Laomédon

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 Ne doit pas être confondu avec Lacédémon.
Guerrier troyen mourant identifié à Laomédon, figure E-XI du fronton oriental du Temple d'Aphaïa sur l'île d'Égine au Sud d'Athènes, fin VIe siècle av. J.-C., Glyptothèque de Munich, no 85.

Dans la mythologie grecque, Laomédon (en grec ancien Λαομέδων / Laomédōn / Laomédôn, en latin Laomedon), fils d'Ilos et d'Eurydice, est le second roi mythique de Troie, autour du XIVe siècle av. J.-C. ou du XIIIe siècle av. J.-C.[note 1].

Il fait bâtir par les dieux Apollon et Poséidon alors sous ses ordres, le célèbre mur inexpugnable qui protège sa ville. Il brave de négliger de leur payer salaire ce qui immanquablement dresse leur courroux contre lui et ses sujets.

Il est le père notamment de Priam qui est roi pendant la guerre de Troie homérique, ou par exemple d'Hésione qu'il sacrifie, enchaînée à un rocher, au monstre marin Céto, envoyé de la colère de Poséidon. Elle est sauvée grâce au secours d'Héraclès.

C'est pourtant par ce dernier que Laomédon perd la vie durant la guerre que celui-ci mène contre Troie en raison d'un contentieux entre les deux hommes à propos des chevaux extraordinaires que Laomédon lui a promis ; cette guerre est antérieure à celle où Priam est roi et que chante Homère dans son Iliade.

Son histoire nous est témoignée par le seul point de vue gréco-romain parfois très dur à son encontre mettant souvent en avant sa mauvaise foi, et par deux fois au moins ses parjures, la première fois contre les dieux et la seconde envers Héraclès[1],[2],[3].

Sommaire

Approche étymologique & linguistique[modifier | modifier le code]

Le mot Λαομέδων / Laomédōn, dont notamment la déclinaison grammaticale du génitif singulier est en -οντος / ontos qui conduit à la variante grammaticale Λαομέδοντος / laomédontos par exemple, est un nom d'origine grecque pour un personnage troyen...
On trouve parfois écrit dans certains manuscrits de l'Odyssée[4] d'Homère, le nom de Laodamas fils d'Alcinoos et sa déclinaison sous la forme Λαομέδοντα / Laomédonta ce qui peut porter à confusion alors que plus usuellement la variante grammaticale de Laodamas est écrit comme Λαοδάμαντα / Laodámanta[5].

Laomédon est composé d'une dérivation régressive du nom λαός / laόs voyant donc la lettre « s » finale disparaître, ce dernier signifie le peuple, la nation en tant que réunion d'homme comme une foule, une masse dont le sens reste cependant assez neutre : il n'a pas, en effet, de connotation d'entité politique comme δῆμος / dẽmos ou péjorative comme une multitude désordonnée, tumultueuse de ὅμαδος / hómados[6]. Laomédon se compose aussi de μέδων / médōn qui signifie le chef, le roi, cela est à rapprocher du verbe μέδω / médō dont le sens premier est celui de mesurer, de contenir dans le juste mesure et menant donc à l'acceptation de protéger, gouverner, régner, ou encore à la lecture de la forme moyenne du verbe, μέδομαι / médomai, c'est-à-dire de s'occuper, se préoccuper, de songer[7]. Cette approche étymologique hellénisante, et qui présente de surcroît la rection de la composante verbale μέδων qui avalise bien dans ce sens le complément d'objet que constitue λαός, donne finalement pour le nom du personnage le sens convenu et laissant presque penser à un surnom de « celui qui règne sur le peuple, qui le gouverne », ou encore « le chef du peuple », « celui qui gère le peuple ».

L'évolution de Λαομέδων donne dans le dialecte ionien (le dialecte qui conduit au grec ancien classique puis moderne) λεωμέδων / leōmédōn avec le passage du son « α / a » au « η / ē » puis sous sa forme phonétique courte (métathèse de quantité) « ε / é » : ainsi la forme Laomédon, que l'on retrouve dans l'Iliade d'Homère est antérieure à sa rédaction en ionien. les composés de λαo- et -μέδων ne sont pas rares dans la mythologie et l'anthroponymie grecques : le nom même de λεωμέδων est attesté dans les sources épigraphiques, comme on trouve aussi des λαμέδων / lamédōn, voir par exemple à ce sujet Lamédon (en), roi de Sicyone[5].

Homère qualifie Laomédon par exemple d'illustre, de noble, de brillant, digne d'admiration (ἀγαυός / agaouόs)[8],[9], ou de ἀμύμων / amoúmōn traduit[10],[11] par irréprochable, excellent, bon, parfait ce qui est plutôt contradictoire à la mauvaise foi de sa réputation taillée par le mythe grec : doit-on seulement lire cet adjectif comme beau pour des critères de beauté physique propres à l'individu ou à la manière de se présenter, de se parer ? Ou seulement détacher les valeurs morales et physiques pour ne garder que le fait de sa noble naissance ?[5]

Avec Érichthonios, Laomédon est le seul ancêtre de Priam à porter un nom grec, et sa signification est clairement celle d'un souverain. Laomédon est le seul des prédécesseurs royaux troyens à avoir une légende propre — certes guère favorable — et qui ne soit pas celle d'un héros fondateur de ville ou d'institution comme l'on retrouve avec Dardanos et les autres Dardanides[5].

Laomédon n'est pas un personnage ayant une double appellation, comme on trouve souvent dans les générations suivantes des Troyens, comme avec Podarcès/Priam, Alexandre/Pâris ou d'une autre manière aussi avec Alexandra/Cassandre : le premier est certainement d'origine grecque alors que le second semble-t-il plutôt non.

Aperçu généalogique[modifier | modifier le code]

Sa généalogie est hésitante et confuse : les auteurs ne s'accordent pas et semblent souvent interchanger les membres d'une génération à celle postérieure ou antérieure ou bien alors il est coutume de nommer les descendants selon les ascendants...

Enfants de Laomédon

Par son ascendance paternelle depuis Ilos, son père et premier roi de Troie, puis Tros son grand-père à qui l'on doit le nom de la région de Troade, il s'inscrit dans la lignée de la race troyenne établie depuis Dardanos puis son fils Érichthonios[12].

Il épouse Strymô, fille de Scamandre, le dieu-fleuve près de Troie. Ou bien s'agit-il d'une certaine Placia ou Placie, fille d'Otréos ( Πλακίαν τὴν Ὀτρέως / Plakían tén Otréos), ou de Leucippe, Leucippé (Λευκίππη / Leukíppe)[13]. Il est courant que sa mère soit Eurydice qui est la femme de son père Ilos[13], mais parfois on trouve[14] à la place une certaine Leucippe pouvant laisser à confusion, quand bien même qu'il ne s'agisse pas là déjà d'un embrouillement dans la transmission de la généalogie. Leucippe est un nom grec phonétiquement (peut-être aussi même sémantiquement[note 2]) proche de Zeuxippe ou Zeuxippé (Ζευξίππη / Zéudzíppe) ainsi que nomme certain étant plutôt la femme de Laomédon[15]. Suivant d'autres auteurs la reine de Troie porte le nom de Rhœo (Ῥοιώ / Rhoió)[16] ou bien il s'agit d'une Thoosa ou Thoassa, fille d'un certain Teucros (sic Θόασα(ν) τὴν Τεύκρου / Thόasa(n) tên Teucrou)[17]. Il est possible également que ces différents noms, si ce ne sont des erreurs, correspondent à différentes épouses, maîtresses ou concubines sinon qu'ils recouvrent la même femme comme des surnoms ou d'hésitantes et variantes transcriptions ou transmissions par exemple. Il a un autre fils clairement cité comme celui de la nymphe Calybé[13].

Enfants[modifier | modifier le code]

Bien qu'Apollodore[13] nous dise que Laomédon a cinq garçons et trois filles, qu'Homère nous cite aussi quelques enfants mâles[18], d'autres filles nous sont notamment connues grâce aux commentaires du scholiaste Tzétzès[note 3] ; sa descendance, nommée quelquefois Laomédontide (Λαομεδοντιάδη / Laomedontiádē)[note 4],[19],[20], s'enrichit aussi avec d'autres témoignages glanés ici ou là parmi les auteurs classiques, parfois se recoupant, se citant les uns et les autres, mais ne pouvant exclure parfois des malentendus. La branche agnatique reste la plus consistante. Sa fille la plus connue est Hésione, personnage au cœur de l'intrigue de la guerre menée par Héraclès contre Laomédon. Tandis que Priam est son fils le plus célèbre notamment parce qu'il assure la royauté de la ville de Troie durant la guerre suivante, celle racontée par l'Iliade .
L'enlèvement de ses fils Tithon ou Ganymède ou l'offrande sacrificielle de sa fille Hésione laisse suggérer de manière plus prosaïque que les princes ou les princesses étaient à cette époque des monnaies d'échange de grande valeur pour les traités politiques de grands et troublés évènements bien que cela reste spéculatif mais est partagé par le commentaire de Palaiphatos à propos d'Hésione[21] :

Il est l'ainé, enfanté en secret, apprend-on d'Homère ; il n'est pas reconnu semble-t-il dans la légitimité de la lignée royale et sa mère est une nymphe, Calybé[22],[13].

Suggéré parfois comme un demi-frère de Priam (voir ci-dessous), ce dernier ayant pour mère préférablement Leucippe alors que Tithon serait bien le fils de Strymô ou Rhœo[16] ; comme le rapt de Ganymède par Zeus (influence occidentale des Troyens), justifié pour sa beauté dans la version la plus courante du mythe, Tithon est aussi remarquable pour la sienne ce qui pousse l'Aurore, Éos (influence orientale des Troyens), à l'enlever également[23] ; Éos demande l'immortalité à Zeus pour lui, mais omet de lui demander la jeunesse éternelle[24]; certain auteur le considère plutôt comme le frère de Laomédon[25]. Il a, entre autres, pour fils Memnon[26] dont on nous dit assez tardivement dans la mythologie avoir la peau noire[27],[28], et qui combattra durant la guerre de Troie d'Homère.

Apollodore le croit mort après l'assaut d'Héraclès[29], mais Homère le place avec les anciens qui aux côtés de Priam, âgé aussi, ne peuvent que regarder les combats de la guerre de Troie homérique sur les Portes Scées[30].

Pausanias le fait père de Procléia au lieu de considérer cette dernière comme sa sœur[31] ; Homère le place aussi avec les anciens aux côtés du vieux Priam[30] bien que pour d'autre il soit mort depuis longtemps lors de ces évènements plus récents et n'a donc pas survécu à l'épisode avec Héraclès[29].

Il fait partie aussi du conseil des anciens sur les Portes Scées durant la guerre de Troie Homérique, ou bien totalement à l'opposé, il perd la vie sous les coups de la guerre menée par Héraclès et Télamon[30],[29].

