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Conversion au judaïsme

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Naomi, Ruth et la Moabite Orpa, par Elias van Nijmegen (1731), musée de Rotterdam.

La conversion au judaïsme représente l'adoption des rites et des croyances juives, et l'abandon de ses propres usages religieux. Elle implique aussi, au-delà de la religion, le fait de se considérer comme partie intégrante du peuple juif.

Historiquement, la conversion signifiait l'accueil de l'« étranger vivant dans tes murs » et se limitait à l'adoption des signes particuliers aux Juifs, comme la circoncision pour les hommes ou le culte du Dieu Un et sans image.

Avec l'apparition de religions monothéistes qui comportent des points communs avec les textes juifs, comme le christianisme ou l'islam, mais qui en diffèrent fortement, la conversion devient de nature plus religieuse. L'accent se déplace sur ces divergences avec le judaïsme, dont la question du Messie à venir, et de nombreuses pratiques et coutumes comme la cacheroute. L'adhésion plus ou moins stricte à ces rites et croyances ne fait pas l'unanimité au sein de tous les courants du judaïsme, de sorte que les modalités de la conversion varient dans le temps

Dans le judaïsme, la conversion se dit guiyour en hébreu ; le converti est un guér ou guiyor ; pour le différencier de l'étranger, on le nomme guér tséddéq (guérim au pluriel) ; au féminin guiyoréte et guiyorote au féminin pluriel. On dit léitgayér à l'infinitif. Le mot guér vient de la racine gour qui veut dire « habiter ». Et le guér est, au sens restreint, celui qui vient habiter sur une terre étrangère (voir Shemot 23, 9 et Rachi sur 22, 20). Les termes gery et gerami sont employés en russe pour les subbotniks, une frange de chrétiens sabbatariens ayant finalement adopté tous les aspects du judaïsme.

La Bible a très tôt défini les Israélites en tant que « peuple ou enfants d'Israël », et ce dès le Deutéronome, livre que la majorité de la critique bibliste[1] pense avoir été le premier mis en forme, vers la fin du VIIe siècle av. J.-C. Les références y désignent un groupe endogame (ne se mariant pas avec des membres d'autres peuples) : « Tu ne contracteras point de mariage avec ces peuples, tu ne donneras point tes filles à leurs fils, et tu ne prendras point leurs filles pour tes fils »[2], ayant une relation directe avec Dieu « Pardonne, ô Éternel ! à ton peuple d’Israël, que tu as racheté »[3], et occupant un territoire, Eretz Israel, « le pays dont l’Éternel, ton Dieu, te donne la possession »[4].

Au contraire, d'autres textes bibliques ont un regard positif sur les conversions, par exemple celui qui relate la conversion de la Moabite Ruth, ancêtre du roi David[5] ainsi que celle des Jébuséens sous son règne. Le Livre de Judith raconte la conversion de l'Ammonite Achior. Le Midrash affirme aussi que Jethro aurait été le premier prosélyte juif.

Bien que le Deutéronome indique « Tu ne contracteras point de mariage avec ces peuples », la question de l'interprétation de ce commandement a été posée assez tôt. Le mariage contracté avec des non-Juifs a été généralement rejeté, mais l'entrée dans la communauté de non-Juifs convertis a fait l'objet de positions diverses.

Dans l'Antiquité, le judaïsme était éclaté en un grand nombre de sectes, chaque secte ayant sa vision de l'attitude à adopter à l'égard des conversions. C'est ainsi que certains groupes, comme les Sadducéens, étaient opposés aux conversions, quand les Pharisiens les acceptaient dans une certaine mesure. Les Juifs d'éléphantine (Égypte) pratiquaient régulièrement des mariages mixtes, et leur attitude vis-à-vis de la conversion devait donc être assez souple.

Conversions par la force

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Au IIe siècle avant l'ère commune, les conquérants Hasmonéens convertirent par la force la tribu iduméenne des Hérode, qu'ils annexèrent à leur royaume juif. Quelques années plus tard, en 104 av. J.-C., la même dynastie annexa la Galilée et obligeait son peuple majoritaire, les Ituréens, à adopter le judaïsme[6].

