Histoire des Juifs en Galicie

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Les Juifs en Europe centrale (1881)
Cimetière juif en Galicie à Boutchatch, Ukraine occidentale
Synagogue de Lesko (XVIIe siècle)

L’histoire des Juifs en Galicie et des Galitzianer yide est l'histoire des Juifs ashkénazes originaires de Galicie, une région qui s'étend aujourd'hui de l'Ukraine occidentale (provinces actuelles de Lviv, Ivano-Frankivsk et Ternopil) jusqu'au sud-est de la Pologne (voïvodies de Podkarpackie et Petite-Pologne). La Galicie proprement dite, qui était peuplée d'Ukrainiens, de Polonais, d'Allemands et de Juifs, était, depuis 1772, une province royale de l'Empire austro-hongrois, dont la capitale était Lemberg, nom allemand de l'actuelle Lviv. Auparavant, elle appartenait à la Pologne.

Les Juifs galiciens de la fin du XIXe siècle à la Shoah[modifier | modifier le code]

Les Juifs galiciens parlaient surtout le yiddish. Toutefois, selon le recensement de 1900, qui ne permettait pas d'indiquer le yiddish comme langue, les Juifs galiciens disaient parler le polonais (76 %), l'allemand (17 %) et l'ukrainien (5 %).

Toutes les estimations conduisent à la conclusion que les Juifs constituaient le troisième groupe ethnique derrière les Polonais et les Ukrainiens, représentant au moins 10 pour cent de la population de Galicie. L'académicien ukrainien Serhiy Yefremov (1876-1939 ?) a pu écrire : « les Juifs comme nous le savons, entretiennent des liens des plus étroits avec les Ukrainiens, ce ne sont même pas des voisins comme la plupart des autres peuples, mais des membres du même peuple sur la même terre d'Ukraine. »

La plupart des Juifs vivaient pauvrement en Galicie, en travaillant principalement dans de petits ateliers et petites entreprises comme artisans — notamment tailleurs, menuisiers, chapeliers, bijoutiers ou opticiens. Près de 80 pour cent des tailleurs de Galicie étaient juifs. La principale occupation des Juifs dans les villes et villages était le commerce : commerce de gros ou de détail, papeterie. Toutefois, l'importance accordée par les Juifs aux études leur permettait de renverser les barrières sociales : les Juifs occupant des professions intellectuelles étaient proportionnellement beaucoup plus nombreux que les Polonais ou les Ukrainiens de Galicie. Parmi les 1 700 médecins de Galicie, 1 150 étaient juifs ; 41 pour cent des travailleurs de la culture, du théâtre et du cinéma, 43 pour cent des dentistes, 45 pour cent des infirmières étaient juifs et il y avait 2 200 avocats juifs contre 450 avocats ukrainiens. Quatre lauréats du prix Nobel, Isidor Isaac Rabi (physique), Roald Hoffmann (chimie), Georges Charpak (physique), Samuel Agnon (littérature) et autres, comme des médecins aussi connus que Sigmund Freud et Léo Kanner étaient d'origine galicienne.

Après la Première Guerre mondiale, la Galicie sert de champ de bataille aux forces ukrainiennes et polonaises. Au cours de ce conflit, les Juifs galiciens sont généralement neutres même si un bataillon juif de 1 200 hommes sert dans l'armée ukrainienne de Galicie et si les Juifs se voient allouer 10 pour cent des sièges du parlement de la République populaire d'Ukraine occidentale, proportionnellement à leur nombre[1].

En 1920, la Galicie devient polonaise. Ni les Juifs galiciens, ni les Ukrainiens n'ont été autorisés par le gouvernement polonais à travailler dans des entreprises d'État, des institutions, des compagnies de chemins de fer, aux PTTetc. Ces mesures ont été appliquées strictement. Les Juifs galiciens et les Ukrainiens subirent une discrimination ethnique, sous la forme d'une polonisation forcée (par exemple, en 1912, il y avait 2 420 écoles ukrainiennes en Galicie et en 1938 il n'en restait plus que 352).

En septembre 1939, après le pacte germano-soviétique et l'invasion de la Pologne par les Nazis, la plus grande partie de la Galicie est annexée par la république socialiste soviétique d'Ukraine, avant d'être envahie par les Nazis. La plupart des Juifs galiciens sont massacrés dans la Shoah. Les quelques survivants émigrent en Israël, aux États-Unis ou en Australie. Ceux, très peu nombreux, qui sont restés en Ukraine ou en Pologne ont été assimilés.

Culture[modifier | modifier le code]

Pour le sentiment populaire, les Juifs Galitzianers étaient considérés comme plus émotifs et plus prompts à la prière que leurs rivaux, les Juifs lituaniens (Litvaks), qui les trouvaient irrationnels et peu éduqués. Les Galitzianers méprisaient, eux, les Litvaks. Cela tient au fait que le Hassidisme était des plus influents en Ukraine et en Pologne méridionale alors qu'il était rejeté par les Juifs lituaniens. Même le groupe de hassidim, qui est né en Lituanie, les Loubavitchs, est plus intellectuel que les autres groupes hassidiques. Les deux groupes ont divergé dans leurs accents yiddish et même dans l'art de la cuisine, séparés par la ligne de démarcation du Gefilte Fisch : les Galitzianers aiment la nourriture très douce au point de mettre du sucre dans leur poisson.

Notes et références[modifier | modifier le code]

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « History of the Jews in Galicia (Central Europe) » (voir la liste des auteurs)

  1. Orest Subtelny, Ukraine: a history, pp. 367-368, University of Toronto Press, 2000, ISBN 0-8020-8390-0

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