Tramway de Grenoble

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Tramway de Grenoble
Image illustrative de l'article Tramway de Grenoble
Une rame Citadis 402 et une rame TFS se croisant près de la gare de Grenoble

Situation Grenoble, Rhône-Alpes
Drapeau de la France France
Type Tramway
Entrée en service 1987
Longueur du réseau 29,6 km
Longueur additionnée des lignes 33,6 km
Lignes 4
Stations 63
Rames 103
Fréquentation 210 330 voyageurs/jour (2009)
Écartement des rails 1 435 mm
Propriétaire SMTC Grenoble
Exploitant Sémitag
Vitesse maximale 60 km/h
Lignes du réseau  A  B  C  D  E

Image illustrative de l'article Tramway de Grenoble
Carte du réseau

Le tramway de Grenoble est un réseau de tramway qui dessert la ville de Grenoble et une partie de son agglomération. Le premier réseau de tramway remonte à la fin du XIXe siècle; il était constitué de lignes urbaines et suburbaines qui reliaient Grenoble aux villes environnantes. L'importance croissante des transports individuels a mené à sa disparition en 1952.

Le 29 octobre 1971, l'ancienne société exploitante, la société grenobloise de tramways électriques (SGTE), engage la 1re étude de création d'un réseau de tramway à Grenoble. En 1975, dans le cadre du concours Cavaillé, la ville de Grenoble est invitée à étudier un projet de réintroduction du tramway qui aboutira en 1987 à l'ouverture de la ligne A. Grenoble devient ainsi la deuxième ville de France à avoir réintroduit le tramway dans son paysage urbain après Nantes.

Le réseau actuel a une longueur de 33,6 km et comporte quatre lignes : la ligne A inaugurée en 1987, la ligne B en 1990, la ligne C en 2006 et la ligne D en 2007, auxquelles viendra s'ajouter une cinquième ligne, la ligne E, actuellement en construction. Avec le TFS, il est le premier tramway au monde à être accessible aux personnes à mobilité réduite[1].

Ancien réseau[modifier | modifier le code]

La place Grenette, point de départs des lignes de la SGTÉ
Article détaillé : Ancien tramway de Grenoble.

Le premier réseau de tramway urbain et suburbain que connait Grenoble est construit à l'écartement métrique. Il apparait en 1897 et est exploité par la société grenobloise de tramways électriques. Ce réseau a aujourd'hui totalement disparu.

À cette époque de croissance industrielle et démographique, les anciens modes de transports hippomobiles, fiacres et omnibus, mis en place depuis la fin du XVIIIe siècle, ne suffisent plus à assurer les dessertes urbaines. Les lignes de tramway urbaines et suburbaines vont se développer continuellement jusque dans les années 1920, avant de décliner lentement, avec la montée en puissance de nouveaux modes de circulations, tels l'autobus, le trolleybus et la voiture individuelle. Le tramway cesse définitivement de circuler le 31 août 1952, après 56 ans de service.

Aux côtés des lignes de tramways de la SGTE ont existé deux autres lignes interurbaines.

  • La première, reliant Grenoble à Villard-de-Lans est financée par le département mais tout de même exploitée par la SGTE.
  • La seconde, reliant Grenoble à Chapareillan. Totalement distincte de la SGTE, elle sera rachetée par la régie départementale des VFD en 1930.

À ces deux lignes s'ajoutent celles du réseau de la régie départementale des VFD, qui reliait la gare de Grenoble à Vizille via Uriage-les-Bains dès 1894 Bourg d'Oisans et Froges.

Tout cet ensemble formait un réseau d'environ 220 km, où le matériel de chaque compagnie, construit selon les mêmes normes, permettait les échanges de wagons entre les différents réseaux.

Réseau actuel[modifier | modifier le code]

Projet[modifier | modifier le code]

Avant et après le retour du tramway à Grenoble, ici rue Félix Poulat
  • En 1971, une première étude pour la création d'un réseau de tramway moderne est réalisée par la SGTE.
  • En 1975, le ministre des Transports Marcel Cavaillé élabore un projet de réseau de tramway pour huit villes de France, dont Grenoble.
  • En 1983, le 22 juin, le tramway est plébiscité à l'issue d'un référendum organisé par la ville de Grenoble.