Expansion à l'époque romaine

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La religion juive a été adoptée par une proportion importante des habitants de l'empire romain, surtout dans la partie orientale de l'empire. Les estimations oscillent entre 7% [7] et 10% de la population totale. Une telle adoption ne peut s'expliquer sans conversions et à cette époque, celles-ci semblent effectivement assez nombreuses. Ainsi l'historien romain Dion Cassius indique à propos des Juifs que « d'autres hommes [...] ont adopté les institutions de ce peuple, quoiqu'ils lui soient étrangers. Il y a des Juifs même parmi les Romains : souvent arrêtés dans leur développement, ils se sont néanmoins accrus au point qu'ils ont obtenu la liberté de vivre d'après leurs lois »[8]. Le poète Horace composa des verses contre le prosélytisme juif[7]. Parmi les convertis se distingua Aquila de Sinope, qui traduisit en grec la Bible juive.

À cette époque, la conversion exigeait la réalisation de trois commandements : la circoncision des hommes, le bain rituel (adopté plus tard par les chrétiens) et le sacrifice au Temple de Jérusalem. Ce dernier commandement a été aboli suite à la destruction du Temple en 70 d.C.[9] En plus des convertis, d'autres individus ont adopté les croyances et pratiques juives sans pour autant se circoncire. Connus comme « les craignant-Dieu », plusieurs d'entre eux sont mentionnés dans le Nouveau Testament. À plusieurs reprises les empereurs ont essayé d'enrayer les vagues de conversion en interdisant la circoncision des païens et des craignant-Dieu[7].

Le judaïsme a aussi gagné des adeptes au-delà des frontières de Rome. Au Ier siècle de l'ère commune, des missionnaires juifs ont ainsi réussi à convertir le roi d'Adiabène, situé entre l'Arménie et l'Iraq actuels[10].

Conversion du royaume de Himyar

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Vers 375-400 de l'ère commune, le royaume de Himyar, au Yémen actuel, s'est converti au judaïsme[11]. Le Himyar était opposé au royaume chrétien d'Aksoum, qui au VIe siècle a réussi à chasser le roi juif de Himyar et installer sur le trône une dynastie chrétienne. Dhu-Nuwas, dernier gouverneur juif, mena alors une révolte qui réussit à expulser le roi chrétien. L'aristocratie himyarite qui ne s'était pas encore convertie au judaïsme le fit à ce moment. Or, la ville de Najran, dont une majorité de la population était chrétienne, s'est révoltée à son tour. Dhu-Nuwas prit la ville après un long siège et tua grand nombre de chrétiens. Alors le roi d'Axoum déclara la guerre à Dhu-Nuwas avec le soutien de l'empire byzantin. En 525, Dhu-Nuwas fut vaincu et sa capitale, Zafar, détruite. Une révolte juive menée plus tard par un descendant de Du-Nuwas fut un échec[12]. Néanmoins, le judaïsme a survécu au Yémen jusqu'au XXe siècle.

Conversion des Khazars

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Monnaie khazare en argent du IXe siècle découverte sur l'île suédoise de Gotland (trésor de Spillings). L'inscription dit, en arabe, "Moïse [est l'] apôtre de Dieu"

Les Khazars ont adopté le judaïsme comme religion d'État autour des VIII et IXe siècles. Ce peuple a bâti un empire qui s'étendait, à son apogée, sur le sud de la Russie, l'Ukraine, la Crimée septentrionale, le Kazakhstan occidental et plusieurs régions de Transcaucasie. Les khazars étaient originellement de religion tengriste, mais font l'objet d'un prosélytisme chrétien, plus de l'Arménie et de l'Albanie que de Byzance, ainsi que d'une pression musulmane, avec des conversions de la population lors des invasions omeyyades. Le bouddhisme exerce également une certaine influence[13]. Les premiers contacts avec le judaïsme auraient eu lieu avec des marchands juifs venus de Byzance[14], ou par le biais des populations grecques judaïsées de Crimée.

