Poma 2000 de Laon

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Poma 2000
Image illustrative de l'article Poma 2000 de Laon

Situation Laon, Aisne
Type Mini-métro
Entrée en service 1989
Longueur du réseau 1,5 km
Lignes 1
Stations 3
Rames 4 cabines
Fréquentation 1 500 000 voyageurs (2009)
Propriétaire Ville de Laon
Exploitant Tul
Vitesse moyenne 35 km/h
Réseaux connexes Gare de Laon

Image illustrative de l'article Poma 2000 de Laon

Le Poma 2000 de Laon, également appelé le Poma, est un système de transport guidé léger automatique sur pneus de type people-mover, dérivé de la technologie du funiculaire et mis au point par la société Pomagalski. Il s'agit du prototype d'un mini-métro.

Depuis 1989, ce moyen de transport est opérationnel dans la ville de Laon, située dans le nord-est de la France, pour relier le quartier de la gare et la ville-haute. En 2009, il a subi quelques rénovations pour un montant de 9 600 000 euros[1]. La nouvelle cabine, comprenant la nouvelle livrée, a été inaugurée le 4 février 2009, soit 20 ans jour pour jour après la première mise en service du POMA.

Historique[modifier | modifier le code]

Le tramway à crémaillère de Laon[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Tramway de Laon.

Une ligne de tramway à crémaillère permettant de relier la gare de Laon à la ville haute est mise en service en 1899 et n'est arrêtée que le 27 janvier 1971[2].

Transition[modifier | modifier le code]

À la suite de la disparition du tramway, un service de 6 lignes de bus apparaît pour assurer le voyage. Mais le voyage en bus n'est pas du tout apprécié par les habitants, car celui-ci est très inconfortable en particulier avec les nombreux virages. Le transport collectif va alors s'effondrer, et l'utilisation de transport public va diminuer de moitié.

Dès 1971, la municipalité cherche un moyen de remplacer le tramway et étudie le projet Poma 2000. En 1972, la société grenobloise Pomagalski propose un système expérimental de transport collectif. Laon est donc choisie pour mettre en œuvre ce système qui reliera la ville-basse à la ville-haute.

La Ville de Laon, au travers son maire Monsieur Aumont, souhaite réorganiser le réseau de transports urbains avec une liaison performante entre gare et la ville haute. Le mini-métro Poma apparaît comme idéal pour de nombreuses raisons : c’est un système automatique ce qui limite les besoins en personnel et donc son coût; les fréquences de dessertes sont élevées.

L’État apporte une aide financière indispensable à la Ville pour pouvoir se doter d’un système aussi perfectionné. Ensuite, Laon apparaît comme le site idéal pour une expérimentation commerciale du système Poma 2000. La dénivellation importante (zone à 130%) sur une très courte distance (1500 m) est adaptée à la technique du Poma 2000. De plus, l’infrastructure nécessaire est déjà présente (viaduc, tunnel) en reprenant le tracé de l'ancien tramway, ce qui permet de réduire coûts et temps de réalisation[3].

Création du Poma 2000[modifier | modifier le code]

Le Poma 2000
Les voies du POMA vues depuis la passerelle de la gare SNCF.

Le 16 mars 1980, le projet est déclaré d'utilité publique. Grâce à cette déclaration l'État va financer le projet à hauteur de 87,2 %. La ville de Laon est donc la tout première ville à posséder une sorte de mini-métro, le Poma 2000.

La construction du Poma 2000 va se passer en trois étapes :

  • la phase d'études
  • la phase d'expérimentation technique
  • la phase de construction et de mise à disposition de la population

Avec un départ toutes les deux minutes et demie, la durée de voyage est de trois minutes et demie contre neuf pour le tram.

C'est au bout de neuf ans que le 4 février 1989, le mini-métro est mis en service. En 1990, il transporte 867 700 voyageurs et 520 000 voyageurs en 2004[4]. Même si la nostalgie de l'ancien tramway demeure, le Poma 2000 remporte un vrai succès[5].

