Kodak

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Eastman Kodak Company
logo de Eastman Kodak Company
Création 1881
Fondateurs George Eastman
Personnages clés Jeff Clarke (President du directoire et CEO), Philip J. Faraci (Président et Directeur Général)
Siège social Drapeau des États-Unis Rochester, New York (États-Unis)
Actionnaires Institutionnels : 86 %
Public : 14 %
Activité Produits, équipement et services pour l’impression offset, flexo et jet d'encre
Effectif 7 600[1]
Site web www.kodak.com
Chiffre d’affaires 2,35 milliards de dollars (2013)
KodakB11

Kodak (officiellement : Eastman Kodak Company) est une entreprise américaine fabriquant des produits et fournissant des services dans le domaine de la photographie, du cinéma, de la radiologie et de l'impression.

Histoire[modifier | modifier le code]

Fondation et croissance[modifier | modifier le code]

Publicité pour le Folding Pocket Kodak.

La société a été fondée par George Eastman en 1881[2] sous le nom de Eastman Dry Plate Company[3]. Concrétisation des recherches personnelles de George Eastman et son brevet pour une « Méthode et Appareillage pour la réalisation des Plaques à Émulsion » déposé en 1879[4], la société lance le film souple en 1885.

Le nom « Kodak » apparaît pour la première fois en 1888 au lancement des premiers appareils photo à pellicule photographique et non plus à plaque. George Eastman cherchait un vocable qui se prononçait d'une façon identique dans toutes les langues et cela l'amena aux deux voyelles « O » et « A ». Pour encadrer ces deux voyelles, Eastman fan d'anagrammes choisit de placer en première et dernière partie la première lettre du nom de sa mère : le « K » (née Kilbourn)[5]. Par leur simplification technique[6], ces appareils permirent la démocratisation de la photographie, la « révolution Kodak » s'adressant aux photographes amateurs. Dans le langage populaire, le mot « Kodak » servit longtemps à désigner tout appareil photo destiné à l'amateur[7].

Vers 1895, Charles Pathé a la révélation de sa destinée après avoir vu des projections des Frères Lumière à Paris. En 1897, il fonde la « Compagnie générale des cinématographes, phonographes et pellicules ». Charles Pathé entreprend en 1907 la construction d'une usine, rue des Vignerons à Vincennes. Doués d'un grand sens commercial, George Eastman et Charles Pathé étendent leur influence sur plusieurs continents. En 1927, leurs sociétés en France fusionnent : c'est la naissance de Kodak-Pathé.

En 1898, Kodak commercialise l'appareil photo de poche pliant (à soufflet accordéon), le Folding Pocket Kodak et utilise un négatif de format 57 × 82 mm, qui restera la norme pendant des décennies[8].

Sevran - Usine des Films Kodak

Au milieu des années 1960, Kodak employait près de 80 000 personnes dans le monde. Les principales usines à cette époque étaient :

  • Rochester, État de New York (22 000 personnes)
  • Kingsport, Tennessee
  • Longview, Texas
  • Peabody, Massachusetts
  • New York
  • Angleterre : usines à Harrow, Hemel Hempstead, Stevenage
  • Canada, usine à Toronto
  • Allemagne : usines à Abbotsford et Coburg
  • France : usines à Vincennes, Sevran, Chalon-sur-Saône
    • À Vincennes, 3 500 personnes travaillaient à la fabrication du support et des émulsions[9].
    • À Sevran, 1 300 personnes travaillaient pour le traitement des films photo et cinéma en couleurs pour amateurs[10].
    • L'usine de Chalon est un aboutissement de décentralisation, et il s'y fabriquait des produits chimiques ; on y effectuait aussi une partie du conditionnement et de la finition des bobines et des papiers[11].
    • Le siège social de Kodak-Pathé en France au milieu des années 1960 se situait au 39 avenue Montaigne à Paris.
    • L'association CECIL (CErcle des Conservateurs de l'Image Latente) gère depuis 2008 les archives des activités industrielles et commerciales des établissements de Kodak en France, couvrant la période de 1898 à 2007.

