Gare de Bellegarde

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Bellegarde
Image illustrative de l'article Gare de Bellegarde
La gare routière et le bâtiment voyageurs de la gare de Bellegarde.
Localisation
Pays France
Ville Bellegarde-sur-Valserine
Adresse 1, place Charles-de-Gaulle
01200 Bellegarde-sur-Valserine
Coordonnées géographiques 46° 06′ 34″ N 5° 49′ 23″ E / 46.1095, 5.82346° 06′ 34″ Nord 5° 49′ 23″ Est / 46.1095, 5.823  
Gestion et exploitation
Propriétaire RFF / SNCF
Exploitant SNCF
Services TGV,
Intercités
TER Rhône-Alpes,
Fret SNCF
Caractéristiques
Ligne(s) Lyon-Perrache à Genève (frontière)
Bourg-en-Bresse à Bellegarde
Voies 6
Quais 3
Transit annuel 750 000 voyageurs[1]
dont 500 000 en TER et 145 000 en TGV[2]
le reste par trains Intercités
Altitude 369 m
Historique
Mise en service 1858[3] : ligne Lyon - Genève
Ouverture Premier bâtiment voyageurs : 1858[3]
Second bâtiment voyageurs : 1907[4]
Pôle multimodal : 2010[5]
Fermeture Premier bâtiment voyageurs : 1904[6]
Second bâtiment voyageurs : 2010[5]
Architecte Second bâtiment voyageurs : A. de Saint-Nicolas
Pôle multimodal : Jean-Marie Duthilleul et François Bonnefille
Correspondances
TUB[7] Lignes A, TAD B, TAD C, TAD D Arrêt Gare SNCF
Schéma de ligne

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Bellegarde

Géolocalisation sur la carte : Ain

(Voir situation sur carte : Ain)
Bellegarde

Géolocalisation sur la carte : Bellegarde-sur-Valserine

(Voir situation sur carte : Bellegarde-sur-Valserine)
Bellegarde

La gare de Bellegarde[9] est une gare ferroviaire française des lignes de Lyon-Perrache à Genève (frontière) et de Bourg-en-Bresse à Bellegarde, située sur le territoire de la commune de Bellegarde-sur-Valserine, dans le département de l'Ain.

C'est une gare de la Société nationale des chemins de fer français (SNCF), desservie par des TGV et des trains TER Rhône-Alpes. Elle accueille environ 750 000 voyageurs par an dont 500 000 sur le réseau TER emprunté notamment par les frontaliers travaillant dans les environs de Genève en Suisse.

Le premier bâtiment voyageur a été ouvert en 1858 pour permettre un point d'arrêt sur la ligne qui relie Seyssel à Genève. Mais un incendie a réduit l'édifice en bois à néant et a nécessité la construction d'un nouveau bâtiment en 1907. Au cours des années, d'autres lignes se sont greffées à la gare et lui ont permis de se développer en accueillant notamment le TGV en 1981 sur sa liaison entre Paris et Genève. De simple gare ferroviaire, le site a subi une grande restructuration en 2010 pour devenir un pôle multimodal[10], c'est-à-dire combinant plusieurs modes de transports. Cette refonte est décidée par la déclaration d'utilité publique et urgents[11] des travaux nécessaires à la modernisation et à l'électrification de la ligne du Haut-Bugey[note 1] qui permet de réduire d'une vingtaine de minutes le temps de parcours entre Paris et Genève.

Situation ferroviaire[modifier | modifier le code]

Gare de bifurcation, elle est située au kilomètre 134,252 de la ligne de Lyon-Perrache à Genève (frontière) et au kilomètre 64,523 de la ligne de Bourg-en-Bresse à Bellegarde. Son altitude est de 378 m.

Histoire[modifier | modifier le code]

La gare avant la création de la SNCF[modifier | modifier le code]

Façade de la gare au XXe siècle.
On remarque une motrice du Tram de Bellegarde à Chézery, dont la gare fut l'un des terminus pendant l'exploitation de la ligne, qui dura de 1912 à 1937.