Il est le plus célèbre des fils de Laomédon et c'est autour de son personnage que s'articule bien souvent la mythologie grecque de Troie ; il est roi de Troie durant la guerre homérique. L'identité de sa mère varie selon toutes les femmes associées à Laomédon (à l'exception de la nymphe Calybé...). Il est le seul selon Apollodore à être réchappé vivant de la guerre entre son père et Héraclès[29] bien que cela soit remis en cause par d'autres auteurs[30]. Il se marie avec Arisbé qui lui donne comme fils le devin Ésaque ; après la mort de sa première femme pour des raisons inconnues, il épouse Hécube avec qui il a nombre d'enfants[32]. Son portrait est contrasté, il est considéré comme irrespectueux et infanticide à plus d'un titre : il fait mettre à mort son fils Pâris-Alexandre, mais cela échoue[33], ou bien le neveu de sa sœur Cilla sous la crainte d'un oracle défavorable à la ville de Troie aux dépens de son propre fils Pâris[32]. Parfois avare, il maltraite ses proches et désire s'emparer du bien d'autrui[34]. Mais dans l'Iliade, il est brossé comme un roi respecté (notamment aussi par les Grecs), qui tient parole et assure les serments[35], plein de bonté et de justice, au point qu'il peut se rendre dans le camp grec en personne sans qu'on ne lui ôte la vie[36]. Il est tué à la guerre de Troie homérique par le fils d'Achille, Néoptolème[37]. A l'exemple de son père, il perd nombre de ses enfants masculins à la guerre ou à cause de celle-ci. Son vrai nom nous est dit être Podarcès et selon une étymologie tardive, il aurait été nommé Priam lorsque sa vie a été rachetée par sa sœur Hésione avec son voile[29],[38]. Certains auteurs suggèrent que c'est parce que Priam est enfant qu'il est épargné par Héraclès qui ne peut accuser l'enfant de l'acte de son père[34],[38]. D'autre estime que si Priam connait l'indulgence d'Héraclès, c'est parce qu'il est absent durant la guerre puisque lui-même mène bataille alors en même temps en Phrygie[39], contre les Amazones[40]. Il envoie Anténor auprès des Grecs pour leur témoigner qu'il consent à leur pardonner d'avoir tué son père Laomédon, d’être entré avec des forces armées sur ses terres et d'avoir enlevé sa sœur Hésione à condition qu'il lui la rende[41]. Il achète sa sœur Astyoché (voir plus loin) pour qu'elle consent à ce que son fils Eurypyle prenne son parti et entre en guerre[42]...

Euripide notamment (Cicéron également[43]) semble suggérer le fait qu'il soit le fils de Laomédon[44] alors que traditionnellement on le donne plutôt comme le fils de Tros, et donc plutôt l'oncle de Laomédon. L'individu d'une blonde chevelure[45] est enlevé par Zeus (les dieux selon Homère[46]), à cause de sa beauté[47], pour vivre et servir parmi les dieux, leur offrir leur nectar rouge dans un bol d'or ; il devient immortel et obtient la jeunesse éternelle[45]. En échange, le grand dieu offre d'illustres chevaux à son père plein d'inquiétude[48]. Ces derniers seront au cœur de la discorde avec Héraclès. Ou bien se voit-il offrir par Zeus du vin (et même la vigne avec) dont Héphaistos a conçu à partir de grappe de raisin généreux aux délicates feuilles d'or[49]. Alors que les femmes captives des Troyens attendent le sort que les Grecs leur assigneront et qui sont sur le point de quitter Troie détruite, Euripide, dans sa tragédie Les Troyennes, exprime la futilité du sacrifice de Ganymède, qui comme si celui-ci avait acheté la paix auparavant par sa personne, n'a pas pu éviter la destruction fatale de Troie après la guerre homérique. Ce plant de vigne dorée servira à Priam à acheter sa sœur Astyoché pour qu'elle convainc son fils Eurypyle d'entrer en guerre, lui et ses hommes, aux côtés des Troyens lors de la guerre de Troie chantée dans l'Iliade[42].Des versions mineures le font kidnappé plutôt par un Tantale, roi de Thrace (peut-être identifiable à Tantale fils de Zeus)[50] ou plutôt par Minos[51].

Fils de Laomédon selon Dictys de Crète[34], peut-être s'agit-il de celui considéré plus souvent comme son gendre et mari clandestin de Cilla (une fille de laomédon voir plus loin) et père de l'enfant Mounippos mis à mort par Priam de crainte d'un oracle[32],[53]. Il s'agit alors ici d'une relation consanguine mais parfois Cilla est considérée comme la sœur d'Hécube[54]. D'autres considère Mounippos comme de Priam plutôt[54]. Il siège aux côtés des anciens avec Priam lors de la guerre de Troie homérique[30] et selon Virgile, il est le premier à réclamer d'introduire et d'installer sur la citadelle le Cheval de Troie[55].

C'est sa fille la plus connue qu'il sacrifie enchaînée à un rocher pour apaiser Poséidon et son monstre marin Céto. Elle est donnée par Héraclès, après la guerre, comme épouse à Télamon, son compagnon d'arme ou bien en est-elle plus ou moins consentante pour s'éloigner de ses parents et des siens dont elle craint les représailles[56]. Elle sauve par son voile son frère Priam. Elle aura un fils de Télamon, Teucer (nommé comme le premier roi de Troade), qui combattra du côté grec lors de la guerre de Troie menée cette fois-ci par Agamemnon[57].

Épouse clandestine de Thymétès[32],[54] et fille de Laomédon pour Apollodore[13], mais elle est considérée parfois comme la sœur d'Hécube, la belle-fille de Laomédon et l'épouse de Priam, selon Tzétzès[54]. Elle est enceinte de Mounippos ou Mounitos[53],[54] quand Hécube attend Pâris. Mais le devin Ésaque interprète les terreurs et les chaleurs nocturnes d'Hécube comme le signe d'un destin fatal à Troie et déclare que seul la mort d'Hécube et son fils par le bûcher et le feu de Lemnos (les troyens considéraient l'île comme à l'origine du feu : il s'y trouve le volcan Mosychlos) peut assurer le salut de son peuple. Priam venant de perdre Arisbé, sa première femme, sacrifie à la place d'Hécube et son fils, Cilla et le sien[32],[58]. Leurs corps gisent là où Laodicé perdra la vie, près d'un bosquet de figuier sauvage sur le chemin du tombeau d'Ilos, le père de Laomédon, vers les Portes Scées de la ville[59],[60]. Parfois considère-t-on Priam comme le père de Mounippos[54].

Connue par le scholiaste Tzétzès[61] et le mythographe Conon[62], elle fait partie des Nauprestides avec ses sœurs Astyoché et Médésicaste : elles sont captives embarquées avec d'autres femmes troyennes par les Grecs revenant de Troie après la guerre homérique. Pour éviter l'esclavage qu'on leur promet, elles et les troyennes décident de mettre feu aux navires qui les transportent. Sans moyen de transport désormais, les Grecs et les Troyennes sont condamnés à s'établir sur ces terres, soit en Thrace, par exemple en Pallène, ou bien en Calabre en Italie. Polyen semble la nommer, en la qualifiant bien de sœur de Priam, comme Aithia[63].

Connue par le scholiaste Tzétzès[61], évoquée par Apollodore notamment[13], elle fait partie des Nauprestides. Elle est généralement considérée comme la femme de Télèphe, fils d'Héraclès, qui en raison de sa femme, rejette la sollicitation des Grecs à les rejoindre durant la guerre de Troie homérique[64]. Mais son fils et donc celui aussi d'Astyoché, Eurypyle, est (dans ce déchirement familial entre deux camps) sollicité par Priam pour lutter avec lui[65]. Certains disent qu'il est réticent : c'est pourquoi Priam achète Astyoché pour le persuader d'entrer en guerre à ses côtés et que le prix offert est un plant de vigne d'or[42], celui que Zeus a donnée en compensation du rapt de Ganymède[44],[49],[66]. Dictys de Crète ajoute à cela que Priam lui offre la main de sa fille Cassandre[67]. L'arrière grand-mère de Laomédon, la mère de Tros, épouse d'Érichthonios se nomme aussi ainsi[47].

Le scholiaste Tzétzès nous en parle, elle fait partie des Nauprestides[61]. Une fille de de Priam porte aussi ce nom[68].

Connue grâce au scholiaste Tzétzès ; selon ce dernier, elle épouse le roi d'un royaume voisin, Cycnos, fils de Poséidon, bien que Pausanias estime que l'épouse de Cycnos soit plutôt fille de Clytios, le fils de Laomédon[69],[31].

Reconnue par le poète latin Ovide, elle ose comparer sa beauté à celle de la déesse Héra qui la transforme alors en cigogne[70].

  • Clytodora (Κλυτοδώρας / Clutodóras),

Elle n'est reconnue que par Denys d'Halicarnasse qui la fait épouse d'Assaracos (fils de Tros, c'est-à-dire communément Assaracos est l'oncle de Laomédon et non donc son beau-fils) au lieu[47] de Hiéromnémé que l'auteur considère plutôt comme sa belle-fille ; suivant cette lecture, elle fait partie de la lignée d'Énée[71].

Bâtisseur du grand mur de Troie...[modifier | modifier le code]

Grand roi de Troie[modifier | modifier le code]

Laomédon est le cinquième roi de Troade depuis Dardanos[12] et est roi de la ville de la prospère Troie, pleine de grandes richesses, desquelles malgré tout, Énée, fuyant Troie, préférera ne rapporter que les dieux Pénates si importants à Rome[72]. Cela va dans le sens de la réputation de son arrière-grand-père, le roi Érichthonios, connu comme le mortel le plus riche d'alors alors qu'Homère nous dit que trois mille chevaux, juments, et poulains, paissaient dans les marécages[73],[74]. Son fils Priam est considéré aussi plus tard, et ce malgré la guerre d'Héraclès, être à la tête d'une région abondante en or[75], provenant des mines voisines d'Abydos, au Nord de Troie[76].

Contemporain du roi athénien Égée et régnant plusieurs décades s'avance-t-on à dire[note 5], il est à la tête d'un grand empire ou bien d'une grande puissance[77]. Cela est en partie hérité de son père Ilos manifestement conquérant jusqu'en Thrace, conquête à laquelle participe peut-être Laomédon d'une manière ou d'une autre, et ce depuis tout l'arc Nord de la mer Égée jusque vers la région de Thessalie, vers le fleuve Pénée de la lointaine Grèce ; auparavant Troie n'était qu'une petite ville[78],[79],[80]. Cette influence peut expliquer le soutien fragile et versatile, peut-être clientéliste, du roi thrace Polymnestor à qui, selon Ovide ou Euripide notamment, Priam confiera à tort son plus jeune fils et possible héritier de la dynastie, Polydore, notamment lorsque la fortune l'abandonnera durant la guerre homérique[81],[82].

Laomédon évoque d'autres personnages mythologiques comme Sisyphe, qui dérobe la Mort elle-même, Tantale ou Lycaon d'Arcadie qui éprouvent et offrent aux Immortels de la chair humaine, et dont pour chacun leur puissance est-elle qu'elle mette à l'épreuve les dieux eux-même et cela finit par leur faire perdre toute mesure avant d'en être sévèrement puni[5].

Servage de Poséidon et Apollon[modifier | modifier le code]

Laomédon (en bleu) refusant de puisser dans sa tirelire pour payer le salaire promis aux dieux Apollon, aux cheveux bouclés et portant des lauriers, et Poséidon à la barbe drue et non loin de son Trident. Laomédon refuse le paiement à Poséidon et Apollon, huile sur toile, 17e siècle, à l'attribution hésitante soit à l'allemand Joachim von Sandrart ou bien à l'italien Girolamo Troppa (it) ; Hunterian Museum and Art Gallery, Glasgow, Écosse.

Laomédon fait construire le mythique mur de Troie, parfois nommée Pergame, (Πέργαμος/Pérgamos[83],[84]), « la citadelle »[85], qui encercle sa ville et doit la rendre inviolable[note 6].

