Herbert Reinecker

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Reinecker.

Herbert Reinecker (né le à Hagen, Westphalie, en Allemagne et mort le à Berg, Haute-Bavière) est un écrivain, journaliste et prolifique scénariste allemand. Son engagement précoce et fervent dans le nazisme en tant que propagandiste -tu après la guerre- imprégnera son oeuvre d'une réflexion sur le bien et le mal.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origine et famille[modifier | modifier le code]

Herbert est le fils d'un ouvrier des chemins de fer. Dès l'âge de 15 ans, il travaille comme feuilletoniste pour le Hagener Zeitung.

En 1937 il épouse sa première femme dont il aura une fille (1941) et un garçon (1944) et dont il divorcera en 1954. Il se remarie en 1959.

Il aimait faire de la voile, jouer au golf et voyager. Sur la fin de sa vie, une maladie oculaire l'oblige à dicter ses oeuvres.

Années 1930 : un écrivain à succès épris du national-socialisme[modifier | modifier le code]

Selon Thomas Munoz, l'adolescence de Reinecker est "marquée par deux amours: l'écriture et le national-socialisme"[1]. Juste après son baccalauréat, il entre dans les jeunesse hitlériennes en 1934[2]. Il devient en 1934 rédacteur en chef de Jugenvolgt-Zeitschrift, un mensuel berlinois destiné à propager l'idéologie nazie dans la jeunesse. En 1938, il devient rédacteur du "Pimpf", une revue destinée à la jeunesse hitlérienne. En 1939, il publie «Der Mann der Geige» (L’homme au violon), un roman historique qui remporte un tel succès que Goebbels le prend sous son aile. Ce roman est adapté au cinéma sous le titre "«Ich warte auf dich" (Je t'attends). Reinecker ne cessera au long de sa carrière littéraire d'être extrêmement prolifique.

Pendant la guerre : soldat et propagandiste aveugle[modifier | modifier le code]

En 1940, il entre dans la SS et participe à la campagne de Russie. Durant la Seconde Guerre mondiale, Herbert Reinecker participa en tant que rédacteur à des revues nazies telles que Jungvolk à la glorification des actions de l'armée allemande en tant que SS Kriegsberichter (correspondant de guerre SS) couvrant les campagnes militaires. Il fit des articles remarqués sur divers groupements militaires de la Waffen SS (comme sur l' "as" des blindés Michael Wittmann par exemple). Il écrivit aussi divers ouvrages de propagande et les scénarios de plusieurs films. Parmi ces oeuvres littéraires de cette période on peut citer "Das Dorf Bei Odessa" (Le village près d'Odessa) en 1942 (la pièce de théâtre qui en est tirée sera interdite après la guerre) et Normandie en 1944. Après avoir publié un dernier article pour la revue SS Das Schwarze Korps un mois avant la capitulation, il s'enfuit un peu avant la fin de la guerre en Autriche.

Après la guerre : silence sur un passé notoire et carrière en tant que scénariste dans la RFA[modifier | modifier le code]

Prise de conscience sur la réalité du nazisme et silence constant sur cette partie de sa vie[modifier | modifier le code]

Après la guerre, il se fait retirer son tatouage SS, ce qu'il niera lors d'un interview pour WDR-Radio. Entre 1945 et 1948, Reinecker est persona none grata du fait de son engagement dans le national-socialisme qui lui vaut de voir ses candidatures comme journaliste refusées. C'est pour lui une période de dépression du fait de la prise de conscience de l'horreur à laquelle il avait participé. Selon Thomas Munoz, c'est un homme «déchiré de l'intérieur, qui ne s'est jamais remis de son rôle dans le national-socialisme. Tout ce qu'il a fait et écrit depuis le nazisme s'en ressent profondément. Son oeuvre est fondée sur la lutte contre le chaos, ce qui est source de chaos, sur le sentiment que chacun est un meurtrier en puissance.» La suite de son œuvre restera marquée par le questionnement « pourquoi faisons-nous ce que nous faisons et comment le justifions-nous ». Cela est parfaitement illustré par sa série Der Kommissar et plus encore par Inspecteur Derrick (1974-1998). Il est par ailleurs le créateur de la série télévisée Siska.

Plusieurs de ses œuvres sont mises à l'index par les autorités de la RDA et de la RFA. Durant cette période, la participation de Reinecker au Nazisme quoique notoire est rarement mentionnée dans les médias. Elle est parfois regardé comme un "péché de jeunesse", lui-même insistant sur le fait qu'il était impossible à cette époque pour un allemand normal de comprendre la vraie nature du nazisme.

Son activité en tant qu'auteur[modifier | modifier le code]

Reinecker n'a cessé d'écrire tout au long de sa vie tant des romans, des oeuvres destinés à la jeunesse que des scénarios pour le cinéma. Il a parfois écrit sous le pseudonyme de Alex Berg et Herbert Dührkopp. Dès 1950, il est un scénariste recherché, reconnu et récompensé.

Ses plus grands succès à la télévision sont Der Kommissar (1968–1975) et Derrick.

Œuvres littéraires[modifier | modifier le code]

  • Jugend in Waffen (Jeunesse en arme), coauteur (1934)
  • Skier entscheiden, auteur (1936)
  • Der Mann mit Geige (L'homme au violon), auteur (1939)
  • Der Pimpf (Manuel des jeunesses hitlériennes), éditeur en chef (1943)
  • Das Dorf bei Odessa (Le village près d'Odessa), auteur (1942)
  • Normandie, auteur (1944)
  • Junge Adler (Jeune aigle), auteur (1944)

Filmographie[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • La vie et l'œuvre de Herbert Reinecker sont longuement évoquées dans Derrick - L'ordre des choses, de Thomas Sandoz (Editions de l'Hèbe, 1999)
  • En allemand, l'autobiographie de Herbert Reinecker a été publiée sous le titre Ein Zeitbericht unter Zuhilfenahme des eigenen Lebenslaufs (Straube, 1990).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. David Ramasseul, Herbert Reinecker, l'autre part d'ombre de “Derrick”, Match avril 2013 [1]
  2. Hanns-Georg Rodek , Derrick und sein Schöpfer, der SS-Offizier, das Welt, 15 septembre 2011 [2]

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]