Peugeot 403

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Peugeot 403
Peugeot 403

Marque Drapeau : France Peugeot
Années de production 1955 - 1966
Production 1 214 126 exemplaires
Classe Familiale
Usine(s) d’assemblage Sochaux
Moteur et transmission
Moteur(s) 4 cylindres en ligne,
essence 1 290 cm³ et
1 468 cm³,
diesel 1 816 cm³
Transmission Propulsion,
4 rapports
Poids et performances
Poids à vide 1 030 - 1 230 kg
Châssis - Carrosserie
Carrosserie(s) Berline
Break
Cabriolet
Fourgonnette
Camionnette
Dimensions
Longueur Berline : 4 470 mm
Break : 4 610 mm
Largeur 1 670 mm
Hauteur Berline : 1 510 mm
Break : 1 650 mm
Chronologie des modèles
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La Peugeot 403 est une automobile de la marque Peugeot produite entre 1955 et 1966 en plusieurs versions : berline, cabriolet, break, fourgonnette et camionnette bâchée (ou pick-up).

Historique[modifier | modifier le code]

La 403 (8 CV) a été présentée pour la première fois le 20 avril 1955 au palais de Chaillot au Trocadero à Paris. Il s'agissait d'une berline à toit ouvrant. À l'époque, le capot était orné d'un lion chromé, symbole de la marque, un accessoire retiré au salon de 1958 car considéré comme dangereux en cas de choc avec un piéton ou un cycliste. C'est au salon 1957 que fut présentée par le constructeur Peugeot la première automobile 403 berline N4Y à sécurité passive. Peugeot supprimait le lion du capot, offert à l'acheteur toutefois, et remplacé par une petite baguette chromée (pour 1959 montage d'une grande baguette chromée). Plus tard, en 1957, les flèches arrière seront remplacées par des clignotants, les codes européens apparaîtront et les essuie-glaces deviendront parallèles en 1958.

Le cabriolet est apparu en août 1956. Il sera construit à 2 043 exemplaires jusqu'à la fin 1960. En septembre 1956, naissance de la familiale et de la commerciale, puis le mois suivant de la camionnette bâchée. En octobre 1959 est commercialisée une version diesel à moteur Indenor, ce qui fera de la 403 la première voiture française diesel de série. Ce même moteur équipera aussi d'autres marques comme Austin, VauxhallSingapour) et des Jeep Willys (en Corée). Cette même année apparaît la version dépouillée à moteur 7 CV de la 203, pas de ventilateur de chauffage, pas de neiman, enjoliveurs de 203, calandre simplifiée sans la moustache, banquette à l'avant, volant de la 203, poignées et manivelle en plastique et pas de déflecteur aux portes avant. 1959 est la seule année où il n'y a aucune inscription sur la malle arrière.

En 1962, la calandre de la 8 CV est composée des mêmes barrettes verticales que celle de la 404

Il a été produit 1 214 126 exemplaires de la Peugeot 403. Sa construction a été arrêtée en novembre 1966, le dernier exemplaire étant une 8 CV de couleur crème.

En 1959, une 403 berline Grand Luxe valait 825 000 francs ; un cabriolet, 1 370 000 francs (prix en ancien francs).

Compétition[modifier | modifier le code]

Discrète voiture familiale de la bourgeoisie, la 403 s'imposa cependant quelques fois lors de compétitions notables. En 1955 elle gagna ainsi le Rallye de Finlande avec Eino Elo (déjà vainqueur de l'épreuve en 1952 sur 203) et le Rallye du Maroc avec Jean Deschazeaux; on notera également l'exploit de l'équipage George Baillou/ PierreTriou au Rallye d'Automne 1957 qui s'imposa alors classement général devant une Porsche Carrera. À défaut de puissance débridée, la robustesse légendaire du moteur lui permis tout de même de figurer encore honorablement sur les neiges du Rallye Monte-Carlo et du rallye finlandais dit des neiges pures (le Rallye Hanki, première de catégorie finalement en 1957, 1958 et 1959) ainsi que dans les sables et la boue de l'East African Safari Rallye (première de classe en 1957 avec J.J. Feeney et Z. Nowicki) ou encore au Tour d'Australie (première en 1956).