Une transition difficile vers le numérique[modifier | modifier le code]

Alors que Kodak a mis au point la photo numérique dès 1975, la firme américaine a du mal à s'adapter au numérique lors de son expansion dans les années 2000 et subit la forte concurrence de marques étrangères, notamment européennes et japonaises[12]. Le 10 janvier 1986, un juge de la Cour suprême des États-Unis ordonne à Kodak de cesser la fabrication et la commercialisation de ses appareils à développement instantané dans le cadre d'un affaire de contrefaçon de brevet opposant Eastman Kodak à Polaroid Corporation. Dès 2004, Kodak délaisse peu à peu son activité historique (production liée à la photographie argentique) pour se concentrer sur les technologies modernes : la photographie numérique et le cinéma numérique[13], sans grand succès. Début 2012, l'entreprise est menacée de faillite[14].

Faillite et restructuration[modifier | modifier le code]

Le , Kodak dépose le bilan. Kodak et ses filiales américaines demandent à bénéficier de la protection du chapitre 11 de la loi sur les faillites[15], afin de pouvoir se restructurer[12]. Signe de ses difficultés, l'entreprise ne comptait plus que 17 000 salariés au moment du dépôt de bilan, contre 64 000 une dizaine d'années plus tôt[16]. Pour sortir de sa mauvaise situation financière, le groupe vend des brevets, notamment à Apple et Google, et change l'organisation de ses divisions[17]. Fin avril 2013, le groupe espère sortir de faillite dans les mois qui suivent, avec un nouveau statut et un nouveau conseil d'administration[18].

En septembre 2013, Kodak sort de la protection du chapitre 11, et la compagnie est de nouveau cotée en bourse à Wall Street dès novembre 2013[19]. Par ailleurs, des films vendus sous la marque Kodak sont à nouveau commercialisés depuis fin 2013, grâce à Kodak Alaris, société créée après l'acquisition des droits par le Kodak Pension Plan britannique[20].

Début 2014, la licence de la division photo de Kodak est rachetée par JKimaging, partenaire d’Asia Optical Co Inc. (groupe taïwanais, grand ODM/OEM d'appareils photos)[17] qui présente ensuite le Pixpro S1, son premier hybride, qui adopte la monture du système Micro Four Thirds (Panasonic et Olympus), ce qui permet à la marque de rentrer sur le marché avec un parc optique important[21].

Produits[modifier | modifier le code]

Films et appareils photo[modifier | modifier le code]

Camera Center Kodak, au Tennessee, période 1930-1945.
Kodachrome II - Film pour diapositives couleur
Elite Chrome 200, Royal Supra Professional 200, Gold Ultra 400.

Kodak faisait partie des principaux émulsionneurs de films photographiques avec Fujifilm, pour les amateurs ou les professionnels ainsi que de films cinématographiques. Dans les années 1980, Kodak a tenté de se développer dans l'appareil photo instantané et l'industrie du cinéma, mais a perdu une bataille de brevet contre Polaroid Corporation en 1986 et a abandonné toute perspective dans ce domaine. L'arrivée de l'imagerie numérique a obligé Kodak à réduire son activité d'émulsionneur et à arrêter la production de plusieurs films, dont le célèbre Kodachrome.

Impression[modifier | modifier le code]

Kodak est spécialisée dans l’impression pour les entreprises du secteur de l'industrie graphique. Elle fournit des équipements, des logiciels, des consommables et des services à ses clients actifs dans les secteurs de la communication graphique, de l'emballage et de l'impression fonctionnelle.

Kodak produit aussi de nombreux papiers photos amateurs et professionnels et développe de nombreuses imprimantes photos personnelles ainsi que des bornes de tirage installées dans des lieux publics.

