action économique par la fondation d'œuvres sociales telles que les Stations de Plein-air et Les Petits Riens.

L'après-Vatican II[modifier | modifier le code]

Ayant été érigés en 1962, les diocèses d'Anvers et de Hasselt sont les plus récents; auparavant, Anvers appartenait au diocèse de Malines-Bruxelles (bien qu'un premier diocèse d'Anvers ait existé entre 1559 et 1801) et Hasselt au diocèse de Liège. À la suite du concile Vatican II, la conférence épiscopale de Belgique est créée. Cette dernière joua un rôle non négligeable, en 1989, dans la résolution de la controverse qui était né de la présence d'un carmel à Auschwitz.

Jusqu'alors le culte marial jouissait d'une certaine ferveur, soutenu par le cardinal Suenens et grâce au concours de la Légion de Marie (introduite en Belgique en 1945). Seulement, la réorientation pastorale décidée lors de Vatican II, peut-être dans un esprit de rapprochement avec les protestants, insista bien moins sur l'hyperdulie et délaissa, en grande partie, les pratiques mariales pour se tourner vers les nouveaux courants embrassant le renouveau charismatique; changement également soutenu par le cardinal.

La crise de Louvain, en laquelle se conjuguaient revendications linguistiques, manœuvres politiciennes et attaques anticatholiques, porta atteinte à la cohésion de la conférence épiscopale belge.

Par deux fois, le royaume reçut Jean-Paul II[1]. Il resta près d'une semaine en mai 1985 pour effectuer un tour de Belgique qui fut marqué par deux messes géantes (à la basilique de Koekelberg et à Banneux) et une plus modeste à Notre-Dame de Laeken. Il revint en juin 1995; au cours de sa visite, il rendit hommage au défunt roi Baudouin avant procéder à la béatification du père Damien, reconnu saint depuis.

Le 8 décembre 2015, en l'église Sainte-Catherine de Bruxelles, Mgr Léonard consacra officiellement la Belgique au Cœur immaculé de Marie en guise de « réponse filiale et pleine de foi au message de Notre-Dame de Fátima ».

Organisation[modifier | modifier le code]

Diocèses[modifier | modifier le code]

Depuis 1962, l'Église catholique en Belgique est formée de huit diocèses et un diocèse spécifique aux forces armées belges. L'évêque de Malines-Bruxelles est l'archevêque métropolitain de la province et porte le titre de primat de Belgique (actuellement Mgr De Kesel).

Diocèses belges actuels
Diocèse Évêque successeur de Évêque(s) auxiliaire(s) Cathédrale Création (re-création) Territoire
Archidiocèse de Malines-Bruxelles Jozef De Kesel André Léonard Léon Lemmens, Jean Kockerols et Jean-Luc Hudsyn Saint-Rombaut de Malines 1559 Ancienne province du Brabant+ Malines
Diocèse d'Anvers Johan Bonny Paul Van den Berghe - Notre-Dame d'Anvers 1559 (1961) Province d'Anvers sauf Malines
Diocèse de Bruges Lode Aerts Jozef De Kesel - Saint-Sauveur de Bruges 1559 (1834) Province de Flandre-Occidentale
Diocèse de Gand Luc Van Looy Arthur Luysterman - Saint-Bavon de Gand 1559 Province de Flandre-Occidentale
Diocèse de Hasselt Patrick Hoogmartens Paul Schruers - Saint-Quentin de Hasselt 1967 Province de Limbourg (Belgique)
Diocèse de Liège Jean-Pierre Delville Aloys Jousten - Saint-Paul de Liège IVe siècle Province de Liège
Diocèse de Namur Rémy Vancottem André Léonard Pierre Warin Saint-Aubain de Namur 1559 Province de Namur et Province de Luxembourg
Diocèse de Tournai Guy Harpigny Jean Huard - Notre-Dame de Tournai VIe siècle Province de Hainaut

Ordinariat militaire[modifier | modifier le code]

L'ordinariat militaire belge fut d'abord érigé le 7 septembre 1957 en tant que vicariat[2]. Le 22 juillet 1986, il acquit le statut de diocèse et l'église Saint-Jacques-sur-Coudenberg en devint sa cathédrale[3]. Traditionnellement, l’archevêque de Malines-Bruxelles est également nommé par le pape à la tête du diocèse aux armées.

