Col du Galibier

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Col du Galibier
Image illustrative de l'article Col du Galibier
Le col du Galibier en arrivant par le nord
Altitude 2 642[1] m
Massif Massifs des Arves (ouest)
et des Cerces (est)
Coordonnées 45° 03′ 51″ N 6° 24′ 31″ E / 45.064258, 6.408617 ()45° 03′ 51″ Nord 6° 24′ 31″ Est / 45.064258, 6.408617 ()[1]
Pays Drapeau de la France France
Vallée Vallée de la Guisane
(sud)
Vallée de la Valloirette
(nord)
Ascension depuis Col du Lautaret Valloire
Déclivité moy. 7,4 % 7 %
Déclivité max. 12,1 % 11,8 %
Kilométrage 8,5 km 18,1 km
Accès D902 D902
Fermeture hivernale mi-octobre à fin mai

Géolocalisation sur la carte : Hautes-Alpes

(Voir situation sur carte : Hautes-Alpes)
Col du Galibier

Géolocalisation sur la carte : Savoie

(Voir situation sur carte : Savoie)
Col du Galibier

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Col du Galibier

Le col du Galibier est un col routier des Alpes françaises situé à 2 642 m d'altitude entre les départements de la Savoie au nord et des Hautes-Alpes au sud. Il relie ainsi Saint-Michel-de-Maurienne via le col du Télégraphe, à Briançon et La Grave via le col du Lautaret. Ce col est fermé à la circulation l'hiver.

Situé entre le massif des Arves et le massif des Cerces, en particulier le chaînon du Galibier, il est le cinquième plus haut col routier des Alpes françaises, après le col de l'Iseran (2 770 mètres), le col Agnel (2 744 mètres), le col de la Bonette (2 715 mètres) et le col de Restefond (2 680 mètres).

Les changements de tracé[modifier | modifier le code]

Vue de l'entrée sud du tunnel et du chalet du Galibier.

La route du Galibier est construite à partir de 1880, et est achevée par le percement du tunnel sommital en 1891[2].

Cette route a par la suite subi de nombreux travaux, le tracé a été modifié à plusieurs reprises, avec pour résultat des appréciations différentes de la difficulté de ce col selon l'époque.

Avant 1976, le tunnel était le seul point de passage au sommet, à une altitude de 2 556 m. À cause de sa vétusté, le tunnel a été fermé en 1976. Un nouveau tracé a alors été construit, franchissant le col topographique et ajoutant sur chaque versant 1 km de route nouvelle à près de 10 % de moyenne. Depuis 2002, le tunnel rénové est rouvert au trafic automobile, mais toujours interdit aux vélos qui doivent toujours franchir le vrai col et ne peuvent pas escamoter le dernier kilomètre, le plus dur de l'ascension (L'ouvrage a une longueur de 370 mètres pour une largeur de 4 mètres qui autorise seulement une circulation alternée par feux tricolores).

Le tracé de la route sur le versant sud était totalement différent jusqu'en 1947, date de la construction des tunnels paravalanches entre Briançon et le col du Lautaret. L'ancienne route était à l'est de la route actuelle et présentait une pente nettement plus forte (les six derniers kilomètres à presque 10 %)[3]. L'ancien et le nouveau tracé ne se croisent jamais avant le monument Henri Desgrange.

Sur son versant nord, la rampe de Bonnenuit, entre Valloire et le Plan Lachat, qui présentait une déclivité de 14 %[4], a été adoucie par la création d'une longue boucle qui contourne le hameau, le long de la rivière, atténuant considérablement la difficulté du tronçon précédant le Plan Lachat.

Cyclisme[modifier | modifier le code]

Profil[modifier | modifier le code]

Le col est accessible en été depuis ses deux versants nord et sud. Le tunnel proche du sommet est interdit aux cyclistes.

Versant nord[modifier | modifier le code]

Profil du versant nord depuis Saint-Michel-de-Maurienne.

Depuis Saint-Michel-de-Maurienne, la longueur de l'ascension est d'environ 34,5 km à 6,6 % de moyenne. Cela implique d’abord de grimper le col du Télégraphe, soit 11,8 km à 7,3 %, puis de descendre sur Valloire, soit 4,8 km à 2,8 %, avant d'entamer la montée vers le col du Galibier, soit 17,9 km à 6,8 %.