L'histoire du transport ferroviaire à Bellegarde-sur-Valserine débute à la moitié du XIXe siècle[3]. Dès 1830, des études sont faites pour effectuer une liaison entre les communes de Lyon et Genève[12]. La construction de la ligne Lyon - Genève qui est incluse dans un projet visant à réduire le temps de voyage entre Paris et la frontière de douze heures au lieu de six jours[13], devient effective dès la parution d'une loi le 10 juin 1853 par Napoléon III relatant « les engagements au trésor, pour l'exécution du chemin de fer de Lyon à la frontière de Genève »[14]. La section Seyssel-Genève est ouverte le 18 mars 1858[15] avec un point d'arrêt dans la commune de Bellegarde dont le bâtiment voyageur est de style chalet suisse[3]. Cette gare conçue pour éviter un tracé par le canton suisse enclavé dans le territoire français et la dernière bifurcation avant la frontière, elle a donc été utilisée pour les contrôles de douane des marchandises et des voyageurs[16].

Une nouvelle desserte est inaugurée lors de l'ouverture, le 30 août 1880, de la ligne Longeray - Evian-les-Bains via Thonon-les-Bains et Annemasse. Celle-ci est gérée par la Compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée[note 2]. Deux ans plus tard, le 1er avril 1882, c'est la section La Cluse - Bellegarde de la ligne Bourg-en-Bresse - Bellegarde qui est ouverte. Ce tronçon, géré par la Compagnie des Dombes et du Sud-Est, est le dernier maillon du projet de liaison Bourg-en-Bresse - Bellegarde initié en 1872[17]. En 1883, la Compagnie PLM rachète la Compagnie des Dombes[6] ce qui implique que la gare de Bellegarde est desservie exclusivement par les rames du Paris-Lyon-Méditerranée.

Un incendie se déclare, le 1er août 1904[6], dans le bâtiment voyageur originel. Il est réduit à néant et nécessite une nouvelle construction. Un nouveau bâtiment, construit à la même place que l'ancien[18] et ouvert en 1907[4], brûlera lui aussi, dans la nuit du 9 avril 2003[6].

Après 1938 : la création de la SNCF[modifier | modifier le code]

La façade de la gare de Bellegarde sur une carte postale du début du XXe siècle.

Dès sa création en 1938, la Société nationale des chemins de fer français récupère l'exploitation de la ligne de Culoz à Bellegarde à la compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée[15], et au fil des années, entreprend la création de nombreuses nouvelles liaisons pour desservir la suisse romande. La gare de Bellegarde se retrouve ouverte à toute la France.

Au cours des années et des évolutions technologiques, plusieurs types d'autorails ont effectué des passages en gare de Bellegarde. Une RGP2 de la série X 2700 est passée lors de sa première liaison entre les gares de Lyon-Perrache et Genève, le 30 juin 1954. L'année suivante, le 16 décembre 1955, la section Culoz - Bellegarde est électrifiée[15] en 1 500 V continu. À partir du 10 juin 1959, la relation “Alpazur” Genève - Bellegarde - Grenoble - Veynes-Dévoluy - Digne avec retour par la ligne des Alpes est assurée par les autorails panoramiques de la série X 4200. Puis la ligne reliant Genève à Marseille via Bellegarde, Grenoble et Avignon se voit affectée un train rapide de première classe avec supplément GM/MG “Le Rhodanien” à partir du 31 mai 1964. En 1969, à partir du 1er juin, lors de la création de la ligne Trans-Europ-Express[note 3] reliant Genève à Barcelone via Bellegarde, Chambéry et Grenoble des trains de type Catalan-Talgo circulent dans la gare. En 1972, les trains de voyageurs effectuent jusqu'à douze aller-retour par jour entre Grenoble et Genève. Le 1er octobre 1972, des autorails de la série X 4500 sont mis en service pour la liaison Valence-Genève via Grenoble, Chambéry et Bellegarde puis le 28 septembre 1975, des turbotrains de première génération, dit ETG sont mis en place sur cette même ligne. Le succès est tel qu'il faut rapidement faire circuler deux rames accouplées pour faire face à la demande.

L'arrivée du TGV et les projets[modifier | modifier le code]

Entrée en gare d'un TGV en direction de Genève.