Le tracé du Poma reprend en partie celui du tramway à crémaillère, dont certains ouvrages d'art, comme un viaduc et un tunnel existant auparavant[6]. Au début du projet, il fut un temps envisagé d'étendre le Poma 2000 au nord au-delà des voies SNCF, vers la Cité du Nord.

L'État est intervenu financièrement et a assuré le suivi de l'opération comme il s'agissait d'une expérimentation. Sans cela, la ville de Laon n'aurait pas pu la mener à bien.

Technique[modifier | modifier le code]

Les voies du Poma 2000, posées sur le site propre de l'ancien tramway

Le Poma 2000 est un système de traction par câbles : les cabines sont accrochées à un câble par une pince située sous la cabine. Deux boucles de câble (une par section) tournant toujours dans le même sens sont entraînées par des moteurs situés dans les stations.

Le Poma 2000 circule sur une voie unique, à l'exception d'un évitement placé au milieu de chaque section ainsi qu'à la station centrale (Vaux), ce qui permet le croisement des cabines.

À chaque arrêt, les cabines se trouvent toutes simultanément dans une station et la pince relâche le câble pour reprendre le morceau de câble qui la mènera à la station suivante[7].

Le Bureau interdépartemental des remontées mécaniques et des transports guidés (BIRMTG) assure avec la DDE de l’Aisne l’exercice de ce contrôle de sécurité portant :

  • sur le suivi en exploitation de la sécurité du mini-métro Poma 2000
  • sur les visites de sécurité périodiques de l’installation
  • sur l’instruction technique et administrative des autorisations préfectorales de démarrage des futurs travaux et sur la mise en exploitation du nouveau système[8].

Les Stations[modifier | modifier le code]

      Stations Lat/Long Communes desservies Correspondances
  o   Gare 49° 34′ 12″ N 3° 37′ 30″ E / 49.57, 3.625055556 (Gare) Laon SNCF, Bus 1, 2, 3/4 et Taxitul ; P+R
    Vaux 49° 34′ 09″ N 3° 37′ 49″ E / 49.56910833, 3.630286111 (Vaux) Laon Bus 3/4 et Taxitul ; Mini-train (Train routier touristique)
  o   Hôtel de Ville 49° 33′ 55″ N 3° 37′ 14″ E / 49.56526667, 3.620636111 (Hôtel de Ville) Laon Ligne Navette (Cité médiévale)


Le Poma 2000 dessert trois stations : Gare - Vaux – Hôtel de Ville. Ces trois stations sont en service depuis l'ouverture du mini-métro en 1989, il n'y a pas eu de changement depuis. Cependant leur création est bien antérieure, puisqu'elle remonte à la mise en circulation de l'ancien tramway en 1899.

Gare[modifier | modifier le code]

Ancien tramway à crémaillère exposé devant la gare SNCF
L'ancien tramway exposé

Elle est la station principale de la ville basse, et dessert le « Forum des Trois gares » : gare SNCF, gare routière, gare des Transports urbains laonnois. De ce fait, la liaison est assurée à destination des grandes villes de Picardie, du Nord-Pas-de-Calais et de Champagne-Ardenne (lignes SNCF de Reims à Amiens et à Cambrai et de Laon à Paris-Nord et à Fourmies).
Dans cette station, l'accès à la cabine du Poma peut se faire des deux côtés.

À proximité de la gare est exposé un des anciens trains à crémaillère qui reliait auparavant la ville basse à la ville haute.

Vaux[modifier | modifier le code]

Station intermédiaire du mini-métro, elle est située dans le faubourg de Vaux, d'où elle permet la desserte de la rue commerçante Eugène Leduc. Contrairement aux deux autres stations, celle de Vaux se trouve en hauteur. La pente n'est que de 2 % de la gare à Vaux et passe à 13 % de Vaux à l'hôtel de Ville.

Cette station a aussi pour fonction de séparer de fait la ligne en deux sections, et, faisant aussi office d'évitement permettant ainsi le croisement de deux cabines[9]. La voie est simple de la gare à Vaux, mais à partir de cette dernière, elle se dédouble.