La conversion au judaïsme se serait faite en deux phases. La première, autour de 735[15], a vu le judaïsme adopté par la dynastie régnante (celle de leur roi Bulan vers 750) et plus généralement de la caste noble[14]. La « correspondance khazare » échangée dans les années 950 et 960 entre Ibn Shaprut, ministre juif du calife de Cordoue et Joseph, roi des Khazars, qui mentionne cette conversion, est retrouvée dans la guéniza du Caire et est maintenant généralement considérée comme authentique,[16].

L'adoption du judaïsme comme religion officielle se fait sous le règne de Hârûn al-Rashîd qui a régné de 786 à 809[17]. Elle est généralement expliquée par un choix stratégique des élites khazares, leur permettant d'échapper en même temps à l'influence islamique et à l'influence chrétienne de leurs puissants voisins arabes et byzantins[14].

Tout en adoptant le judaïsme, les Khazars restèrent très tolérants sur le plan religieux, et laissèrent leurs sujets slaves professer le christianisme ou l’islam.

Conversion du diacre Bodo

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En 839, le diacre Bodo, ancien membre de la cour de Louis le Pieux, se serait fait pousser la barbe après une spectaculaire conversion au judaïsme pour devenir le juif Eléazar. Les récits chrétiens de sa conversion insistent sur le fait que le passage de l'homme d'Église du christianisme au judaïsme supposait qu'il se fît pousser les cheveux de sa tonsure et la barbe, et se fasse circoncire (sicque circumcisus capillisque ac barba crescentibus) ; ils le décrivent « comme le juif accompli par sa foi et son costume barbu, marié (barbatus et conjugatus) et fréquentant quotidiennement la synagogue de Satan ». Il devient prosélyte à Saragosse[18].

D'autres conversions

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Des Juifs des Indes (Cochin), vers 1900.

D'autres conversions de masse sont rapportées jusqu'au Moyen Âge :

Les États chrétiens, puis musulmans, firent de la conversion à une autre religion un crime (l'apostasie), rendant très dangereuse toute conversion au judaïsme. Celles-ci se prolongèrent cependant en dehors de ces deux aires culturelles, comme le montre l'apparence physique des anciens Juifs de Chine ou des Juifs des Indes.

Au XXe siècle :

Juifs de Chine, vers le début du XXe siècle.

À ces groupes se sont ajoutés des groupes auto-convertis à des versions plus ou moins orthodoxes du judaïsme, et généralement non reconnus comme Juifs par les communautés juives traditionnelles :

Le judaïsme orthodoxe, structuré autour du Talmud, a codifié le processus de conversion.

Les motifs de l'impétrant doivent être testés afin de refuser les candidats qui souhaitent se convertir par intérêt.

Le candidat doit prouver sa connaissance de la Torah et s'engager à pratiquer toutes les Mitzvot devant un Beth Din.

Après acceptation, le candidat doit être soumis à la Brit milah puis se tremper au Mikvé en présence du tribunal. Il prend alors un nom juif et sera ensuite désigné par ce nom suivi de la mention Ben Avraham Avinou fils de notre patriarche Abraham ») dans le rituel.

De nos jours, le candidat à la conversion doit suivre un programme d'étude du judaïsme et s'intégrer à une synagogue. Le processus prend d'une à plusieurs années en fonction de la « qualité » du candidat et de l'exigence du ou des rabbins qui animent la conversion.

Le converti possède exactement les mêmes devoirs et droits qu'un Juif de naissance, sauf l'interdiction pour une convertie d'épouser un Cohen. La Halakha interdit formellement la discrimination des convertis.

Le judaïsme réformé a fortement assoupli les exigences en matière de conversion, et celles-ci ne sont donc pas reconnues par les orthodoxes. Elles le sont cependant par l'État d'Israël.

Israël autorise deux types de conversions, ayant entraîné de nombreux conflits religieux et politiques.