À la télévision et au cinéma[modifier | modifier le code]

Le moteur d'une 403.
403 berline.
403 cabriolet.
403 cabriolet.
403 break commercial.
403 camionnette bâchée.

Le premier épisode des aventures du lieutenant Columbo, joué par Peter Falk, a été diffusé en février 1968 sur la chaîne NBC. Le policier, qui deviendra célèbre aux yeux du public américain en partie grâce à son étrange voiture, roulait dans un cabriolet gris modèle 1960 immatriculé « California 044 APD ». Cette 403, qui a servi dans la première série d'épisodes, aurait été repérée dans les garages du studio de cinéma par l’acteur lui-même, et choisie par ses soins pour les besoins du tournage. Un tel véhicule était particulièrement exotique et en vogue aux yeux du public américain à qui était destinée cette série. Pour les saisons ultérieures, Peugeot a refusé de fournir un véhicule aux producteurs de la série en remplacement de leur mythique 403, car la société française avait peur de ternir son image de marque. Il faut savoir que la production avait dans l’idée de rendre le nouveau véhicule dans le même état que l’antique 403. C’est Peter Falk lui-même qui a jeté son dévolu sur la mythique Peugeot 403, aucun des modèles proposés initialement par la production ne l’ayant séduit. Pour la petite histoire, et selon d'autres sources, Peter Falk aurait choisi la Peugeot 403 en rencontrant par hasard l’acteur français Roger Pierre qui était alors en voyage aux États-Unis au volant de sa voiture personnelle. Peter Falk eut aussitôt le coup de foudre pour cette voiture, et tint à ce que le producteur de la série la rachète aussitôt à Roger Pierre, qui rentra en France sans sa voiture (cette information a été donnée un peu plus tard par Roger Pierre lui-même lors d’une émission TV)[réf. nécessaire]. La firme Peugeot a bien vendu des 403 sur le sol américain mais n’a apparemment jamais vendu de 403 cabriolets aux États-Unis, et ne s’explique pas de son côté comment le véhicule initial est arrivée sur le tournage de cette série[1]. Ce n’est pas une mais au moins trois ou quatre 403 cabriolet qui ont été utilisées au cours de la vie du feuilleton Columbo. Elle est apparue pour la première fois en 1971 dans l'épisode Le Livre Témoin. Elle était immatriculée 044 APD, mais devient par la suite 448 DBZ. La première 403 était un vrai cabriolet, alors qu’une partie au moins des deux ou trois autres étaient des berlines et furent « recarrossées » pour les besoins de la série.

Au cinéma proprement dit, la 403 est aussi présente dans un grand nombre de films — surtout français — des années 1960 à 1970. Coup de cœur particulier pour À bout de souffle de Jean-Luc Godard en 1960 avec Jean Seberg et Jean-Paul Belmondo où un exemplaire a un tout petit rôle de figuration ; un autre également (cabriolet gris) dans le film Le Magnifique de Philippe de Broca; sans oublier le mythique film algérien Les Vacances de l'inspecteur Tahar avec Hadj Abderrahmane et Yahia Benmabrouk. À noter que pour La Sirène du Mississipi de François Truffaut avec encore Jean Paul Belmondo, tourné à l'île de La Réunion, la voiture propriété de la sœur de l'assistant local de Truffaut circulerait encore sur l'ile.

