Fernand Nicolas

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Fernand Nicolas
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MâconVoir et modifier les données sur Wikidata
Activités

Léon Fernand Nicolas, né le à Marseille et mort le à Mâcon, est un naturaliste et ornithologue érudit qui fut un actif promoteur de la Saône-et-Loire, parallèlement à son activité de professeur de sciences naturelles au lycée Lamartine de Mâcon[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

fils d’Alexandre Nicolas, maître d’hôtel à bord des paquebots de la compagnie de navigation marseillaise Paquet, et d’Élisa Givaudan, Fernand Nicolas est né au sein d’une famille modeste dans laquelle six enfants virent le jour (Fernand étant le quatrième). Arrivé à Chalon-sur-Saône en 1929, lorsque son père, devenu éclusier sept ans plus tôt(1), y fut affecté avec la responsabilité de l’écluse dite « du port du canal » (aménagée là où le canal du Centre rencontrait alors la Saône), il entra au petit séminaire de Paray-le-Monial où, d’octobre 1930 à juillet 1937, il fit ses études secondaires. Malheureusement, s’il décrocha son baccalauréat en 1938, il fut peu après stoppé dans ses études. Fernand, mobilisé, servit en effet au sein des forces terrestres antiaériennes d’avril à juin 1940, avant d’être incorporé dans les Chantiers de la jeunesse française de juin 1940 à sa libération en avril 1943 et d’être mobilisé de nouveau, pour six mois environ, dans la foulée de la libération de Chalon-sur-Saône, au titre de la classe 39-2.

Il fut plus tard licencié ès sciences (1945)[2].

Écologiste, Fernand Nicolas constata dès les années 1960 la lente dégradation de l’environnement, ce qui le conduisit à s’investir dans une société : la Société d’études du milieu naturel en Mâconnais (Sémina)[3] et sa revue trimestrielle, qu’il a créée : Terre vive ; il en fut le président pendant cinquante ans. Menant une action résolue, il interpella les pouvoirs publics, organisa quantité de réunions et mena de nombreuses actions de sensibilisation de l'opinion publique. Membre de nombreuses commissions spécialisées, il fut amené à exercer diverses responsabilités, notamment celles de conseiller biologiste auprès de la préfecture de Saône-et-Loire et d'expert écologie auprès du préfet de la région Bourgogne.

Dans le domaine du patrimoine historique, il fonda en 1969 (avec Jean Chougny[Note 1], le docteur Rancien, André Bourgeois, Albert Barthèlemy…) le Groupe 71[4] (devenu, depuis, le Groupe Patrimoines 71), association départementale ayant pour vocation « la connaissance, la protection et la mise en valeur du patrimoine humain et naturel en Saône-et-Loire », dont il fut d'abord l'animateur puis, à partir de mai 1983, le président (après Paul Champion[Note 2], qui en fut le premier président). Cette association qu'il présida jusqu'en 2007[5] se dota aussitôt d'une publication : la revue Images de Saône-et-Loire, publiée pour la première fois en août 1969 et diffusée, depuis, au rythme d'un numéro par trimestre[6].

Il fonda et dirigea une maison d'édition, installée à Mâcon : les Éditions Bourgogne-Rhône-Alpes, qui publièrent des romans régionalistes et des livres d’histoire locale. Mais cette maison née du Groupe 71 – qui, dès sa fondation, édita des publications en rapport aves ses buts – ne fut pas pérenne et cessa son activité dès 1979 (ses stocks étant rachetés par le Groupe 71).

Fernand Nicolas était membre de l’Académie de Mâcon[Note 3], société savante dont il fut, successivement, secrétaire adjoint (1978-1980), secrétaire général adjoint (1984-1988), vice-président (1986), président (en 1987, puis de 1994 à 1999), secrétaire perpétuel (de 1989 à 1993) et émérite à compter de 2012[7]. S’il s’investit dans une franche réforme des règles de fonctionnement de la société savante, appliquée en 1994 et qui fit de l’Académie de Mâcon un modèle pour ses consœurs de province, il prit aussi sa part dans les travaux qui, dans la seconde moitié des années quatre-vingts, permirent de rénover l’hôtel Senecé, siège de l’Académie depuis 1896, bel hôtel particulier du XVIIIe siècle remis à neuf que le président de la République François Mitterrand inaugura en personne en 1990.

Entre autres responsabilités, Fernand Nicolas occupa les fonctions de président de l'Association départementale des sociétés scientifiques, de président de la Société d'histoire naturelle de Mâcon[8], de président de l'Association bourguignonne des sociétés savantes. Il dirigea par ailleurs la revue scientifique (naturaliste) trimestrielle Terre Vive, créée à Mâcon en 1961[9].

Fernand Nicolas, dont les obsèques ont été célébrées en l'église Notre-Dame de la Paix de Mâcon, repose au cimetière Saint-Brice de Mâcon.

Le 20 septembre 1946, il avait épousé Margueritte Hantz[Note 4].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Fernand Nicolas, fait officier de l'ordre national du Mérite en 1996[10], avait été promu en 2003 commandeur des palmes académiques[11].

