Aéroport

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Les structures de l'aéroport Sheremetyevo

Un aéroport est l'ensemble des bâtiments et des installations qui servent au traitement des passagers ou du fret aérien situés sur un aérodrome. Le bâtiment principal est, généralement, l'aérogare par où transitent les passagers (ou le fret) entre les moyens de transport au sol et les avions.

Préambule[modifier | modifier le code]

Un aéroport est destiné au trafic aérien commercial de passagers et/ou de fret ainsi que toutes les activité commerciales et administratives (vente de billets, douane, etc.) qui s'y rattachent. Implanté sur un aérodrome, il est constitué par l'ensemble des bâtiments et installations qui permettent l'embarquement et le débarquement des passagers ou du fret. Le bâtiment principal, l'aérogare, est le lieu de transit entre les transports au sol, publics ou privés, et les avions. L'aérogare abrite les installations utilisées par les compagnies aériennes, les services de police ou de douane, pour effectuer les opérations d'enregistrement, de contrôle, etc. des passagers et de leurs bagages. Les aéroports les plus importants ont parfois plusieurs aérogares donnant elles-mêmes accès à des terminaux déportés où stationnent les avions.

Spécificités[modifier | modifier le code]

Les aéroports sont souvent qualifiés en fonction de leur activité principale : international, national ou régional, aéroport de fret. Un aéroport international est utilisé, en partie, pour les vols entre pays différents et son aérogare accueille les services de la douane.

Les aéroports sont souvent une composante majeure de l'activité économique et touristique d'une agglomération. Ils sont alors desservis par des liaisons routières rapides (voie express, autoroute) et des transports en commun. Leur implantation au plus près de la zone d'achalandise est l'objet de conflits liés aux nuisances générées par les avions.

Un aéroport destiné exclusivement au trafic des hélicoptères est un héliport.

Les plus grands aéroports sont souvent utilisateurs exclusifs des installations de l'aérodrome où ils sont implantés.

Organisation générale[modifier | modifier le code]

Pistes[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Piste (aéroport).

Les pistes d'un aéroport sont construites en dur ; en général le revêtement est en bitume ou composé de plaques de béton. Elles sont bordées de balises lumineuses pour être facilement repérables de nuit, ou lorsque les conditions météorologiques sont mauvaises (pluie, brouillard), et pour une aide visuelle à l'atterrissage (PAPI). De plus, l'installation comprend un système de balises radio pour les appareils de repérage automatique intégrés notamment dans les avions de ligne (ILS).

La plupart des pistes servent à la fois à l'atterrissage et au décollage. Ceci suppose une organisation et une synchronisation sans faille des mouvements d'avions.

Lorsque l'aéroport accueille un trafic important, il est courant de construire les pistes par groupe de deux pistes parallèles, afin de séparer les mouvements de décollage et les mouvements d'atterrissage. On peut ainsi avoir des pistes accueillant chacune un mouvement par minute et demie, parfois un peu plus en tenant compte de la période pour dissiper la plus grande partie de la turbulence de sillage.

Les pistes sont normalement orientées dans le sens des vents dominants, de manière à faire profiter les avions des courants aériens, qui vont faciliter le décollage et améliorer le freinage lors de l'atterrissage, les avions se présentant toujours face au vent.

Les plus grands aéroports et ceux pour lesquels il n'y a pas de vent dominant marqué ou pour lesquels il y a deux grands types de vents dominants peuvent avoir plusieurs pistes ou groupes de pistes, chacun orienté d'une manière différente. Lorsqu'il y a deux axes, ils peuvent être perpendiculaires si aucune orientation de vent dominant n'est marquée, de manière à toujours trouver une orientation favorable à peu près face au vent. Si deux grands types de vents dominants sont identifiés, les orientations des pistes vont marquer l'angle entre ces orientations de vents dominants. Exceptionnellement, on peut trouver des aéroports où trois orientations de pistes coexistent, avec un angle de 60 degrés entre elles.

Dans le cas où l'aéroport comporte plusieurs pistes ou groupes de pistes, les pistes d'une orientation donnée croisent souvent les autres pistes, afin de réduire l'emprise globale de l'ensemble. Ceci ne pose pas de problème particulier, puisqu'une seule orientation de piste est utilisée et signalée à un moment donné.

Les pistes sont identifiées par un nombre de deux chiffres indiquant leur orientation magnétique en dizaine de degrés lors du mouvement de l'aéronef. Pour cela, on divise par dix l'orientation de la piste exprimée en degrés et on arrondit le résultat à l'unité la plus proche (par exemple : une piste orientée à 124 ° porte le numéro 12). Si l'aéroport a des pistes parallèles, celles-ci sont distinguées par les lettres L (pour Left, gauche) et R (pour Right, droite). Exemple : piste 12L. Le nord magnétique variant lentement au fil des années, ces numéros peuvent évoluer.

