Ilya Prigogine

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Ilya Prigogine
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Ilya Prigogine (1977)
Naissance
Moscou (Russie)
Décès (à 86 ans)
Bruxelles (Belgique)
Nationalité Russe (1917-1949)
Belge (1949-2003)
Domaines Physique, Chimie
Diplôme Université libre de Bruxelles
Renommé pour Ses travaux sur la thermodynamique et les structures dissipatives
Distinctions Médaille Rumford (1976)
Prix Nobel de chimie (1977)

Ilya Prigogine (en russe : Илья Романович Пригожин, Ilia Romanovitch Prigojine), né le à Moscou et mort le à Bruxelles, est un physicien et un chimiste belge d'origine russe. Il a reçu le prix Nobel de chimie en 1977[1], après avoir reçu la Médaille Rumford en 1976.

En chimie, il est connu surtout pour sa présentation sur les structures dissipatives et l'auto-organisation des systèmes, qui ont changé les approches par rapport aux théories classiques basées sur l'entropie. Ce en quoi il révèle une théorie parallèle à la théorie du chaos.

Dans La Nouvelle Alliance. La Métamorphose de la science, puis dans La Fin des certitudes Ilya Prigogine et Isabelle Stengers développent la thèse suivante : la science classique considèra préférentiellement parmi les phénomènes observables, ceux déterminés et réversibles temporellement. Par ce focus artificiel naturel sur les phénomènes les plus simples, stables et équilibrés dans le temps, la physique classique brossa ainsi l'illusion d'une science, d'un univers globalement intrinsèquement déterministe. Cette vision entre pourtant en contradiction avec l'expérience courante de l'existence humaine, car parmi l'ensemble des phénomènes observables de l'univers, ces phénomènes déterminés immuables, projetables par une même loi dans l'infinité du temps, passé ou futur, semblent plutôt être de l'ordre de l'exception, et si ce n'est en physique, du moins plus généralement en sciences.

Réaliser l'irréversibilité temporelle générale des phénomènes, conception caractéristique de la thermodynamique (non linéaire) réconcilie ainsi la physique avec le sens commun de la transformation, tout en faisant date dans l'histoire de la thermodynamique.

Ilya Prigogine, rejette donc le déterminisme considéré comme une règle dans tous les processus physiques, et plaide en lieu et place de ces exceptions phénomènologiques pour une représentation probabiliste générale. Cela implique alors une refonte complète de la vision scientifique du monde, mais apte à la compatibilité physique[Quoi ?] avec les constatations du libre-arbitre humain ou de la flèche du temps irrémédiablement orientée de toute transformation effective.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ilya Prigogine étudie la chimie à l'université libre de Bruxelles en Belgique.

Il explique ainsi son parcours[2] : jeune émigré de Moscou d'origine juive, exilé en Allemagne puis en Belgique à Bruxelles pour fuir le nazisme[3], il veut comprendre comment on arrive à devoir fuir son propre pays. Il aborde la politique mais est contraint d'étudier le droit. Voulant comprendre le comportement d'un accusé, il étudie la psychologie. Pour comprendre clairement la psychologie et la science du comportement, il bute sur le fonctionnement du cerveau humain. Ainsi, il étudie la biologie, la chimie et enfin la biochimie. En poussant plus loin pour comprendre les interactions chimiques, il étudia la physique des particules. De la physique, il passe à l'astrophysique et à la cosmologie. Il aborde alors les questions fondamentales : la matière, le vide, le temps et son sens unique (la flèche du temps). Pour comprendre la flèche du temps, il doit étudier les structures dissipatives et créer le modèle du Brusselator[4].

En 1977, il est lauréat du prix Nobel de chimie « pour ses contributions à la thermodynamique hors équilibre, particulièrement la théorie des structures dissipatives[1] ».

Il cofonda le centre qui porte son nom à l'Université du Texas à Austin.

Il laissa également son nom à la Haute École Libre de Bruxelles Ilya Prigogine (HELB IP), associée à l'Université libre de Bruxelles (ULB). Il était membre de l'Académie roumaine.