Dès le départ de Saint-Michel-de-Maurienne, on aperçoit déjà le fort du Télégraphe plus haut. On entre ensuite dans la commune de Saint-Martin-d'Arc, depuis la sortie de laquelle on domine déjà Saint-Michel-de-Maurienne. Les premiers kilomètres du col du Télégraphe affichent une déclivité de 8 % alors que l’ascension, après avoir traversé communes et hameaux pendant les trois premiers kilomètres, s’effectue maintenant dans la forêt. Plus tard, on laisse la route à gauche menant à Valmeinier et on continue tout droit vers le Télégraphe. La pente se radoucit une première fois avec 5,5 % au niveau d’un buste sur le côté gauche de la route. Les trois derniers kilomètres du col du Télégraphe ont une moyenne de 6,5 % selon un panneau indicateur rond, ce qui est moins dur que les premiers kilomètres. À 100 mètres du sommet du col du Télégraphe, on peut apprécier le panorama sur Saint-Michel-de-Maurienne, l’autoroute A43 et les petits villages plus élevés. Le sommet du col du Télégraphe, à 1 566 m d’altitude, est marqué par des panneaux d’information en bois et un restaurant, le Relais du Télégraphe. Le petit bémol du col du Télégraphe est sa forte circulation automobile, assez importante jusqu’à Valloire. Il faut ensuite descendre sur 136 m de dénivelé jusqu’à Valloire en traversant des petits hameaux.

À la sortie de Valloire, station située à environ 1 445 m d’altitude, il reste 17 km à 6,9 % jusqu’au col du Galibier. La sortie de la station présente une pente supérieure à 8 % mais, à la sortie du hameau des Verneys, 2 km plus loin, on trouve 2 km de replat où il est possible de rouler sur le grand plateau. On arrive au hameau de Bonnenuit et, jusqu’au lieu-dit « Plan Lachat », la déclivité est d'environ 5 à 8 % alors que l’on suit un petit ruisseau d’altitude. Le passage au Plan Lachat, à côté du bar, constitue un court replat dont il faut profiter car la suite s’annonce beaucoup plus dure. En effet, après le passage d'un petit pont, la route grimpe beaucoup plus nettement et il reste 8 km à 8,5 % de moyenne à effectuer alors que l’on dépasse peu après les 2 000 m d’altitude qui peuvent s'avérer être difficiles pour ceux qui ne sont pas habitués à la montagne. À partir de là, on entre dans un décor de verdure et de rochers sans aucun bâti sauf au niveau des granges du Galibier à 5 km du sommet.

Un kilomètre après le Plan Lachat, un panneau rond indique 9 % pour le kilomètre suivant. Les cyclistes enchaînent les lacets, il y a peu de répit sauf 1 km à 6,5 % plus tard. Alors qu’il reste 3 km à grimper, on aperçoit le sommet du col du Galibier dans les rochers. En été, il arrive qu’il y ait encore quelques congères de neige sur les côtés de la route. Certains passages paraissent proches de 10 %, notamment au passage des granges du Galibier ou sur certains lacets des ultimes kilomètres. À 1 km de l’arrivée, on arrive devant le tunnel du Galibier, à 2 556 m et on passe devant une auberge. Pour aller au col du Galibier, il ne faut pas emprunter ce tunnel mais prendre la route à gauche avec un dernier km à 8,6 % de moyenne. On arrive ainsi à 2 642 m d’altitude.

Versants sud-est et sud-ouest[modifier | modifier le code]

L'accès par le sud comprend deux routes qui viennent l'une de Briançon, l'autre de Bourg-d'Oisans et se rejoignent au col du Lautaret.

Par le versant sud-est, depuis Briançon, l'ascension totalise 37 km. Mais les 14 premiers kilomètres jusqu'au Monêtier offrent un quasi faux plat, ne dépassant pas les 3 %. Les 14,5 km suivants jusqu'au col du Lautaret à 2 058 m d'altitude grimpent un peu plus mais cela reste modeste, avoisinant les 4 et 5 %. De là, il reste environ 8 km un peu plus difficiles notamment le dernier kilomètre à partir de la stèle dédiée à Henri Desgrange puisque ce dernier km est à 9 % de moyenne avec un passage à 12 %.

Il est également possible d'effectuer l'ascension par le versant sud-ouest, depuis Le Bourg-d'Oisans. L'ascension est alors de 42,8 km à 4,5 % de moyenne.

Passages du Tour de France[modifier | modifier le code]

Panneau indicateur de l'altitude au col avec les « trophées » de certains cyclistes amateurs.

