Brue-Auriac

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Brue-Auriac
Brue-Auriac
Église de Brue-Auriac.
Blason de Brue-Auriac
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Provence-Alpes-Côte d’Azur
Département Var
Arrondissement Brignoles
Canton Saint-Maximin-la-Sainte-Baume
Intercommunalité Communauté de communes Provence Verdon
Maire
Mandat
André Rousselet
2014-2020
Code postal 83119
Code commune 83025
Démographie
Gentilé Brussois, Brussoises
Population
municipale
1 343 hab. (2016 en augmentation de 11,18 % par rapport à 2011)
Densité 37 hab./km2
Géographie
Coordonnées 43° 31′ 42″ nord, 5° 56′ 43″ est
Altitude Min. 199 m
Max. 466 m
Superficie 36,73 km2
Localisation

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Brue-Auriac
Liens
Site web http://www.brue-auriac.fr

Brue-Auriac est une commune française située en Pays de La Provence Verte dans le département du Var en région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Elle est membre de la communauté de communes Provence Verdon

Géographie[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes de Brue-Auriac
Saint-Martin-de-Pallières Varages Barjols
Brue-Auriac
Seillons-Source-d'Argens Bras
Panorama du village depuis la chapelle Notre-Dame.

Petit village, se situant dans le centre Var.

Sismicité[modifier | modifier le code]

Il existe trois zones de sismicités dans le Var :

  • Zone 0 : Risque négligeable. C'est le cas de bon nombre de communes du littoral varois, ainsi que d'une partie des communes du centre Var. Malgré tout, ces communes ne sont pas à l'abri d'un effet tsunami, lié à un séisme en mer ;
  • Zone Ia : Risque très faible. Concerne essentiellement les communes comprises dans une bande allant de la montagne Sainte-Victoire au massif de l'Esterel ;
  • Zone Ib : Risque faible. Ce risque le plus élevé du département (qui n'est pas le plus haut de l'évaluation nationale), concerne 21 communes du nord du département.

La commune de Brue-Auriac est en zone sismique de très faible risque « Ia »[1].


Toponymie[modifier | modifier le code]

Auriac est un nom de domaine gallo-romain formé avec le suffixe -ac sur le nom de personne latin Aurius.

Histoire[modifier | modifier le code]

Village atypique, Brue-Auriac est né, au XVIIIe siècle de l’union de deux villages, Brue et Auriac et du rêve du seigneur Georges Roux de Corse, fondateur de Brue.

Jusqu’en 1751, l’actuel territoire de Brue-Auriac est, plus ou moins, divisé en trois fiefs : le Val de Brue, Auriac, et St Estève, dont on retrouve des traces dès 1252. Ces territoires sont alors tous trois dirigés par la Foulque III de Pontevès, ils resteront sous la domination des Pontevès jusqu’en 1666, date à laquelle Henri de Laurens achète le Val de Brue à François Simiane de Pontevès. En 1720, François Nicolas Dupin, alors conseiller royal, le rachète aux Laurens. En 1746, Georges Roux, dit le Corse, achète, une fois de plus, le Val de Brue et les terres qui l’entourent, il est alors parsemé de bastides isolées comptant une centaine d’habitants. Le 6 août 1750, la première pierre du nouveau village de Bruéè est posée. Le hameau de St Estève sera rattaché à Auriac le 3 juillet 1751 En 1765, l’agglomération culmine à 832 habitants. Elle se développe grâce à ses industries de soie, de faïence et de drap. Les deux villages de Brue et Auriac ne sont définitivement rattachés qu’en 1840.

Faits historiques[modifier | modifier le code]

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Brue-Auriac

Les armes peuvent se blasonner ainsi :