Nouvel exploitant[modifier | modifier le code]

En 1962, la SGTE devient la « Société grenobloise de transports et d'entreprises », 10 après avoir mis fin à l'exploitation du tramway.

En octobre 1973, après une dégradation de la situation de la SGTE, les élus de l'agglomération grenobloise créent le SMTC afin de relancer et développer le réseau. Le SMTC se voit confier le rôle et la responsabilité d'AOT, dans l'agglomération grenobloise.

Le , trois ans avant son terme, la concession SGTE est arrêtée. Elle cède sa place à la Sémitag, qui reprend l'exploitation dès le lendemain sous le nom commercial TAG pour le compte du STMC[2].

Tramway aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Carte du réseau à fin 2007

Le SMTC, maître d'ouvrage du réseau, met à la disposition de la Sémitag, société délégataire, son matériel roulant ferroviaire, le plus important de province avec 103 rames en 2010, constitué de 53 rames TFS et 50 rames Citadis 402.

Le réseau compte 63 stations, dont 11 sont en commun à deux lignes.

  • La ligne A comporte 29 stations ; 98 700 personnes l'ont empruntée un jour ouvré d'octobre 2008[3] ;
  • La ligne B comporte 20 stations ; 64 700 personnes l'ont empruntée un jour ouvré d'octobre 2008 ;
  • La ligne C comporte 19 stations ; 48 600 personnes l'ont empruntée un jour ouvré d'octobre 2008 ;
  • La ligne D comporte 6 stations ; 5 500 personnes l'ont empruntée un jour ouvré d'octobre 2008.

En 2009, la fréquentation journalière moyenne du tramway atteint 210 330 voyageurs, soit 57 % de la fréquentation totale du réseau TAG[3].

Matériel roulant[modifier | modifier le code]

Alsthom TFS[modifier | modifier le code]

Article détaillé : TFS.

Le parc des rames TFS est composé de 53 rames numérotées 2001 à 2053 circulant sur les quatre lignes du réseau. Elles ont été mises en service par vagues successives de la manière suivante :

  • Série Grenoble 1 (rames 2001 à 2020) mise en service en 1986/1987 (1er tramway au monde à plancher bas) ;
  • Série Grenoble 2 (rames 2021 à 2035) mise en service en 1989/1990 ;
  • Série Grenoble 3 (rames 2036 à 2038) mise en service en 1992 ;
  • Série Grenoble 4 (rames 2039 à 2053) mise en service en 1995/1996.

Deux rames TFS ont voyagé jusqu'à l'étranger pour servir de rame de démonstration dans d'autres réseaux :

Deux autres (2031 et 2032) ont fait l'objet d'une modernisation et d'une révision à mi-vie respectivement en 2009 et 2010. En 2013, Bombardier remporte l'appel d'offres pour la rénovation intégrale de 38 rames TFS. La rénovation devrait durer quatre ans, les rames circuleront en priorité sur la ligne E[4].

Alstom Citadis 402[modifier | modifier le code]

Rame Alstom Citadis type 402, no 6021.
Article détaillé : Citadis.

Le parc de Citadis 402, conçu et fabriqué par le groupe Alstom, est composé de 50 rames numérotées 6001 à 6050 circulant sur les lignes A, B et C.

Comme pour les TFS, le parc de Citadis 402 est décomposé en séries, les rames Grenoble 1 (6001 à 6035) sont mises en service en 2005. En 2009, elles sont rejointes par quinze nouvelles rames, identiques aux premières et formant la série Grenoble 2 (rames 6036 à 6050). Elles sont entrées en service le 4 mai 2009, avec la mise en circulation des rames Citadis sur la ligne A.

Les rames 6018 et 6020 ont participé à l'inauguration de la ligne C, le 20 mai 2006. Elles ont reçu, pour l'occasion un pelliculage floral multicolore rappelant le slogan des travaux tram3 : « Une fleur pour l'agglomération », qui a par la suite été retiré durant l'été 2006.

