Houillères de Blanzy

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Carte des départements français.
Localisation des gisements sur la carte des bassins houillers français.

Les Houillères de Blanzy sont à la fois les mines historiques de la région de Blanzy et à la fois une division de Charbonnages de France créée lors de la nationalisation. Elle regroupe alors trois bassins miniers exploités en Bourgogne, mais sans lien géologique entre eux : Blanzy-Montceau-les-Mines (Saône-et-Loire), Épinac (Saône-et-Loire) et Decize-La Machine (Nièvre).

Situation[modifier | modifier le code]

Les bassins de Blanzy et Épinac sont situés dans le nord-ouest de la Saône-et-Loire et celui de Decize, dans le sud de la Nièvre. Ils se trouvent donc dans la partie méridionale de la Bourgogne et du Grand Est français.

Quatre autres gisements sont situés dans la zone d'action des Houillères de Blanzy mais ne sont pas exploités par celles-ci :

De l'anthracite est également extrait à Sincey-lès-Rouvray jusqu'en 1907 et du lignite est anciennement exploité en Côte-d'Or.

Les gisements houillers les plus proches sont les bassins houillers d'Auvergne et le bassin houiller de la Loire situés au sud.

Bassins houillers de Bourgogne-Franche-Comté -.png

.

Bassin houiller de Blanzy[modifier | modifier le code]

Étendue du bassin houiller dans le département de Saône-et-Loire.

Géologie[modifier | modifier le code]

Le gisement possède des similitudes avec ceux des bassins houillers des Vosges et du Jura qui seraient son prolongement[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

L'exploitation du charbon remonte au moins au début du XVIe siècle. Le , François de la Chaise entre en possession des droits d'exploiter le charbon sur la baronnie de Montcenis. Il effectue le , une demande d'exclusivité sur l'exploitation de ce charbon, exclusivité qui lui est accordée. Cette “concession” est confirmée par lettre patente du roi le .

Le , la “concession” est cédée à Roettier de la Tour puis successivement le , à la société Desgrange, Happey, Joly et Cie et le à Renard et Cie.

Un arrêt du Conseil du roi du oblige François de la Chaise à reprendre sa “concession” et un nouvel arrêt lui concède à partir du pour 88 ans. Un accord est signé entre François de la Chaise, le représentant des forges et hauts fourneaux du Creusot (au nom du roi), Ignace de Wendel. Le elle est cédée à Ignace de Wendel. François de la Chaise abandonne tous ses droits le au profit du roi, et divers (dont de Wendel) réunis sous la raison sociale “Bettinger, Perrier et Cie”.

À la suite de la loi de 1791 sur les mines, MM. de Pourtalès, Perret et Desplace se mettent à exploiter un gîte situé sous un domaine loué. Après de nombreux procès, un arrangement intervient le 5 germinal An II () entre la société des établissements du Creusot et la société Pourtalès, Perret, Desplaces et Cie...

Un jugement du tribunal civil de la Seine du adjuge à Jean François Chagot, l'un des plus gros actionnaires du Creusot, l'ensemble des propriétés des sociétés de Creusot et de Blanzy.

Mais les usines et mines du Creusot sont revendues le à deux industriels anglais, Mamby et Wilson. En 1832, la concession de Blanzy est délimitée définitivement par l'ordonnance royale du qui créé la concession de Blanzy par partage de l'ancienne concession du Creusot et de Blanzy. D'autres concessions seront rachetées par Blanzy entre 1841 et 1851 : au nord, les concessions de Crépins, des Perrins et du Ragny et au sud les concessions des Badeaux, des Porrots et de la Theurée-Maillot ainsi que la concession de St Bérain et St Léger rachetée en 1844. Mais en fait sur les 20 081 ha concédés seuls, 4 754 sont estimés utiles en 1900.

En , une société est créée entre Jules Chagot[2], Eugène de Bassano et Perret frère qui devient en 1838 “Compagnie des Mines de Houille de Blanzy, Jules Chagot, Perret-Morin et Cie” puis en 1856, à la suite du retrait de Perret-Morin, “Compagnie des Mines de Houille de Blanzy, Jules Chagot et Cie”. Jules Chagot décède en 1877. Son neveu Léonce Chagot lui succèdera puis, en 1893, Lionel de Gournay.

