Grand maître international

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Le titre de grand maître international (GMI), créé à partir de 1950, est utilisé aussi bien au jeu d'échecs qu'au jeu de dames ou plus récemment au xiangqi pour récompenser la performance d'un joueur de haut niveau, après avoir réussi un certain nombre d'épreuves codifiées (généralement, l'accomplissement d'une norme et d'une performance Elo), ou lors d'un succès dans un tournoi important (si non titré auparavant). Il est supérieur au titre de maître international. Certains titres de grand maître sont aussi accordés de manière honorifique (« grands maîtres honoraires »).

Il existe différents titres de grand maître international :

Aux échecs :

  • Grand maître international (ou « grand maître du jeu d'échecs ») mixte (GMI) ou féminin (GMF), titre décerné par la FIDE d'après les résultats dans les compétitions à cadence classique et détaillé dans cet article.

Le terme de « grand maître international du jeu d'échecs » regroupe également les titres de :

Aux dames :

Grand maître du jeu d’échecs[modifier | modifier le code]

Grand maître international (GMI)[modifier | modifier le code]

Le titre de grand maître international du jeu d’échecs a été créé en 1950. Il est décerné aux maîtres d’échecs de classe mondiale par la Fédération internationale des échecs (FIDE). À part le titre de « champion du monde », « grand maître » est le plus haut titre qu’un joueur d’échecs puisse obtenir.

Le titre est décerné à vie. L'abréviation officielle de la FIDE est « GM », mais on trouve également dans la littérature échiquéenne l’abréviation « GMI ». La FIDE décerne également les titres de « MF » et « MI » qui signifient Maître FIDE et maître international.

Les titres de GM, MI, et MF sont ouverts aux hommes et aux femmes. Des titres séparés pour les femmes, « GMF » (grand maître féminin), « MIF » (maître féminin) et « MFF » (maître FIDE féminin) sont également décernés.

Grand maître féminin (GMF)[modifier | modifier le code]

Le titre de « grand maître féminin » (GMF) a été créé en 1976. Il représente un niveau inférieur à celui de « grand maître international » (mixte). En , il y avait 1229 « grands maîtres internationaux » (GMI) dont 24 femmes, et 254 « grands maîtres féminins » (GMF). En 1991, Susan Polgar devint la première femme à obtenir le titre de GMI dans les mêmes conditions que les hommes (auparavant, Nona Gaprindashvili en 1978 et Maia Tchibourdanidzé en 1984 avaient déjà obtenu ce titre de grand maître avant elle en tant que championnes du monde), et aujourd’hui la plupart des meilleures joueuses mondiales ont le titre de GMI (parmi les joueuses ayant atteint un classement Elo de plus de 2 530 points, seulement deux joueuses n'ont pas le titre mixte de grand maître international : Alisa Galliamova et Anna Zatonskih).

La plupart des joueuses qui ont le titre de « maître international » (mixte) ont aussi le titre de grand maître féminin. Concernant le jeu d'échecs, sur la plupart des listes de joueurs dont celle de la FIDE et d'organisateurs de tournois, la mention « g » (grand maître international) ou « wg » (grand maître international féminin : « w » pour « woman ») figure respectivement en regard du nom du joueur ou de la joueuse.

Statistiques[modifier | modifier le code]

Nombre de joueurs recevant le titre de grand maître international par année de 1950 à 2011.
Nombre cumulé de joueurs ayant reçu le titre de grand maître international de 1950 à 2011.

En 1972, il y avait seulement 88 grands maîtres internationaux dont 33 soviétiques. En , ils étaient 1 235. L'augmentation est due d'une part à la facilité de voyager, qui permet de participer plus facilement à des tournois à normes, et d'autre part à l'inflation du classement Elo. Le titre de GM garde un prestige certain, car il représente un très haut niveau de performance. Le niveau MI correspond aux 0,06 % des meilleurs joueurs du monde. Un GMI est parmi les 0,02 %[2].