Les conversions pratiquées à l'étranger sont reconnues comme valables au titre de la loi du retour, quel que soit le rabbin qui les a pratiquées, que celui-ci soit un libéral ou un orthodoxe. Les orthodoxes demandent d'ailleurs depuis longtemps à avoir le monopole des conversions, et ne reconnaissent pas celles des libéraux. Les partis ultra-orthodoxes ont ainsi régulièrement demandé une modification de la loi du retour interdisant de reconnaître comme juifs les personnes converties par des libéraux, une exigence qui a toujours été refusée par l'État, lequel ne veut pas se couper du puissant judaïsme américain, à dominante libérale.

Les conversions pratiquées en Israël sont par contre le monopole des tribunaux religieux du grand rabbinat israélien (orthodoxe), lequel a la réputation, même dans les milieux orthodoxes, d'être d'une extrême sévérité. Le journal Haaretz parle ainsi « d'une perception de longue date que l'establishment rabbinique est l'esclave de la tradition ultra-orthodoxe rendant la conversion difficile [...]. Les conversions elles-mêmes restent dans les mains de tribunaux [religieux] spéciaux, dont les juges sont nommés par le Rabbinat, lequel fixe également les conditions pour la conversion. La plupart des juges sont sous l'influence de l'ultra-orthodoxe Conseil des Sages de la Torah, qui s'oppose aux conversions à grande échelle, et exige que les convertis, ainsi que leurs enfants et leurs familles, adoptent un style de vie religieux »[19].

Depuis les années 2000, les tribunaux religieux du rabbinat israélien ont même refusé de reconnaître les conversions pratiquées à l'étranger par certaines organisations orthodoxes, considérées comme trop souples. C'est le cas du « Rabbinical Council of America (RCA) (la plus grande organisation de rabbins orthodoxes en Amérique du Nord). [...] Ces dernières années, [...] les conseils locaux ont refusé de reconnaître les conversions du RCA, et ont refusé de permettre à ces convertis de se marier en Israël. Cette nouvelle politique a été dictée par [le grand rabbin séfarade Shlomo Amar, qui a également fourni aux conseils une liste limitée de rabbins américains qui étaient les seuls autorisés à effectuer les conversions acceptables »[20]. Le RCA a finalement cédé. En octobre 2007, « l'accord conclu entre le RCA et Amar donne au grand rabbinat israélien le contrôle concret sur le processus de conversion aux États-Unis »[20]. Cet accord ne concerne cependant que le RCA, et pas les autres groupes orthodoxes américains, a fortiori les organisations de réformés. Et l'État d'Israël lui-même ne reprend pas à son compte ces visions très strictes des conversions.

Le problème pour les convertis (orthodoxes ou réformés) acceptés par l'État et refusés par le rabbinat est surtout celui du statut personnel : difficulté pour se marier en Israël, refus d'enterrement dans les cimetières religieux, etc.

Cette perception de la sévérité du rabbinat a mené à des contestations politiques ou religieuses en Israël même.

Sur le plan politique, le gouvernement a régulièrement fait pression, sans grand succès, pour assouplir la position du rabbinat. En effet, « Plus de 300 000 immigrés de l'ex-Union soviétique [...] ne sont pas juifs selon la halakha »[19], même s'ils sont au moins partiellement d'origine juive. Beaucoup veulent se convertir, et leur position est soutenue par le gouvernement, mais freinée par l'opposition très stricte du rabbinat. Le problème concerne aussi les Falash mura, groupe d'Éthiopiens d'origine partiellement ou totalement juive, dont beaucoup vivent en Israël.

Beaucoup de partis sionistes israéliens craignent à terme l'effritement de la majorité juive, et la constitution d'une importante population partiellement juive mais rejetée par le rabbinat, potentiellement en rupture avec l'État. « En dépit de plusieurs décisions du Cabinet appelant à l'établissement d'un processus rapide de conversion pour accélérer l'intégration dans la société israélienne d'immigrés non-juifs, seules 2 000 personnes sont converties chaque année en moyenne [...]. Environ 40 % des immigrés non juifs manifestaient de l'intérêt avant qu'ils aient immigré, alors que, après une période d'un an en Israël, le nombre a chuté à moins de 20 % »[19]. Et moins encore sont effectivement convertis, après un processus pouvant prendre d'une à plusieurs années.