Indiqué à 2 645 m par la voirie, mais avec une altitude réelle de 2 642 m[1], le col est fréquemment le point le plus élevé du Tour de France, bien que dépassé en absolu par le col de la Bonette (2 802 m au sommet de la route faisant le tour de la cime de la Bonette), le col de l'Iseran (2 764 m) et le col Agnel (2 744 m).

Le col du Galibier a été franchi au total à 59 reprises par le Tour de France, dont 34 depuis 1947, ce qui en fait le col alpestre le plus souvent emprunté par l'épreuve, loin cependant derrière les plus grands cols pyrénéens, Tourmalet en tête avec 77 passages en 2011. Il est classé hors catégorie depuis 1979. Son passage en 1996 a été neutralisé en raison de la neige[5]. En 2011, pour le centenaire du passage au sommet, les coureurs font l'ascension du col à deux reprises, par deux versants différents. La 18e étape offre même l'arrivée la plus haute de l'histoire de l'épreuve[6]. Elle dépasse celle réalisée lors de la 17e étape de l'édition 1986 au col du Granon (2 413 m), également situé dans la vallée de la Guisane.

Voici les coureurs qui ont franchi le col en tête[7] :

Année Coureur Pays Cat.
1911 Émile Georget Drapeau de la France France -
1912 Eugène Christophe Drapeau de la France France -
1913 Marcel Buysse Drapeau de la Belgique Belgique -
1914 Henri Pélissier Drapeau de la France France -
1919 Honoré Barthélémy Drapeau de la France France -
1920 Firmin Lambot Drapeau de la Belgique Belgique -
1921 Honoré Barthélémy Drapeau de la France France -
1922 Émile Masson Drapeau de la Belgique Belgique -
1923 Henri Pélissier Drapeau de la France France -
1924 Bartolomeo Aimo Drapeau de l'Italie Italie -
1925 Lucien Buysse Drapeau de la Belgique Belgique -
1926 Omer Huyse Drapeau de la Belgique Belgique -
1927 Antonin Magne Drapeau de la France France -
1928 Auguste Verdyck Drapeau de la Belgique Belgique -
1929 Gaston Rebry Drapeau de la Belgique Belgique -
1930 Pierre Magne et
Benoît Faure
Drapeau de la France France -
1931 Jef Demuysere Drapeau de la Belgique Belgique -
1932 Francesco Camusso Drapeau de l'Italie Italie -
1933 Vicente Trueba Drapeau de l'Espagne Espagne -
1934 Federico Ezquerra Drapeau de l'Espagne Espagne -
1935 Gabriel Ruozzi Drapeau de la France France -
1936 Federico Ezquerra Drapeau de l'Espagne Espagne -
1937 Gino Bartali Drapeau de l'Italie Italie -
1938 Mario Vicini Drapeau de l'Italie Italie -
1939 Dante Gianello Drapeau de la France France -
Année Coureur Pays Cat.
1947 Fermo Camellini Drapeau de l'Italie Italie 1re
1948 Lucien Teisseire Drapeau de la France France 2e
1952 Fausto Coppi Drapeau de l'Italie Italie 1re
1954 Federico Bahamontes Drapeau de l'Espagne Espagne 1re
1955 Charly Gaul Drapeau du Luxembourg Luxembourg 1re
1957 Marcel Janssens Drapeau de la Belgique Belgique 1re
1959 Charly Gaul Drapeau du Luxembourg Luxembourg 2e
1964 Federico Bahamontes Drapeau de l'Espagne Espagne 1re
1966 Julio Jiménez Drapeau de l'Espagne Espagne 1re
1967 Julio Jiménez Drapeau de l'Espagne Espagne 1re
1969 Eddy Merckx Drapeau de la Belgique Belgique 1re
1972 Joop Zoetemelk Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas 1re
1973 Luis Ocaña Drapeau de l'Espagne Espagne 1re
1974 Vicente López Carril Drapeau de l'Espagne Espagne 1re
1979 Lucien Van Impe Drapeau de la Belgique Belgique HC
1980 Johan De Muynck Drapeau de la Belgique Belgique HC
1984 Francisco Rodríguez Drapeau de la Colombie Colombie HC
1986 Luis Herrera Drapeau de la Colombie Colombie HC
1987 Pedro Muñoz Drapeau de l'Espagne Espagne HC
1989 Gert-Jan Theunisse Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas HC
1992 Franco Chioccioli Drapeau de l'Italie Italie HC
1993 Tony Rominger Drapeau de la Suisse Suisse HC
1996 Passage neutralisé HC
1998 Marco Pantani Drapeau de l'Italie Italie HC
1999 José Luis Arrieta Drapeau de l'Espagne Espagne HC
Année Coureur Pays Cat.
2000 Pascal Hervé Drapeau de la France France HC
2002 Santiago Botero Drapeau de la Colombie Colombie HC
2003 Stefano Garzelli Drapeau de l'Italie Italie HC
2005 Alexandre Vinokourov Drapeau du Kazakhstan Kazakhstan HC
2006 Michael Rasmussen Drapeau du Danemark Danemark HC
2007 Mauricio Soler Drapeau de la Colombie Colombie HC
2008 Stefan Schumacher Drapeau de l'Allemagne Allemagne HC
2011 (1) Andy Schleck Drapeau du Luxembourg Luxembourg HC
2011 (2) Andy Schleck Drapeau du Luxembourg Luxembourg HC
Monument dédié à Henry Desgrange sur le versant sud, à 1 km du sommet

