Magnanerie

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Magnanerie
Lussan 03.jpg
Ancien mas-magnanerie
du centre du village de Lussan, dans le Gard.

Une magnanerie ou magnanière (de l'occitan magnan, qui désigne le ver à soie du bombyx du mûrier) est un ancien lieu d'exploitation de sériciculture traditionnelle, c'est-à-dire l'élevage du ver à soie[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Ancienne magnanerie de Mirabeau, dans le massif du Luberon.

La dénomination magnanière peut également être rencontrée pour désigner le bâtiment destiné à la sériciculture d'une exploitation agricole (ou d'un mas provençal). Les exploitants sont appelés des magnaniers ou des magnanarelles ou magnarelles, au féminin.

Ancienne magnanerie de La Bastidonne, dans le Vaucluse.

Les magnaneries se développent en France à la fin du XVIe siècle grâce à l'illustre agronome français Olivier de Serres, qui créé sa ferme modèle sur son domaine du château du Pradel, en Ardèche. Il introduit alors la culture du mûrier pour la matière première et obtiendra à la fin du siècle du roi de France Henri IV, un développement à grande échelle de cette culture, avec la plantation de 4 millions de mûriers en Ardèche, Dauphiné et Cévennes, pour alimenter les vers à soie bombyx du mûrier de l'importante industrie de production de soie naturelle qui se développe alors (cf. histoire de la soie)[2],[3].

La magnanerie est en général un bâtiment à deux étages, avec un cellier voûté au rez-de-chaussée pour emmagasiner des feuilles de mûrier. Les étages supérieurs sont occupés par des rangées de claies d’élevage des vers à soie, tenus à bon niveau de température par des poêles à bois.

Les magnaneries provençales sont situées principalement dans les départements de l'Ardèche, du Gard, du Vaucluse et de la Lozère. La soie produite est ensuite exportée vers la région lyonnaise pour être tissée par des canuts lyonnais sur des métiers à tisser (cf. histoire de la soierie à Lyon).

Musées[modifier | modifier le code]

À la suite de l'invention de la soie artificielle (viscose) au XIXe siècle, et au développement de son industrie, l'élevage du ver à soie pour la production du fil de soie a totalement disparu en France. Quelques magnaneries artisanales traditionnelles subsistent malgré tout, à ce jour, à titre de magnanerie-musée et écomusée de l'histoire de la sériciculture traditionnelle, pour amateurs et touristes, dont :

Cinéma, musique et littérature[modifier | modifier le code]

École et lycée[modifier | modifier le code]

  • Lycée technique des Magnanarelles, aux Arcs dans le Var.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. [vidéo] Sciences - Le ver à soie français sur YouTube
  2. « L'Ardèche et le ver à soie : une histoire racontée au musée-magnanerie de Lagorce », sur france3-regions.francetvinfo.fr (consulté en ).
  3. « Musée de la soie de Saint Hippolyte du Fort », sur www.museedelasoie-cevennes.com (consulté en ).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]