Technique[modifier | modifier le code]

  • Moteurs (quatre cylindres en ligne) avec culasse en Alpax à chambres hémisphériques et carburateur Solex :
    • Deux motorisations essence :
      • La première (8 CV) d'une cylindrée de 1 468 cm³ (alésage × course : 80 × 73), développe une puissance de 58 ch DIN à 4 900 tr/min. Elle est associée à une boîte à quatre rapports (dont la quatrième est en position décalée, dite « surmultipliée », permettant une économie de carburant). Ce moteur va être légèrement gonflé par (Darl'Mat, Henri Chapron, Pichon-Parat), sur des coupés hors série « haut de gamme » qui auront une diffusion confidentielle.
      • Une seconde motorisation, lancée avec la 403-7 (7 CV), récupère le moteur 1 290 cm³ cm3 de la 203 mais avec le cache culbuteurs de la 403 (donc admission d'un côté et échappement de l'autre). Cette version moins chère de la 403 est reconnaissable à sa calandre simplifiée dépourvue des belles « moustaches » chromées de la 403-8.
    • Une motorisation diesel à moteur Indenor : d'une cylindrée de 1 816 cm³, elle développe 48 ch. Cette auto sera achetée par la compagnie des taxis parisiens G7 à une centaine d'exemplaires.
  • Transmission : par embrayage à disque ou semi-automatique (coupleur Jaeger électromagnétique).
  • Suspensions : roues indépendantes, ressorts transversaux semi-elliptiques et bras triangulés à l'avant, essieu rigide, ressorts hélicoïdaux et amortisseurs hydrauliques à arrière et deux jambes de force pour le maintien du pont.

Autres informations[modifier | modifier le code]

Sortie à une époque où les vols de voitures n’étaient pas aussi nombreux qu’aujourd’hui, la 403 proposait en option un antivol. Il s’agissait d’un Neiman actionné par une clé de contact, le démarreur étant lancé par un bouton-poussoir en bakélite installé en bas du tableau de bord à droite du volant. Les 403 « ordinaires » se contentaient d’un simple contacteur et d'un bouton-tiroir, ce qui revient à dire que le premier venu pouvait démarrer la voiture si le propriétaire, distrait, oubliait de fermer la porte à clé. Par la suite un antivol sera proposé sur les modèles 403/7.

La trappe d'essence est presque invisible. Elle se trouve dans la partie inférieure du cabochon arrière gauche (comme les Cadillac de l’époque).

La 403 est une voiture facile à collectionner. De nombreux exemplaires sont en vente dans les revues et sur les sites spécialisés. Les prix sont encore modestes, sauf pour les élégants cabriolets, très rares, et les berlines N4Y du salon 1957 rarissimes aussi (1500 véhicules numérotées au plus). Ces premières automobiles de France à sécurité passive devraient être mieux reconnues par les collectionneurs avisés. Si la 403 s'inscrit facilement dans la circulation d'aujourd'hui (des passionnés roulent tous les jours à son volant), se méfier toutefois du freinage et de la tenue de route (sol mouillé) qui, près de soixante ans après sa conception, ne correspondent plus aux standards auxquels nous sommes habitués en ce début de XXIe siècle.

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. cependant quelques rares amateurs américains en ont importé à titre personnel (il a été produit en tout 2 043 cabriolets, la 403 classique était vendue en 1958 au prix de 2 175 USD)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Les Archives du collectionneur Peugeot 403 1955-1966, éditions E.T.A.I., 2010. (ISBN 978-2-7268-9916-8)
  • Peugeot 203-403, par Dominique Pagneux, éditions Rétroviseur, 1996. (ISBN 2-84078-041-0)
  • La 403 de mon père, par Dominique Milleron, éditions E.T.A.I., 1995. (ISBN 2-7268-8216-1)
  • 403 passion, par Dominique Pagneux, éditions Drivers, 2005. (ISBN 2-9520491-9-X)
  • Gazoline, votre auto, hors-série no 9.
  • Gazoline no 149 à 152 (guide d'achat 403), octobre 2008 à janvier 2009.
  • Auto-Collection no 29, août-septembre 1995.
  • Auto-moto-Rétro no 106, juin 1989.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]