Depuis 1949, sur le versant sud, à la sortie du tunnel, s'élève le monument Henri Desgrange (réalisé par l'architecte Alexandre Audouze-Tabourin[8]), grand champion cycliste de la fin du XIXe siècle et instigateur du Tour de France en 1903[5], qui donne lieu à une récompense pour le coureur passant en tête au col lors de cette course. Henri Desgrange écrira dans L'Auto au soir de la première ascension du col au cours du Tour de France ces quelques mots : « Oh ! Sappey ! Oh ! Laffrey ! Oh ! Col Bayard ! Oh ! Tourmalet ! je ne faillirai pas à mon devoir en proclamant qu'à côté du Galibier vous êtes de la pâle et vulgaire bibine : devant ce géant, il n'y a plus qu'à tirer son bonnet et à saluer bien bas !... »[9],[10]

Tour d'Italie[modifier | modifier le code]

Stèle Marco Pantani, aux Granges du Galibier

Pour la 96e édition du Giro, une arrivée au sommet du col est prévue le 19 mai 2013 avec une ascension par le versant nord savoyard. Toutefois, l'abondance de neige résiduelle oblige les organisateurs à juger l'arrivée aux Granges, à côté du monument dédié à Marco Pantani, quatre kilomètres avant le col, encore fermé a la circulation, et à restreindre le public en dessous de Plan Lachat[11]. C'est Giovanni Visconti qui remporte l'étape en échappée en résistant à ses poursuivants alors que Vincenzo Nibali, à moins d'une minute derrière, contrôle ses rivaux au classement général.

Panorama au sommet[modifier | modifier le code]

Un peu plus haut que le col se trouve une table d’orientation à 2 704 m érigée par le parc national des Écrins en 1988. De là, on peut voir les glaciers de la Barre des Écrins[12] et de la Meije (massif des Écrins) au sud, le mont Blanc aussi, une des Aiguilles d'Arves, le pic de Rochebrune (massif du Queyras) au sud-est plus loin et enfin le Grand Galibier (3 229 m).

Vue panoramique du col vers le nord.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Daniel Friebe et Pete Golding, Sommets mythiques : Cyclisme, les 50 cols incontournables d'Europe, GEO,‎ 2012, 224 p. (ISBN 978-2-8104-0296-0), p. 190-195

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Coordonnées identifiées à l'aide de Géoportail et carte IGN à l'échelle 1:20 000
  2. Écomusée du pays de la Roudoule, La Route des Grandes Alpes, Édition de l’écomusée du pays de la Roudoule, Puget-Rostang (ISSN 1246-1938), p 15
  3. Dossier sur le col du Galibier
  4. Philippe Bouvet, Philippe Brunel, « Galibier, le monstre sacré », L’Equipe, cols mythiques du Tour de France, mars 2005, p. 43
  5. a et b (fr) Le dico du Tour - Le col du Galibier dans le Tour de France depuis 1947
  6. Le tour 2011, étape par étape, 18e étape (site de l'organisateur).
  7. (fr) Le col du Galibier
  8. « Piscine du Rhône, Centre nautique - dossier IA69000630 réalisé en 2001 », sur patrimoine.rhonealpes.fr.
  9. Henri Desgrange, « Acte d'Adoration », L'Auto, 10 juillet 1911
  10. « Galibier l'éternel », sur letour.fr
  11. 15e étape du Giro : pas de spectateur dans le Galibier, sur Le Dauphiné libéré, consulté le 19 mai 2013
  12. Philippe Bouvet, Philippe Brunel, « Galibier, le monstre sacré », L’Equipe, cols mythiques du Tour de France, mars 2005, p. 40