Kodak a également créé toute une ligne d'imprimantes à jet d'encre connues sous le nom de Kodak hero ou Kodak ESP. Ces imprimantes possèdent un système d'impression à jet d'encre uniquement et possèdent également un scanner qui peut servir de photocopieur. Kodak a misé toute la communication de ces imprimantes en invoquant des coûts d'impression très réduits par rapport aux concurrents comme HP ou Epson. Le succès des imprimantes Kodak n'a été que très modeste en France, si bien qu'il est aujourd'hui pratiquement impossible de trouver des imprimantes Kodak, ainsi que des consommables pour celles-ci autre part que sur internet. Kodak a annoncé en 2012 qu'il arrêterait de produire des imprimantes à jet d'encre en 2013. Les consommables seraient toujours fabriqués par la firme pendant une durée estimée de quatre à cinq ans[22].

Capteurs[modifier | modifier le code]

La marque a opéré sa reconversion dans le domaine de l'imagerie numérique en produisant des capteurs destinés à un marché haut de gamme. Kodak s'est associé avec la marque allemande Leica et produit le capteur du Leica M8. D'autres marques, comme Hasselblad intègrent des capteurs produits par Kodak dans leurs appareils moyen format numérique.

En novembre 2011, la Physics division de la marque a été acquise par Platinum Equity (en). Les capteurs sont actuellement commercialisés sous la marque TrueSense Imaging, Inc.

Smartphones[modifier | modifier le code]

Kodak innove en se lançant en 2015 sur le marché de la téléphonie mobile[23]. En décembre 2014, Kodak annonce qu'elle a conclu un partenariat avec le fabricant Bullitt pour commencer la production de smartphones[24]. Son premier smartphone, dénommé IM5, est présenté en janvier 2015[25]. Il se veut simple d'utilisation et est destiné notamment aux seniors.

Personnalités[modifier | modifier le code]

Direction[modifier | modifier le code]

George Eastman
Nom Titre Mandat
Henry A. Strong Président 1884 – 24 juillet 1919
George Eastman Président 1921 – 7 avril 1925
William G. Stuber Président 1925–1934
Frank W. Lovejoy Président 1934–1941
Thomas J. Hargrave Président 1941–1952
Albert K. Chapman Président 1952–1960
William S. Vaughn Président et CEO 1960 – 31 décembre 1968
Louis K. Eilers Président et CEO 1er janvier 1969 – 17 mai 1972
Walter A. Fallon Président et CEO 18 mai 1972 – 1983
Colby H. Chandler CEO mai 1983 – juin 1990
Kay R. Whitmore CEO juin 1990 – 27 octobre 1993
George M. C. Fisher CEO 28 octobre 1993 – 31 décembre 1999
Daniel A. Carp CEO 1er janvier 2000 – 31 mai 2005
Antonio M. Pérez Chairman et CEO 1er juin 2005 – 11 mars 2014
Jeff Clarke Chairman et CEO 12 mars 2014 – présent

Scientifiques[modifier | modifier le code]

Marques de l'entreprise Eastman Kodak Co.[modifier | modifier le code]

  • Apparent
  • Chinon
  • Creo
  • Imation
  • Kodak
  • Kodak Industrie
  • Kodak Polychrome
  • Lumisys
  • NexPress Solution
  • ofoto.com
  • PracticeWorks

Recherche et développement[modifier | modifier le code]