Obtention du titre[modifier | modifier le code]

Les critères d'obtention du titre ont varié dans le temps. Aujourd'hui, la FIDE impose la réalisation d'au moins deux normes avec un minimum de 27 parties[3] (en général, trois normes sont nécessaires pour arriver aux 27 parties). Sauf exceptions, les normes sont réalisées dans des tournois d'au moins neuf rondes. Pour réaliser une norme, le joueur doit réaliser une performance Elo de 2601 ou plus, affronter des joueurs appartenant à au moins deux fédérations différentes de la sienne, trois d'entre eux doivent déjà être grands maîtres et la moitié doit disposer d'un titre FIDE. Une condition supplémentaire est que le joueur atteigne un classement Elo de 2500.

Bien que cela soit plus rare, il est aussi possible d'obtenir le titre avec un seul résultat, par exemple :

Histoire[modifier | modifier le code]

L'expression « grand-maître » fut utilisée pour la première fois en 1838[4]. Toutefois, il n'était pas encore question de classer les joueurs entre eux[5].

Ostende 1907 : premier « tournoi de grands maîtres »[modifier | modifier le code]

La première utilisation du terme de « grand maître » dans un tournoi d'échecs eut lieu en 1907, lors du tournoi d'Ostende[6]. Le tournoi était divisé en différentes sections :

  • plusieurs tournois pour amateurs,
  • un « tournoi de maîtres », avec trente participants, remporté par Ossip Bernstein et Akiba Rubinstein,
  • et le « tournoi de grands maîtres » (Großmeister en allemand).

Le tournoi de grand maîtres était un tournoi à quatre tours.

Selon Ossip Bernstein, le tournoi de grands maîtres était réservé aux joueurs qui avaient remporté plusieurs tournois internationaux[7] :

  • Siegbert Tarrasch, vainqueur avec 12,5 points sur 20, avait remporté les tournois de Breslau 1889, Nuremberg 1890, Dresde 1892, Leipzig 1894, Vienne 1898 et Monte Carlo 1903 ;
  • Carl Schlechter, deuxième à un demi-point de Tarrasch, 12 / 20, vainqueur de Vienne 1897 et 1904 ainsi que d'Ostende 1906 ;
  • David Janowski, 3e-4e avec 11,5 / 20, avait remporté auparavant Monte Carlo 1901, Hanovre 1902 et Barmen 1905 ;
  • Frank Marshall, 3e-4e avec 11,5 / 20, avait remporté les tournois de Cambridge Springs 1904 et de Nuremberg 1906 ;
  • Amos Burn (58 ans) : 8 / 20, avait gagné à Londres 1887, Amsterdam 1889 et Cologne 1898 ;
  • Mikhaïl Tchigorine (56 ans) : 4,5 / 20 ; Tchigorine avait remporté les tournois de New York 1889 et Budapest 1896.

Distinction entre « grands maîtres » et « simples maîtres » (1925)[modifier | modifier le code]

De gauche à droite : Lasker (assis à gauche), Alekhine, Capablanca, Marshall et Tarrasch (assis à droite), les cinq finalistes du tournoi de Saint-Pétersbourg.

En 1925, Eugène Znosko-Borovsky écrivait dans un article de la revue belge L'Échiquier[8],[9] :

« En vérité, les seuls joueurs que nous devrions considérer comme des grands maîtres sont Capablanca, Alekhine, Lasker, peut-être Marshall (si nous souhaitons oublier ses mésaventures dans les matchs) et, en tenant compte de leurs anciens succès, Tarrasch et Rubinstein. Tous les autres devraient être regardés comme de simples maîtres. »

La légende du tournoi de Saint-Pétersbourg[modifier | modifier le code]

Selon Frank Marshall[10], le titre de « grand maître » aurait été décerné pour la première fois en 1914 par le tsar Nicolas II, qui aurait récompensé les cinq finalistes du tournoi de Saint-Pétersbourg, qu'il avait personnellement financé. Les récipiendaires en auraient été : Emanuel Lasker (vainqueur du tournoi), José Raúl Capablanca, Alexandre Alekhine, Siegbert Tarrasch et Frank Marshall.