D'argent à la bande d'azur.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1840 1844 M. Gaspard FOUQUE   - style="vertical-align: top" 1844 1849 M. Jean-Baptiste TIVEL   - style="vertical-align: top" 1849 1856 M. Jean CLAPIER   - style="vertical-align: top" 1856 1861 M. Maurice CALVIN   - style="vertical-align: top" 1861 1865 M. Augustin CROUZET   - style="vertical-align: top" 1865 1870 M. Maurice CALVIN   - style="vertical-align: top" 1870 1871 M. Mathieu GUIGOU   - style="vertical-align: top" 1871 1874 M. Eugène FLORENS   - style="vertical-align: top" 1874 1876 M. Maurice CALVIN   - style="vertical-align: top" 1876 1878 M. Eugène TRUC   - style="vertical-align: top" 1878 1879 M. Antonin MOUTTET   - style="vertical-align: top" 1879 1880 M. Marius RECOUS   - style="vertical-align: top" 1880 1881 M. Marius CHAILAN   - style="vertical-align: top" 1881 1896 M. Antonin MOUTTET   - style="vertical-align: top" 1896 1904 M. Louis AUMAGE   - style="vertical-align: top" 1904 1919 M. Célestin CODONNEL   - style="vertical-align: top" 1919 1930 M. Antoine MOISSON   - style="vertical-align: top" 1930 1944 M. Paul GUIGOU   - style="vertical-align: top" 1944 1957 M. Albert REYNIER   - style="vertical-align: top" 1957 1959 M. Jean DOUDON   - style="vertical-align: top" 1959 1965 M. Marceau MOISSON   - style="vertical-align: top" 1965 1989 M. Georges JEAN   - style="vertical-align: top" 1989 1995 M. Robert HUGOU   - style="vertical-align: top" 1995 2001 M. Guy CODONNEL   - style="vertical-align: top" 2001 2014 M. André ROUSSELET   - style="vertical-align: top" 2014 En cours M. André ROUSSELET    

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[2]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[3].

En 2016, la commune comptait 1 343 habitants[Note 1], en augmentation de 11,18 % par rapport à 2011 (Var : +4,25 %, France hors Mayotte : +2,44 %).
Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
259314323407396463558564503
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
536565582529527486427438439
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
471450436507508514508422432
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2010 2015
3964253804296308881 1211 2101 322
2016 - - - - - - - -
1 343--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[4] puis Insee à partir de 2006[5].)
Histogramme de l'évolution démographique

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Georges Roux de Corse, marquis de Brue La vie de cet armateur marseillais a provoqué la naissance d'une véritable légende. Georges Roux de Corse peut-être considéré, à juste titre, comme l'une des figures marquantes de la vie économique marseillaise du XVIIIe siècle. Né en Corse, en 1703, il s'établit à Marseille en 1727 à son retour de la Martinique. Pendant quarante ans il commerça avec les Antilles et participa largement à leur mise en valeur. Nous savons aussi qu'il pratiqua la traite des esclaves. En 1730, il contribua à introduire en France le café, dont la culture débutait alors aux îles, et à faire de Marseille la place de redistribution de cette marchandise dans tout le bassin méditerranéen. Ses affaires l'amenèrent à armer de nombreux navires. Sa fortune lui permit d'acheter en 1746 la terre de Brue sur laquelle il édifia une ville neuve, avec son château et son église. Le pigeonnier de Brue est le vestige le plus monumental d’une utopie réalisée : de 1746 à 1758, Roux de Corse défricha, planta, fit venir des paysans ; il créa un centre manufacturier avec tuilerie, faïencerie, ateliers de tissage et de confection, magnanerie, commerces. Un système économique complet et clos dans lequel la monnaie fut remplacée par des cartes et jetons de cuir à son effigie ! Premier échevin de Marseille en 1744 puis en 1765, il s'efforça d'assainir les finances de la ville. Chevalier de Saint-Michel en 1749, anobli en 1750 avec le titre de marquis de Brue, conseiller d'État en 1765, il était au faite de sa prospérité et des honneurs lorsque la perte, coup sur coup, de trois de ses navires, marqua le commencement de sa décadence. Les courtiers de commerce dont il avait cherché à amoindrir l'influence, se retournèrent contre lui, firent saisir ses biens, y compris les terres de Brue, mais furent, à leur tour, entraînés dans la faillite en 1774. Georges Roux mourut ruiné, à Brue, au début de la Révolution en 1792. Sa fortune, son faste, sa générosité avaient fait de lui un moment l'un des personnages phares de Marseille. De cette prospérité il nous reste aujourd'hui à Brue, un pigeonnier, une église et un cours qui porte son nom, et à Marseille, l'hôtel de la rue Montgrand, construit par son frère André vers 1740, où il donna des fêtes magnifiques. Cet hôtel fut le siège de la préfecture des Bouches-du-Rhône de 1805 à 1860, avant de devenir en 1890, un lycée, le lycée Montgrand.

