Institut Montefiore

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Buste de Georges Montefiore

L'Institut Montefiore est le département d'électricité, électronique et informatique de la faculté des sciences appliquées de l'université de Liège fondé en 1883 par Georges Montéfiore-Levi, ingénieur des mines de la même université, industriel, homme politique et mécène.

Historique[modifier | modifier le code]

C'est en octobre 1883 que Georges Montefiore crée une section électrotechnique au sein de l'École des Mines de l'Université de Liège. Cette discipline est peu enseignée à l'époque[1] et c'est au retour de l'Exposition internationale d'Électricité de Paris, en 1881[2], que George Montefiore se convainc de la nécessité de créer une section à part entière. Celle-ci occupe dans un premier temps l'auditoire de botanique du bâtiment central de l'université (place du Vingt-Août). La section connaît immédiatement beaucoup de succès et en 1891, il obtient du gouvernement belge la mise à disposition de locaux spacieux au no 33 de la rue Saint-Gilles, jusque-là occupés par l'École Centrale[3].

Montefiore, ayant fait fortune grâce à un brevet sur la fabrication du bronze phosphoreux, fort utilisé dans l'industrie téléphonique naissante, fait un don important permettant d'équiper le nouvel institut. En 1902, il fait même construire un grand auditoire, réplique de celui de Faraday à Londres et divers bâtiments annexes. Le premier cours d'électrotechnique à Liège est donné par Frédéric Delarge dès 1880, mais celui-ci est trop pris par son poste de directeur général des services de téléphonie et de télégraphie; c'est Éric Gérard (1856-1916), diplômé en 1878 et chargé de cours depuis 1881 qui sera le premier directeur de l'Institut. Omer De Bast (1865-1937) lui succèdera après la Première Guerre mondiale.

Bâtiments[modifier | modifier le code]

Au fil de son évolution, l'Institut a occupé plusieurs bâtiments. D'abord une annexe désaffectée de l'Université, ensuite un bâtiment rue Saint-Gilles et enfin le site du Sart-Tilman.

Rue Saint-Gilles[modifier | modifier le code]

En 1891, vu son succès, l'Institut déménage dans de plus vastes locaux situés au no 33 de la rue Saint-Gilles. Avant la construction du nouveau bâtiment par l'architecte liégeois Émile Demany (1845-1908), le site était occupé par l'École normale des Humanités depuis 1847.

Le bâtiment, légèrement transformée dès 1885-1886 par l'architecte Paul Jaspar[4], sera régulièrement agrandi et modernisé. En 1903, Montefiore, ayant fait fortune, fit un don important permettant d'équiper le nouvel institut et y finance la construction d'un vaste amphithéâtre pouvant accueillir trois cents étudiants, réplique de celui de Faraday à Londres[5]. La même année, un buste du mécène, œuvre du sculpteur anversois Thomas Vinçotte, est placé dans la cour d'honneur.

Directement voisin de l'Institut, l'hôtel particulier (au no  31) est offert par Montefiore à l'Association des Ingénieurs Électriciens sortis de l'Institut Montefiore (AIM). Une bibliothèque et une salle d'études y sont installées pour les étudiants. D'une architecture plus commune, ce bâtiment conserve cependant une porte d'entrée ornée d'une plaque gravée remarquable.

Dans les années 1990, le bâtiment dessiné par Demany accueille quelque temps l'Institut supérieur d'Architecture Lambert Lombard. La proximité immédiate du site de Beauregard, où est installée une partie de HEC-Ecole de Gestion de l'ULg, incitera l'Université à réinvestir le bâtiment créant ainsi un "campus Saint-Gilles"[6].

Sart-Tilman[modifier | modifier le code]

Les bâtiments de la rue Saint-Gilles devenus trop exigus et inadaptés aux exigences des nouvelles technologies, l'Institut est transféré dans le domaine universitaire du Sart-Tilman à partir de 1977.

Classement[modifier | modifier le code]

Le bâtiment sis au no 33 de la rue Saint-Gilles est classé au patrimoine majeur de Wallonie depuis 1993[7]

La façade et les toitures du bâtiment adjacent, au no 31, seront classées respectivement en 1995[8] et en 2011[9].

Anciens étudiants[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Hervé Joly, Formation des élites en France et en Allemagne, CIRAC, 2005, p. 47.
  • Willy Legros, Pol Pirotte, L'électrotechnique dans Apports de Liège au progrès des Sciences et des Techniques, Wahle & Cie, 1981, (ISBN 2-8701-1090-1)
  • Éric Gérard, directeur de l'institut d'électrotechnique Montefiore, Leçons sur l'Électricité, 1891 (sur Gallica)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Il faudra attendre 1893 pour qu'une section d'électricité industrielle soit ouverte à l'Institut industriel du Nord (École centrale de Lille) et 1894 pour la création de l'École supérieure d'électricité à Paris.
  2. dans Turgan, Les grandes usines, études industrielles en France et à l'étranger, 1882 (« Exposition internationale d'Électricité », CNUM (consulté en ))
  3. À cette époque, l'université de Liège connaît une expansion importante avec la création des Instituts Trasenster, dont l'Institut électrotechnique fait peut-être partie.
  4. « Inventaire du patrimoine culturel immobilier : École normale des humanités ou ancien institut électro-technique Montéfiore », sur http://lampspw.wallonie.be/ (consulté le 27 août 2018)
  5. « Liège U – Le magazine de l’Université de Liège n°16. », sur www.uliege.be, (consulté le 28 août 2018)
  6. Transformation de l’ancien Institut Montefiore
  7. Arrêté du classement de 1993
  8. Arrêté du classement de 1995
  9. Arrêté du classement de 2011