Lignes[modifier | modifier le code]

Dépôt de la Sémitag à Gières, où sont stationnées les rames utilisées sur les lignes B, C et D.
Articles détaillés : Ligne A, Ligne B, Ligne C et Ligne D.

Ces lignes sont liées à deux centres de maintenance. Le dépôt d'Eybens entretient les TFS et Citadis roulant sur la ligne A (en plus de certains de bus), celui de de Gières abrite les TFS et Citadis circulant sur les lignes B, C et D.

Projets[modifier | modifier le code]

La ligne 3 a fusionné avec la ligne 1 en avril 2011 et son parcours est appelé à partiellement disparaître au profit de celui de la ligne E du tramway, dont la livraison est prévue à partir de 2014.

Prolongement de la ligne B[modifier | modifier le code]

Les travaux d'extension de la ligne B ont débuté courant 2010 afin de la prolonger de la Cité internationale (terminus actuel) vers le Polygone scientifique. La mise en service de ce tronçon comportant deux nouvelles stations est prévue pour novembre 2014[5].

Création de la ligne E[modifier | modifier le code]

La ligne E qui sera la cinquième du réseau, reliera Grenoble (par le Cours Jean Jaurès et l'Esplanade) au Fontanil-Cornillon en passant par Saint-Martin-le-Vinoux et Saint-Égrève. Pour un coût prévisionnel de 300 millions d'euros, elle remplacera une partie de la ligne 1 (la plus fréquentée du réseau de bus grenoblois et qui a fusionné avec la ligne 3 en avril 2011[6]). Sa création fit l'objet d'une enquête publique en 2010, et les travaux ont commencé en septembre 2011.

La mise en service de la ligne entre Louise Michel et Saint Martin le Vinoux Mairie est prévue pour le 28 juin 2014.

La ligne E sera prolongée entre Saint Martin le Vinoux et Fontanil-Cornillon Palluel pour l'été 2015.

Prolongement de la ligne A[modifier | modifier le code]

Suite à la conduite de plusieurs études préalables, la ligne A, première ligne de l'agglomération, sera prolongée de deux stations après son actuel terminus Denis Papin et desservira la commune du Pont-de-Claix d'ici à la fin de l'année 2017[7],[8],[9].

À l'étude ou envisagés[modifier | modifier le code]

  • Prolongement de la ligne D et desserte de Meylan : la possibilité d'étendre le réseau de tram à Meylan, cinquième ville de l'agglomération en termes d'habitants, a été plusieurs fois évoquée, mais aucun projet n'a encore été lancé[10].
  • Ligne F : Le Dauphiné libéré évoque en décembre 2012 la possibilité technique de créer une ligne F qui ferait circuler les tramways en boucle dans Grenoble en utilisant des parcours combinés des lignes E, puis C et A sans avoir à réaliser de très gros travaux[11].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Ouvrages :
    • Jean-Marie Guétat, William Lachenal et Georges Muller, Du Tram au TAG, La Vie du Rail, 1987.
    • Henri Boyer et Patrice Bouillin, Les Voies ferrées du Dauphiné, P. Bouillin, Grenoble, 1983.
    • Dominique Allemand et Patrice Bouillin, Le Tramway de Grenoble à Chapareillan, P. Bouillin, Grenoble, 1985.
    • Philippe Guirimand et Patrice Bouillin, Le Tramway de Grenoble à Villard-de-Lans, P. Bouillin, Grenoble, 2000.
    • René Courant, Le Temps des Tramways, Éditions du Cabri, Breil-sur-Roya, 1980.
    • François Laisney, Atlas du tramway dans les villes françaises, Paris, Éditions Recherches,‎ 2012, 422 p. (ISBN 978-2-86222-067-3, présentation en ligne), p. 106-127
  • Revues :
    • Connaissance du Rail, numéros hors-séries de 2006 et 2008, et divers articles dans les numéros normaux.
    • Connaissance du Rail, numéro spécial 344-345 « Les tramway français en 2009 », paru en décembre 2009.
    • La Vie du Rail et La Vie des Transports, différents articles parus.
    • Strassenbahn Magazin, revue allemande spécialisée dans les tramways, articles sur les tramways de Grenoble.

Lien externe[modifier | modifier le code]