Sur le plan religieux, certains rabbins orthodoxes, en particulier du courant sioniste religieux, envisagent donc d'établir des instances de conversions alternatives[19], plus souples, une option nécessitant cependant une reconnaissance gouvernementale.

Alors que les sionistes religieux sont historiquement très liés au grand rabbinat israéliens, ils s'en sont éloignés au cours des années 1990, au fur et à mesure du rapprochement du grand rabbinat avec les haredim. La création d'instances autonomes de conversion « représenterait une autre étape dans l'éloignement des rabbins sionistes religieux vis-à-vis du Rabbinat, qui feraient suite aux luttes des derniers mois sur le mariage, la cacherout et la shmita »[19].

Livres sur la conversion au judaïsme

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En français, plusieurs ouvrages traitent de la conversion au judaïsme. Le plus récent et complet reprend tout le programme de conversion, c'est-à-dire l’ensemble des connaissances théoriques (Halakha) et questions posées pour la conversion au Consistoire central israélite de France. Il est préfacé par le Grand-rabbin de France Haïm Korsia et par le Grand-rabbin Philippe-Shlomo Assous responsable des conversions. La référence du livre est: Fabrice Lorin, Sur le chemin du judaïsme, conversion au judaïsme, Editions Transmettre, 2023. Ensuite certains traitent de l'aspect sociologique (Liliane Ackermann, Essai sur la conversion, L'Arche du Livre 2006 ; Sébastien Tank-Storper, Juifs d'élection, se convertir au judaïsme, CNRS éditions, Paris 2007) alors que d'autres adoptent un aspect davantage religieux (Binyamin Krief, Conversion, intégration, judéité, l'Arche du Livre 1999 ; Haïm Harboun, Meïr Malka, Sous les ailes de la providence, éditions massoreth). L'ouvrage le plus complet, car traitant des différents aspects de la conversion, aussi bien sur le plan de la pensée juive que de la pratique pour la personne en conversion et celle déjà convertie, est un livre écrit en 2015 aux éditions Lichma : Yona Ghertman, Une identité juive en devenir, la conversion au judaïsme. Un second tome de cet ouvrage est paru en avril 2021 : Yona Ghertman, La conversion au judaïsme, une identité en devenir (édition Lichma). Plusieurs sujets y sont approfondis, permettant ainsi au lecteur ayant lu les deux tomes d'avoir une connaissance très précise des tenants et aboutissants de la conversion. On lira aussi avec intérêt le livre du [Grand-Rabbin Jacques Ouaknin] intitulé "De Génération en génération, être juif", édition Bibliophane- Daniel Radford, qui consacre des chapitres importants sur cette question et qui est conseillé dans la Bibliographie sur la conversion par le Consistoire israélite de France[21].

  • (en) Lawrence Epstein, La théorie et la pratique d’accueillir les convertis au judaïsme[22]


Les conversions de masse au judaïsme à l'Antiquité et au Moyen Âge ont été source de controverse parmi les historiens sionistes. Par exemple, concernant le royaume juif d'Himyar, Heinrich Graetz, Simon Doubnov et Salo Baron ont traité son histoire avec naturalité mais dans les années 1950 Ben-Zion Dinur l'a totalement omis de son histoire du judaïsme et depuis les manuels scolaires en Israël omettent également cet épisode[23].

Dans la fiction

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Des œuvres de fiction traitent de la conversion au judaïsme. C'est notamment le cas du film Le Tango des Rashevski (2003), dans lequel un personnage interprété par Hippolyte Girardot, amoureux d'une Juive, rencontre un rabbin libéral pour se renseigner sur cette conversion.

Dans la série télévisée Sex and the City (derniers épisodes, de 2004), une des quatre héroïnes, Charlotte York, incarnation de la WASP, veut se marier avec un Juif qui a promis à sa mère sur son lit de mort qu'il épouserait une Juive. Pour cela, elle se convertit, non sans quelques péripéties.

Le film français Dieu est grand, je suis toute petite traite également le sujet sur le mode humoristique.