L'arrivée du TGV à Bellegarde-sur-Valserine le 22 septembre 1981 couplée avec l'achèvement des autoroutes reliant Lyon à Genève et au tunnel du Mont-Blanc, permettent à la ville de se développer en effectuant une restructuration industrielle qui favorise le maintien du taux de chômage, de la commune, sous la moyenne nationale[19]. Deux aller-retours Paris - Genève sont mis en place, faisant de Bellegarde la première ville de moins de 20 000 habitants à être reliée quotidiennement par TGV à Paris, avec néanmoins comme conséquence la suppression des trains classiques de jour et de nuit sur cette relation. Mais cette période faste avec l'avènement du TGV coïncide avec le déclin du Trans-Europ-Express Genève - Barcelone puisqu'à partir du 23 mai 1982 les trains Catalan Talgo passent EuroCity mais conserve la liaison via Lyon. Le 23 mai 1982 est mis en service le train IC 5642/3, qui reprend le nom « Le Rhodanien ». Il effectue la liaison Genève - Marseille via Bellegarde, Chambéry, Grenoble, Valence et Avignon. À l'été 1983, un TGV Paris - Genève/Annecy est créé il est raccordé ou coupé à Culoz. Mais à partir des années 1980 et comme beaucoup d'autres gares en France, Bellegarde s'est vue supprimer un certain nombre de relations qui la desservait. À la fin de l'été 1984, le train la Rochelle - Saint-Gervais est supprimé. En 1985 les automotrices Z 7500, Z 9500 et 9600 sont mises en service sur des relations Lyon - Genève/Evian/Saint-Gervais, puis en 1987, les BB 25200 rendues disponibles par l'arrivée des BB 22200 sont utilisées avec des rames corail réversibles sur Lyon - Genève. Dans les années 1990, la suppression des lignes se poursuit et mis à part les relations TER, seule la ligne de nuit Hendaye/Irun - Genève subsiste. En 2001, le train Lunéa “Rhône-Océan” Lyon - Quimper est prolongé jusqu'à Genève et permet la création d'un arrêt à Bellegarde.

En 1991, un projet de rapprochement de Paris et Genève est étudié : construire une ligne à grande vitesse le long de l'autoroute A40[20]. Cette opération, nommé LGV des Titans, est estimé à 12 milliards de francs[note 4] se révèle beaucoup trop coûteuse et a donc été abandonné en 1997[21] pour se tourner vers d'autres projets dont la réalisation est plus abordable. Le projet choisi a été de diminuer le trajet Bourg-en-Bresse - Bellegarde-sur-Valserine de 47 kilomètres en modernisant la ligne du Haut-Bugey[22].

De la gare au pôle multimodal[modifier | modifier le code]

L'incendie de 2003[4] accentue le projet de la ligne du Haut-Bugey et la création d'un pôle multimodal à Bellegarde[18]. De ce fait, la première pierre des travaux est posée par le ministre des transports Dominique Perben le 18 septembre 2006[23]. Le 9 décembre 2007, la région Rhône-Alpes met en place l'horaire cadencé sur l'étoile de Lyon pour tous les trains TER de la région, cela s'applique donc aux TER de la relation Lyon-Part-Dieu - Genève-Cornavin/Évian-les-Bains/Saint-Gervais-les-Bains-Le Fayet.

L'inauguration et l'ouverture commerciale de la nouvelle ligne du Haut-Bugey a eu lieu en décembre 2010[24]. Le pôle multimodal quant à lui est inauguré le 21 mai 2010 et ouvert au public le 22 mai 2010[5].

La gare[modifier | modifier le code]

Bâtiments voyageurs[modifier | modifier le code]

Le bâtiment voyageurs et son installation provisoire en mars 2010.

Le bâtiment voyageurs de la gare de Bellegarde est construit en 1907[25] par la Compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée. Le bâtiment de style art-déco est composé de cinq portes avec extensions et possède deux niveaux. Sa façade est surmontée d'une horloge ainsi que de quatorze écussons polychromes représentant les villes de Grenoble, Saint-Claude, Genève, Lyon, Paris, Marseille, Mâcon, Lons-le-Saunier, Chambéry, Thonon, Bonneville, Seyssel, Annecy et Trévoux.

