Canal du Centre (France)

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Canal du Centre
Illustration.
Le canal du Centre à Saint-Léger-sur-Dheune
Géographie
Pays France
Coordonnées 46° 47′ 53″ N, 4° 52′ 48″ E
Début Saône à Chalon-sur-Saône
Fin Canal latéral à la Loire à Digoin
Traverse Saône-et-Loire
Caractéristiques
Longueur 112,125 km
Altitudes Début : m
Fin : m
Maximale : 300 m
Minimale : 179 m
Gabarit Freycinet
Infrastructures
Écluses 61
Hauteur des chutes d'écluses Moyenne : 2,60 m
Maximale : 10 m
Histoire
Année début travaux 1784
Année d'ouverture 1791

Le canal du Centre relie les vallées de la Loire et de la Saône. Il est également connu comme canal du Charolais.

Historique[modifier | modifier le code]

Tracé du Canal du Centre (France) entre la Loire et la Saône

La Dheune, affluent de la Saône, et la Bourbince, affluent de la Loire, ont depuis longtemps (XVe-XVIe siècles) retenu l'attention des ingénieurs par l'orientation de leurs cours, qui permettaient d'envisager une liaison entre le sillon rhodanien et la Méditerranée d'une part, et l'Atlantique ou la Manche, la Loire étant elle-même reliée à la Seine depuis 1642 par le canal de Briare. Le projet soutenu par l'ingénieur Thomassin est d'abord en concurrence avec le canal de Bourgogne, mais les deux canaux seront finalement réalisés[1].

Chagny - Tranchée du Canal du Centre
Profil en long du canal du Centre
Profil en long du canal du Centre[2],[3].

Le grand artisan du canal du Centre est Émiland Gauthey (1732-1806), ingénieur des États de Bourgogne : son projet, élaboré et modifié pendant plusieurs années, est approuvé en 1782 par le Parlement de Bourgogne et réalisé de 1784 à 1791/1793 sous son autorité. Appelé à l'origine « canal du Charolais », l'ouvrage, alimenté par les étangs et les divers cours d'eau des bassins versants, comprend un canal latéral à la Bourbince de Digoin à Montceau-les-Mines, un canal à bief de partage de Montceau à Saint-Julien-sur-Dheune, un canal latéral à la Dheune de Saint-Julien à Chagny, un canal de jonction par dérivation de la Dheune vers la Thalie par la tranchée de Chagny à Rully, et un canal latéral à la Thalie de Rully à Chalon-sur-Saône[4]. À l'initiative d’Émiland Gauthey, on a préféré le tracé le plus court, en ne suivant pas le cours inférieur de la Dheune : celui-ci manquait de profondeur et présentait de grandes variations de débit (sécheresse et inondations), avec de nombreux méandres et parfois plusieurs bras. De plus, la rivière n'aboutissait pas à un port[5].

Jonction du canal du Centre avec la Loire jusqu'en 1835
Jonction du canal du Centre avec la Loire jusqu'en 1835[6].

Des aménagements ultérieurs interviendront comme la réalisation de la rigole de Torcy pour renforcer l'alimentation en eau, ou la mise au gabarit Becquey dans les années 1830. À l'origine, le canal confluait directement avec le cours de la Loire. Ce n'est qu'en 1835 que sa connexion a été réalisée avec le canal latéral à la Loire nouvellement créé grâce au pont-canal de Digoin. Le canal a ensuite été mis au Gabarit Freycinet de 1880 à 1885[7].

Anciens bassins du canal du Centre dans Chalon-sur-Saône
Anciens bassins du canal du Centre dans Chalon-sur-Saône[8].

Dans les années 1950 les "Ponts et Chaussées" décidèrent, en accord avec la municipalité de Chalon-sur-Saône, la fermeture du débouché historique du canal à Chalon. Cela impliquera la suppression des 3 dernières écluses du versant Méditerranée (numérotées 35, 36 et 37). Elles furent remplacées par une écluse moderne unique, dite de haute chute à Crissey à commande électrique, qui sera inaugurée en 1958.

Le nouvel embranchement du canal pour conduire au nord de Chalon, fut réalisé à partir de 1951 et ouvert à la navigation en 1959. Le comblement de la portion du canal passant dans Chalon sera terminé en 1960.

Réservoirs d'alimentation du canal du Centre
Réservoirs d'alimentation du canal du Centre[9].

L'activité du canal du Centre a été importante avec un trafic de 1 360 000 t. en 1928[10], constitué essentiellement par le charbon de Montceau-les-Mines et les matériaux de construction, comme l'argile pour les tuileries de Chagny. Mais la lenteur des transports fluviaux sur le canal comparés au chemin de fer, les interruptions estivales liées au manque d'eau, la rupture de charge obligée pour prendre les grands bateaux sur la Saône ou pour la livraison aux clients non desservis directement par la voie fluviale, et, pour finir, la réglementation établie à partir du Front populaire (1936) ont fait perdre à la voie d'eau sa compétitivité.

Cette réglementation reposait sur le principe du "tour de rôle" et répondait à l'exigence d'égalité des chances entre transporteurs. Une fois sa péniche déchargée, le marinier en informait le bureau de l'ONN (Office national de la Navigation) le plus proche: il se déclarait libre pour toute offre de transport et prenait rang sur une liste en fonction du jour et de l'heure de cette déclaration. À la prochaine "bourse" organisée par l'ONN, son "tour de rôle" venu, il choisissait son prochain chargement sur la liste des demandes de transports établie selon le même ordre chronologique. Le fonctionnement de ce système présentait pour le demandeur de fâcheux inconvénients. Il pouvait arriver qu'aucun marinier ne soit intéressé à sa demande ou selon des délais trop longs et rien n'obligeait la batellerie à la satisfaire. il arrivait aussi que, une fois rendue chez le client, la péniche se révèle inapte au type de chargement attendu.