Cependant l'historien des échecs Edward Winter a montré que la référence la plus ancienne à cette anecdote est dans un article publié aux États-Unis en 1940[11]. Aucune trace antérieure n'a pu être trouvée.

Les premiers grands maîtres internationaux (1950)[modifier | modifier le code]

La fédération soviétique des échecs avait créé le titre de grand maître soviétique dans les années 1930. En 1950, la FIDE créa le titre de « grand maître international » et l'octroya à 27 joueurs.

Sur les 27 titulaires, 11 étaient soviétiques, dont un seul né avant 1900 :

Les dix autres soviétiques avaient moins de quarante-cinq ans :

Une bonne partie des grands maîtres occidentaux étaient en fin de carrière :

Seuls six des grands maîtres non soviétiques de 1950 étaient nés après 1900 :

  • Max Euwe (Pays-Bas, né en 1901, champion du monde de 1935 à 1937),
  • Gideon Ståhlberg (Suède, né en 1908),
  • Miguel Najdorf (né en Pologne dans l'Empire russe en 1910, naturalisé argentin),
  • Samuel Reshevsky (né en Pologne en 1911, naturalisé américain),
  • Reuben Fine (États-Unis, né en 1914), seul joueur né en dehors de l'Europe, il cessa de participer à des tournois après 1951[12],
  • László Szabó (Hongrie, né en 1917).

Les trois plus jeunes grands maîtres de 1950, Bronstein (né en 1924), Smyslov (né en 1921) et Boleslavski (né en 1919), étaient soviétiques.

Efim Bogolioubov (Allemagne, né dans l'Empire russe en 1889) ne reçut le titre qu'en 1951 car, en 1950, la fédération allemande n'avait pas encore rejoint la fédération internationale. Il mourut l'année suivante, en 1952.

Années 1950 et 1960[modifier | modifier le code]

De 1950 à 1969, la Fédération internationale décerna le titre à 101 joueurs (27 en 1950 ; 38 de 1951 à 1960 et 36 de 1961 à 1969)[13] :