Victime d'un incendie dans la nuit du 9 avril 2003, le bâtiment des voyageurs de la gare de Bellegarde y a perdu sa couverture et son dernier étage. À la suite de cet accident, le vendeur de tabacs et journaux, le loueur de voitures AVIS ainsi que la billetterie SNCF ont été transférés à l’extérieur du bâtiment, dans des bâtiments préfabriqués. Le premier projet de reconversion du bâtiment voyageurs endommagé est de le transformer en hôtel communautaire de la Communauté de communes du Bassin Bellegardien[26]. Le projet de restructuration du bâtiment a été établi par Jean-Pierre Baillet, architecte basé à Bellegarde-sur-Valserine.

Cependant, ce projet n'a pas abouti et la ville de Bellegarde-sur-Valserine achète alors le bâtiment et décide d'y installer son pôle culturel "La Passerelle des Arts" regroupant la bibliothèque-médiathèque et l'école de musique. L'ouverture de ce bâtiment est programmée en septembre 2011.

Le nouveau bâtiment voyageurs est construit en 2009 suite au projet de restructuration de la ligne du Haut-Bugey. AREP, une filiale de la SNCF, conçoit l'édifice en ayant pour objectif une consommation d'énergie minimale[27]. Il se présente avec un toit en forme de dôme constitué de deux enveloppes se superposant et permettant un emprisonnement d'une lame d’air jouant un rôle de régulateur thermique. Il est inauguré le 21 mai 2010 et ouvert au public dès le lendemain[28].
Ce bâtiment est situé plus en retrait du centre-ville de Bellegarde-sur-Valserine car il se situe de l'autre côté des voies de la ligne Lyon - Genève. Les services qu'il regroupe sont ceux précédemment offert par l'ancien bâtiment voyageurs à l'exception de la cafeteria-restaurant. Désormais, on peut trouver dans le hall circulaire de la gare : un espace d'accueil et de vente de billets SNCF, des sanitaires publics, un tabac-presse Relay qui propose aussi de la nourriture à emporter et un espace de consommation sur place.
Le bâtiment voyageurs est situé en contrebas des voies des lignes Lyon - Genève et du Haut-Bugey. Pour permettre l'accès aux personnes handicapées, la gare est dotée de plusieurs ascenseurs.

Voies et quais[modifier | modifier le code]

Le nouveau bâtiment voyageur.

La gare de Bellegarde comporte un grand nombre de voies, dont une grande partie étaient dévolues à la gare de triage, désaffectée aujourd'hui.

La gare SNCF de voyageurs se compose de cinq voies d'arrêt pour les trains desservant la gare de Bellegarde ainsi que de deux voies pour les trains qui shuntent la gare. Elle comportait une remise à machines désaffectée qui a été démolie pour permettre le passage de la nouvelle voie dite des Carpates. Enfin, il y a une dizaine de voies en butées qui permettent le déchargement des machines ainsi qu'une voie spéciale menant les déchets ménagers à l'usine de retraitement du Sidefage à Arlod.

En direction de Paris, la voie coupe la D101f sur le pont de Lades puis la rue du Rhône sur un passage à niveau, en sortie du hameau d'Arlod. Reste-t-il à rappeler que la voie est en vitesse TER sur la totalité du tronçon Bourg-en-Bresse - Genève et Lyon - Genève. En direction de Genève, la voie coupe la D1084 puis enjambe la Valserine avant de passer sur les hauteurs du hameau de Coupy et de pénétrer dans le tunnel du Crédo qui traverse le massif du Sorgia et du Crêt d'Eau. À la sortie de ce tunnel, la voie bifurque dans 2 directions : Évian-les-Bains ou Genève.

Un autorail X 72500 à l'effigie des TER Rhône-Alpes quittant la gare vers Genève.

Jusqu'en 2010, il existe trois quais : le premier accueille la voie G ainsi que tous les services : chef de gare, salle d'attente et buffet-restaurant. Le quai numéro 2 accueille les voies C et F et le quai numéro 3 les voies A et B. Chaque quai mesure 400 m sauf le quai no 1 qui fait 410 m pour permettre l'accès des doubles-TGV.