A toutes ces raisons, il convient d'ajouter l'arrêt progressif de l'extraction du charbon par les HBB (Houillères du Bassin de Blanzy) : dès le début des années 1960, on a observé un profond déclin du trafic de marchandises sur le canal.

Des aménagements ont été alors entrepris pour favoriser la navigation de plaisance et les activités touristiques, avec la transformation des chemins de halage en pistes cyclables, qui constituent un tronçon de l'EuroVelo 6 « Nantes/Budapest ».

Tableau figuratif du mouvement commercial du Canal du Centre en 1844, par Charles Joseph Minard.

Caractéristiques physiques[modifier | modifier le code]

Le Canal du Centre est un canal à bief de partage au gabarit Freycinet. Long de 112,125 kilomètres, il comporte 61 écluses, 27 sur le versant Loire et 34 sur le versant Saône.

Les sept écluses à Écuisses en 1883

Il relie les villes de Chalon-sur-Saône et Digoin. De là, le canal se prolonge par le canal latéral à la Loire, qui franchit celle-ci par un pont-canal peu avant de recevoir, sur sa gauche, le canal de Roanne à Digoin. Avant Digoin, il reçoit en rive droite la Rigole de l'Arroux, autrefois navigable, qui apporte l'eau de cette rivière captée à Gueugnon, pour alimenter les premiers biefs du canal latéral à la Loire. Pour atteindre le bief de partage à Montchanin, où le canal est alimenté par plusieurs réservoirs, il emprunte les vallées de la Thalie de Chalon-sur-Saône à Chagny, et de la Dheune de Chagny à Saint-Julien-sur-Dheune. À Écuisses, un escalier de 4 écluses (7 à l'origine jusqu'en 1882), rachète les dernières hauteurs. La descente vers Digoin se fait par la vallée de la Bourbince.

  • Altitude à Chalon-sur-Saône : 179 mètres
  • Altitude à Digoin : 235 mètres
  • Altitude du bief de partage : 300 mètres

Chute moyenne des écluses :

  • Versant Loire : 2,60 m
  • Versant Saône : 2,60 m ou 5,20 m

Plus haute chute : écluse de Crissey (10,76 m), dont la porte aval est une porte "à guillotine".

Ports[modifier | modifier le code]

  • Ports les plus importants : Digoin, Montceau-les-Mines, Chagny, Chalon-sur-Saône.
  • Ports de plaisance ou haltes : Paray-le-Monial, Génelard, Blanzy, Saint-Léger-sur-Dheune, Fragnes...

Galerie[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Joseph Jérôme Lefrançois de Lalande, Des Canaux de navigation et spécialement du canal de Languedoc., Veuve Desaint (Paris), , 588 p. (lire en ligne), « Du canal de Bourgogne & des différents projet auxquels il a donné lieu. », p. 246
  2. Mémoire de maîtrise de géographie Lyon 1959 fig. 1
  3. Mémoire de maîtrise de géographie Lyon 1959 fig. 1
  4. Histoire & Patrimoine des Rivières & Canaux
  5. En 1764 Noël de Régemortes, ingénieur des Turcies et levées, fait un nivellement de la Dheune pour en déterminer la navigabilité (on pense alors aux possibilités de flottage des bois du Morvan) cité par Structurae – le canal du Centre [1], repris par Émiland Gauthey P 205 in Mémoires sur les canaux de navigation : Cinquième mémoire sur les objections faites contre le canal du Charolais, article X. Navigation des rivières de Dheune et de Bourbince, janvier 1780 et page 229, (Volume 3, édition posthume de 1816) : « On ne peut donc commencer (la navigation) qu'à Cheilly pour de petites charges[...] Mais pour une bonne navigation, elle ne peut commencer qu'après la jonction avec la Bourgeoise, à une lieue de son embouchure dans la Saône. »
  6. mémoire de maîtrise de géographie Lyon 1959
  7. Fiche Canal du Centre (France) - Structurae
  8. Mémoire de maîtrise de géographie Lyon 1959
  9. mémoire de maîtrise de géographie Lyon 1959
  10. Suzanne Bouron Annales de Géographie Année 1932 Volume 41 Numéro 230 p. 194 [2]

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Louis Vallée, Mémoire sur les réservoirs d'alimentation des cannaux, et notamment ceux du canal du Centre, dans Annales des ponts et chaussées. Mémoires et documents relatifs à l'art des constructions et au service de l'ingénieur, 1833, 1er semestre, p. 261-324 et planches XLI, XLII (lire en ligne)
  • François Denoël, Guillaume Comoy, Notice sur la manœuvre des écluses du canal du Centre, dans Annales des ponts et chaussées. Mémoires et documents relatifs à l'art des constructions et au service de l'ingénieur, 1837, 2e semestre, p. 129-142 et planche CXXXV (lire en ligne)
  • Lucien Gandrey, Jean-Claude Mallard. Chalon sur Saône - Le Canal du Centre et l'essor des industries mécaniques de la fin du XVIIIe siècle à 1984. Université pour Tous de Bourgogne, Centre de Chalon sur Saône, 2012, (ISBN 978-2-9522-2398-0)
  • Fernand Nicolas, Quand le jeune canal du Centre était sous-alimenté, revue « Images de Saône-et-Loire » n° 33 (mai 1977), pp. 11-14.
  • Alain Dessertenne et Françoise Geoffray, Flâneries au fil du canal du Centre, revue Images de Saône-et-Loire n° 193 (mars 2018), pp. 12-15.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]