Citations[modifier | modifier le code]

  • « Il faut qu’il y ait des nouveautés, et un univers non déterministe permet la nouveauté. Et dans ces nouveautés, dans la théorie simplifiée que les scientifiques en ont, apparaissent des bifurcations : ce sont des points singuliers où une branche se subdivise en plusieurs branches ou même en un nombre infinis de branches. Et le choix de la branche qui sera suivie dépend des fluctuations. ( …) Entre les points de bifurcation, le déterminisme n’est qu’une approximation (…) tandis qu’aux points de bifurcation, vous n’avez plus d’approximation déterministe .» - Ilya Prigogine, in La complexité, vertiges et promesses, p 45, Ed Le Pommier.
  • « Je ne vois pas pourquoi, dit-il, une augmentation de la population serait en soi un phénomène négatif. Je la considère au contraire positive. L'interaction entre les hommes a toujours été source d'idées et de développement. » - entretien d'Ilya Prigogine avec Michel Salomon, publié dans Prospective et Santé
  • « La chimie : l'inscription de l'irréversibilité dans la matière » - I. Prigogine
  • « La plus simple des cellules vivantes emploie pour son métabolisme plusieurs milliers de réactions chimiques conjointes, par conséquent exige un délicat mécanisme de coordination et de régulation [...]; d'évidence, cette organisation ne résulte pas d'une tendance au désordre moléculaire. » - Ilya Prigogine, From Being to Becoming: Time and Complexity in the Physical Sciences, 1980, San Francisco, W. H. Freeman & Co.
  • « Les chemins de la nature ne peuvent être prévus avec certitude, la part d'accident est irréductible : la nature bifurquante est celle où de petites différences, des fluctuations insignifiantes, peuvent, si elles se produisent dans des circonstances opportunes, envahir tout le système, engendrer un régime de fonctionnement nouveau. » - Ilya Prigogine, From Being to Becoming: Time and Complexity in the Physical Sciences, 1980, San Francisco, W. H. Freeman & Co.
  • « Pour Popper, cependant, le déterminisme ne met pas seulement en cause la liberté humaine. Il rend impossible la rencontre de la réalité qui est la vocation même de notre connaissance. Popper écrit plus loin que la réalité du temps et du changement a toujours été pour lui " le fondement essentiel du réalisme " » - Ilya Prigogine, La Fin des certitudes, 1996, Odile Jacob.
  • « ... Nous avons besoin d'une nouvelle formulation des lois fondamentales de la physique [...] elle doit d'abord incorporer dans nos lois physiques la dimension évolutive sans laquelle nous sommes condamnés à une conception contradictoire de la réalité. Enraciner l'indéterminisme et l'asymétrie du temps dans les lois de la physique est la réponse que nous pouvons donner aujourd'hui au dilemme d'Epicure. Sinon, ces lois sont incomplètes, aussi incomplètes que si elles ignoraient la gravitation ou l'électricité.» - Ilya Prigogine, La Fin des certitudes, 1996, Odile Jacob.

Distinctions et récompenses[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c (en) « for his contributions to non-equilibrium thermodynamics, particularly the theory of dissipative structures » in Personnel de rédaction, « The Nobel Prize in Chemistry 1977 », Fondation Nobel, 2010. Consulté le 24 août 2010.
  2. lors d'une émission télévisée à la RTBF Noms de dieux en 1999, présentée par le journaliste Edmond Blattschen.
  3. http://www.jewishvirtuallibrary.org/jsource/biography/Prigogine.html.
  4. (en) Thomas LoFaro et Kevin Cooper, « Brusselator Model of Oscillating Chemical Reactions », Department of Mathematics, Washington State University, 1996-2014 (consulté le 12 mars 2015)
  5. a et b (pl) Uniwersytet Jagielloński w Krakowie - Wyróżnienia - Godność doktora honoris causa.
  6. a b c d e f g h i j et k Comte Humbert de Marnix de Sainte Aldegonde, État présent de la noblesse belge, Annuaire de 2011, seconde partie, Pot - Rob, Collection "ETAT PRESENT" a. s. b. l., 2011.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]