Année Nombre Grands maîtres internationaux
1950 27 Seize occidentaux et onze soviétiques (voir plus haut).
1951 2 Efim Bogoljubov (RFA, 1889-1952) et Svetozar Gligorić (Yougoslavie, 28 ans).
1952 6 Youri Averbakh, Efim Geller, Mark Taïmanov (URSS), Tigran Petrossian (URSS, 23 ans),
Erich Eliskases (Argentine, né en Autriche) et Herman Pilnik (Argentine)
1953 4 Nicolas Rossolimo (français à l'époque, installé aux États-Unis)
Vasja Pirc, Petar Trifunović (Yougoslavie) et Aleksandr Tolouch (URSS).
1954 5 Gedeon Barcza (Hongrie), Isaac Kashdan (États-Unis),
Ludek Pachman (Tchécoslovaquie), Gösta Stoltz (Suède) et Wolfgang Unzicker (RFA).
1955 5 Oscar Panno (Argentine), Borislav Ivkov et Aleksandar Matanović (Yougoslavie),
Miroslav Filip (Tchécoslovaquie) et Boris Spassky (URSS, 18 ans).
1956 3 Viktor Kortchnoï (URSS), Bent Larsen (Danemark, 21 ans) et Albéric O'Kelly (Belgique).
1957 3 Mikhaïl Tal (URSS, 21 ans), Arthur Bisguier et Larry Evans (États-Unis)
1958 3 Pal Benko (Hongrie, réfugié politique aux États-Unis),
Bobby Fischer (États-Unis, quinze ans et demi) et Friðrik Ólafsson (Islande)[14]
1959 3 Johannes Donner (Pays-Bas), Lothar Schmid (RFA) et Wolfgang Uhlmann (RDA)
1960 4 Ratmir Kholmov (URSS), William Lombardy (États-Unis),
Carlos Guimard et Héctor Rossetto (Argentine)
1961 4 Ievgueni Vassioukov (URSS), Lajos Portisch (Hongrie),
Karl Robatsch (Autriche) et Milko Bobotsov (Bulgarie)
1962 6 Vladimir Simaguine, Lev Polougaïevski, Leonid Stein (URSS)
István Bilek (Hongrie), Arturo Pomar (Espagne), Mijo Udovčić (Yougoslavie)
1963 2 Bruno Parma (Yougoslavie, 21 ans) et Georgi Tringov (Bulgarie)
1964 8 Vladimir Antochine[15] et Nikolaï Kroguious (URSS),
Robert Byrne (États-Unis), Mato Damjanović (Yougoslavie), Klaus Darga (RFA),
Levente Lengyel (Hongrie), Nikola Padevsky (Bulgarie) et Daniel Yanofsky (Canada)
1965 10
(ou 7[16])
Vladimir Liberzon[16], Leonid Chamkovitch et Alekseï Souétine (URSS),
Dragoljub Čirić, Dragoljub Janošević et Milan Matulović (Yougoslavie)
Florin Gheorghiu (Roumanie, 21 ans), Vlastimil Hort (Hongrie, 21 ans),
Lubomir Kavalek[16] (Tchécoslovaquie) et Wolfgang Pietzsch[16] (RDA)
1966 1[16] Semion Fourman (URSS)
1967 4 Aïvars Gipslis, Edouard Goufeld, Aleksandr Zaïtsev (URSS)
et László Bárczay (Hongrie)
1968 1 Anatoli Lein (URSS)
1969 0
1970 3 Walter Browne (Australie, 21 ans, installé aux États-Unis),
Buchuti Gourguenidzé (URSS) et Anatoli Karpov (URSS, 19 ans)
1971 3 Robert Hübner (RFA), Ljubomir Ljubojevic (Yougoslavie)
et Rafael Vaganian (URSS, 20 ans)
1972 6 Ulf Andersson (Suède), Henrique Mecking (Brésil, 20 ans), Albin Planinc (Yougoslavie),
Ivan Radulov (Bulgarie), Jan Smejkal (Tchécoslovaquie) et Vladimir Toukmakov (URSS)
1973 10 Andras Adorjan, Istvan Csom et Zoltan Ribli (Hongrie),
Iouri Balachov, Guennadi Kouzmine et Vladimir Savon (URSS),
Duncan Suttles (Canada), Miguel Quinteros (Argentine)
Dragoljub Velimirović (Yougoslavie), Hans-Joachim Hecht (RFA)
1974 9 Jesús Díez del Corral (Espagne), Gyözö Forintos et Gyula Sax (Hongrie),
Vlastimil Jansa (Tchécoslovaquie), Bojan Kurajica (Yougoslavie), Anatoli Loutikov (URSS),
Sergio Mariotti (Italie), Jan Timman (Pays-Bas), Eugenio Torre (Philippines),

Grands maîtres honoraires (1977 à 2003)[modifier | modifier le code]

Le titre de « grand maître honoraire » (GMH) a été créé en 1977 par la Fédération internationale. Le titre a été décerné de 1977 à 2003 par la FIDE à trente joueurs choisis par une commission de sélection. Les joueurs sélectionnés avaient tous, à l'exception de Elmārs Zemgalis, déjà reçu le titre de maître international.

Les premiers joueurs honorés ont été :

Grands maîtres de première force[modifier | modifier le code]

Nombre de GMI par tranche de 10 points Elo (juillet 2009).

Un très fort joueur, dont le classement Elo dépasse 2 700 points, est parfois appelé « super GMI » ou « super grand maître », notamment dans les médias, bien que ce titre ne soit pas officiel.

Depuis 1970, année où la FIDE a adopté le classement Elo, plus de 100 joueurs ont atteint ou dépassé 2 700, le premier étant Bobby Fischer en 1971. On observe depuis 2008 une forte augmentation du nombre de joueurs au-dessus de 2 700.