  • 1990 : Kodak développe le Cinema Digital Sound (CDS). Le CDS est la première application du son numérique au cinéma et la plus performante en 35 mm[26]. Cette technologie est caractérisée par la présence de 6 pistes numériques sur le film. En 1991, The Doors d'Oliver Stone est le premier film en 35 mm présenté en Cinema Digital Sound - 6 pistes numériques[27].
  • 1991 : Kodak développe à l'intention des photographes professionnels un dos numérique de 1,3 mégapixels (le DCS 100) pour le Nikon F3, un appareil photo reflex classique (argentique). C'est la première fois qu'on peut utiliser un reflex pour produire des images numériques.
  • 2007 : R et D dans le domaine des serveurs informatiques professionnels appliqués au cinéma numérique.
  • 2010 : Développement de la Laser Projection Technology[28].
  • 2013 : Kodak alloue un budget de 100 millions de dollars à la R&D[29].
  • 2015 : De deux divisions, Kodak passe à cinq nouvelles divisions indépendantes responsables de sa recherche dans les technologies de pointe[29].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Kodak veut retenir certains employés avec des bonus - Les Échos/AFP, 8 avril 2012
  2. Nancy Martha West, Kodak and the lens of nostalgia, 245 p. (ISBN 0813919592), p. 20
  3. Compagnie des Plaques Sèches Eastman
  4. (en) George Eastman: Dry, transparent, and flexible photographic films - MIT, janvier 1997
  5. (en) Linda Kaplan Thaler, Robin Koval, Bang ! : Getting Your Message Heard in a Noisy World, Random House LLC, (lire en ligne), p. 15
  6. Le slogan illustre cette simplicité : « You press the button, we do the rest » (« Vous appuyez sur le bouton, on se charge du reste »).
  7. François Brunet, La naissance de l'idée de photographie, Presses universitaires de France, , p. 213-267
  8. Transmondia, , p. 59
  9. L'usine Kodak de Vincennes ferme en 1987. Voir également l'article sur l'Affaire des cancers pédiatriques de Vincennes.
  10. L'usine Kodak de Sevran ferme en 1993.
  11. L'usine Kodak de Chalon ferme en 2006.
  12. a et b Comment Kodak s'est tiré une balle dans le pied - Julie de la Brosse, L'Expansion, 6 janvier 2012
  13. Actions #29 : Magazine professionnel cinéma & TV - Kodak - Automne 2007 [PDF]
  14. « La lente descente aux enfers de Kodak », Le Figaro, 4 janvier 2012.
  15. Kodak se place sous le régime du chapitre 11 de la loi des faillites - Le Monde/AFP/Reuters, 19 janvier 2012
  16. Kodak voit son avenir dans l'impression commerciale - Les Échos, 22 août 2013
  17. a et b Kodak : mort et résurrection d'un géant historique de la photographie - Adrian Branco, BFM TV, 21 mars 2014
  18. Kodak espère sortir de faillite dès juillet - Capital.fr/Reuters, 1er mai 2013
  19. Le nouveau Kodak revient à Wall Street, mais sans photo - Elsa Bembaron, Le Figaro, 1er novembre 2013
  20. (en) Kodak Alaris – Unlock the power - Site officiel
  21. Kodak crée la surprise et lance le S1, un hybride au format Micro 4/3 - Adrian Branco, 01net.com, 26 mai 2014
  22. Fini les imprimantes jet d'encre chez Kodak - Génération-NT, 3 octobre 2012
  23. CES 2015 – Kodak à l'abordage du marché des smartphones avec le IM5 - Les Numériques, 7 janvier 2015
  24. Kodak se convertit au smartphone - Lucie Ronfaut, Le Figaro, 31 décembre 2014
  25. CES 2015 : Kodak dévoile le IM5, un smartphone pour les seniors - Amélie Charnay, 01net.com, 6 janvier 2015
  26. Kodak Cinema Digital Sound
  27. First 35 mm CDS film
  28. (en) Kodak Laser Projection Technology - Kodak, 2010 [PDF]
  29. a et b Kodak optimiste pour l’avenir - Review of Print, 14 février 2015

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Émulsionneurs concurrents

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • François Sauteron, La chute de l'empire Kodak, ed. L'Harmattan, coll. Graveurs de mémoire, 2009 (ISBN 978-2296092174)

Liens externes[modifier | modifier le code]