Juan de Prado

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Juan de Prado naît en Espagne vers 1612 de parents conversos, crypto-Juifs, socialement marginalisés et sous la surveillance permanente de l'Inquisition.

Biographie[modifier | modifier le code]

Prado étudia la théologie à l'université d'Alcalá de Henares, en compagnie de son ami et futur contradicteur, Balthazar (Isaac) Orobio de Castro, et la médecine à celle de Tolède. C'est là qu'il se fait connaître comme crypto-juif militant, et se reconvertit clandestinement au judaïsme. Il reste toutefois en Espagne, exerçant la médecine à Andujar en Andalousie, avant d'être dénoncé à l'Inquisition.

Fuyant vers Amsterdam, via Rome et Hambourg - où il prend le prénom juif de Daniel - dans les années 1650, il s'installe dans la communauté juive de la ville, composée de marranes portugais et espagnols. Il intègre la congrégation Talmud Torah et reprend son activité de médecin. Avide lecteur de Maïmonide et Crescas, il fréquente les cours de Rabbi Mortera sur la loi juive. Là, il fait la connaissance de Spinoza.

Comme Uriel da Costa avant lui, il ne tarde pas à exprimer des opinions hétérodoxes, s'attaquant au caractère révélé de la loi juive (écrite ou orale), à la supériorité du judaïsme sur les autres confessions[1] à la nature de Dieu et à l'immortalité de l'âme[2].

En 1656, menacé de sanction, il lit à la synagogue un insincère repentir, l'été où Spinoza est frappé par un véhément herem (décision d'exclusion), pour des raisons analogues. Persistant dans ses opinions, il s'expose néanmoins au même sort que son ami l'année suivante. Toutefois, contrairement à Spinoza qui, lui, n'avait rien tenté pour se prémunir de l'exclusion et se préparait déjà à vivre au ban de la communauté juive, Juan de Prado refuse la sentence et tente de continuer à vivre parmi la communauté. Celle-ci refusant de lever la sanction, il part finalement vivre à Anvers en 1659.

Ses idées sont principalement connues par la réfutation qu'en fait Balthazar (Isaac) Orobio de Castro.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Nadler Steven, Spinoza, Bayard, 2003, p. 173
  2. I.S Revah, Spinoza et Juan de Prado, Paris, Mouton & Co, 1959, p. 60-68

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Gebhardt C., Juan de Prado in Chronicon Spinozanum3, 1923, p. 219-291
  • Kaplan Y., From Christianity to Judaism : the story of Isaac Orobio de Castro, Oxford, Oxford University Press, 1989
  • Nadler Steven, Spinoza, Paris, Bayard, 2003, p. 172-178
  • Revah, I.S., Spinoza et Juan de Prado, Paris, Mouton & Co, 1959.
  • Muchnik Natalia, Une vie marrane: Les pérégrinations de Juan de Prado dans l'Europe du XVIIe siècle, Paris, Honoré Champion, 2005.