Gracia Nassi

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Gracia Nasi, ou Béatrice de Luna, selon le nom adopté en tant que prétendue catholique, née le à Lisbonne (Portugal) et morte le , est une figure de la Renaissance, qui géra une immense fortune familiale et prêta de l'argent aux rois, tout en venant en aide aux juifs persécutés à travers l'Europe.

Biographie[modifier | modifier le code]

Née à Lisbonne d'une famille marrane de nobles, d’origine aragonaise, qui avaient fui l'Espagne au début de l'Inquisition. Mariée en 1528[1] avec Francisco Mendes Benveniste, qui possédait une des plus importantes banques du monde, la banque Mendès[2]. Elle était la tante de Joseph Nassi.

Sa vie fut un voyage : à la mort de son mari Francesco, le frère de celui-ci, Diego, qui dirigeait jusqu'ici la branche espagnole de la banque, en déplaça l'activité à Anvers[3], où Gracia s'installa en 1536. Elle partit ensuite à Venise en 1544, à Ferrare en 1550, où enfin elle put professer sa foi juive. En 1553, elle fut chaleureusement accueillie par Soliman le Magnifique à Istanbul. Elle soutint financièrement des éditeurs séfarades du quartier de Haskoÿ et des villes italiennes. On la surnommait alors « le cœur de son peuple », ou plus simplement « la Dame ».

En 1558, elle se fit accorder par Soliman un bail à long terme sur la région de Tibériade, contre la garantie d'une augmentation substantielle de son produit fiscal annuel. Cette partie de la Terre sainte, alors incluse dans la Syrie ottomane, avait été conquise quelques années plus tôt et restait largement dévastée. Avec l'aide du sultan, elle commença à reconstruire les villes abandonnées, afin que des réfugiés puissent s'y installer s'ils le souhaitaient. Son objectif était de faire de Tibériade un nouveau foyer majeur de peuplement, de négoce et de formation juif. Un voyageur qui visita la région vers cette époque rapporte le soutien qu'elle avait procuré à la communauté juive de l'endroit, et comment, après sa mort survenue à Istanbul en 1569, celle-ci dut chercher d'autres donateurs[4],[5],[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dona Gracia Nasi.
  2. Doña Gracia Dery Nasi par Cecil Roth.
  3. MENDESIA, GRACIA Dery (called also Beatrice de Luna).
  4. (he) Zechariah Dhahiri, Sefer Ha-Mūsar, éd. Mordechai Yitzhari, Benei Baraq, 2008, ch. 24, p. 157.
  5. (en) Cecil Roth, Doña Gracia of the House of Nasi, Jewish Publication Society, Philadelphia, 1948, p. 120-121.
  6. « La senora gracia nassi Donna Gracia Mendez-Nassi - La Sénora » (consulté le 18 novembre 2015).

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Cecil Roth, Doña Gracia Nasi ISBN 2867460565
  • Catherine Clément, La Señora, Calmann-Lévy (réédition LGF-Livre de Poche no 8717)

Liens externes[modifier | modifier le code]