Intervention des Dieux[modifier | modifier le code]

Pour des raisons ignorées d'Homère, il le fait bâtir par les dieux Apollon[86], le dieu tutélaire de la région, et Poséidon, le dieu de la mer [ico 1]. Tout juste Homère nous apprend-il qu'ils ont été, l'un et l'autre, exilés par Zeus de l'Olympe, pour une année entière. S'agit-il du complot[87],[88] qui, incité par l'orgueil de Zeus et instigué par Héra, pousse Poséidon et Apollon à se rebeller contre le roi des dieux et à l'enchaîner ?[note 7] Ce n'est en effet, que grâce à Briarée et ses cent mains, alors convaincu par la Néréide Thétis[87], et ainsi que les hommes venus de Aigaion[note 8], que Zeus fut libéré ; car, en effet, ils sont plus fort que le couple de dieu et mettent fin au complot divin[89]. Zeus leur reproche-t-il leur trahison, leur irrespect, et veut-il le leur faire ressentir aussi en les envoyant travailler pour Laomédon contre un salaire et obéir à ses ordres, lui, le simple mortel, commandant des dieux humiliés ?[90],[84],[91],[92],[93],[94],[95],[96],[97].

Ou viennent-ils de leur propre initiative dans cette région où ils sont vénérés autant à Troie qu'à la divine Cille, ou dans la ville de Chrysé ou encore sur l'île de Ténédos ?[98],[97] Car comme nous rappelle l'Odyssée, « souvent les dieux, semblables à des hôtes étrangers, parcourent les villes pour être témoins et de l'injustice et de la piété des hommes en prenant l'aspect de deux hommes[99] ». La présence des deux divinités s' expliquerait ainsi par l'intention de tester l'immensurable et l'orgueilleuse insolence de Laomédon, en un mot, son hybris, sous le joug duquel son peuple souffre[84],[98],[97].

Témoignant d'une certaine fierté auprès de Zeus, Poséidon, associant Apollon à sa construction, craint que les défenses érigées par les Grecs dans leur camp ne fassent ombrage au mur qu'il a bâti pour Troie selon Homère[100]. C'est pour cette raison semble-t-il, que le dieu des eaux et des tremblements de terre, s'empressera de noyer et de faire écrouler le mur grec à la fin du conflit[101]. Pour autant, suivant plus loin encore Homère, c'est seulement Poséidon qui érige les murailles alors qu'Apollon fait plutôt paître ses troupeaux près du Mont Ida de Troade[90],[102],[103],[97]. Peut-être est-ce la raison pour laquelle Troie est surnommée la Citadelle de Poséidon ?[104] La tradition tantôt fait des deux dieux les constructeurs du mur, tantôt d'Apollon un simple berger et Poséidon le bâtisseur comme si le premier était honoré et soustrait du servage, l'autre devant travailler à la construction du mur[87],[5].

S'adjoint alors Éaque, roi d'Égine[modifier | modifier le code]

Le poète Pindare ajoute un troisième constructeur : alors que les dieux s'apprêtent à achever la ceinture murée de la ville telle une couronne[105], le roi d'Égine, Éaque, dont le royaume insulaire se trouve au Sud d'Athènes en Grèce, se voit appelé — voire sommé — et associé au travail divin ; ainsi en avait déterminé le Destin afin que la section des remparts dont le simple mortel Éaque à la charge de dresser — nécessairement imparfaite car il ne s'agit pas d'une œuvre divine qui est indestructible naturellement — puissent s'écrouler au milieu de noirs tourbillons de fumée et des ravages sanglants de la guerre à venir[106]. Cela fait d'ailleurs écho à la mise en garde sur la fragilité du mur qu'adresse Andromaque à son époux Hector, petit-fils de Laomédon, lors de la guerre de Troie homérique[note 9]. À peine le mur est-il achevé que trois serpents (ou dragons) d'un gris vert-bleuté s'élancent contre ces retranchements, deux tombent dans le fossé et roulent au pied d'une tour où ils expirent épouvantés ; mais le troisième se jette dans la ville sous d'horribles sifflements. Alors Apollon, chantre des prophéties, méditant sur ce funeste présage, fait entendre ces paroles: « Je vois Pergame (Troie) prise par cet endroit même que tes mains viennent de fortifier, ô Éaque ! ainsi me l'expliquent les prodiges que nous envoie le fils de Zeus, le tonnant. Tes descendants ne sont point étrangers à cette catastrophe : je vois la première [génération] la commencer et la troisième la consommer.» Héraclès conduira un premier assaut contre la ville au côté de Télamon, le fils d'Éaque, et les arrière-neveux de ce dernier prendront définitivement la ville après la guerre de Troie dont nous retrace partiellement l'Iliade : ce sont Néoptolème, le fils d'Achille descendant d'Éaque par son frère Pélée et Épéios fils de Panopée par un autre fils du roi, Phocos, ces deux composant avec le stratagème du Cheval de Troie pour franchir la muraille[107],[108]. À la suite des travaux, Apollon s'éloigne et s'en va vers le fleuve de Troade Xanthe (aussi appelé Scamandre) auprès duquel il a laissé paître ses coursiers, puis il se retire chez les belliqueuses Amazones et dans les régions que l'Ister arrose[note 10]. Poséidon quant à lui, laisse Éaque retourner à Égine et dirige ses coursiers brillants d'or vers les hauteurs de Corinthe, pour contempler les jeux qu'on y célèbre en son honneur[109].

Refus de donner salaire[modifier | modifier le code]

Mais cela n'est pas sans compter que, le travail achevé, les dieux attendent avant tout la récompense, leur salaire, celui que leur a promis le roi Laomédon. Mais celui-ci ne le leur donne pas[84],[110],[90],[91],[93],[87],[111],[112]. Au contraire même, il les renvoie sans ménagement ! Les dieux n'ont sans doute pas besoin d'argent, mais comme ouvrier, il mérite salaire, ne pas le leur donner leur cause préjudice puisque cela fait donc d'eux des esclaves ! Et bien que des divinités, brisant sans vergogne le respect et la condescendance envers les dieux (en grec c'est la χάρις / kháris[113]), Laomédon les menacent malgré tout, comme s'adressant à des simples prisonniers ou à des esclaves, de leur lier les mains et les pieds et de les vendre au loin, il jure même de leur trancher les oreilles ![90] Pour d'autres, Apollon et Poséidon ne se voyent pas verser par le Troyen la somme d'or précédemment convenue[91], ou le roi ne leur a promis que trop peu[38], ou bien n'a-t-il pas sacrifié tous les nouveau-nés de son troupeau durant l'année écoulée[38], ou encore leur manquent-ils trente drachmes troyennes ![114]

Quoi qu'il en soit, Laomédon vient donc de faire son premier parjure.

Commentaires[modifier | modifier le code]

La Porte des Lionnes, à la forteresse de Mycènes en Grèce datant de l'âge de bronze et contemporaine de Troie, la ville de Laomédon, entrouve un mur à la maçonnerie qualifée de « cyclopéenne ».
  • Les remparts formidables de Troie avaient de tout temps suscité l'admiration des grecs, qui n'hésitaient pas à attribuer leur construction à des manifestations surnaturelles comme avec les murs cyclopéens, dressés par les mythiques Cyclopes, et qui se caractérisent par un assemblage de grosses et massives pierres, plus ou moins équarries et déposées simplement l'une sur l'autre[5].
  • Pierre Commelin suggère pour lui que c'est Apollon qui dresse les fortes murailles tandis que les grandes digues que Laomédon fait aussi faire contre les vagues de la mer passe pour l'ouvrage de Poséidon[115]. Cela rappelle les vergers et leurs enclos et les digues (suggérant peut-être un art troyen pour les aménagements hydrauliques) qu'Homère nous parle lorsque Diomède les franchit sans que cela ne le retienne alors qu'il combat les Troyens[116].
  • Eustathe de Thessalonique, l'érudit et ecclésiastique byzantin, commente les récits d'Homère au XIIe siècle et nous dit que deux ouvriers auraient œuvré à construire le mur sans en attendre de salaire et auraient voués leur travail aux deux dieux Poséidon et Apollon, c'est à partir de cela que le mythe se serait développé[97].
  • Continuant ses lectures évhémérisantes, Eustathe de Thessalonique nous rationalise encore davantage le mythe en suggérant que Laomédon aurait pris les richesses des temples d'Apollon et de Poséidon pour financer son mur et le développement de sa ville[97] ; d'autres commentent le mythe aussi en disant que celui-ci a personnifié les dieux car Laomédon aurait vendu sur la place publique les richesses (et y aurait fixé un prix) des fêtes sacrificielles dédiées et amassées dans les temples consacrés à ces dieux dans la ville haute (l'acropole)[117],[118],[119] ; Cela peut même être lu comme un détournement de richesses du fonctionnement des temples religieux où Laomédon aurait promis de grandes constructions aux dieux et aurait utilisé le bénéfice pour le dépenser pour terminer son mur[120].
  • Palaiphatos cité par Eustathe de Thessalonique, ne croit pas non plus à la participation des dieux à la construction de l'édifice. Il considère que c'est parce que Laomédon a fait usage de la richesse de leur temple pour construire les fondations de ses murs, que ces ouvrages auraient donné une apparence concrète et matérielle aux divinités, hors de leur secret temple. Ou continue-t-il à souligner que si Poséidon est associé à la construction du rempart c'est en raison de l'humidité connotée par le dieu des eaux et des mers : celle-ci permet de faire de l'argile ou du gypse un liant pour les pierres. De cette même façon, la chaleur ambiante dispensée par le Soleil fait consolider l'ensemble en le desséchant donc et ainsi le doit-on à Apollon tardivement associé aussi aux valeurs solaires[121].
  • Certains suggèrent que l'hybris de Laomédon est tel qu'il n'hésite pas à sacrifier à la mort ses gens pour finir ses constructions, c'est la raison pour laquelle les dieux prennent apparence pour sauver les Troyens de la folie de construction de son roi. Voilà pourquoi on en appelle aux dieux Poséidon ou Apollon dans l'intention qu'ils délivrent le peuple de la tyrannie de Laomédon[98]. On fête et on honore par des sacrifices à Apollon, à Troie et dans toutes les grandes villes de la région ; parfois dans quelque récit oublie-ton seulement aussi de témoigner autant de respect auprès de Poséidon qui en garde du ressentiment[97]. L'avis est partagé par le traducteur du XVIe siècle Blaise de Vigenère qui suggère que les Troyens ont bien fait de grands sacrifices à Apollon (dieu tutélaire de la région de Troie), mais ils ne tiennent pas compte de satisfaire pour autant Poséidon[122]. Cela s'inscrit dans la lignée du texte homérique où Apollon ne semble pas témoigner de griefs envers Laomédon ou les Troyens[123].
  • Poséidon a dans ses attributions les limites qui séparent la terre et la mer et d'une manière plus générale la démarcation qu'un mur peut aussi bien représenter. Dans l'île de Samos, on lui donne par exemple l'épithète de ἐπακταῖος / epaktaĩos, celui du rivage, des côtes escarpées[124],[5].
  • Apollon, dieux des commencements, est mêlé à la fondation et à l'installation d'une autre cité, puisque c'est au son de sa lyre (instrument symbolique d'Apollon), transmise par l'intermédiaire d'Hermès, que le poète Amphion, inspiré, et pouvant soulever par ce moyen les pierres, construit les remparts de la ville de Thèbes en Béotie[125],[126]. Apollon connait aussi la servitude auprès d'Admète, roi de Phères en Thessalie, après avoir, furieux, tués les Cyclopes qui fabriquent la foudre à Zeus. Zeus s'apprête à le précipiter dans le Tartare avant que Léto, la mère d'Apollon, n'intercède en sa faveur. Ainsi le Grand Zeus, condamne-t-il son impétueux fils Apollon, là aussi, pour la durée d'une année, à se mettre au service d'un simple mortel, comme journalier. C'est la raison de sa servitude auprès d'Admète où le dieu travaille comme bouvier : grâce à Apollon, dit-on, toutes les vaches mettent bas alors deux veaux[127]. C'est le parallèle qui conduit Lucien de Samosate à suggérer le salaire de trente drachmes[114].
  • L'introduction du personnage d'Éaque participant aux côtés des dieux Apollon et Poséidon à la construction des murs, est pour certain (peut-être le grammairien Didymus Chalcenterus) un ajout de Pindare pour justifier un point faible dans la muraille —et par la même occasion magnifier les portions divines— et par lequel cette partie du mur, et seulement elle, permettra de justifier l'entrée des Grecs plus tard. Le poète thébain a voulu éviter ce qui lui semblait un manque de respect ou un affaiblissement de l'image grandiose des dieux. On retrouve plus tard également l'évocation du personnage d'Éaque chez Euphorion de Chalcis[128],[88],[129],[5].
  • Rapporté par le philologue latin tardif Macrobe, le grand savant romain Nigidius dans son traité Des Dieux (volume 19), et en cela nous dit-il aussi le théologien romain Cornélius Labéon (en), se demandent si les dieux Pénates, dieux du foyer étrusco-romain et tutélaires de Rome, dont la tradition fait remonter à la ville de Troie, ne sont pas l'Apollon et le Poséidon des troyens, ceux-là même qui bâtirent le mur. Ce sont ceux-ci peut-être, selon-eux, que le troyen Énée auraient rapportés en Italie en fuyant de Troie après la guerre[130].
  • L'auteur douteux Darès de Phrygie nous dit que Priam, le fils de Laomédon et son successeur sur le trône, rebâtit et refortifie Troie et son mur d'enceinte qui devient plus vaste et plus haut et dispose désormais de six portes et de nouvelles fortifications gardées par de nombreux soldats ; il érige aussi un palais aussi[131]. Il est plutôt coutume néanmoins, et en cela les auteurs suivent Homère, de ne parler que d'une porte principale, les Portes Scées[132].
Murs de pierre, maçonnés, dans les ruines de ce qu'on considère être aujourd'hui la citadelle de Troie.
  • La fin de l'âge de Bronze dans la méditerranée orientale se caractérise par une hausse des conflits et des attaques sur les villes. Celles-ci dressent des murs de bois, des palissades donc, dont l'assaillant à tôt fait de passer outre en les brûlant. C'est notamment ce que le tragique Euripide nous laisse penser du mur de Troie dans l'une de ses pièces —qui n'a pas gage d'être historique ou très proche du mythe[133]. Il semblerait néanmoins que les résistances marquées des différents sièges de la ville Troie conduisent à suggérer un obstacle plus robuste militairement que se doit de constituer le mur d'enceinte. En fait, la description précise et fiable fait défaut dans les témoignages antiques, autant la nature des murs varient avec les époques des chroniqueurs ou des peintres. S'agit-il de mur de bois, de pierre, à la maçonnerie de brique de terre ou non ? Est-il construit sur des remblais ? Remarquons seulement que si la muraille a une existence historique, longtemps, on a pensé depuis la découverte des ruines de Troie que les imposants murs maçonnés de ce qu'on considère être aujourd'hui la citadelle, la ville haute, étaient les célèbres murs. Particulièrement depuis peu, après les travaux d'étude Manfred Korfmann alors directeur de fouille en 2003, l'on sait la superficie de la ville beaucoup plus vaste laissant même à penser à une ville basse. Cette zone sondée par analyse souterraine a en effet révélé un très long fossé encerclant les ruines connues jusqu'alors, des fouilles locales ont par la suite confirmé la nature de ce fossé pris au départ pour les bases du mur. Mais le fossé laisse fortement à penser à la véracité d'un mur de défense dont souvent les fossés sont les premiers ouvrages[note 11].