Dans la liste FIDE du , il y avait 42 joueurs actifs de 2700 Elo ou plus. En , ils étaient 51 joueurs actifs.

Elo 2 800 et plus[modifier | modifier le code]

En 2018, seuls treize joueurs ont atteint un classement Elo supérieur à 2 800. Garry Kasparov a été le premier (en ). Magnus Carlsen est le plus jeune joueur de l'histoire à atteindre 2 800 Elo (à l'âge de 18 ans et 11 mois en ). L'ancien record appartenait à Vladimir Kramnik, âgé en de 25 ans et 9 mois. En , pour la première fois de l'histoire, quatre joueurs en activité avaient 2 800 ou plus : Viswanathan Anand, Kramnik, Veselin Topalov et Carlsen. Ils étaient cinq joueurs en activité à avoir atteint ce niveau en décembre avec Levon Aronian.

Joueurs ayant atteint un classement Elo de 2 800 points
Rang et Elo maximum
(record)
Nom Fédérations Né en GM en 2700
en
2 800
en
Date du
meilleur Elo
1 2 882 Magnus Carlsen Drapeau de la Norvège Norvège 1990.12 2004 2007 2009 mai 2014
2 2 851 Garry Kasparov Drapeau de la Russie Russie 1963.03 1980 1984 1990
(Inactif depuis 2005)
3 2 844 Fabiano Caruana Drapeau des États-Unis États-Unis
et Italie
1992.07 2007 2010 2014.08 octobre 2014
4 2 830 Levon Aronian Drapeau de l'Arménie Arménie
et Allemagne[17],[18]
1982.10 2000 2005 2010 mars 2014
5 2 822 Wesley So Drapeau des États-Unis États-Unis
et Philippines
1993.10 2008 2013 2017.01 février 2017
6 2 820 Shakhriyar Mamedyarov Drapeau de l'Azerbaïdjan Azerbaïdjan 1985.04 2002 2006 2017.06 septembre 2018
7 2 819 Maxime Vachier-Lagrave Drapeau de la France France 1990.10 2005 2008 2016 août 2016
8-9 2 817 Viswanathan Anand Drapeau de l'Inde Inde 1969.12 1988 1993 2006.04 mars 2011
8-9 2 817 Vladimir Kramnik Drapeau de la Russie Russie 1975.06 1992 1993 2001 octobre 2016
(inactif depuis 2020)
10-12 2 816 Veselin Topalov Drapeau de la Bulgarie Bulgarie 1975.03 1992 1996 2006.01 juillet 2015
10-12 2 816 Hikaru Nakamura Drapeau des États-Unis États-Unis 1987.12 2003 2008 2015 octobre 2015
10-12 2 816 Ding Liren Drapeau de la République populaire de Chine Chine 1992.10 2009 2012 2018.09 novembre 2018
13 2 810 Aleksandr Grichtchouk Drapeau de la Russie Russie 1983.10 1999 2002 2014.10 décembre 2014

Elo de 2 775 à 2 799[modifier | modifier le code]

La table suivante donne la liste des joueurs ayant atteint ou dépassé un classement Elo de 2 775 points au cours de leur carrière (liste actualisée en ). La fédération indiquée en premier est la dernière fédération à laquelle le joueur est affilié et est suivie des anciennes fédérations pour lesquelles il a joué dans les compétitions internationales. Pour les très nombreux joueurs issus de l'URSS, la fédération soviétique (jusqu'en 1991) n'a pas été indiquée.

