Histoire des Juifs au Danemark

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L'histoire des Juifs au Danemark commence avec leur présence organisée depuis le XVIIe siècle jusqu'à nos jours. C’est au début du XXe siècle que cette communauté a connu son apogée ; le soutien de la population et des autorités danoises lui a permis de survivre presque sans dommages à l'Holocauste, pour se reconstituer après la guerre. Forte autrefois de plus de 8 000 personnes, elle en compte aujourd'hui environ 7 000.

Histoire[modifier | modifier le code]

À la suite de la Réforme danoise, Juifs et catholiques avaient été explicitement interdits de séjour au Danemark en 1536, mais en 1622, Christian IV de Danemark invita un groupe de juifs à fonder une communauté dans la nouvelle ville de Glückstadt.

À la fin de la guerre de Trente Ans, le roi Frédéric III de Danemark encouragea l'immigration juive pour relancer l'économie. Des communautés se formèrent à Fredericia en 1682 puis à Copenhague en 1684. En 1782, le Danemark comptait environ 1 830 Juifs, dont 1 503 à Copenhague. Bien que soumis à des lois restrictives et discriminatoires, ils n'étaient pas tenus de vivre dans des ghettos et jouissaient d’un degré d’autonomie appréciable.

Le siècle des Lumières avait introduit une série de réformes pour favoriser l'intégration des Juifs dans la société danoise. On leur avait ouvert les portes de l'éducation et de l'université et ils avaient reçu le droit d'acheter des biens immobiliers.

Les guerres napoléoniennes conduisirent à l'émancipation complète des Juifs danois, qui obtinrent en 1814 l'égalité des droits et en 1849 la citoyenneté complète. La vie juive put ainsi se développer librement au XIXe siècle, ce qui donna aux Juifs une situation respectée dans la société danoise. 1833 vit la construction de la Grande synagogue de Copenhague. Au milieu du XIXe siècle le Danemark comptait déjà plus de 4 000 Juifs.

Au début du XXe siècle, ces conditions de vie favorables attirèrent de nombreux immigrants juifs venant de l'Europe de l'Est et la population juive dépassa les 6 000 âmes. Les Juifs étaient présents et actifs dans tous les domaines de la vie culturelle et sociale au Danemark. De nombreuses associations juives étaient actives. Edvard Brandes (né juif, mais qui avait avait abandonné le judaisme en 1905) fut ministre des Finances, Herman Trier député et Georg Cohn conseiller du gouvernement en droit international.

En 1933, le roi Christian X de Danemark fut le premier souverain nordique à visiter une synagogue à l'occasion des célébrations du centenaire de sa construction.

Après l'occupation du Danemark par l'Allemagne en 1940, la situation devint rapidement critique pour la population danoise en général et ses citoyens juifs en particulier. Le roi tenta autant qu’il pouvait de s'opposer à l'introduction de lois discriminatoires et quand, en 1943, les autorités allemandes se préparèrent à déporter les Juifs danois se mit en place une vaste opération clandestine de sauvetage qui transporta en une nuit la presque totalité des Juifs danois (7 550 personnes) vers la Suède sûre et neutre[2] Et quand 450 Juifs danois eurent été déportés à Theresienstadt l'intérêt continu pour leur sort que leur portèrent les autorités danoises réussit à leur éviter le pire. Au total, environ 120 Juifs danois moururent pendant l'Holocauste, soit moins de 2% de la population juive à l'époque.

Après la guerre, les Juifs danois purent réintégrer la société danoise avec tous leurs droits. Aujourd'hui, leur nombre est d'environ 7000, mais seulement 2500 sont officiellement enregistrés dans la communauté. Copenhague compte plusieurs synagogues actives pour les différentes formes de congrégations religieuses. En outre, deux périodiques juifs sont publiés en danois : Rambam, publié par Selskabet pour la Dansk-Jødisk Historie, et Alef, une revue de culture juive.

Le conflit israélo-palestinien n'a pas manqué ces dernières années de créer des tensions avec la communauté islamique forte aujourd'hui de plus de 250 000 personnes et dont le nombre ne cesse de croitre, mais les excellentes relations de coexistence avec la monarchie et la population danoise n’ont pas été affectées. En 1983, la reine Margaret a participé aux cérémonies du 150e anniversaire de la fondation de la Grande synagogue de Copenhague et en 1993, une plaque a été placée à l'hôpital de Bispebjerg où avaient été cachés 2 000 Juifs avant leur embarquement pour la Suède en octobre 1943. 2004 a vu l’inauguration du Musée juif de Copenhague qui offre une image complète de la présence juive au Danemark.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Andrew Buckser, After the Rescue: Jewish Identity in Denmark After the Rescue, New York, Palgrave MacMillan, 30 maggio 2003, p. 271, (ISBN 978-03-122-3945-9).
  • (en) Emmy E. Werner, A conspiracy of decency: The rescue of the Danish Jews during World War II, Westview Press, 2002, p. 212, (ISBN 9780813339061).
  • (en) Karen Lisa Goldschmidt Salamon, A Guide to Jewish Denmark, Copenaghen, 1994, p. 79, (ISBN 978-87-742-1911-8).* Jorgen H Barfod, et al., Kings and Citizens: The History of the Jews in Denmark, 1622-1983, New York, Jewish Museum, 1983, p. 32, (ISBN 978-08-733-4022-9).
  • (en) Leni Yahil, The rescue of Danish Jewry;: Test of a democracy, 1ª ed., Philadelphia, Jewish Publication Society of America, 1969, p. 536, ASIN B0006BZADK.
  • (en) Jorgen H Barfod, Escape from Nazi terror: A short history of the persecution of the Jews in Denmark and Norway and the Danish underground refugee service, Copenaghen, Forlaget for Faglitteratur, 1968, p. 46, ASIN B0007JB2XS.
  • (en) Harold Flender, Rescue in Denmark, London : Holocaust Library, 1963, p. 281, (ISBN 978-08-960-4018-2).