Sacrifice d'Hésione et soutien d'Héraclès contre la colère des dieux[modifier | modifier le code]

Articles connexes : Hésione, Céto, Persée, Andromède et Argonautes.

Vengeance des dieux contre sacrifice[modifier | modifier le code]

Ce passage semble ignoré d'Homère ou bien n'y figure pas dans ses œuvres, conduisant à la surprise ou seulement à l'interrogation de ne pas voir réagir Apollon plus que cela lorsque Poséidon lui remémore leur soumission à Laomédon : c'est comme si Apollon ne paraît donc pas avoir de ressentiment ou bien qu'il fait preuve de clémence et que l'un dans l'autre le sujet lui est clos au contraire de Poséidon[134],[90]. Pourtant la suite des évènements faisant intervenir Héraclès, comme son opposition à Céto ou contre Troie, ne semble pas inconnue à l'aède et se dévoile par quelques sous-entendus à travers son récit de l'Iliade[135].

Après avoir avoir manifesté tant de condescendance qui s'est révélée d'autant plus méprisante, sans que cela n'effraie son outrecuidance, Laomédon n'a donc pas douté de laisser les dieux devant le fait accompli. Certes, Laomédon les a trompé en leur promettant une récompense qu'il n'avait jamais consenti à offrir vraiment ; aussi il ne leur laisse plus vraiment d'autre choix... Les dieux se vengent !

Épidémie apollonienne[modifier | modifier le code]

Les châtiments divins sont impitoyables et à la hauteur de la grandeur des dieux face aux fourmis que sont les hommes : Apollon, décoche sur la région entière une épidémie[84], un fléau pestilentiel produit par l'infection de l'air qui s'étend sans limite[92], contagion qui touche tout un chacun sans distinction de rang, de justice ou de clémence envers les plus faibles ou les plus jeunes et qui ne se dévoile qu'une fois sournoisement le mal déjà accompli, et contre lequel désormais ne peut-on plus qu'attendre la délivrance inéluctable de la mort. Tel est ainsi l'humeur du dieu qui plus tard se verra attribuer curieusement des facultés médicinales.

Pour certain[92], viennent aussi des incendies dans les campagnes dont on ne sait s'il s'agit là de l'acte des hommes qui brûlent les corps de parents qui ont expirés de la maladie, en flamboyants bûchers ici ou là et renaissant sans cesse ; ou bien alors c'est le funeste sort du dieu solaire Apollon, dit Phoibos, épithète qui signifie lumière et qui tardivement le fera en effet un dieu rattaché au soleil.

Poséidon : mer déchaînée et monstre marin[modifier | modifier le code]

Une représentation du monstre marin Céto en prise avec Héraclès dont on devine l'arc seulement en haut à gauche ; Fragment d'un cratère (?) campanienne à figures rouges, vers 360 av. J.-C. , Staatliche Antikensammlungen, Munich.

S'inscrivant ainsi dans une continuité rigoureuse du récit homérique, de nombreux récits laissent entendre seulement à la réaction intraitable du dieu marin, lui attribuant aussi la conséquence de la maladie sur les hommes sans citer explicitement le dieu Apollon[56],[93], contrairement à l'attestation précédente d'Apollodore ci-dessus[84].

En effet, Poséidon, vindicatif n'est certainement pas en reste. Le dieu au trident, furieux, envoie, suivant une marée de flot, un terrible monstre marin Céto[84],[56],[93],[38],[136],[112]. Celui-ci ravage toute la contrée, dévore les hommes qui tombent sous son joug et n'épargne pas les moissons ainsi que tous les fruits, les richesses que porte la terre[93]. Il enlève subitement les habitants côtiers et les laboureurs des campagnes voisines, et saccageant les récoltes, il fait en sorte que tout le monde soit concerné et épouvanté par l'immensité de la catastrophe[56].

Le monstre à la couleur bleu-vert, ou brillant[137],[138], est une créature chimérique serpentiforme aquatique[ico 2],[ico 3]. Qualifié parfois de « chien de Triton[139] », vil serviteur des serviteurs, qui de Triton progéniture de Poséidon, mi-homme, mi-dauphin, n'en a même pas l'humanité partielle. Céto nous est dit vomir des vagues et d'un triple flot déferlant, ébranle à son passage tout le sol[138]. Car c'est d'un bruit assourdissant qui part de la mer qui agite aussi bien les flots que le pesant Mont Ida où ses forêts denses s'entrechoquent, ses grottes résonnent, et qui fait aussi chanceler les tours de Troie, que l'animal, aussi grand qu'hideux aux grands et repoussants regards touffus d'épais ou épineux sourcils, surgit des tréfonds de la mer mugissante, porté par les ondes massives des vagues laissant difficilement deviner son long et affilé museau. S'affiche à l'air libre alors, de ce qui n'a été vraiment qu'encore que des yeux étincelants perçant les eaux, le monstre, écrasant de sa lourdeur la mer qui jaillit autour de ses flancs, parfois en écume ; ses dents acérées sur trois rangées sont alignées sur ses mâchoires qui se choquent l'une contre l'autre, certaines sont crochues pour retenir la proie, d'autres sont hautes et droites pour mieux percer ; sa croupe squameuse finit par une queue qui se déroule puis revient sur elle-même et dont l'extrémité, voile éclatant, se dresse en hauteur ; et fièrement relève-t-il sa tête qui surmonte un long cou courbe, souple et agile comme le reste du corps qui dans ses multiples convexités, s'enfonce sous l'eau et ne transparaît à la vue qu'ici ou là à la surface, comme des îles déposées sur les flots les unes après les autres. Sa marche sinueuse et trépidante est tempête avant de finir par s'échouer sur le rivage[92],[136].

Ovide insiste sur l'inondation plutôt que sur le monstre marin : soudainement « vers les rives de l'avare Troie, [Poséidon] incline toutes les eaux de son empire. Les champs de Phrygie (Troade) ne sont plus qu'une vaste mer. L'espérance du laboureur est détruite, et les flots emportent les trésors de Cérès (Déméter).[91] »

Ces rivages irréguliers et débordés par les eaux sauvagement, mêlés à la mort omniprésente font penser dorénavant plus à d’opulents champs, mais à ceux des marais de Lerne, et aux campagnes désolées d'Érymanthe et de Némée[92].

Hiérax, le faucon

Cela n'est pas sans rappeler la fable d'Hiérax que nous rapporte Antoninus Liberalis. C'est un homme célèbre du pays des Mariandynes, voisin de celui de Troie, qui a bâti de nombreux temples à la déesse agricole Déméter ce qui lui donne notoriété et se voit récompensé par la déesse par d'abondantes et riches récoltes.

Alors que les Teucriens, surnom donné aux habitants de la région de Troie selon leur premier roi mythique Teucros, n'ont pas rendu sacrifice négligemment à Poséidon en temps voulu, le dieu détruit leurs céréales et envoie le monstre marin Céto contre eux. Du fait de la créature et du manque de nourriture, les Teucriens s'adressent à Hiérax et lui demandent de les protéger de la famine. Bienveillant, il leur retourne du blé, du pain et d'autres nourritures. Voyant que le fléau ne les touche plus autant, Poséidon s'en prend à Hiérax et le transforme en faucon, en épervier, et de celui qui a été apprécié des hommes, il en fait celui le plus détesté des oiseaux, leur assassin[140].

S'il s'agit d'un ajout tardif plus ou moins mature ou non, ce récit laisse suggérer éventuellement que les crises avec le dieu Poséidon sont multiples et plus fréquentes que l'on peut croire dans l'histoire troyenne. La famine paraît y être une préoccupation majeure dans cette région d'Asie mineure.
On peut suivre la lecture du mythe, si le contenu raconté est jugé contemporain de Laomédon, comme une tentative désespérée de prier un soutien étranger, celui à la portée des hommes. Car de désespoir s'il en est, le sort n'est manifestement pas atténué significativement et désormais seul l'aide divine semble donner alors le salut pour libérer les Troyens des fléaux des dieux eux-même, seule la repentance de Laomédon s'avère-t-elle une solution ?

