Histoire des Juifs à Maurice

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L'histoire des Juifs à Maurice est relativement récente. Les premiers Juifs à arriver sur l'île, au cours des années 1940, sont venus d'Haïfa, alors sous mandat britannique, car ils se sont vus refuser l'accès à la Palestine par les autorités britanniques.

Il y a actuellement une très faible communauté juive à Maurice, une synagogue à Curepipe et un cimetière juif à Bambous.

Origines[modifier | modifier le code]

Le Patria, après avoir été bombardé.

En septembre 1940, l'Atlantic, le Milos et le Pacific transportaient quelque 3 600 Juifs originaires de Vienne, de Gdańsk, de Prague et de Tulcea pour les envoyer en Palestine[1]. Ceux arrivés sans autorisation se sont vus refuser l'entrée sur le territoire par les autorités britanniques, conduites par Sir Harold MacMichael, Haut-Commissaire de la Palestine mandataire. Les Britanniques ont décidé d'expulser les Juifs en question vers Trinité-et-Tobago et Maurice, deux colonies britanniques[2].

Le , le premier navire transportant environ 1 800 Juifs vers Maurice, le Patria fut accidentellement bombardé par la Haganah qui souhaitait que les Juifs restent en Palestine[1]. Leur intention était de paralyser le navire mais les dégâts ont causé 260 morts et 172 blessés. Il y avait seulement assez de canots de sauvetage pour 805 personnes puisque la capacité du navire était de 805 quand ce dernier était sous pavillon français. Lorsque les Britanniques ont repris le bateau, ils ont augmenté sa capacité à 1 800 sans toutefois augmenter le nombre de canots de sauvetage[1].

Les Juifs survivants ont été envoyés au camp de détenus d'Atlit, situé au sud d'Haïfa. Les 1 584 réfugiés restants de l'Atlantic qui ne se trouvaient pas sur la Patria furent d'abord emprisonnés à Atlit mais furent envoyés à Maurice le [3]. Quand ils sont arrivés, ils ont été envoyés dans un camp de détention à Beau-Bassin.

Dans le camp, les détenus souffraient de maladies tropicales, de malnutrition et avaient des vêtements inadéquats. Des organisations juives telles que l'Agence juive, la Fédération sioniste et le Conseil des députés juifs d'Afrique du Sud ont envoyé de la nourriture, des vêtements, des médicaments et des objets religieux aux détenus. Initialement, les hommes et les femmes ne pouvaient pas se fréquenter. Les hommes étaient détenus dans une ancienne prison tandis que les femmes étaient dans des huttes adjacentes. Après la levée de cette interdiction, soixante enfants sont nés dans le camp. Au total, 128 prisonniers sont morts dans le camp et ont été enterrés dans le carré juif du cimetière de Saint-Martin.

À la fin de la Deuxième Guerre mondiale, les détenus ont eu le choix entre retourner en Europe ou immigrer en Palestine. La plupart ont choisi la Palestine et, le , 1 320 Juifs ont atterri à Haïfa[4],[2].

Cet épisode de l'histoire a inspiré l'écriture d'un roman, « Le dernier frère », de Nathacha Appanah. Il raconte la vie d'enfants, Raj et David, originaires de Prague, à Maurice.

Aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Selon le recensement de la population de 2011, il y a 43 Juifs à Maurice. La communauté actuelle n'a aucun lien avec la population présence dans les années 1940[5]. La première Bar Mitzvah à Maurice depuis la Deuxième Guerre mondiale a eu lieu en 2000[4].

Il y a une synagogue à Curepipe, un cimetière juif à Saint-Martin (près de Beau-Bassin), où sont notamment enterrés les Juifs détenus dans les années 1940, et un Centre de l'amitié Maurice-Israël, ouvert en 2005.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c (en) « Deaths of 260 in 1940 ship explosion commemorated », sur The Jewish News of Northern Carolina, (consulté le 25 décembre 2017).
  2. a et b (en) Geneviéve Pitot, The Mauritian Shekel : The Story of Jewish Detainees in Mauritius, 1940-1945, Rowman & Littlefield, (ISBN 0742508552).
  3. (en) Yehuda Bauer, American Jewry and the Holocaust : The American Jewish Joint Distribution Committee, 1939-1945, Wayne State University Press, (ISBN 0-8143-1672-7).
  4. a et b (en) « Mauritius Virtual Jewish History Tour », sur Jewish Virtual Library (consulté le 25 décembre 2017).
  5. (en) « Resident population by religion and sex » [PDF], sur Gov (consulté le 25 décembre 2017).