Chaïm Perelman

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Chaïm Perelman
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Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 71 ans)
BruxellesVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalités
Formation
Activités
Conjoint
Félicie Perelman (à partir de )Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
A travaillé pour
Université de Liège, université libre de Bruxelles (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Membre de
Académie des sciences de Heidelberg (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Influencé par
Distinctions
Prix Francqui ()
Docteur honoris causa de l'université hébraïque de Jérusalem (d) ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Œuvres réputées

Chaïm Perelman, né le 20 mai 1912 à Varsovie et mort le 22 janvier 1984 à Bruxelles, est un philosophe et théoricien du droit belge. Il est considéré comme le fondateur de la « Nouvelle Rhétorique » et comme un des chefs de file de l'École de Bruxelles.

Biographie[modifier | modifier le code]

Chaïm Perelman est né à Varsovie en 1912. Il émigre en Belgique en 1925. Il épouse à Bruxelles, le , Félicie Liwer. À l'automne 1942, il participe, avec son épouse, à la mise sur pied, à Bruxelles, du Comité de défense des Juifs (CDJ) au côté de Hertz et Yvonne Jospa. Chaïm Perelman s'occupe des adultes juifs et de la diffusion de journaux clandestins, Fela Perelman prend part quant à elle aux activités de la section jeunesse du CDJ qui sauva plus de 3 000 enfants juifs. Un bosquet de dix arbres a été planté en leur honneur en Israël, à Neveh-Ilan, dans le site forestier des Juifs de Belgique[1]. Le roi Baudouin a anobli Chaïm Perelman en 1983 : il l'a élevé à la dignité de baron en reconnaissance de ses nombreux mérites scientifiques[réf. souhaitée].

Il est professeur à l’université libre de Bruxelles jusqu'en 1978. Professeur de logique, de morale et de métaphysique, ses recherches s’inscrivent à la fois dans le domaine du droit, et de la rhétorique de l’argumentation.

Sa principale influence est le philosophe belge Eugène Dupréel, son prédécesseur à l’université libre de Bruxelles. Dupréel est à l'origine de plusieurs idées importantes dans la théorie de l’argumentation de Perelman, notamment la théorie des notions confuses, la notion de raisonnable (opposée à l'idéal de rationalité) et une certaine approche sociologique du droit et de la connaissance.

L’ouvrage le plus célèbre de Perelman est son Traité de l'argumentation (réédité en poche aux Éditions de l'Université de Bruxelles, 2009), écrit en collaboration avec Lucie Olbrechts-Tyteca. Perelman renoue avec la rhétorique aristotélicienne et propose de lui rendre sa légitimité philosophique en passant outre la condamnation de Platon (qui associait l’art de persuader à la sophistique et à la manipulation).

Ce retour de la rhétorique argumentative coïncide avec le renouveau de l'intérêt pour les figures ou tropes, qui suscite la naissance d'une "nouvelle rhétorique" des figures, dans le cadre du développement de la poétique et de la sémiotique (Barthes, Todorov, Groupe µ…).

Si la nouvelle rhétorique perelmanienne ne s’impose vraiment qu’à partir de la fin des années 1970, les travaux de Perelman comptent parmi les plus novateurs du champ philosophique de l’époque. De nombreux chercheurs venant de disciplines aussi diverses que la philosophie ou le droit se revendiquent encore aujourd’hui des théories de l’argumentation de Perelman : le philosophe Michel Meyer qui, contrairement à Perelman qui focalisait la rhétorique essentiellement sur le logos (discours), replace au même niveau le pathos, le logos et l'ethos dans le cadre de la rhétorique ; le linguiste Christian Plantin ou les études littéraires de Ruth Amossy. L'éthicien Georges A. Legault a aussi été influencé par les travaux de Chaïm Perelman, portant notamment sur la nouvelle rhétorique et l'impasse des philosophies fondationnelles[2].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Rhétorique et philosophie, avec Lucie Olbrechts-Tyteca, Paris, Presses Universitaires de France, 1952.
  • Traité de l'argumentation, la nouvelle rhétorique, avec Lucie Olbrechts-Tyteca, Bruxelles, Éditions de l'Université de Bruxelles, 2009.
  • Justice et raison, Bruxelles, Éditions de l'Université de Bruxelles, 1963
  • Droit, morale et philosophie, Paris, Librairie Générale de Droit et de Jurisprudence, 1968.
  • Le Champ de l'argumentation, Bruxelles, Éditions de l'Université de Bruxelles, 1969.
  • Logique juridique, Paris, Dalloz, 1976.
  • L'Empire rhétorique, Paris, Vrin, 1977.
  • Le Raisonnable et le déraisonnable en droit, Paris, Librairie Générale de Droit et de Jurisprudence, 1984.
  • Éthique et droit, Éditions de l'Université de Bruxelles, 1990
  • Modernité du libre examen, (avec Jean Stengers), Bruxelles, Éditions de l'Université de Bruxelles, 2009

Références[modifier | modifier le code]

  1. Michel Bailly « Hommage en Israël à Fela Perelman » Le Soir, lundi 18 mai 1992, p. 12
  2. Létourneau. Alain. & Moreault. Francis. (2006). Trois écoles québécoises d'éthique appliquée. Paris: L'Harmattan. p. 32

Liens externes[modifier | modifier le code]