Sacrifice oraculaire de jeune fille[modifier | modifier le code]

Le peuple s'est assemblé pour chercher un remède à ces maux[56], et le roi Laomédon, sous les tourments du monstre marin[141], envoie donc consulter un oracle afin de se libérer de tous ces fléaux qui ne sont plus tenables[93],[87]. C'est auprès d'Apollon, le dieu de la région, que l'on cherche conseil[56], si ce n'est que celui-ci répond irrité[38],[112]. Ou bien se dirige-t-on auprès du temple de Zeus / Zeus Ammon, de crainte peut-être de la colère d'Apollon[92],[142], est-ce là un second avis ou la marque de consultations répétées ?[84] Car l'hésitation est à la mesure de la douloureuse nouvelle dévoilée : Apollon déclare, lui, qu'il faut apaiser la colère de Poséidon, et quel que soit l'oracle, il faut offrir en sacrifice une femme non-mariée, une jeune fille, vierge, bien élevée ! On tire au sort avant que celui-ci ne finisse par échoir sur Hésione : Laomédon est obligé de livrer sa fille[56],[93], ou bien ne s'agit-il pas de plusieurs jeunes filles qui ont été déjà chacune la victime du monstre avant que ne vienne le tour d'Hésione[38],[92],[112]. Hésione est donc exposée à Céto[93],[138],[137],[112],[142],[111],[143], enchaînée ou d'une manière ou d'une autre liée à un rocher[38],[84],[91], en hauteur[92], au bord de la mer[56],[84],[92],[87]. Aussi peu respectueux qu'a été Laomédon envers les dieux, autant Hésione est avancée avec déférence : la jeune fille, innocente des faits de son père, comme « une statue d'ivoire » est sans effets, sans masque pour cacher quelque tromperie, quelque mensonge. À ses bas côtés, de l'or et des vêtements de pourpre ostensiblement sont exposés en réponse à l'avarice de Laomédon[92]. Elle n'a plus qu'à attendre interminalement dans la peur de chaque vague que le monstre émerge et l'engloutisse...

Exil des filles de Troie, des filles de Phoinodamas, de la fille d'Hippotès...[modifier | modifier le code]

D'autres versions développent la désignation d'Hésione. L'oracle qui a été consulté pour apaiser les tourments des Troyens semble troubler la population qui se divise et la situation se dégrade. Laomédon oblige un certain Phoinodamas (Φοινοδάμας / Phoinodámas) à livrer l'une de ses filles. De ce personnage, on n'en sait guère plus à son sujet, on ignore notamment son rôle dans la société, s'il est par exemple noble ou non, prêtre (d'Apollon peut-être ?), représentant du peuple, orateur, politicien, ou bien simple citoyen... On ne peut que spéculer sur son statut social qui semble lui conférer une certaine importance néanmoins (à moins qu'il ne s'agisse que d'une apparence), puisqu'il convoque et réunit la population en foule où délibérant à la manière d'un parlementaire moderne, il parvient à converger l'opinion la convainquant de sacrifier une fille de Laomédon (qui a su jusqu'alors prudemment la tenir à l'écart) plutôt que l'une des siennes dans la mesure que c'est le roi qui a été la cause des malheurs des Troyens. Hésione est donc choisie à être livrée à Céto[137],[138].

Laomédon témoigne à Phoinodamas un fort ressentiment et condamne alors ses trois filles à l'exil, à être bannies de la ville, ce qui revient pour ces filles ou Phoinodamas à ne plus pouvoir prétendre à ce que la descendance soit reconnue comme troyenne. Cet ostracisme avant l'heure est même particulièrement très dur, car ces pauvres filles sont vouées à la confrontation de la solitude comme sur les terres désolées et désertiques libyennes[137] et à être dévorés par des bêtes féroces après avoir été conduites sur les plages du pays énigmatique des cruels Lestrygons, comme Hésione a été offerte en repas au monstre côtier Céto[144]. Ces Lestrygons que l'inconscient grec fixe comme anthropophages —on se souvient en effet qu'ils ont dévoré les compagnons d'Ulysse[145]— sont connus pour être réfractaires à l'hospitalité d'un étranger. On les associe parfois sans certitude aux Léontins, c'est-à-dire aujourd'hui à la ville méridionale orientale italienne Lentini en Sicile[146].

La destination exacte de ces filles est assez imprécise : si on trouve le pays ou la ville des Lestrygons, on parle tout aussi bien de la région des Sicanes dont on dit être les autochtones de l'île[147] et que l'on retrouve étendus sur le territoire sicilien. Peut-être que la destination fatale a été originellement le repoussant pays des Lestrygons, mais ce n'est pas cela qui se déroule et finalement les filles échouent aux confins du pays de ces Sicanes, dans la partie occidentale de la Sicile. Après avoir honoré la déesse Aphrodite, en dressant un temple ou quelconque monument, afin de la remercier de les avoir sauver de ce funeste destin dicté par Laomédon, l'une d'elle se lie avec le dieu-fleuve voisin Crimissos (Κριμισσός / Krimissόs) qui a pris la forme d'un chien et elle enfante de lui Αἰγέστος / Aigestos, identifié à Aceste. Celui-ci érigera trois villes dont la tradition affirme être nommées selon les trois filles de Phoinodamas : c'est la ville de Ségeste anciennement nommée Αἰγέστα / Aigésta, Erice ou dans l'antiquité Éryx ( Έρυξ / Érux) et Entella connue sous les noms d'Atalla (Ἄτταλλα), Enstylla (Ἒνστυλλα / Ènstulla), selon une femme appelée Stylla (Στύλλα / Stúlla)[148],[137]. Ces trois villes font partie de la région occidentale de la Sicile, qui dans l'antiquité et avant la colonisation grecque de la Grande-Grèce était connue comme le territoire des Élymes dont l'historien grec Thucydide qualifie être peuplée par les Troyens en fuite après la prise de leur ville après la guerre menée plus tard par Agamemnon[147].

Le chien symbolise le didrachme la ville de Ségeste face à la personnification de la cité, la nymphe Ségeste ; vers 475-455 av. J.-C.

Fille d'Hippotès[modifier | modifier le code]

Pour d'autre, l'inquiétude de la population soulevée par l'oracle d'Apollon ou de Zeus Ammon d'offrir des jeunes filles se transforme en effroi lorsque après hésitation et que de nombreuses filles aient payées déjà de leur vie, le privilège royal n'exempte désormais plus Laomédon, qui impuissant encore à résister, se doit à sacrifier aussi sa propre fille Hésione et mettre en danger sa dynastie. Les plus fortunées et nobles familles se sentant sans doute jusqu'alors à l'écart du fléau se découvrent ainsi aussi sans plus aucune protection. Des mouvements de foule surviennent. De crainte d'injonction royale de Laomédon, de pression sociale ou religieuse, de nombreux parents décident à contre-cœur de payer des marchands de passage pour envoyer au loin leur propre fille, l'éloigner de Troie, des Troyens eux-même à vrai dire ; en cela renoncent-ils à leur filiation troyenne. L'un deux, Hippotès (en latin Hippotes) ou bien porte-t-il le nom d'Ipsostratus, se voit obliger de se séparer de sa fille, appelée Égesté (Egesta ou Aegesta) auprès d'un navire marchand pour l'embarquer au loin. Son voyage l'échoue, si elle n'est pas seulement abandonnée, sur les côtes de Sicile où de façon similaire au récit précédent, elle s'unit avec le même dieu-fleuve latinisé Crinisus (ou Crimissus), non unanimement identifié soit à un rameau du fleuve actuel Belice ou bien l'un des éléments du réseau hydrographique de celui de San Bartolomeo au Nord-Ouest de l'île de Sicile, qui se métamorphose comme un chien ou un ours, s'il ne s'agit pas d'une effigie. Naît ainsi aussi Aceste (Aegestes) qui érige seulement ici la ville de Ségeste (en latin Aegesta) nommée en l'honneur de sa mère troyenne, ainsi que nous raconte le commentateur latin Servius[112],[142].

Dispute de Laomédon avec un noble troyen[modifier | modifier le code]

Denys d'Halicarnasse nous rapporte une variante à nouveau, où l'on apprend que Laomédon s'est disputé avec un noble troyen dont on ignore l'identité mais que l'on sait être l'ancêtre d'un certain Aegestos (Αἰγέστος / Aigestos), associé à Aceste. Le roi fait saisir contre cet aïeul une accusation quelconque et le met à mort, ainsi que tous ses enfants mâles de peur d'avoir à souffrir vengeance de leur part. Quant aux filles de cet inconnu, leur virginité leur a permis d'échapper à la sanction fatale, mais n'étant peu sûr de les laisser vivre parmi les Troyens, Laomédon les livre à des marchands avec ordre de les emmener le plus loin possible. L'une d'elle échoue en Sicile et est la parente d'Aegestos . Ce dernier parvient à revenir plus tard à Troie, lors du règne de Priam, le fils de Laomédon ; il participe à la guerre de Troie et réussit à fuir aux côtés d'Élymos et s'en retourne à nouveau en Sicile. En reconnaissance de ces hommes, Énée, fils d'Aphrodite, de passage sur l'île, leur construit les villes Aegesta (Ségeste) et Elyma[149].

Peut-être finalement tout cela résulte-t-il d'élans romanesques, de récits sans doute étiologiques dont l'intention est d'expliquer la fondation de villes en Sicile, et s'inscrit dans la tradition occidentalisante qui projettera les Troyens, et particulièrement Énée, vers la Sicile et l'Italie[5].

Héraclès, le sauveur qui n'est plus attendu[modifier | modifier le code]

Quel espoir peut-il encore habiter Hésione, une jeune fille à l'avenir devant-elle, princesse d'une riche ville, d'un roi respecté, qui devrait l'épargner du besoin et qui pourtant se trouve maintenant dénuée de tout sinon seulement de tristes fers qui lui rappellent, s'il elle pouvait vraiment l'oublier, la fatalité irréversible de ce destin ; De la vie royale trépidante de la ville, de sa famille, de ses serviteurs, des Troyens, ses propres frères, elle n'a plus que pour seule compagnie un rocher inerte qui la dresse à la limite des terres face à une mer qui a accompagné ses jeux d'enfant sans doute et qu’aujourd’hui ne lui offre plus que le visage complice et meurtrier d'un horizon monotone impitoyable et sans fin et dont les flots à ses pieds, en vagues, se souviennent à elle : chacune l'une après l'autre comme le bourreau d'une angoisse qui vient et revient aiguisée et pétrifiante se prépare pour le jaillissement d'un monstre dont elle ne sait de lui que l'horreur rapportée et qui dans la sauvagerie animale qui est la sienne la destine à être démembrée, déchiquetée, alors que la vie ne l'ayant point encore quittée ne lui épargnera pas d'inexpérimentables souffrances. Même le Grand et puissant Laomédon, la paternelle aile protectrice ne peut plus rien pour sa fille. Ainsi en est-il des dieux. C'est alors que dans son dessein le plus sombre, survient un inopiné demi-dieu dont le renom bien lointain ne l'attend pas ici dans ses affligées contrées, suffira-t-il à la soustraire au sort soufflé par les dieux eux-mêmes ?

Comment le grand héros grec, du lointain Péloponnèse, s'investit-il dans ces affaires asianiques, troyennes, à l'autre bout du monde grec connu alors ? Les mythographes se sont évertués malgré tout dans de tortueuses intrigues à l'y associer, sans que cela ne se soit fixé définitivement et il persiste ainsi plusieurs variantes plus ou moins arrêtées, combinant ou non les arcs narratifs intercalés aux grands mythes grecs jalons et selon des ordres chronologiques parfois contradictoires... Mais il n'empêche, qu'ils semblent s'accorder que les faits d'Héraclès qu'il entretient avec Troie ne soient pas considérés comme une commande d'Eurysthée et ne figurent donc pas comme une épreuve des ces célèbres douze travaux, mais comme une intrigue secondaire relatant d'autres exploits[136], comme le sont par exemple aussi sa participation avec les Argonautes, son séjour auprès de la reine Omphale...