Ouvrages publiés[modifier | modifier le code]

  • Richesses en Mâconnais : Nature, Sites, Villages, Mâcon, Ed. Académie de Mâcon, 2008 (176 p.).
  • Histoire de l'Académie de Mâcon : Deux cents ans de réflexion et d'activités, Mâcon, Éd. Académie de Mâcon, 2006 (192 p.).
  • Brancion, au cœur d'un pays âpre et charmeur, Mâcon, éditions du Groupe 71, 2001 (96 p.).
  • Les Peintures murales à la Chapelle des Moines de Berzé-la-Ville, Mâcon, Ed. Académie de Mâcon, 1998 (31 p.).
  • Saône-et-Loire en 600 questions, Paris, Archives & culture, 1996.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Frédéric Lafarge, Fernand Nicolas ou la vie… passionnément !, article paru dans la revue « Images de Saône-et-Loire », n° 199-200 de novembre 2019, p. 2-8.
  • « Hommage à Fernand Nicolas », Les dossiers de l’Académie de Mâcon, dossier n° 9, juin 2015.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Chevalier de l'ordre national du Mérite, professeur de mathématiques à Mâcon, conseiller scientifique et conférencier attaché à la Protection civile.
  2. Officier de l'ordre national du Mérite, président-fondateur de la Fédération nationale des villes organisatrices de carnavals, président du syndicat régional d'initiative de Chalon (à partir de 1949), président de l'Union départementale des syndicats d'initiatives (à partir de 1968), vice-président de la Fédération régionale des syndicats d'initiative, vice-président de Saône-et-Loire Tourisme et membre du comité régional du tourisme.
  3. Il fut élu en septembre 1977 au fauteuil n° 11, auquel il succéda à Henri Emmanuel Perthuis de La Salle (1882-1977), qui y avait été élu en 1951. Son discours de réception, prononcé le 1er juin 1978, eut pour intitulé : Méditations d’un scientifique.
  4. Marguerite, née le 9 août 1923 à Chalon-sur Saône, dont le père était professeur de mathématiques au lycée de la ville. Elle avait obtenu le CAEC (section « Sciences physiques et naturelles ») en 1946 et enseigna jusqu’en 1983.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Établissement installé au centre-ville de Mâcon (puis transféré en périphérie de la ville) dans lequel il commença sa carrière d'enseignant en 1948, trois ans après y avoir été affecté en tant qu'adjoint d'enseignement, le temps de terminer ses études et de passer son concours (octobre 1945).
  2. Avec les options géographie-physique, chimie générale, géologie et physique générale.
  3. Avatar de la Société d'histoire naturelle, ranimée en 1960 sous le nom de Société d'histoire naturelle et de préhistoire de Mâcon (première société créée en 1864).
  4. Association ayant pour intitulé exact : Groupe 71 pour la connaissance, la protection et la mise en valeur du patrimoine humain et naturel en Saône-et-Loire.
  5. Il devint cette année-là président d'honneur du Groupe 71, conservant cependant la direction-rédaction de la revue Images de Saône-et-Loire.
  6. Avec pour numéro d'identification (ISSN 0295-0111).
  7. Page du site internet de l'Académie de Mâcon consacrée à Fernand Nicolas, accessible à l'adresse : http://academiedemacon.fr/details/?num=3636.
  8. Il succéda à ces fonctions à Louis Combaud, président provisoire de cette société savante qui venait d'être réanimée.
  9. Ou plutôt recréée : revue héritière d'une premier bulletin naturaliste publié à Mâcon jusqu'à la Grande Guerre, réapparu un peu avant la Seconde Guerre mondiale et ayant repris vie en 1961. Source : Article Documentation paru dans la revue « Images de Saône-et-Loire » n° 107, octobre 1996, p. 22.
  10. Après être entré dans cet ordre national en 1975 (la décoration lui fut remise le 12 novembre 1975, dans l'une des salles du musée Lamartine de Mâcon, par Jean Périer, préfet de Saône-et-Loire, qui déclara à cette occasion : « Vous êtes un enseignant dans le siècle. J'entends par là que votre action n'est pas limitée à votre enseignement. L'Éducation est souvent accusée de ne pas s'ouvrir sur le monde extérieur. Ce n'est pas toujours vrai et vous êtes le symbole de l'enseignant complet, participant à la recherche, à la diffusion des connaissances, à la vulgarisation, à la vie de cité. Vous êtes un chercheur, un animateur, un organisateur. »). Source : revue « Images de Saône-et-Loire » n° 28 (décembre 1975).
  11. Cravate qu'il reçut des mains de Jean-Patrick Courtois, sénateur de Saône-et-Loire, à l'occasion d'une cérémonie organisée le 7 juillet 2003 dans le grand-salon de l'hôtel de ville de Mâcon. Fernand Nicolas était entré dans cet ordre par décret du Premier ministre daté du 21 juillet 1969.