Une passerelle aérienne permet de franchir toutes les voies de part et d'autre de la gare et un passage souterrain de lier les quais entre eux et la sortie, située place Charles-de-Gaulle, appelée aussi place de la gare. Des quais pour les bus y sont implantés, les cars TER partent en direction de Divonne-les-Bains, Ferney-Voltaire, Oyonnax, Bourg-en-Bresse, Annecy, Annemasse, Lyon, Chamonix-Mont-Blanc

À la fin des années 2000, la gare de Bellegarde a subi des travaux. Deux voies sont construites le long de la D1084 pour permettre la bifurcation des TGV de Paris à Genève sans retournement dans l'actuelle gare, ce qui en a fait une gare à intersection en forme de Y. Ces deux voies sont liées à un quai, le quai numéro 1. Ce quai moderne est situé sur un viaduc en direction de Genève et sur la terre ferme à proximité du pont de Lancrans en direction de Bourg-en-Bresse. Les quais ont été renommés : le 1 est devenu le 4, le 2 devenu le 3 et le 3 devenu le 2. Pour les relier, un nouveau passage souterrain a été creusé depuis la coupole, centre du pôle multimodal. L'ancien quai numéro 3 a subi des travaux sur la moitié pour le rehausser pour permettre l'accès des TGV Genève-Marseille et Genève-Montpellier, la gare n'étant jusque là pas aux normes.

Relations avec la Suisse[modifier | modifier le code]

La gare de Bellegarde sera un des pôles du futur RER genevois dont le CEVA est le maillon principal. Les plans prévoient une ré-électrification de la ligne Genève-Bellegarde en 25 kV et une desserte cadencée entre ces deux villes[29]. Cette ré-électrification est en cours au printemps 2014

  • Création d'une section de séparation 1500 Volts continu/25 KV alternatif 50 Hz au sud de la gare, en pleine voie (fin de l'autorisation des engins moteurs électriques uniquement 1500 Volts continu pour l' accès à Bellegarde), seuls les engins bi-courant sont autorisés, ainsi que les TGV Polytension (Lyria) et éventuellement la rame RAe 1051 de l'association suisse TEE Classic (rame quadritension équipée du KVB depuis 1995, autorisée à circuler sur le réseau RFF).

Le projet de pôle multimodal[modifier | modifier le code]

Le quai TGV en construction à côté de la D1084.

Un pôle multimodal est le lieu de rencontre de plusieurs modes de transports. Le premier objectif de la restructuration de la gare de Bellegarde est de favoriser les connexions entre les trains régionaux (TER), les trains nationaux (TGV), les modes routiers (bus urbains et interurbains, véhicules particuliers, taxis) et les piétons.

Le projet de pôle multimodal à Bellegarde vient de deux raisons : la première est la volonté de réduire le temps de parcours entre Paris et Genève, la seconde est que le bâtiment voyageurs est totalement ravagé par l'incendie du 9 avril 2003.

Dans les années 1990, la Confédération suisse ainsi que la région Rhône-Alpes sont en faveur d'un rapprochement entre la capitale française et les régions nord-alpines ainsi que l'est de la Suisse par la liaison ferroviaire Paris-Genève. Des études de faisabilité pour la construction d'une nouvelle LGV, baptisé « LGV des Titans » pouvant relier Mâcon à Genève en longeant l'autoroute A40 ont été diligentée[30]. Mais ce projet a été abandonné en 1997[31] à cause d'un coût de réalisation estimé trop élevé. Un autre projet, moins onéreux, consiste en la remise en état et en la modernisation de l'ancienne ligne des Carpates, un itinéraire qui raccourcirait de 47 kilomètres la distance entre Bellegarde-sur-Valserine et Bourg-en-Bresse par rapport au trajet emprunté par le TGV passant par les communes d'Ambérieu-en-Bugey et Culoz. Ce projet est définitivement adopté après la parution d'un décret le 31 janvier 2005[32] déclarant « d'utilité publique et urgents les travaux nécessaires à la modernisation et à l'électrification de la ligne ferroviaire de Bourg-en-Bresse à Bellegarde-sur-Valserine[note 1] ». La gare de Bellegarde se trouve donc sur le nouveau tracé de la ligne TGV. Les travaux de réfection des voies et de raccordement au réseau existant nécessite d'important travaux sur le secteur. La construction du pôle multimodale est définitivement adoptée[18] suite à l'incendie du 9 mai 2003. Il est alors absolument nécessaire et urgent de prendre des mesures pour rénover ou reconstruire le bâtiment voyageurs qui est situé dans des locaux provisoires de type « Algeco » sur la place Charles-de-Gaulle.