Joueurs ayant atteint un classement Elo de 2 775 points
Rang et Elo maximum
(record)
Nom Fédérations Né en GM en 2 700
en
Date du
meilleur Elo
Notes
14 2 798 Anish Giri Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas 1994.06 2009 2011 octobre 2015
15 2 793 Teimour Radjabov Drapeau de l'Azerbaïdjan Azerbaïdjan 1987.03 2001 2005 novembre 2012
16-17 2 788 Aleksandr Morozevitch Drapeau de la Russie Russie 1977.07 1993 1999 juillet 2008
16-17 2 788 Sergueï Kariakine Drapeau de la Russie Russie et Ukraine 1990.01 2003[19] 2008 juillet 2011
18 2 787 Vassili Ivantchouk Drapeau de l'Ukraine Ukraine 1969.03 1988 1991 octobre 2007
19 2 785 Bobby Fischer Drapeau des États-Unis États-Unis 1943.03 1958 1971 († 2008.01)
20 2 784 Ian Nepomniachtchi Drapeau de la Russie Russie 1990.07 2007 2010 avril 2020
21 2 780 Anatoli Karpov Drapeau de la Russie Russie 1951.05 1970 1974
22 2 777 Boris Guelfand Drapeau d’Israël Israël et Biélorussie 1968.06 1989 1991 novembre 2013

Elo de 2 700 à 2774[modifier | modifier le code]

Grands maîtres les plus précoces[modifier | modifier le code]

Le plus jeune grand maître lors de la création du titre en 1950 était David Bronstein (à 26 ans). En 1952, Tigran Petrossian lui succéda à 23 ans. En 1955, Boris Spassky devint le plus jeune grand maître international à 18 ans. Il fut dépassé par Bobby Fischer qui obtint le titre trois ans plus tard, en 1958 (à quinze ans et demi). Jusqu'en 1980, Spassky et Fischer étaient les seuls grands maîtres à avoir obtenu le titre avant leurs dix-neuf ans (Garry Kasparov devint grand maître en 1980, à 17 ans). Le record de Fischer ne fut battu qu'en 1991 par Judit Polgár, à quinze ans et quatre mois. Depuis ce record a été plusieurs fois battu jusqu'à se trouver fixé depuis 2002 par celui de Sergueï Kariakine. Ce dernier, Javokhir Sindarov et Rameshbabu Praggnanandhaa sont, en , les seuls joueurs ayant eu le titre avant l'âge de 13 ans (moment où ils ont obtenu leur troisième norme avec un classement Elo de 2 500 points).

Le tableau ci-dessous cite les joueurs ayant réalisé un record de précocité. La date d'obtention de la dernière norme de grand maître est en général différente de celle où la Fédération internationale des échecs valide et décerne officiellement le titre de grand maître au joueur. Par exemple Sergueï Kariakine a obtenu sa dernière norme de grand maître en , mais le titre ne lui a été décerné officiellement qu'en 2003. Le pays indiqué désigne la fédération que le joueur représentait quand il a obtenu le titre (Kariakine a pris la nationalité russe en et représente depuis cette date la Russie).

Joueurs ayant détenu le record de précocité pour l'obtention du titre de grand maître international depuis sa création en 1950
Année Joueur Fédération Né en Dernière
norme de
GMI en
Âge
1950 David Bronstein Drapeau de l'URSS Union soviétique 1924 1950 26 ans
1952 Tigran Petrossian Drapeau de l'URSS Union soviétique 1929 1952 23 ans
1955 Boris Spassky Drapeau de l'URSS Union soviétique 1937 1955 18 ans
1958 Bobby Fischer Drapeau des États-Unis États-Unis 1943 1958 15 ans, 6 mois
1991 Judit Polgár Drapeau de la Hongrie Hongrie 1976 1991 15 ans, 4 mois, 28 jours
1994 Péter Lékó Drapeau de la Hongrie Hongrie 1979 1994 14 ans, 4 mois, 22 jours
1997 Étienne Bacrot Drapeau de la France France 1983.01 1997.03 14 ans, 2 mois
1997 Ruslan Ponomariov Drapeau de l'Ukraine Ukraine 1983.10 1997.10 14 ans, 0 mois, 17 jours
1999 Bu Xiangzhi Drapeau de la République populaire de Chine Chine 1985 1999 13 ans, 10 mois, 13 jours
2002 Sergueï Kariakine Drapeau de l'Ukraine Ukraine (en 2002) 1990.01 2002.08 12 ans, 7 mois