La société est transformée de société en commandite en société anonyme : "SA des Houillères de Blanzy" en .

Le décret no 46-1570 du , créant les Houillères du bassin de Blanzy, prévoit le transfert des biens de la société des mines de Blanzy et de la société des houillères et du chemin de fer d’Épinac ainsi que celui des houillères des Fauches appartenant à la Cie des hauts fourneaux de Chasse.

En 1949, les houillères lancent une série de prospections 1949 dans le bassin houiller du Jura qu'elles voient comme un relais pour leur bassin qui arrive alors à épuisement[3].

L'arrêt de la dernière taille en 1992 marque la fin de l'exploitation fond. En 1995 débutent les travaux de la découverte St Amédée, d’une réserve de 1,6 Mt, qui succède à celle des Fouthiaux entre et .

Liste des puits[modifier | modifier le code]

Puits des Alouettes.
Puits des Alouettes.
Puits des Saint-Pierre.
Puits Sainte-Eugénie.
Puits Saint-Claude.

Voici la liste des puits du bassin minier classés par ville[4]:

Montceau-les-Mines :

  • Puits des Alouettes
  • Puits du Bois-du-Verne
  • Puits de la Centrale
  • Puits Darcy
  • Puits Barrat
  • Puits Jules-Chagot
  • Puits Lucy
  • Puits de Magny
  • Puits Maugrand
  • Puits Plichon
  • Puits Ravez
  • Puits Rozelay (à cheval sur les communes de Perrecy-Les-Forges de Ciry-le-Noble) : Exploitation 1939-1986.
  • Puits Saint-François
  • Puits Saint-Louis
  • Puits Saint-Pierre
  • Puits Sainte-Barbe
  • Puits Sainte-Elisabeth
  • Puits Sainte-Eugenie (ou Cinq Sous)
  • Puits Sainte-Marie
  • Puits Sainte-Marguerite

Blanzy :

  • Puits Bertrand
  • Puits de la Chassagne
  • Puits des Crépins
  • Puits Harmet
  • Puits Saint-Claude
  • Puits Trémeau

Sanvignes :

  • Puits Saint-Amedee
  • Puits des Baudras
  • Puits du Charme
  • Puits de l'Essertot
  • Puits Jumeaux
  • Puits de Laugerette
  • Grand Puits de Montmaillot
  • Puits Pansemont (ou Pancemont)
  • Puits Saint-Paul

Bassin houiller d'Épinac[modifier | modifier le code]

Étendue du bassin houiller épinacois dans le département de Saône-et-Loire.
Article détaillé : Houillères d'Épinac.

Au XVIIe siècle, le comte de Clermont-Tonnerre, seigneur de Monestoy (ancien nom d’Épinac), effectue les premières recherches de charbon à Épinac et entreprend les premières exploitations. Il fonde une verrerie en 1755 pour l’utilisation de la houille (elle ne fermera qu'en 1934 ou 1931).

En 1826, les biens du comte (qui a émigré) sont vendus et acquis par Samuel Blum, maître de forges à Dijon. En 1829 est créée la Compagnie des houillères et du chemin de fer d’Epinac qui en restera propriétaire jusqu'à la nationalisation en 1946.

La "S.A. Houillères et du chemin de fer d’Epinac", créée en 1850, possédait en 1927 quatre concessions : Moloy, Sully, Pauvray et Epinac pour un total de 7 031 ha.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, la pénurie de carburants pousse le gouvernement d’alors à adopter une politique de développement de la production nationale. La Société des Schistes Bitumineux d’Autun bénéficia de l’appui de l’État et pour pousser sa production au maximum, elle dû acquérir des droits à l’utilisation d’une mine de charbon. Dans le bassin d’Epinac, seule la mine du Moloy présentait des ressources suffisantes pour une nouvelle exploitation. Dans cette optique, par décret du , la concession de Sully est scindée en deux : la partie Nord, contiguë à la concession du Moloy prend le nom de St Léger du Bois et la partie Sud prend le nom de Veuvrottes. Par le même décret les concessions de St Léger du Bois et de Moloy sont cédées à la Société Minière des Schistes Bitumineux d’Autun.