Le dôme du nouveau bâtiment voyageur.

La gare a été totalement repensée. Un nouveau bâtiment voyageurs, en forme de dôme translucide, a été construit au bord de la rue de la Caserne. Ce bâtiment se veut novateur en termes d'économies d'énergie et de développement durable[27] : la coupole est réalisée avec une double couche de matériau translucide qui permet à l'air de circuler, l'air isole donc le bâtiment en apportant de la chaleur en hiver et de la fraîcheur en été. Ce bâtiment accueille divers services aux voyageurs : guichets, bureaux et commerces. À l'inverse de l'ancien bâtiment voyageurs, ce nouvel édifice est adapté à la circulation des personnes à mobilité réduite et des personnes avec bagages, ce qui signifie que ces passagers ne seront plus obligés de porter leurs valises ou de traverser à même les voies, comme auparavant. Un nouveau quai TGV a été construit sur un viaduc au-dessus de la même rue. Ce quai se prolonge presque jusqu'à l'entrée du tunnel de Musinens, au bord de la RD1084.

Ces travaux permettent également à la ville de Bellegarde d'améliorer les possibilités de stationnement dans la ville et aux abords de la nouvelle gare. Pour justifier les termes de multimodalité, la ville se doit d'améliorer son offre de parkings, destinés principalement aux frontaliers travaillant à Genève. Pour la mise en service commerciale, au milieu de l'année 2010, deux parkings cumulant au total 215 places sont construits[33]. La ville a également fait diligenter une étude concernant le stationnement dans son enceinte. Si le besoin est réellement existant, 150 places supplémentaires pourraient être aménagées à proximité du pôle multimodal.

Les lignes qui convergent à Bellegarde[modifier | modifier le code]

La gare de Bellegarde représente le point de rencontre de plusieurs lignes. Historiquement, depuis 1858[15], la première ligne est celle reliant Lyon à Genève par Ambérieu-en-Bugey et Culoz. Elle arrive en gare de Bellegarde par Arlod depuis Paris et Lyon et par le tunnel du Crédo depuis Genève. À la fin des années 1800, trois autres lignes se sont greffés à la gare, la ligne de Longeray-Léaz au Bouveret à la sortie du tunnel du Crédo en 1880, puis la ligne du Haut-Bugey en 1882[6] et la ligne de Collonges-Fort-l'Écluse à Divonne-les-Bains (frontière) qui dessert le Pays de Gex en 1899[34]. Mais cette dernière est désormais fermée au service des voyageurs.

Service des voyageurs[modifier | modifier le code]

Desserte[modifier | modifier le code]

La restructuration de la ligne ne permet pas, dans un premier temps de faire circuler des trains TER sur le tronçon La Cluse-Bellegarde[35]. Mais quelques aménagements supplémentaires, comme la rénovation des quais dans les gares du tronçon considéré permettraient de le faire.

Correspondances[modifier | modifier le code]

D'autres correspondances par autocar font escales en gare de Bellegarde. Les autocars de la régie départementale des transports de l'Ain, pour le compte du réseau Car Ain, vers Seyssel par la ligne 133, vers Challex par la ligne 136, vers Mijoux par la ligne 153 et vers Gex ou Bourg-en-Bresse par la ligne 160. D'autres autocars départementaux pour les lignes interurbaines de Haute-Savoie sont au départ de Bellegarde. Les destinations sont Annecy par la ligne 21 et Chamonix-Mont-Blanc qui est une ligne saisonnière.

Service des marchandises[modifier | modifier le code]

Cette gare est ouverte au service du fret[36] (train massif seulement).