Venue d'Héraclès en Troade : Alors qu'il participe à l'expédition des Argonautes...[modifier | modifier le code]

C'est en prennant part au voyage des Argonautes qu'Héraclès arrive en Troade[56],[38],[87]. Ce n'est pas sans que d'autres auteurs néanmoins n'estiment pas pour autant qu'Héraclès ne fasse pas partie des membres des Argonautes car il est alors esclave chez Omphale pense-t-on en ce temps là, selon une chronologie distincte[150], ou qu'alternativement le héros a déjà quitté prématurément l'expédition en Thessalie, bien avant les côtes de Troie[151]. Le puissant héros dont la réputation n'est plus à faire, ne peut résister et se refuser de participer au projet d'une expédition maritime périlleuse et téméraire menée par Jason et dont le bruit soufflé par Héra dépasse la région de Thessalie et attire de nombreux autres grands et valeureux héros venus de toute la Grèce pour qui l'aventure n'effraie pas face à la gloire durable qu'elle peut leur solliciter aux yeux de tous[152].

En effet, craignant que Jason s'en prenne à lui à la suite d'un oracle lui annonçant de tristes évènements pour lui[153],[154] ou dans la crainte de sa succession[155], le roi Pélias de Thessalie lui offre son soutien et lui confie une expédition lointaine, l'éloignant de lui pour dire vrai, le livrant à la fureur des flots[156], de ces voyages qui comme celui de Persée, s'arrogent toujours néanmoins d'une gloire immortelle[155] . Celle-ci doit le conduire à la recherche de la Toison d'or dans la très lointaine et mystérieuse Colchide[note 12] peuplée de tribus barbares, au fin fond du Pont-Euxin (Mer Noire)[154],[155]. C'est ainsi qu'il fait construire l'Argo avec l'aide d'Athéna[157],[154], un navire comme on n'a jamais vu en Grèce, rapide et grand, de trente[158] ou cinquante rame[154], avec une immense voile[159], faisant des bateaux jusqu'à alors de simples barques ou embarcations légères[160]. Un navire où l'homme met tant orgueil à vouloir commander les flots que cela en contrarie les dieux des vents Borée et Éole ![159]

Les uns et les autres auteurs nous listent les héros compagnons d'Héraclès parmi lesquels figure notamment Pélée ou Télamon de Salamine, tous deux fils d'Éaque, ou bien les fils de Zeus, Castor et Pollux, et de nombreux autres[161].

Parce qu'il a réunit tous ces héros[162], c'est à Jason que la direction du navire échoit[163], et ce, malgré la grandeur d'Héraclès qui l'aurait prêtée naturellement à cela. De certain, on apprend qu'en raison de différends avec la déesse Héra, qu'il sait être le soutient de Jason, Héraclès renonce avec précaution à devenir le chef de l'excursion[164]. D'autres, lui octroient l'ascendance sur Jason jusqu'au départ éventuel d'Héraclès au cours l'aventure[160],[165].

C'est Diodore de Sicile qui nous développe le récit : ils partent ainsi depuis la Thessalie, et choisissent la route septentrionale pour rejoindre l'Asie mineure et l'Hellespont (Détroit des Dardanelles), l'unique passage pour passer du bassin de la mer Égée à celui du Pont-Euxin en passant par l'anti-chambre de la Propontide (Mer de Mamara). Ce voyage, mené par cabotage, les fait passer par les régions habituellement considérées thraces après avoir dépassé le mont Athos sur la péninsule Chalcidique, c'est-à-dire la Pallène donc[166], en Macédoine grecque ; d'étape en étape, ils finissent par atteindre l'île de Samothrace. Avant cette île, les Argonautes s'arrêtent sur l'île de Lemnos ajoute Valerius Flaccus[167]. Une brusque tempête les jette soudainement sur le cap Sigée, à la porte d'entrée de l'Hellespont. Sortie de cette bourrasque imprévue, ils font prudemment une descente à terre, en Troade, voici ainsi comment Héraclès arrive près de Troie selon Diodore...[56] À l'opposé de cette arrivée mouvementée, les Argonautiques de Valerius Flaccus lui préfère une navigation plus sereine, sous le soleil, et alors qu'ils ont dépassé l'île proche d'Imbros, l'équipage et Héraclès parmi eux, arrive sur les rivages de Dardanie et au promontoire Sigée en milieu de journée et s'établissent sans peine et confortablement à terre sous des pavillons en toile blanche : certains écrasent le froment sous la meule, d'autres font ou entretiennent le feu de la cuisson...[168]

L'intention d'Héraclès d'embarquer à bord des Argonautes consiste à soutenir toute l'épopée aux côtés de Jason, mais il n'y pas vraiment de consensus. Certains le feront de toute l'aventure[169],[170], d'autres préféreront qu'Héraclès quitte l'expédition malgré lui et ainsi s'évanouit-il de l'histoire à la recherche de son compagnon Hylas[171], sur l'instigation nuisible d'Héra contre le héros et alors que les Argonautes abordent par la suite la bienveillante Mysie[172] (région voisine à l'Est de celle de Troie) où ils compteront trouver de quoi réparer la rame brisée précédemment par Héraclès[173]. Mais les Argonautes, à l'appel d'un bon vent[158], rembarquent et n'attendent pas le retour du puissant personnage[172]. C'est ainsi par exemple que l'intrigue laisse à Héraclès la possibilité de poursuivre ses Travaux. Valerius Flaccus, nous cite quelques grands actes d'Héraclès menés en parallèle des Argonautes alors qu'il les a quitté : il fait la guerre aux Amazones, délivre Prométhée sans que les Argonautes restants sachent qu'il n'est parfois pas au loin d'eux[174]. D'autres défendent l'idée qu'Héraclès n'a pas déshonoré son serment auprès des marins de Jason et qu'il a bel et bien poursuivi les pérégrinations des Argonautes pour la Toison d'or : dans cette incertitude, Théocrite se propose de conjuguer les différentes intrigues en écrivant qu'il est faux de considérer qu'Héraclès a été lâche d'avoir laissé les autres Argonautes en Mysie, puisque le héros a malgré tout atteint la Colchide par la terre[158].

Quand Héraclès s'engage-t-il dans l'expédition ? L'ordre chronologique est chaotique. Certains disent que c'est après le traditionnel quatrième Travail et la capture du Sanglier d'Érymanthe[175],[176], d'autre vue suggère lors de la guerre des Amazones[177], ce qui bouscule l'ordre classique des Travaux ; bref, il faut mieux ne pas se fixer sur l'ordre des évènements...

Venue d'Héraclès en Troade : ...Ou sur le chemin du retour de la bataille avec les Amazones[modifier | modifier le code]

Apolodore préfère clairement dissocier le mythe des Argonautes (auquel il fait néanmoins participer Héraclès) de celui des Amazones. En cela, il se rapproche des Argonautiques d'Apollonios de Rhodes, où les Argonautes franchissent l'Hellespont, passant de l'île de Lemnos, contournant la Troade, non évoquée même, pour atterrir directement en Mysie ; c'est alors que le héros après avoir brisé sa rame sort du récit de l'expédition à la recherche de son compagnon Hylas[178]. Ainsi est-il aussi dans la version racontée par Orphée [179].

C'est en effet au cours de son neuvième Travail qui doit le conduire à la recherche de la ceinture d'or de la reine Hippolyte dans le reculé et méconnu pays des Amazones, que cette version situe les récits épiques troyens d'Héraclès et ses compagnons d'aventure. La Ceinture a été donnée donnée à Hippolyte par le dieu de la guerre Arès en signe de sa supériorité sur les autres Amazones[84].

Pour satisfaire le caprice de sa fille, Eurysthée commande Héraclès à s'embarquer pour rejoindre l'Asie mineure. Dans cette variante, Héraclès et des volontaires passent par l'accès traditionnel sud, celui de l'arc des Cyclades. Cela permet à leur unique frêle navire, d'île en île, de traverser la mer Égée et rejoindre l'Orient. Mais cela n'est pas sans embûches et les fils de Minos lui font-ils obstacle sur l'île de Paros. Il les défait à l'aide de ses flèches et prend d'assaut leur ville jusqu'à ce que les habitants offrent deux hommes pour remplacer les compagnons morts. Puis Héraclès se dirige à l'orient de la Mysie, chez le roi des Mariandynes, Lycos, et lui remercie de son hospitalité en le soutenant dans sa guerre contre un royaume voisin. Il accoste plus loin à l'Est dans le pays des Amazones, imprécisément localisé, où, à sa surprise, la reine Hippolyte vient lui rendre visite et consent à lui donner sa ceinture à l'écoute de la raison de sa venue. Inspirées par Héra, d'autres Amazones s'arment et se dirigent vers le navire ; soupçonnant une trahison, Héraclès, aidé de son compagnon Télamon[180], tue Hippolyte, s'empare de son apparat, et met en déroute les autres cavalières[note 13],[84],[181].

Héraclès, qui de sa massue, chasse le monstre marin Céto et sauve les jeunes filles et Hésione enchaînée à un rocher ; Gravure de François Verdier, entre 1652 et 1730.

C'est dans ces conditions sanglantes, chargé de sa précieuse ceinture, que le Travail achevé, il reprend hâtivement le chemin de l'Occident pour revenir à Argos dans le Péloponnèse et valider son Travail auprès d'Eurysthée[84].

Son retour, par la voie maritime à travers la Propontide[182], le fait passer par la Troade, la région de Troie[84]...

Le sauveur et maître du monstre marin[modifier | modifier le code]

Suivant les contours escarpés et onduleux du pittoresque rivage, Héraclès et Télamon[92] ou si ce n'est instinctivement les Argonautes[56] , surprenant une voix plaintive, pressent le pas pour suivre ces murmures évanescents et revenant comme des vagues. Guidés finalement en hauteur d'un rocher, ils y perçoivent des invocations aux dieux et aux hommes et découvrent une jeune fille abandonnée qui, à ses mains, porte des chaînes cruelles et la dévouent immanquablement à la mort. Le visage pâle, et les regards tournés vers les premiers flots du rivage noyés d'anxiété qui ternit sa beauté certaine[136] : on dirait une statue d'ivoire que l'artiste force de s'attendrir, un marbre de Paros révélant les traits, une peinture vivante[92]. Galvanisés par un sentiment de sauveur, Héraclès[92] s’enquérit auprès d'Hésione qui vient d'être enchaînée[56]. Elle lui apprend à son interrogation légitime de la trouver ici seule, nue, dans ce milieu sauvage et déserté, les raisons de son sacrifice et les tourments de Troie et de son roi, son père, Laomédon, mais aussi l'arrivée imminente de Céto qui rend la situation dangereuse. Ce à quoi, Héraclès, le chasseur de monstres en tout genre[135],[183], lui semble guère insurmontable et au contraire le combat-il enflamme le héros[92].

Serait-il le héros annoncé par les destins et par les augures troyens, pour qui Laomédon nourrit une récompense dont il a fait vœu de payer pour la délivrance d'Hésione après que tant de jeunes filles aient déjà été victimes ? l'interroge-t-elle. Héraclès n'a-t-il pas le temps de délivrer Hésione de ses fers, que sous le signal de Poséidon, Céto s'approche : le duel entre Héraclès, fils de Zeus, et Céto, envoyé de Poséidon commence. Alors que le monstre surgit des eaux dans l'intention de prendre sa proie offerte à son intention, il y trouve confrontation sur les terres côtières. Dans le tumulte des eaux et le bruit assourdissant ébranlant les terres, alors que le ciel s'est assombri et que les terres se couvrent de son immense ombre, l'animal dresse son cou pour impressionner encore davantage[92], ce qui épouvante tout un chacun, mais un homme se tient là pourtant : Héraclès n'a pas peur de ces choses[136]. Laomédon est à l'intérieur des distants murs de la ville à regarder l'affrontement depuis une échauguette (comme Priam à son tour aussi plus tard face aux batailles ?[30]), alors que les citoyens, sur les créneaux, bras levés prient les cieux de crainte que le monstre, malgré l'impitoyable Héraclès, malgré le sacrifice d'Hésione, ne finisse par se lancer sur le rempart lui-même[136]. Si Télamon est frappé de stupeur[92], Héraclès invoquant son père Zeus, les dieux des mers et ses armes, s'avance sur le rocher munit de son arc. Car l'intention de l'homme, décrit nu parfois[136], est de lui décocher ses flèches ; sa massue devenue son symbole[92] si ce n'est la peau du lion de Némée aussi[136],[92] gisent à terre près de lui s'il en vient en avoir besoin. Héraclès, jambe gauche avancée, tenant son arc de la main gauche et bandant la corde de l'autre sur sa poitrine, sème à Céto ses perçantes flèches[136].