Manifestations culturelles et festivités[modifier | modifier le code]

  • Fête de la Saint-Georges (fin mai).
  • 13 juillet grand feu d'artifice et grillades.
  • 14 août repas traditionnel sur le cours.
  • Fin juin fête de la Musique.
  • Fin avril Foire aux Bestiaux.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Le pigeonnier

Il doit sa création à Georges Roux de Corse en 1754. C'est une tour cylindrique de 22,50 mètres de haut et plus de 12 mètres de diamètre. Les pigeonniers, qu’ils soient isolés comme celui de Brue-Auriac ou incorporés aux bâtiments de ferme, étaient un élément essentiel de la vie quotidienne provençale. En effet, ils constituaient un garde-manger de grand intérêt et permettaient la constitution d’un engrais très appréciable. Avant la Révolution, la structure des pigeonniers indique la qualité de leurs propriétaires. Ainsi, seuls les pigeonniers seigneuriaux pouvaient être « à pied », c'est-à-dire ceux pour lesquels les nids de pigeons étaient bâtis du rez-de-chaussée au sommet de l’édifice. C’est le cas du pigeonnier de Brue-Auriac. Ce type « seigneurial » s’opposait au pigeonnier simplement situé dans la partie supérieure d’un bâtiment, système le plus communément utilisé. De plus, seuls les seigneurs pouvaient avoir des pigeonniers avec meurtrières et créneaux et, ce, pour éviter que tout autre pût faire de cette architecture un élément défensif. Le pigeonnier de Brue-Auriac, le plus grand recensé en France du XVIIIe siècle, est construit sur un plan circulaire, de manière à pouvoir installer une échelle tournante permettant d’accéder individuellement à chacun des nids appelés « boulins » : un arbre vertical élevé au centre de la tour soutenait une échelle verticale ou inclinée se déplaçant à une faible distance de la paroi.

Le pigeonnier est classé monument historique.


  • La Maganerie

L’élevage des vers à soie (magnans) permettait un complément de revenus pour les villageois. Le Var était un département séricicole important : en 1896, on comptait 9555 éleveurs. Les familles élevaient les vers à soie dans des pièces inoccupées de la maison, dans les greniers et parfois même cédaient leurs pièces de vie pendant les cinq à six semaines d’éclosion. Certaines fermes avaient des magnaneries réservées à cet usage. Afin de permettre aux œufs d’éclore plus rapidement, les femmes les plaçaient dans la chaleur de leur corsage. Après leur naissance, les vers étaient placés des canisses et nourris avec des feuilles de mûriers. Ils bâtissaient par la suite leurs cocons sur des branchages. Une fois décrochés, ils étaient « débavés » c'est-à-dire que la soie qui entoure le cocon (la bave ou la bourre) était retirée. Elle était alors envoyée dans les filatures : en 1840, on en comptait vingt-huit dans le Var.

Dès 1757, Georges Roux de Corse installe une fabrique à organiser les soies qui compte deux moulins et, rapidement, devient une véritable manufacture. En 1766, elle comporte ainsi 23 grands moulins et peut se vanter d’un chiffre d’affaires conséquent : 360 000 livres. Le fil de soie, ainsi produit, approvisionne par la suite les filatures lyonnaises. En parallèle, le village se dote de trois tanneries, une chapellerie (20 ouvriers à l’année, 12 000 chapeaux par an), deux fabriques de cadis (draps de laine grossiers) une fabrique de siamoise et de mouchoirs, une manufacture de toile à voile, une faïencerie (12 ouvriers en 1763) ainsi qu’une installation de teinturerie. L’ensemble de ces activités favorise le développement démographique et économique du village.

Cet édifice est classé et inscrit sur la liste des monuments historiques depuis 1971.

Galerie[modifier | modifier le code]


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. L’Etat dans le Var-Préfecture de Toulon (83), « L’Etat dans le Var - Préfecture de Toulon (83) », sur www.var.gouv.fr, (consulté le 2 février 2019)
  2. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  3. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  4. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  5. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015 et 2016.

Pour appronfondir[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jaques Martin-Laval, Si Brue m'était conté, 149 p., p. 10 à 25
  • Charles Carrière, Georges Roux de Corse, l'histoire d'un armateur marseillais


Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2019, millésimée 2016, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2018, date de référence statistique : 1er janvier 2016.