Notes et références

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  1. La Bible dévoilée, page 318.
  2. Deutéronome 7:3.
  3. Deutéronome 21:8.
  4. Deutéronome 21:1.
  5. La compassion de Dieu est sans fin et il veut que chacun soit "rectifié" et racheté. La Rédemption viendra parce que la Communauté d'Israël grandira et que de plus en plus de gens vont la rejoindre au service de Dieu. C'est pourquoi Jacob dit à Siméon et à Lévi: “Que mon âme n'entre pas dans leur conspiration” (Genèse 49: 6) (faisant référence aux rébellions de Korah et de Zimri). Chaque âme qui rejoint la sainte communauté l’améliore, mais la discorde et la rébellion rabaissent la communauté et diminuent ses chances de rédemption (Likoutey Halakhot VI, p. 54-28a). En revanche, la bénédiction que Jacob a donnée à Juda fait allusion aux batailles qu’il mènera pour répandre la sainteté « jusqu’à la venue de Shiloh » (Genèse 49: 10) - pour Les enseignements de Juda feront en sorte que ceux qui sont éloignés de Dieu s’approchent, même les convertis (Likutey Halakhot VI, p. 29a-58)
  6. Sand 2010, p.304
  7. 1 2 3 Sand 2010, pp.318-322
  8. Dion Cassius, Histoire romaine, Livre trente-septième.
  9. Sand 2010, p.335
  10. Sand 2010, pp.316-318
  11. Catherine Saliou, Le Proche-Orient : De Pompée à Muhammad, Ier s. av. J.-C. - VIIe s. apr. J.-C., Paris/impr. en République tchèque, Belin, coll. « Mondes anciens », , 608 p. (ISBN 978-2-7011-9286-4, présentation en ligne), chap. 1 (« Territoires, guerre et politique »), p. 69-71.
  12. Sand 2010, pp.367-375
  13. (en) Peter B. Golden, « The Conversion of the Khazars to Judaism », dans Peter B. Golden, Haggai Ben-Shammai et András Róna-Tas, The World of the Khazars: New Perspectives, BRILL, coll. « Handbook of Oriental Studies », vol. 17, , p. 123-161 (ISBN 978-90-04-16042-2, lire en ligne)
  14. 1 2 3 Gérard Nahon, « Khazars », sur Encyclopédie Universalis
  15. (en) Mark Whittow, The Making of Byzantium, 600-1025, University of California Press, , 477 p. (ISBN 978-0-520-20497-3, lire en ligne), p. 227
  16. Gérard Nahon, Dictionnaire du Judaïsme, article Khazars, Universalis, (lire en ligne)
  17. (en) Ibn Faldân, Ibn Fadlan and the Land of Darkness: Arab Travellers in the Far North, Penguin Classics (ISBN 978-0-140-45507-6), note 39 page 235
  18. Horowitz Elliott, (trad. Rozenbaumas Isabelle), « Visages du judaïsme : de la barbe en monde juif et de l'élaboration de ses significations ». In: Annales. Histoire, Sciences Sociales. 49e année, N. 5, 1994. pp. 1065-1090
  19. 1 2 3 4 5 Anshel Pfeffer, « Zionist rabbis agree to serve on independent conversion courts », Haaretz du 18/10/2007.
  20. 1 2 Anshel Pfeffer, « Chief rabbi to demand stricter conversions during U.S. visit », Haaretz du 18/10/2007.
  21. « Conversion », sur consistoire.org (consulté le ).
  22. (en-US) Admin |, « The Theory and Practice of Welcoming Converts to Judaism: Jewish Universalism », sur Lawrence J. Epstein, (consulté le )
  23. Sand 2010, pp.376-377

Bibliographie

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  • (en) Gary Porton, « Book Review, Moshe Lavee, The Rabbinic Conversion of Judaism: The Unique Perspective of the Bavli on Conversion and the Conversion of Jewish Identity », The Review of Rabbinic Judaism, vol. 21, , p. 281-284 (lire en ligne, consulté le )
  • Shlomo Sand, Comment le peuple juif fut inventé, Paris, Flammarion, (ISBN 978-2-08-122882-5)

Articles connexes

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Liens externes

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