Femmes ayant obtenu le titre de grand maître international (mixte)[modifier | modifier le code]

Au , trente-sept femmes ont le titre grand maître international (à ne pas confondre avec celui, réservé aux femmes, de GMF) décerné par la Fédération internationale[20]. Neuf d'entre elles sont inactives en parties classiques (Maia Tchibourdanidzé, Viktorija Čmilytė, Humpy Koneru, Nadejda Kosintseva, Tatiana Kosintseva, Judit Polgár, Susan Polgar, Xie Jun et Xu Yuhua)[20]. Aleksandra Goriatchkina, née en 1998, est la plus jeune femme grand maître international. Nino Batsiachvili et Aleksandra Goriatchkina sont les dernières à avoir obtenu le titre (en 2018)[20].

Voici les femmes ayant été les plus jeunes à détenir le titre de GMI :

Joueuse Nationalité GMI en Âge
(dernière
norme)
Née en
Nona Gaprindashvili Drapeau de l'URSS Union soviétique 1978
(2e norme obtenue en 1977)
37 ans 1941
Maia Tchibourdanidzé Drapeau de l'URSS Union soviétique 1984
(championne du monde)
23 ans 1961
Susan Polgar Drapeau de la Hongrie Hongrie 1991 (janvier) 21 ans 1969.04
Judit Polgár Drapeau de la Hongrie Hongrie 1992 (dernière norme
réalisée en )
15 ans et 5 mois 1976.07
Humpy Koneru Drapeau de l'Inde Inde 2002 15 ans et 1 mois 1987
Hou Yifan[21] Drapeau de la République populaire de Chine Chine 2008 14 ans et 6 mois 1994

Susan Polgar, née le , a obtenu le titre de GMI en (à moins de 22 ans). Elle fut la première à obtenir le titre en réalisant trois normes de grand maître. La championne du monde Gaprindashvili avait obtenu son titre après avoir réalisé deux normes en 1977 et Tchibourdanidzé avait obtenu le titre par décision de la FIDE du fait de son titre de championne du monde. Sa sœur Judit Polgár, née le , obtint le titre à quinze ans et cinq mois en . Judit Polgár battit le record de précocité détenu pendant 33 ans par Bobby Fischer (grand maître à quinze ans et six mois). Elle détient le record féminin de 2735 Elo obtenu en . Sa sœur Zsófia Polgár a le titre de MI (maître international) et celui de GMF (grand maître féminin). Les trois sœurs sont les filles de László Polgár (et de Clara) qui s'est principalement intéressé à la formation des jeunes enfants, croyant que « le génie est acquis, pas inné ».

La Chinoise Xie Jun (née en ) a remporté le championnat du monde féminin en 1991, à 20 ans, ce qui lui donnait droit au titre de Grand maître international (mixte) mais son titre ne lui fut effectivement décerné qu'en 1994, après son deuxième match de championnat du monde de 1993 contre Nana Iosseliani[22].

La première (et seule) joueuse française à obtenir le titre de GMI est Marie Sebag en 2008.

Grands maîtres internationaux français[modifier | modifier le code]

Au , la Fédération internationale des échecs compte 50 grands maîtres affiliés à la Fédération française des échecs[23],[24],[25].

Six grands maîtres français, Joël Lautier, Vladislav Tkachiev, Igor-Alexandre Nataf, Bachar Kouatly, Vladimir Lazarev et François Fargère, ne sont plus en activité (ils n'ont disputé aucune partie officielle depuis plus de douze mois)[24]. La Fédération française des échecs présente sur son site une liste incomplète de 46 grands maîtres internationaux[26].