Au centre, Héraclès présentant Hésione rescapée aux Troyens en haut à droite, alors que ses hommes, armés de pique de bois, retiennent encore en bas à gauche le monstre marin Céto ; l'un d'eux lui jetant des pierres ; Contrairement souvent à l'art grec, l'art romain préfère mettre en avant le sauvetage d'Hésione plutôt que la lutte d'Héraclès contre le monstre ; fresque romaine entre 59 et 79, Getty Center (Los Angeles).

Déjà l'espace qui le sépare du monstre se raccourcit ; malgré son puissant arc courbé comme celui des Scythes[158], ses traits n'ont plus d'essor. Alors en proie à la colère, au dépit, à une muette honte, et voyant pâlir d'effroi la jeune fille, il jette son arc, et décroche un rocher. Alors que le monstre, si près de la prisonnière vient à ouvrir la gueule en grand pour engloutir Hésione, Héraclès sur un écueil prévient la bête et lui écrase la tête à l'aide de son roc puis à coups redoublés de sa noueuse massue. Céto, refoulé dans les flots, roule et disparaît au fond des abîmes nous raconte le romain Valerius Flaccus[92].

Pour d'autres, la situation n'est pas aussi précipitée : aussi après avoir appris l'infortune d'Hésione, Héraclès brise ses chaînes et la libère par conséquent, puis se dirige dans la ville de Troie, au palais de Laomédon où Héraclès promet au roi de tuer le monstre marin. Laomédon lui promet ses chevaux invincibles comme récompense[56],[84]. Face à une telle adversité, la lutte avec le monstre marin envoyé du dieu de la mer Poséidon est prudemment préparée : la déesse de la guerre Athéna elle-même et les Troyens érigent un mur derrière lequel Héraclès pourra se réfugier et échapper aux frappes du monstre nous dit notamment Homère qui en témoigne encore durant l'époque de Priam et la guerre de Troie[184],[93],[87]. Ce nouveau rempart l'entoure-t-il, s'agit-il plus précisément d'un amoncellement, d'une jetée de terre plutôt qu'un mur appareillé ?[note 14]

La version du logographe grec Hellanicos[93],[87] donne un combat qui débute à l'arc, avant qu'Héraclès ne se fasse avaler lui-même par le monstre marin ; s'agit-il d'un acte volontaire ou non ? Le grand héros a-t-il succombé par l'envoyé du divin Poséidon ? On dit qu'il passe trois longs jours dans l'estomac de la bête dans lequel règne une chaleur telle « la vapeur d’un chaudron sur un brasier sans flamme[139] ». Que le retient-il ? Il ne peut que concevoir quelque machination ; le commentateur du XVIe siècle Blaise de Vigenère nous dit qu'il charpente...[122] Mais Héraclès sort, non pas par l'endroit d'où il est entré, la gueule, mais en lui ouvrant une brèche sur le flanc, le qualifiant par là-même par le poète Lycophron de « débiteur de foie flammant[139] ». Seulement l'épreuve lui fait perdre ses cheveux, brûlés sous l'effet de la chaleur, il est comme chauve[93],[185]. Au lieu de la délicate petite belle oiselle marine agréable et gracieuse d'Hésione en sa gorge, Céto avale le mortel et incisif scorpion Héraclès ![138],[186]

Si Valerius Flaccus ne fait pas trépasser Céto comme aussi le suggère Lycophron qui le renvoie à jamais, auprès de Phorcys cherchant entendre un conseil à ses peines et son mal de ventre[138], la tradition s'arrête généralement à ce qu'Héraclès tue le monstre, souvent seulement l'arc et les flèches aiguës y suffisent[187] et libère Hésione, saine et sauve du monstre[84],[56],[38],[143],[91],[137],[87],[111].

Héraclès et sa massue distinctive face à deux femmes, dont l'une est considérée être Hésione ; en bas à droite, se trouve sur le rivage, aujourd'hui difficilement perceptible, un homme qui porte au dessus de sa tête un roc qu'il s'apprête à lancer sur un monstre marin serpentiforme qui sort la tête de l'eau ; fresque polychrome romaine soit de Pompéi (maison de Diane I ou maison de la danseuse (VI.17.10-9)) ou soit d'Herculaneum en Italie, découverte en 1763 et conservée au Musée archéologique national de Naples Gravure de la fresque dans Le Pitture Antiche d’Ercolano (Les Peintures de l'Antique Herculaneum), tome IV, Naples, 1765, planche 62, pages 311-313.

Manifestement, d'autres variantes de la mise à mort subsistent[réf. nécessaire]. En effet, les décorations de céramiques, de poteries, nous laissent interpréter un Héraclès s'avançant avec une harpé (ἅρπη / hárpē), c'est-à-dire un objet crochu coupant, comme un hameçon de pêche, une serpe, une faucille[188] dans l'intention de couper la langue à la représentation considérée être Céto[ico 3],[ico 2]. Une autre voit Héraclès s'attaquer au monstre avec une épée sortie de son fourreau[189]. Si l'art grec en général met en avant la lutte d'Héraclès conte le monstre, exaltant le combat, l'art romain paraît plutôt porter l'accentuation sur l'état de sauveur de jeune fille[190]. Si quelques mosaïques romaines suggèrent que le héros grec ait combattu Céto au moyen de sa célèbre masse, d'autres présentent un combat mené par un homme ou un groupe d'homme dont Héraclès se démarque délivrant la fille ; ici la lutte se fait en jetant d'imposante pierre sur l'animal, ou bien également avec des piques de bois (l'arme commune de l'infanterie à l'époque de l'âge de bronze grec).

Les Chevaux divins comme récompense...[modifier | modifier le code]

Voici ainsi que le terrible Céto et la famine qu'il a menacée d'endurer n'est plus ! Le monstre marin que rien n'a su arrêter jusqu'à alors, n'a pu soutenir l'affrontement du demi-dieu Héraclès. C'est la liesse délivrante, car si Hésione est belle et bien libérée, ce sont aussi tous les Troyens qui sont affranchis de longues souffrances ; et tous, plein d’allégresse peut-on croire : les nymphes, les naïades répondent depuis les collines, les bergers quittent leur montagnes ou leurs sombres vallées, les Troyens qu'ils soient des champs ou de la ville, transportés de joie veulent tous voir le héros ; ce jeune homme dont les récents exploits, qu'ils croyaient il y a encore peu impossibles, soulèvent leur admiration, curieux de ses armes et dont il faut bien reconnaître sa filiation au puissant Zeus. Même Laomédon, sa femme et son fils se déplacent. Laomédon lui offre l'hospitalité et reconnaît la valeur de l'homme même s'il tempère et regrette que le salut soit trop tard. Ainsi peut-on croire la jubilation troyenne selon le latin Valerius Flaccus[92],[191].

Laomédon se doit de respecter son engagement, sa promesse, et de lui offrir une bien juste récompense à la hauteur de ses prouesses. De cette promesse, le mythe reste assez imprécis et laisse quelques-uns par la suite combler l'indétermination ; cela en est ainsi de Valerius Flaccus qui propose qu'Héraclès apprend d'Hésione, alors enchaînée au rocher, l'existence d'un tel engagement de son père alors absent à l'instant de l'échange ; c'est presque si le poète donne des raisons prophétiques à la raison du vœu de Laomédon[92]. Ce vœu est donc antérieur à l'arrivée d'Héraclès et à la mise aux fers d'Hésione. Valerius Flaccus peut même être lu de façon à croire que le bruit d'une récompense s'était répandu dans la région et peut-être même jusqu'en Grèce, ou au moins jusqu'aux oreilles d'Héraclès ? Diodore de Sicile, qui fait libérer Hésione et conduit Héraclès auprès de Laomédon avant le combat du monstre, laisse entendre que c'est devant le roi qu'il apprend la récompense et sa nature[56]. Dans les synthétiques fables d'Hygin, on est même tenté qu'il vienne à l'esprit que c'est sous l'incitation des douleurs divines que connaient Troie que Laomédon concède à Héraclès cette promesse sans qu'il n'y croit vraiment à ce moment sans doute[38], ainsi en paraît-il aussi chez Apollodore où Héraclès, tel un mercenaire vend ses services contre cette contribution de la part Laomédon sur laquelle les deux partis tombent d'accord... Quel intention a motivé Laomédon à avancer une telle sollicitation ? Une pression sociale, religieuse, sa responsabilité royale auprès de son peuple, son affection pour sa fille ? Bien qu'Hygin semble inclure dans la gratification aussi la fille, Hésione[38], généralement, les auteurs se contentent-ils juste de dire que Laomédon a promis ses chevaux extraordinaires à celui qui viendra la sauver[91],[182],[93],[87].

Ces chevaux, que la tradition tardive font blancs[92], sont pluriels mais souvent en un nombre indéterminé si ce n'est l'allusion d'Hygin selon laquelle ils peuvent former un quadrige et sont donc peut-être au nombre de quatre —si cela n'est pas à lire simplement comme synonyme d'attelage sans valeur de nombre[14]. Homère, plus prosaïque, nous dit qu'il s'agit d'un groupe de chevaux, comme un cheptel. D'ailleurs, il n'en précise pas le genre et c'est apprenant qu'Anchise, le neveu de Laomédon[12], en fait à sa discrétion saillir ses propres juments par les étalons du roi et dont il en gardera les quatre rejetons pour lui et donnera les deux derniers à son fils Énée[48], qu'Homère laisse entendre qu'il s'agit bien d'étalons même s'il n'exclut pas qu'il puisse y avoir des juments comme dans tout élevage[48]... L'avis est tranché chez Diodore de Sicile ou Apollodore où les chevaux de Laomédon sont bien des juments[56],[84].

Ces juments divines et immortelles[93],[87], « semblables à ceux qui portent les Immortels[45] », ont été offertes par le grand Zeus[45]. Elles sont rapides[45] et puissantes à la course et offrent aux chars de l'attelage une accélération exceptionnelle comme nous le rappelle Nestor s'adressant à son fils Antiloque dans l'Iliade alors qu'il se prépare à la course de char pour les jeux funèbres en l'honneur de Patrocle[192]. Elles sont invincibles (à la course ? Non mortelles ?)[56]. Elles sont capables de « marcher sur l'eau et les épis de blé », nous rapporte Hygin[38]. Cette faculté de marcher sur l'eau, tel un navire peut-on penser, leur fait un trait commun aux protégés et fils de Poséidon, le dieux de la mer et des navires : ainsi par exemple, Orion[193] ou Euphémos[194] se voient-ils gratifier de pouvoir marcher sur l'eau effectivement[note 15].

Héraclès et sa massue et sa peau de Némée sur son épaule, ayant sauvé Hésione alors qu'au bas on devine sous forme de serpent gris Céto ; mosaïque romaine, milieu IIIe siècle av. J.-C. trouvé à Saint-Paul-Trois-Châteaux, conservé au musée lapidaire d'Avignon.