Voies de circulation[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Voie de circulation.

Les pistes sont reliées entre elles et aux aires de stationnement par des taxiways destinés aux avions et parfois des voies de service plus étroites réservées aux véhicules de service et de secours (pompiers). Lorsque l'aéroport est d'une dimension telle que le parcours entre les pistes et le parking nécessite de suivre un trajet précis, un véhicule spécial (dit follow-me) peut venir précéder l'avion pour le guider.

Les voies de circulation sont des voies délimitées qui permettent aux appareils de se déplacer entre les parkings et les pistes. Elles sont généralement construites en bitume ou composées de plaques de béton et sont repérables par une signalisation de couleur jaune (avec des lumières de couleur bleue) pour les distinguer des pistes qui sont, elles, balisées de blanc.

Aires de stationnement[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Aire de stationnement.
Vue du parking et du terminal de l'aéroport Ruzyně de Prague
Parking et terminaux de l'Aéroport de Clermont-Ferrand en Auvergne

Les aires de stationnement, ou parkings (parfois encore appelés tarmacs) sont les parties de l'aéroport où les avions séjournent, que ce soit pour le transbordement des passagers et du fret ou pour l'entretien.

Les compagnies aériennes sont facturées par les aéroports en fonction du temps passé par leurs avions sur la section de parking qui leur est attribuée. Ceci, en plus du coût de revient de l'avion lui-même et du personnel de bord, incite les compagnies à minimiser au maximum le temps d'immobilisation de l'appareil au sol. C'est pourquoi, lors d'une escale où les passagers quittent l'avion, tout est fait pour que l'avion immobilisé soit remis en état de repartir le plus vite possible : les pilotes préparent leur liste de vérification de décollage, les équipes de nettoyage interviennent dans la cabine, le plein de kérosène est fait… et les toilettes sont vidées.

Boeing 747-400 en stationnement au terminal 2 de l'aéroport Paris-Charles-de-Gaulle

Le parking est également conçu pour faciliter ces opérations : en particulier, sur la plupart des grands aéroports, un réseau de canalisations souterraines permet d'acheminer le carburant des avions directement au pied de ceux-ci. Un camion assure alors le branchement entre le point de ravitaillement le plus proche et l'avion.

Les parkings destinés au stationnement des avions pour les opérations de transbordement se trouvent naturellement au contact de l'aérogare. La plupart du temps, un système de passerelles télescopiques et orientables permet aux passagers d'accéder directement aux portes de la cabine depuis l'aérogare, sans avoir à descendre sur le parking. Exceptionnellement, lorsque les parkings les plus proches sont saturés, les passagers transitent jusqu'à l'avion par bus ou minibus. Ils montent dans l'avion par un escalier mobile.

Les parkings destinés aux opérations de maintenance des avions (inspection technique, entretien) sont plutôt situés aux abords des hangars, dans une partie éloignée de l'aérogare.

Tour de contrôle[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Contrôle d'aérodrome.
Tour de contrôle de l'aéroport d'Orly. Au second plan, l'aérogare Ouest

La tour de contrôle est l'organe le plus visible de toute la chaîne dédiée au contrôle aérien. C'est à partir d'elle que les contrôleurs aériens (dits « aiguilleurs du ciel ») opèrent pour guider les avions dans les phases du vol liées au survol de l'aéroport : instructions pour les phases finales d'approche et délivrance de l'autorisation d'atterrir, délivrance de l'autorisation de décollage et instructions pour rejoindre le couloir aérien défini dans le plan de vol de l'avion. La tour de contrôle est placée de manière à pourvoir suivre visuellement les évolutions des avions sur les voies de circulation et sur les pistes. C'est elle qui gère, en fonction des conditions météorologiques, le choix des pistes à utiliser et l'activation du balisage lumineux au sol.

Aérogare[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Aérogare.
Une des aérogares de l'aéroport de Francfort
Borne d'enregistrement, aéroport de Bordeaux, France
L’écran des départs de l’aéroport d’Athènes

L'aérogare est l'ensemble des bâtiments par lesquels transitent les passagers et leurs bagages et où sont également situés les guichets des compagnies aériennes, les services administratifs de l'aéroport, les services de douane ainsi que les services de sécurité. Selon la taille de l'aérogare, on peut aussi y trouver une zone de vente détaxée (Boutique hors taxes), des bars et restaurants.