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes
  1. a et b Énoncé complet : « Décret du 31 janvier 2005 qui a déclaré d'utilité publique et urgents les travaux nécessaires à la modernisation et à l'électrification de la ligne ferroviaire de Bourg-en-Bresse à Bellegarde dite « ligne du Haut-Bugey » et emportant mise en compatibilité des plans locaux d'urbanisme ou des plans d'occupation des sols de Bourg-en-Bresse, Péronnas, Saint-Just, Ceyzériat, Corveissiat, Nurieux-Volognat, Brion, Montréal-la-Cluse, Port, Nantua, Le Poizat, Lalleyriat, Châtillon-en-Michaille et Bellegarde-sur-Valserine »
  2. La Compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée est couramment abrégée en PLM
  3. Trans-Europ-Express est couramment abrégée en TEE
  4. 12 milliards de FF équivaut à 1,8 milliard actuel
Références
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  2. RFF, « Un équipement emblématique », sur http://www.rff-hautbugey.fr (consulté le 29 octobre 2009)
  3. a, b, c et d Commune de Bellegarde-sur-Valserine, « Complément à propos de l'histoire », sur http://www.ville-bellegarde01.fr/ (consulté le 30 octobre 2009)
  4. a, b et c Le Progrès, « La gare de Bellegarde entièrement ravagée par un incendie », sur http://www.lesgares.com/ (consulté le 3 novembre 2009)
  5. a, b et c « Un hub solaire pour la gare de Bellegarde », sur http://www.batiactu.com/,‎ 14 juin 2010 (consulté le 22 juin 2010)
  6. a, b, c, d et e « Historique », sur http://www.ligneduhautbugey.fr/ (consulté le 30 septembre 2009)
  7. [PDF] Commune de Bellegarde-sur-Valserine, « Plan du réseau des transports urbains », sur http://www.ville-bellegarde01.fr/ (consulté le 3 novembre 2009)
  8. [image] « Plan de la gare de Bellegarde » (consulté le 23 août 2010)
  9. Le nom officiel de la gare ne comporte pas le suffixe "-sur-Valserine", comme l'atteste le document officiel de RFF [PDF] des gares de voyageurs révisé pour l'horaire de service 2014, page 102, consulté le 29 janvier 2014.
  10. SNCF, « Le futur pôle multimodal », sur http://www.ain.fr/,‎ 2009 (consulté le 29 octobre 2009)
  11. Légifrance, « Décret du 31 janvier 2005 déclarant d'utilité publique et urgents les travaux nécessaires à la modernisation et à l'électrification de la ligne ferroviaire de Bourg-en-Bresse à Bellegarde-sur-Valserine », sur http://www.legifrance.gouv.fr,‎ février 2005 (consulté le 30 septembre 2009)
  12. Musée du cheminot, « Dates historiques Ambarroises », sur http://musee.cheminot.free.fr/pages/histo2.htm (consulté le 30 octobre 2009)
  13. « Plaquette 150 ans Bellegarde (page 7) », sur http://www.ain-tourisme.com/,‎ 2008 (consulté le 31 octobre 2009)
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  15. a, b, c et d « Pyrimont-Chanay - Culoz à Bellegarde », sur http://www.chemin-de-fer.fr/ (consulté le 31 octobre 2009)
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  21. 24 heures, « TGV Genève-Mâcon : le mythe s'effondre », sur http://www.24heures.ch/,‎ 21 juin 1997 (consulté le 30 septembre 2009)
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  25. « Fiche d'identité gare Bellegarde sur Valserine », sur http://www.lesgares.com/ (consulté le 29 octobre 2009)
  26. « Projet de transformation en hôtel communautaire de la CCBB », sur http://www.cc-bassinbellegardien.fr/ (consulté le 14 juin 2011)
  27. a et b Cécile Nangeroni, « Bellegarde-sur-Valserine, première gare bioclimatique », sur http://www.ville-transports.com/,‎ 2008 (consulté le 29 octobre 2009)
  28. « Bellegarde mise sur sa nouvelle gare pour booster la région », sur http://www.leprogres.fr/,‎ 22 mai 2010 (consulté le 25 mai 2010)
  29. « RER franco-valdo-genevois: tout sur la future offre ferroviaire de la région », sur http://etat.geneve.ch/,‎ 13 janvier 2009 (consulté le 6 mai 2010)
  30. « Les projets écartés », sur http://www.ligneduhautbugey.fr (consulté le 30 septembre 2009)
  31. 24 heures - TGV Genève-Mâcon : le mythe s'effondre, article du 21 juin 1997
  32. Légifrance, « Décret du 31 janvier 2005 déclarant d'utilité publique et urgents les travaux nécessaires à la modernisation et à l'électrification de la ligne ferroviaire de Bourg-en-Bresse à Bellegarde-sur-Valserine », sur http://www.legifrance.gouv.fr,‎ février 2005 (consulté le 30 septembre 2009)
  33. Commune de Bellegarde-sur-Valserine, « Gare TGV/TER - Le pôle multimodal », sur http://www.bellegarde01.fr/,‎ 2009 (consulté le 30 octobre 2009)
  34. « Ligne de Collonges-Fort-L'Ecluse à Nyon », sur http://www.lignes-oubliees.com/,‎ 19 août 2007 (consulté le 31 octobre 2009)
  35. Bahn Journalisten, « De la ligne des Carpates au projet de raccordement TGV du Haut Bugey », sur http://www.bahn-journalisten.ch
  36. Site Fret SNCF : la gare de Bellegarde.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages
  • Jean Chaintreau, Jean Cuynat et Georges Mathieu, Les Chemins de fer du PLM, La Vie du Rail et La Régordanne,‎ 1993, 384 p.
  • Patricia Laederich, Pierre Laederich, André Jacquot et Marc Gayda, Histoire du réseau ferroviaire français, Valignat (03), L'Ormet,‎ 1996, 192 p.
Revues
  • William Lachenal, « Les atouts d'un raccordement : présentation de la ligne du “Sillon Alpin” de Valence à Genève via Grenoble », Voies Ferrées, no 11,‎ mai-juin 1982
  • William Lachenal, « Le “Sillon Alpin” : ligne Valence - Grenoble - Genève », Connaissance du Rail, no 302-303,‎ octobre-novembre 2006, p. 42 à 51
  • Jean-Pierre Malaspina, « Un nom, un train : le Rhodanien », Voies Ferrées, no 167,‎ mai-juin 2008, p. 48-49
  • Jean-Marc Dupuy, « Les archives du PLM : histoire de la Compagnie des origines à 1899 », Le Train,‎ 2008
  • Jean Tricoire, « Les trains des Alpes », Le Train, no 57,‎ avril 2009