Hôtel de Ville[modifier | modifier le code]

La station de la ville haute aboutit à la place de l'hôtel de Ville, en pleine Cité médiévale. De là, les usagers accèdent aux monuments les plus anciens et les plus réputés de la ville. Une navette assure exclusivement la desserte de la Cité médiévale, en correspondance avec le Poma.

En allant vers l'hôtel de ville, le mini-métro passe par un tunnel et par le viaduc de Laon.

Exploitation[modifier | modifier le code]

Trois véhicules sont simultanément en service (un quatrième véhicule se trouve en réserve), chacun se déplaçant à 35 km/h et pouvant contenir 33 passagers. Le Poma peut accueillir 900 passagers en une heure et il y a environ 1 500 passagers par jour qui l'utilisent[10]. Le trajet total dure 3 minutes 30 secondes. Le système fonctionne de 7 h à 20 h, sauf le dimanche et les jours fériés (ou lors d'évènements tels que la fête de la musique). Durant ces périodes, un service de bus dessert le quartier de Vaux et la Gare de Laon[11]

L'exploitation est assurée par les Transports urbains laonnois (TUL). Le Poma est intégré à la tarification du réseau et librement utilisable avec les diverses formules d'abonnement[12].

La SAEMTUL a assuré l'exploitation du réseau de transport du Syndicat intercommunal des transports urbains de Laon de janvier 1982 à fin décembre 2004. Au 1er janvier 2005, la société Laon Mobilité s'est vu confier cette mission.

Tickets et abonnements[modifier | modifier le code]

En 2008, un aller-retour sur le Poma est possible par le biais d'un billet spécifique pour 1 € 10 puis 1 € 20 à partir de septembre 2011[13]. Il propose 11 tickets différents pour les bus, le Poma et autres. Il y a Ticket, Aller-retour Poma, Flash, Ticket groupe, Ticket 10, Flash 10, Ticket 1Ø, Fréquence, Campus, Campus S et le Campus $[14].

Les pannes du Poma[modifier | modifier le code]

Le 7 janvier 2009, les températures extrêmement basses ont causé une panne du mini-métro. Un premier arrêt est intervenu vers 7 heures puis le Poma a redémarré normalement avant de s'arrêter à nouveau. Des capteurs électroniques n'auraient pas supporté les températures basses. « Nous cherchons l'origine du défaut. Un des composants en station est en panne. Nous sommes donc obligés de tester chaque composant pour trouver lequel ne fonctionne pas » explique le responsable maintenance, Thierry Laurent. La société Laon Mobilités avait mis en place un service de navette qui desservait la gare, la station Vaux, et l'hôtel de ville[15].

Le Poma s'est également arrêté de fonctionner, le 3 février 2010, de 14 h 30 à 15 h 30, en raison d'une panne technique. La procédure d'évacuation des passagers a été appliquée en respectant la réglementation dès que la panne dure plus de vingt minutes. Les pompiers sont intervenus pour faire sortir les passagers de la cabine et les ramener à la station la plus proche, qui était celle de la gare. « Quand la cabine se trouve entre deux stations, nous avons l'obligation de faire appel aux pompiers », expliquait Christian Tison, chef d'exploitation du Poma. « Ce n'est pas une grosse panne. C'est une panne assez habituelle touchant le variateur électronique. Celui-ci s'est mis en défaut. Nous avons essayé de le relancer, mais cela n'a pas fonctionné. Nous avons changé le couple de moteur et c'est reparti ». Durant la panne, un service de bus a été mis en fonction pour relier la ville basse à la ville haute. Tout est ensuite rentré dans l'ordre[16].

Depuis mi-novembre 2012, ce mini-métro est en panne suite à une usure prématurée d'un câble. il ne reprendra pas son service avant début 2013[17]. Pendant ce temps, des bus de substitution le remplacent. Le service du Poma a repris le 7 janvier 2013. En 2013, le service a été intérrompu quelques jours au mois d'avril[18].

En mars-avril 2014, plusieurs arrêts d'exploitations de quelques heures.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]