Le passager aérien qui entre dans une aérogare pour y prendre l'avion doit procéder à plusieurs opérations avant de pouvoir embarquer. Il lui faut tout d'abord acheter son billet au guichet d'une compagnie aérienne s'il ne l'a pas déjà fait. Ensuite, il lui faut s'enregistrer et déposer ses bagages pour leur mise en soute. Il peut ensuite patienter en salle d'attente ou faire quelques achats dans la zone commerciale. Il doit passer les contrôles de sûreté pour accéder à la salle d'embarquement avant de monter à bord de l'appareil.

Lorsque le vol est un vol international, en plus de l'enregistrement et du contrôle de sûreté, le passager doit passer par un filtre transfrontalier (« contrôle émigration » par la Police de l'air et des frontières) et éventuellement la douane.

À son débarquement, le passager doit aller récupérer ses bagages de soute. Si le vol est international, il subit un « contrôle immigration » avant d'accéder en salle de livraison des bagages, puis passe par la douane du pays d'arrivée.

Fret et bagages[modifier | modifier le code]

Les coûts des excédents de bagages, plus que l'étourderie ou la malveillance, sont la cause principale des alertes à la bombe due aux colis abandonnés. Leur coût non anticipé et souvent pour de la bimbeloterie, comme les cadeaux pour de la famille étendue, incite certains voyageurs à laisser sur place une partie de leurs affaires.

Services annexes et administration[modifier | modifier le code]

Propriété et gestion des aéroports[modifier | modifier le code]

En France, la loi Aéroports du 20 avril 2005 a organisé les aérodromes français en trois catégories[1] :

Sécurité[modifier | modifier le code]

La sécurité vise à éviter les accidents involontaires susceptibles de causer des préjudices aux biens et aux personnes. C'est une préoccupation primordiale en ce qui concerne les aéroports. C'est pourquoi plusieurs systèmes et méthodes ont été conçus.

La sécurité est ainsi prise en compte dès la conception d'un aéroport, lors de l'aménagement des infrastructures aéroportuaires (pistes, voies de circulation, aires de stationnement), en s'appuyant sur les normes internationales et les recommandations de l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI).

Par ailleurs, afin de répondre aux normes de l'OACI, chaque aéroport possède un service de sauvetage et de lutte contre l'incendie des aéronefs (SSLIA), qui dispose de véhicules de lutte contre l'incendie spécifiques aux aéroports mis en œuvre par des pompiers d'aérodrome. En particulier, l'objectif opérationnel de ce service est d'obtenir un délai maximum de trois minutes entre une alerte et l'arrivée des premiers engins pour une intervention en tout point d'une piste.

Enfin, outre les mesures mises en place pour limiter le risque de collision avec une autre véhicule roulant ou une personne, des mesures particulières peuvent être mises en œuvre sur les aéroports et à leur voisinage afin de limiter les risques de collision avec un obstacle (interdiction ou balisage d'obstacle) ou avec un animal - oiseau ou mammifère - par la mise en place d'un service chargé d'assurer la prévention du péril animalier. Des dispositifs d'effarouchement antiaviaire (notamment des enregistrements de cris de détresse à fréquence variable aléatoire afin que les oiseaux ne s'y accoutument pas) ont permis, selon la DGAC, de diminuer de 80 % le nombre de collisions en France[3].

Sûreté[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Sûreté dans les aéroports.

La sûreté vise à éviter les actions volontaires susceptibles de causer des préjudices aux biens et aux personnes. Les mesures de sûreté sont particulièrement importantes dans les aéroports. Elles incluent le contrôle des passagers et de leurs bagages au moment de l'enregistrement et de l'embarquement, mais aussi la surveillance des mouvements dans les terminaux et sur les pistes, aux abords des avions, etc.

Pour assurer la sûreté on peut trouver :

Elle concerne aussi la bonne gestion des déchets[4] et frets dangereux...

Liste des aéroports[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Liste des aéroports.

Environnement[modifier | modifier le code]

Les aéroports sont le lieu de convergence et de décollage d'un grand nombre d'avions, mais ils sont aussi desservis par des voies ferrées et des réseaux routiers et autoroutiers générant des pollutions et contribuant à la fragmentation écologique des paysages.

Ils génèrent des polluants parfois fortement concentrés (gaz des tuyères au décollage, carburants évaporés, produits anti-gel, etc.) et certaines nuisances (notamment en termes de bruit, tout particulièrement lorsque les vols de nuit sont nombreux). Les avions sont aussi d'importants émetteurs de gaz à effet de serre et contribuent à modifier l'albédo par leurs trainées de condensation. L'importance et l'étendue des impacts de ces phénomène sont discutés, riverains et autorités aéroportuaires n'étant pas toujours d'accord.

