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Association des Juifs en Belgique

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Association des Juifs en Belgique
Logo de l’association
Cadre
Forme juridique Ordonnance allemande
Zone d’influence Belgique
Fondation
Fondation
Identité
Siège Bruxelles
Président Salomon Ullmann; Marcel Blum
Dissolution
Dissolution

L'Association des juifs en Belgique (AJB) est un organisme, composé de ressortissants juifs, qui fut créé par une ordonnance allemande durant la Seconde Guerre mondiale[1]. Son rôle fut largement dénoncé par la résistance juive qui y voyait un organe destiné à faciliter à l'autorité allemande le contrôle de la population juive de Belgique[2]. Il s'agissait en effet de faire assumer par les juifs eux-mêmes les conséquences de la politique allemande tant sur les aspects relatifs à leur survie provisoire que ceux liés à leur élimination programmée[3]. L'association fut dissoute par ses dirigeants quinze jours avant la libération. Une enquête fut ouverte après-guerre pour élucider son rôle, elle déboucha sur un non-lieu[4].

Liste familiale établie par l'AJB en 1942

L'Association des juifs en Belgique est créée par une ordonnance allemande datée du . Les Allemands ont recours dans toute l'Europe à ce type d'association instituée sur le modèle du Reichvereinigung der Juden in Deutschland[3]. La Gestapo avait installé le siège de l'association au 56, Boulevard du Midi à Bruxelles. Le premier président de l'association fut le grand rabbin Salomon Ullmann, désigné d'office par l'occupant. Il démissionne à la suite des premières rafles, (il est emprisonné à Breendonk pendant dix jours) et est remplacé à ce poste par Marcel Blum qui assure la présidence jusqu'à la veille de la libération[3].

Le , un local de l'AJB est mis à sac et des fichiers sont détruits par des Partisans armés juifs[5].

Le , le premier convoi de déportation quitte le territoire belge. L'AJB s'était personnellement occupée de la convocation des Juifs, les invitant à se présenter à la Caserne Dossin pour le «travail obligatoire» (qui est l'euphémisme utilisé par les allemands pour la déportation et l'extermination). A partir de ce moment l'Association des Juifs en Belgique est perçue comme un instrument à la solde des nazis et « engage sa responsabilité juridique, historique et morale »[3].

Le , un membre du comité directeur de l'AJB, Robert Holzinger, est abattu par des résistants juifs en plein jour à Bruxelles. Robert Holzinger est précisément accusé de collaborer avec la Gestapo et son Judenreferent, Kurt Assche, en communiquant des listes servant à la déportation. Wladek Rakover, l'auteur de l'exécution est arrêté et fusillé le [5].

En , Hertz Jospa et son épouse, Yvonne Jospa créent le Comité de défense des Juifs (CDJ), affilié au Front de l'indépendance. Ce comité, contrairement à l'AJB, organe « officiel », choisit la clandestinité tandis que les membres de l'AJB décident - ou sont contraints - de rester « légalistes » et d'obéir aux injonctions de l'autorité allemande dans une politique du moindre mal. Certains, comme Maurice Heiber qui est directeur du service social de l'AJB jusqu'en 1943, font également partie du Comité de défense des Juifs. Les tensions vont grandissant entre les deux groupes.

Le , Maurice Heiber fait part de ses inquiétudes à Yvonne Nèvejean, la directrice de l'Office national de l'enfance (ONE) lui expliquant qu'en suivant strictement les lois belges et les ordonnances de l'autorité occupante, l'AJB expose les enfants davantage qu'elle ne les protége. Yvonne Nèvejean lui répond que « l'ONE lutterait pour cette question et que tout son crédit serait engagé pour cette défense »[6].

Le les craintes de Maurice Heiber se confirment alors que les 80 enfants juifs d'un Home de Wezembeek-Oppem sous tutelle de l'AJB sont arrêtés et transférés à Malines à la caserne Dossin. La protestation énergique de la Reine Élisabeth parvient à faire libérer les enfants[7]. Certains responsables du CDJ, notamment Pierre Broder, le responsable de la section de Charleroi, ont des mots très durs à l'égard des directeurs de l'AJB qu'il perçoit comme de véritables collaborateurs tentant de négocier leurs privilèges auprès de l'occupant. Eggert Reeder a en effet obtenu d'Heinrich Himmler une « immunité » (pourtant toute relative) pour les Juifs belges qui ne représentent que 7 % de la population juive vivant sur le territoire belge durant l'occupation. En effet, la plupart des Juifs vivant sur le territoire belge à cette époque sont des émigrés « récents » ayant fui l'Allemagne ou la Pologne[3].

Quinze jours avant la libération de la Belgique, l’Association des juifs en Belgique est dissoute par ses dirigeants (août 1944).

L'Association des juifs en Belgique veille à la survie matérielle de ses ressortissants, elle gère des homes de personnes âgées et des homes pour enfants. L'ordonnance allemande du lui confie l'organisation de l'enseignement et interdit aux enfants juifs de fréquenter des établissements scolaires non juifs[8]. De à , l'AJB envoie 12 000 « ordres de mise au travail » : les « convocations à Malines » qui signent la déportation et l'extermination des populations juives de Belgique[3].

Fin 1944, l'auditorat militaire mène différentes enquêtes afin de faire la lumière sur le rôle effectivement joué par l'Association des juifs en Belgique auprès des autorités allemandes. Elles débouchent sur des non-lieux et des classements sans suite. « Cette dynamique de pacification était celle qui prévalait après-guerre face au peuple juif qui pansait ses plaies »[3].

Une partie des archives de l'Association des juifs en Belgique est conservée à l'Institut Martin Buber et est consultable pour la recherche depuis 2003[9] mais elle n'est malheureusement pas classée de manière systématique. Une autre partie plus importante se trouve à la caserne Dossin et une autre auprès du Service des victimes de la guerre (SPF affaires sociales).

Notes et références

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  1. Insa Meinen, « Face à la traque. Comment les Juifs furent arrêtés en Belgique (1942-1944) », Les Cahiers de la Mémoire Contemporaine, no 6,‎ , p. 161–203 (ISSN 1377-1256, DOI 10.4000/cmc.978, lire en ligne, consulté le )
  2. Pierre Broder et Maxime Steinberg, Des Juifs debout contre le nazisme, EPO, , 240 p. (ISBN 978-2-87262-082-1, lire en ligne), p. 126 et sq
  3. a b c d e f et g Paul Aron, José Gotovitch, Dictionnaire de la Seconde Guerre mondiale en Belgique, éditions André Versaille, Bruxelles, 2008, (ISBN 9782874950018)
  4. Fonds d'archives Martin Buber, sur kazernedossin.eu
  5. a et b Bernard Suchecky, résistances juives à l'anéantissement, Luc Pire, Bruxelles, 2007 p. 210-211
  6. Maxime Steinberg, L'Etoile et le Fusil, t. I, La Question juive, 1940-1942, Éditions Vie Ouvrière, Bruxelles, l983. p. 103
  7. Maxime Steinberg, Un pays occupé et ses Juifs (La Belgique, entre France et Pays-Bas)
  8. La Belgique docile, rapport du CEGES à la demande du Sénat, 1114 p. [PDF], sur senate.be
  9. Les-archives-de-l'association-des-juifs-en-belgique-institut-martin-buber, sur kazernedossin.eu

Bibliographie

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Articles connexes

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