Le décret no 46-1570 du , créant les Houillères du bassin de Blanzy, prévoit le transfert à celles-ci des biens de la société des houillères et du chemin de fer d'Epinac.

Le siège de Pauvray ferme le . La mine, non nationalisée, du Moloy ferme en 1950 et le dernier siège des Houillères d’Epinac, celui de Veuvrottes, est définitivement arrêté le .

Bassin houiller de Decize-La Machine[modifier | modifier le code]

Carte des gisements houillers de la Nièvre.
Article détaillé : Houillères de Decize.

Exploitées depuis le XVe siècle, puis surtout à partir de 1690, les houillères appartinrent à différents propriétaires, en particulier les ducs de Nevers et l’ordre des Minimes de Decize.

Selon Louis Loinoizelée (La Machine et sa houillèrep. 39) le plus ancien document faisant référence au charbon dans la région est un contrat passé entre 1488 et 1792. Le charbon était exploité en surface au XVe siècle afin d’alimenter les nombreuses forges de la région. Le charbon était amené à la Loire puis acheminé ensuite par bateaux.

À la fin du XVe siècle, trois grands propriétaires se partageaient les gisements de charbon : les comtes puis ducs de Nevers, le prieuré de St Pierre de Decize (les revenus de ce prieuré sont affectés en 1623 l’entretien du couvent des Minimes de Decize) et le seigneur des Ecotzs. II s’agissait alors d’une exploitation à flanc de coteaux, ciel ouvert ou par trous (“crot”).

Au cours du XVIIIe siècle les exploitants se sont succédé. En 1776, M. Pinet (fils) s’associe avec M. Gounot pour affermer au duc de Nevers les exploitations de charbon sous la forêt des Glénons. Ils exploitaient déjà les gisements situés sous la forêt des Minimes et ceux de la propriété des Ecots. Un arrêt du leur concède le droit d’exploiter les mines de toute la région. Ce droit fut rétrocédé a M. Boudart en 1784. L’installation d’une verrerie en 1785 à Decize par MM. Perrier et de St-James donna un élan à l’exploitation du charbon, mais l’entreprise fit faillite en 1878. Pendant la Révolution, les mines sont placées sous séquestre puis mises en adjudication et attribuées à Maintier, menuisier à Paris qui cède dès 1790 ses droits à M. de Mallevault. Celui-ci s’expatrie en 1794 et la mine devient propriété nationale gérée par Viard-Vauxmaire. En 1806, la situation fut rétablie au profit de M. de Mallavault.

Le décret no 46-1570 du créant les Houillères du bassin de Blanzy organise le transfert des biens des Houillères de Decize appartenant à la société Schneider et Cie. La concession de Decize est renoncée par arrêté du .

La fermeture du bassin est évoquée à partir de 1966, malgré d’importantes campagnes de sondages. Les houillères sont finalement fermées définitivement le .

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. CDM, Le livre jaune du comité de défense de la mine, Comité de défense de la mine, (lire en ligne), p. 8.
  2. Voir biographie parlementaire sur le site de l'Assemblée nationale.
  3. Michel Chevalier, Tableau industriel de la Franche-Comté, 1960-1961, Presses Univ. Franche-Comté, (lire en ligne), p. 21.
  4. « Liste des puits du bassin minier », sur exxplore.fr.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • [PDF] C. Javey, Recensement et localisation des anciens puits de mine des houillères du Creusot (71), BRGM, (lire en ligne)
  • Patrice Notteghem (directeur de l'Écomusée de la communauté urbaine Le Creusot-Montceau), Jean Simonet : Les chevaux de mines du bassin de Blanzy, revue « Images de Saône-et-Loire » n° 133 (mars 2003), pp. 5-7.
  • [PDF] La mine Bertrand, Ministère de la Culture (lire en ligne)
  • [PDF] C. Raymond, Synthèse géologique sur les ressources charbonnières de la Bourgogne, BRGM, (lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]