En France, une surveillance de l’impact du trafic aérien des trois grands aéroports Charles de Gaulle, Orly et Le Bourget sur la santé des riverains doit être mise en place en 2008 dans les objectifs du plan régional santé environnement (PRSE), sous la responsabilité du Préfet et de la cellule interrégionale d'épidémiologie d'Île-de-France (Cire), avec un comité de pilotage composé de l'État, d'élus, d'associations, de professionnels et de scientifiques. Les observatoires du bruit et de l’air Bruitparif et Airparif évalueront l'exposition des riverains au bruit et à la pollution de l'air. Crises d’asthme et troubles du sommeil seront les indicateurs retenus pour l'étude.

Airparif devait mesurer à la fin de l’été 2008 le dioxyde d'azote (NO2) autour de Roissy-en-France pour mettre à jour les données de 2002 (sur 120 sites intéressant 23 communes).

Santé[modifier | modifier le code]

Outre les impacts de la pollution de l'air et du bruit (Pollution sonore ou des nuisances lumineuses induites par certains aéroports), les grands aéroports en tant que lieux où se croisent un grand nombre de personnes venues de toutes les régions du monde sont une source de risque épidémiologique et écoépidémiologique ; Ils sont un lieu privilégié de contagion et de diffusion rapide possibles pour certaines maladies infectieuses, comme on l'a vu avec le SRAS.
Pour cette raison, ils sont associés aux dispositifs de veille sanitaire et de réaction visant à limiter le risque épidémiologique, notamment en cas de pandémie grippale (grippe aviaire à virus H5N1, A H1N1 ou autre).

Trafic[modifier | modifier le code]

Fréquentation[modifier | modifier le code]

Distribution des aéroports dans le monde, en 2008.

Selon le Conseil international des aéroports, les dix aéroports les plus fréquentés en 2012 sont les suivants[5] :

  1. Drapeau des États-Unis États-Unis, Aéroport international Hartsfield-Jackson d'Atlanta, 95 462 867 passagers ;
  2. Drapeau de la République populaire de Chine Chine, Aéroport international de Pékin, 81 929 689 ;
  3. Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni, Aéroport de Londres Heathrow, 70 038 857 ;
  4. Drapeau du Japon Japon, Aéroport international de Tōkyō-Haneda, 67 788 722 ;
  5. Drapeau des États-Unis États-Unis, Aéroport international O'Hare de Chicago, 67 091 391 ;
  6. Drapeau des États-Unis États-Unis, Aéroport international de Los Angeles, 63 687 544 ;
  7. Drapeau de la France France, Aéroport Paris-Charles-de-Gaulle, 61 611 934 ;
  8. Drapeau des États-Unis États-Unis, Aéroport international de Dallas-Fort Worth, 58 591 842 ;
  9. Drapeau de l'Indonésie Indonésie, Aéroport international de Jakarta, 57 730 732 ;
  10. Drapeau des Émirats arabes unis Émirats arabes unis, Aéroport international de Dubaï, 57 684 550.

Retard[modifier | modifier le code]

D'après l'organisme Eurocontrol[6] 45 % des retards enregistrés dans les aéroports européens au cours de l'été 2011 étaient dus à six d'entre eux : Frankfurt-Main, Madrid-Bajaras, London-Heathrow, Istanbul-Ataturk, Zurich et Athinai-Eleftherios. Toutefois, ramenés au nombre de vols le classement s'améliore nettement pour les grands aéroports. Les retards les plus importants par vol étant enregistrés dans les petits aéroports des îles grecques.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir le dossier [PDF] Décentralisation et création des sociétés aéroportuaires de la direction générale de l'aviation civile (DGAC) pour un point sur la mise en œuvre de la loi et la liste des transferts effectués, au 15 mars 2007.
  2. La liste est fixée par le décret no 2007-244 du 23 février 2007 relatif aux aérodromes appartenant à l'État et portant approbation du cahier des charges type applicable à la concession de ces aérodromes.
  3. Dispositifs d'effarouchement auditifs
  4. ex en Europe : Règlements (UE) n°245/2013 et 246/2013 du 20 mars 2013 qui modifient respectivement les règlements (CE) n° 272/2009 du 2 avril 2009 et (UE) n° 185/2010 du 4 mars 2010 pour l'inspection-filtrage des liquides, aérosols et gels dans les aéroports de l’Union européenne (UE).
  5. (en) [PDF] « Annual Passengers Traffic Data 2010 », sur http://www.aci.aero/ (Airports Council International), 15 avril 2010.
  6. (en) Network Performance Report, Summer 2011 .

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]