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]


Origine Arrêt précédent Train Arrêt suivant Destination
Paris-Gare de Lyon Bourg-en-Bresse ou Nurieux TGV Lyria Genève-Cornavin (CFF) Genève-Cornavin (CFF)
Nice-Ville
ou Marseille-Saint-Charles
Lyon-Part-Dieu TGV Lyria Genève-Cornavin (CFF) Genève-Cornavin (CFF)
Montpellier-Saint-Roch Lyon-Part-Dieu TGV Lyria Genève-Cornavin (CFF) Genève-Cornavin (CFF)
Lille-Europe Bourg-en-Bresse TGV Annemasse Saint-Gervais-Le Fayet
Terminus Terminus CFF Regio (R) Pougny-Chancy Genève-Cornavin (CFF)
Lyon-Part-Dieu Culoz ou Seyssel-Corbonod TER Rhône-Alpes Genève-Cornavin (CFF) Genève-Cornavin (CFF)
Lyon-Part-Dieu
ou Terminus
Culoz ou Seyssel-Corbonod
ou Terminus
TER Rhône-Alpes Valleiry Évian-les-Bains
ou Saint-Gervais-Le Fayet
Valence-Ville
ou Grenoble
Aix-les-Bains-Le Revard
ou Culoz ou Seyssel-Corbonod
TER Rhône-Alpes Genève-Cornavin (CFF) Genève-Cornavin (CFF)
Terminus Terminus TER Rhône-Alpes
(Par autocar)
Collonges-Fort l'Ecluse Divonne-les-Bains
Terminus Terminus TER Rhône-Alpes
(Par autocar)
Brion-Montréal-la-Cluse Bourg-en-Bresse