Les premiers grands maîtres internationaux qui ont joué pour la France étaient d'origine russe ou polonaise (Ossip Bernstein, Nicolas Rossolimo, Xavier Tartakover et Boris Spassky). En 1989, le premier Français à devenir grand maître fut Bachar Kouatly. La première (et seule) Française à recevoir le titre (mixte) est Marie Sebag.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Nicolas Giffard et Alain Biénabe, Le Nouveau Guide des échecs. Traité complet, Paris, Robert Laffont, coll. « Bouquins », , 1710 p. (ISBN 978-2-221-11013-3), p. 1645.
  2. Le nombre de joueurs affiliés est estimé à 5 000 000, il y a 1 235 GM et 2 876 MI dans la liste FIDE en mars 2010.
  3. a et b (en) FIDE Handbook B.1, (en)Requirements for the titles designated in 0.31.
  4. Jérôme Maufras, Que sais-je ? n° 1592, Le jeu d'échecs, 2005, ISBN 9-782130-543862, page 22.
  5. Jérôme Maufras, op. cité, page 22.
  6. (en) David Hooper et Kenneth Whyld, The Oxford Companion to Chess, 2, (ISBN 0-19-866164-9).
  7. Anne Sunnucks, The Encyclopaedia of Chess, second edition, Robert Hale, 1976.
  8. Edward Winter, A Chess Omnibus, p. 177.
  9. Georges Bertola, « 1925 : du titre de grand maître à l'échiquier de Lancel » in Europe échecs n°621, mai 2012.
  10. En 1942, Frank Marshall écrivit dans ses mémoires My Fifty Years of Chess : « C'est dans ce tournoi que le Tsar de Russie conféra aux cinq finalistes le titre Grand maître des échecs. ».
  11. D'après l'historien des échecs Edward Winter, la source la plus ancienne est un article de juin 1940, écrit par Lewis Taylor dans The New Yorker. Edward Winter, Kings, Commoners and Knaves, pp. 315-316 ; A Chess Omnibus, pp. 177-178.
  12. Garry Kasparov, My Great Predecessors, part IV, Everyman Chess, 2004, p. 48.
  13. Les dates sont données suivant la source : (en) Anne Sunnucks, The encyclopedia of chess, London, Hale, , 2e éd. (ISBN 9780709110309), p. 223-224. Note : la date donnée peut différer de celle du congrès où la Fédération internationale a confirmé l'attribution du titre de grand maître. .
  14. Lors du tournoi interzonal de 1958, Benko, Fischer et Olafsson s'étaient qualifiés pour le tournoi des candidats de 1959.
  15. Certaines sources dont (en) David Hooper et Kenneth Whyld, The Oxford Companion to Chess, Oxford University Press, , 2e éd. (ISBN 0-19-866164-9), p. 18 donnent 1963 comme date d'attribution du titre de grand maître à Vladimir Antochine.
  16. a b c d et e Selon certaines sources, le titre de grand maître international de Lubomir Kavalek, Vladimir Liberzon et Wolfgang Pietzsch aurait été décerné lors du congrès de la FIDE à La Havane en 1966.
  17. Transfers in 2003
  18. Transfers in 2004.
  19. (en) Fiche de Kariakine sur le site de la Fédération internationale des échecs.
  20. a b et c Liste des femmes grand maître international classées alphabétiquement sur le site de la FIDE, ratings.fide.com.
  21. WWCC - Nalchik 2008 - and now there are just four!, site de la FIDE, 9 septembre 2008.
  22. (en) Xie Jun, Chess Champion from China: The Life and Games of Xie Jun, Gambit 1998, p. 133.
  23. Compte des joueurs titrés par fédération sur le site de la FIDE.
  24. a et b Liste alphabétique des grands maîtres internationaux français sur le site de la FIDE, ratings.fide.com.
  25. Liste des grands maîtres internationaux français ordonnée selon le classement Elo, sur le site de la FIDE, ratings.fide.com.
  26. « Grand maîtres français », sur echecs.asso.fr (consulté le 23 mai 2019) (site de la fédération française d'échecs). La liste ne comprend ni Lautier, ni Tkachiev, ni Fargère (joueurs inactifs), ni Gilles Mirallès.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]