Le bureau du service d’aumônerie de l'Armée belge est établi au sein de l'hôpital militaire Reine Astrid à Heembeek. En 2013, ce service comptait une dizaine d'aumôniers auxquels pouvaient s'ajouter deux aumôniers de réserve. Actuellement, son aumônier en chef est Johan Van Den Eeckhout. Le diocèse aux forces armées dispose de son propre centre de recherche (de théologie et d'éthique militaire).

Cas particuliers[modifier | modifier le code]

Aux côtés de ces branches principales de l'Église, coexistent d'autres branches telles que celle de l'Opus Dei qui a sa propre hiérarchie grâce à son statut de prélature personnelle et qui peut partager l'utilisation d'églises pour leur apostolat (exemple: l'église Saint-Jacques-sur-Coudenberg). La quasi-totalité des fidèles de l'Église catholique en Belgique sont attachés à l'Église catholique. La Belgique donna aussi naissance à trois congrégations laïques masculines: les Frères de la Miséricorde de Malines, les Frères de Saint Jérôme Émilien et les Frères de Saint-François-Xavier. Il existe quelques Églises indépendantes qui se réclament d'un catholicisme mais non romain, telles que les stévenistes de la Petite Église (début du XIXe siècle).

Clergé régulier[modifier | modifier le code]

Ordre cistercien[modifier | modifier le code]

Une douzaine d'abbayes cisterciennes sont implantées en Belgique mais c'est surtout la branche trappiste qui est présente en cette région. Elles sont aussi connues du grand public pour leur production de bière trappiste car six de ces monastères en produisent en Belgique, gage de leur authenticité.

Ordre des prêcheurs[modifier | modifier le code]

Les dominicains, ou frères noirs, sont répartis selon la province dominicaine flamande de Sainte-Rose et le Vicariat Saint-Thomas d’Aquin de Belgique-Sud (francophone, Bruxelles étant comprise dans ce dernier).
Sont affiliés à celui-ci:

  • le couvent Saint-Dominique (à Bruxelles);
  • le couvent Saint-Albert le Grand: les dominicains, réinstallés à Liège au début du XXe siècle, quittèrent la cité ardente en 1987 pour y retourner en septembre 2009 dans une aile du cloître de la collégiale Saint-Jean;
  • le couvent Fra Angelico (à Louvain-la-Neuve et qui est, de facto, le transfert en 2010 du couvent Dominique Pire qui était sis à Froidmont en la commune de Rixensart).

La province dominicaine Sainte-Rose dispose de quatre couvents: à Gand, Schilde, Knokke et Heverlee (Louvain).

Franciscains[modifier | modifier le code]

Autres[modifier | modifier le code]

Pèlerinages et lieux de processions[modifier | modifier le code]

Médias de l'Église catholique[modifier | modifier le code]

Médias catholiques en belges et francophones[modifier | modifier le code]

  • La Maison des Médias Catholiques regroupe les médias catholiques
  • La plate-forme Médias Catholiques Culture regroupe la RTCB et le journal Dimanche.
  • Le journal Dimanche, hebdomadaire

Radio catholique en Belgique francophone, RCF[4][modifier | modifier le code]

  • RCF Bruxelles et Brabant wallon
  • RCF Liège
  • RCF Namur et Bastogne

Télévision et émission en Belgique francophone[modifier | modifier le code]

  • KTO: En 2011, la chaîne commença à émettre en Belgique via Proximus (alors Belgacom TV). Alors que l'opérateur avait manifesté son intention de cesser la diffusion de KTO, celui-ci revint sur sa décision, en avril 2016, à la suite d'une pétition de soutien ayant recueilli de nombreuses signatures.
  • RTCB (Radio Télévision Catholique Belge) qui fournit des programmes aux autres stations.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  • Souvenirs et espérances, Paris, Fayard, 1991.