Il est acquis pour Homère que pour les Troyens, qu'il qualifie fréquemment de « dompteur de chevaux »[note 16], l'élevage de chevaux soit inscrit depuis longtemps dans leur culture et leurs traditions. Il nous rappelle que déjà à l'époque de l'arrière grand-père de Laomédon, Érichthonios était à la tête de trois mille juments et leurs poulains qui paissaient dans des marécages côtiers, et que ces juments étaient déjà liées à la nature divine : le vent du Nord Borée, en tombant amoureux, en fit naître douze pouliches. Il ajoute, que ces dernières bondissaient dans les champs fertiles, courant sur la cime des épis sans les courber et quand elles bondissaient sur le large dos de la mer, elles couraient sur la cime des écumes blanches...[73]

Si l'orateur Dion Chrysostome à l'époque romaine, au Ie siècle, peine à comprendre de l'importance de ces chevaux[195], il n'en reste pas moins que les protagonistes ont des raisons de leur donner de la valeur à leur yeux :

  • Pour Héraclès, les chevaux sont encore assez nouveau en Grèce. Pélops, le conquérant du Péloponnèse qui lui doit son nom, sans doute d'origine du Nord de l'Asie mineure, fait découvrir aux Grecs les chevaux rapides de sa région natale, comme ceux des Vénètes de Paphlagonie (centre-nord de l'Asie mineure). Pélops ainsi gagna la main d'Hippodamie à la course de char [196]. D'ailleurs, peut-on avancer l'idée que, si dans l'ensemble, les Travaux d'Héraclès suivent une sorte d'initiation guerrière, ceux qui notamment le conduisent à dompter les juments de Diomède ou le mènent à la rencontre d' Hippolyte l'Amazone fixent au personnage un apprentissage pour la montée à cheval ou la maîtrise du char, bige ou quadrige, pour un héros dont les exploits se font souvent à pied : c'est la maîtrise du contrôle du cheval par le mors ou l'harnachement en général, ainsi que pour le nouvel archer qu'il devient, celui de l'art des Amazones combattant aussi avec des armes de jets sur leur monture en lâchant les rênes[197].
  • Pour Laomédon, et dans une certaine mesure les Troyens dans leur ensemble, outre les caractères exceptionnels de ces montures, ceux-ci ont aussi une valeur sentimentale et s'en défaire serait un crève-cœur. Ces juments sont un présent et donc une reconnaissance divine personnelle puisque ces équidés ont été donnés à son grand-père Tros dont Laomédon a hérité (ou bénéficier de leur descendance) dans la version la plus commune[84],[93],[87]. En effet, Tros désespérait de ne pas avoir de nouvelles de son fils Ganymède qui était disparu à ses yeux et ignorait qu'il avait été kidnappé par les dieux[46] ou par Zeus lui-même[45], qui en était tombé amoureux. C'est pour sa beauté sans pareil, que Zeus le choisit et en fit son honorable échanson ; un jeune visage qui ravit les autres dieux[45] mais ne manque pas de faire jalouser la grande épouse divine Héra au sujet de l'affection que son mari Zeus témoigne à l'égard du jeune homme et d'ailleurs refuse-t-elle de boire le nectar servi de ses mains[198],[199] (d'aucuns diront que c'est là un germe de l'animosité virulente et déterminée dont la déesse fera preuve contre le parti des Troyens durant la guerre de Troie de Priam ?[200]). Afin de le consoler et lui faire connaître l'honneur de son fils qui fut doté de la jeunesse éternelle et de l'immortalité par ailleurs, le père des dieux envoya le messager divin Hermès lui apprendre la nouvelle et lui offrir par son entremise les chevaux divins, évidemment exceptionnels. Cela ravit Tros[45]. À moins que cela ne soit à Laomédon que s'adresse Hermès si l'on voit Ganymède non pas comme son oncle mais son fils[44],[43] ; de ce rapt, le célèbre romain Cicéron se le rappelle comme une injure cruelle vis-à-vis du roi Laomédon[43]. C'est en vain que Ganymède se sacrifie pour Troie semble croire Euripide[44], comme s'il avait payé de sa personne pour le salut de tous. Les chevaux deviennent-ils le patrimoine douloureux gardant en mémoire le triste destin de Ganymède dont certains auteurs mineurs le font la victime innocente de guerre passée[50], ou bien l'objet de guerre ayant marqué les habitants[50],[201], ou celui d'enlèvement plus ou moins attribués avec certitude, où Ganymède, de par sa beauté conquit le cœur d'un Tantale thracien (associé éventuellement à Tantale fils de Zeus)[202], plein de remord de le livrer à la maladie fatale[50], ou différemment sinon l'affection de Minos, et le dévouer plutôt injustement au suicide désespéré ? [51]

Les descendants de ces chevaux confiés à Énée, qui les attellera en bige de guerre, ont encore une grande réputation auprès de Grecs qui souhaitent se les approprier et par là même occasion déstabiliser le Troyen lors de la guerre de Troie d'Homère[48].

Diodore nous dit qu'on laisse le choix à Hésione de suivre son libérateur de demeurer auprès de ses parents, dans sa patrie. Hésione préfère son bienfaiteur à ses parents et à ses gens car elle craint que ses concitoyens ne l'exposent de nouveau si le monstre vient à reparaître dans le cas ou celui s'est seulement enfui donc. Dans ces conditions, elle ne voit la véritable liberté qu'en vivant à l'étranger[56].

À la poursuite de son entreprise avec les Argonautes (dans cette version) qui l'a conduit dans ce pays troyen, Héraclès se souvient qu'il doit encore la mener dans l'incertaine Colchide. Comblé d'honneurs et de présents, il confit ainsi à Laomédon la garde d'Hésione et des juments promises et le prie de les conserver pour lui jusqu'à son retour assuré du vaillant héros indéniablement[56]. Ce départ est opportun car Valerius Flaccus fait de Laomédon à l'origine d'une machination silencieuse dont l'intention est d'aboutir à un complot perfide pour assassiner Héraclès en l’immolant durant son sommeil, car il craint qu'il soit une menace, et qu'il lui prive de ses juments dont manifestement il n'est pas vraiment prêt à les céder... Aussi, entendre dire qu'Héraclès s'en va à une mort certaine au loin, l'appaise et dans ce bon état esprit, se voulant d'autant rassurant, prend les dieux à témoin qu'il augmenterait encore le nombre de ses récompenses ![191]

Commentaires[modifier | modifier le code]

  • Le sacrifice de jeunes filles, de surcroît royales, et qui rappelle également celui d'Iphigénie, la fille d'Agamemnon (qui la présente au dieux pour obtenir un vent favorable à la navigation pour aller à Troie[203]), constitue possiblement un écho mythologique d'anciens rites suivant lequel on sollicitait par ce sacrifice humain l'assurance auprès des dieux de la fertilité des terres, de la fécondité des hommes ou des animaux. Les auteurs post-homériques ont développé cet épisode du sacrifice d'Hésione[5].
  • Strabon, le géographe antique, nous dit que les fleuves du Scamandre et du Simoïs après s'être réunis dans la plaine de Troie, ne se jettent pas directement à la mer, mais forment sur le rivage par leurs eaux boueuses chargées de dépôt alluvionnaire, maint atterrissements et même plusieurs fausses embouchures, dessinant par là une zone de lagunes et de marécages[204] ce qui va dans le sens d'Homère[73]. Région propre aux émergences d'épidémies et aux crues semble-t-il.
Céto (une représentation possible) porté en constellation de la Baleine, illustration de L'atlas céleste de John Flamsteed, 18e siècle.
  • Á l'époque de Laomédon et davantage encore avant, Troie se trouvait près d'une baie maritime intérieure plus prononcée qu'aujourd'hui. En fait, de nos jours, la mer est loin des ruines et se devine seulement[note 11]. La région de la ville, près des côtes, dans une zone sismique encore actuellement, encerclée par des fleuves manifestement chargés de limon, conduit à faire le parallèle notamment avec la ville d'Hélice en Achaïe, au centre de la Grèce. En effet, cette ville ne connut pas le même destin que Troie puisqu'elle fut détruite par un tremblement de terre la nuit et noyée fatalement pour ses citoyens au petit matin suivant, par les eaux venant du golfe de Corinthe et celles des deux fleuves la ceinturant[205],[206],[207],[208].
  • Hésione fait en outre partie d'une longue série d'héroïnes qui passent d'Asie mineure en Europe ou d'Europe en Asie mineure, c'est-à-dire de part et d'autre de la mer Égée donc, dans le cadre des relations conflictuelles des deux continents et qui sont pour certaines appelées à donner le jour à des personnages qui pourraient représenter une forme de parenté familiale et par extension aussi un lien entre les deux terres[209].
  • La jeune fille enchaînée offerte à un monstre marin qu'un héros viendra l'en délivrer est un thème littéraire récurent semble-t-il dans la mythologie grecque en effet, puisque celui-ci se retrouve aussi dans le mythe plus ancien de Persée et d'Andromède dont les représentations sont plus populaires dans l'art[190]. La trame sera notamment reprise plus tard au moyen-âge dans le mythe de Saint Georges, rapporté au XIIIe siècle par Jacques de Voragine dans La Légende dorée, où le chevalier Saint Georges tuera non pas un monstre marin, mais un dragon qui dévore tous les animaux de la contrée et exige des habitants un tribut quotidien de deux jeunes gens tirés au sort. Il en délivrera la princesse de la ville de Silène, en Lybie, qui sera alors parmi les sacrifiés.
  • Palaiphatos considère le monstre Céto (Κῆτος / Kêtos), qu'il dit s'appeler aussi Céton (Κήτων / Kḗtōn), comme un roi puissant qui, grâce à ses navires, soumettait toutes les côtes de l'Asie mineure dont notamment la ville de Troie qui devait un tribut appelé Dasmos (δασμὸs / Dasmós). À cette lointaine époque, l'argent n'existait pas aussi le payait-on régulièrement en nature, avec des chevaux, des bœufs, ou de jeunes princesses. Si le tribut n'était pas payé, il dévastait la région. Quand Héraclès et ses hommes armés passèrent dans la région, alors que Céto débarquait et marchait contre Troie (qui n'a donc pas payé à un moment donné le dit tribut semble-t-il), Laomédon engagea les soldats grecs qui aux côtés des siens luttèrent et tuèrent Céto et ses hommes[21].
  • Aristarque de Samothrace, rapporté par Eustathe de Thessalonique, suggère l'idée d'un mythe d'un peuple assez peu connu dont Homère fait référence[210] dans l'Odyssée où il nomme ses gens les Cétéens[76] (parfois transcrit Cétiens) et que l'on apprend en outre présents dans les combats durant la guerre de Troie aux côtés d'Eurypyle, un mysien se battant du côté des Troyens et qui vient donc du royaume voisin de Troie. Ces Cétéens tombent aussi à la guerre alors qu'ils étaient venus épouser les femmes troyennes. Ce peuple ont un mythe en effet, selon lequel on associe la mort des grands personnages à un gros poisson–qui est le sens de base du mot grec κῆτος / kẽtos qui désigne tout gros animal aquatique, comme des baleines, des cétacés[211]– face au grand deuil dans lequel on se noie à leur disparition[66]. Quintus de Smyrne évoque aussi l'association d'Eurypyle avec les Cétéens[212].
  • Un peu au sud du Cap Sigée, à l'Ouest de Troie, se trouve un lieu-dit, un promontoire escarpé abrité des vagues comme un port, qui porte le nom d'Agamia ou Agammia, Ἀγάμμεια / Agámmeia (si ce n'est Ἀρτεμέα / Arteméa[213]). La tradition populaire nous dit être appelé ainsi depuis l'exposition d'Hésione, la non-mariée[214] (ou d'autres jeunes filles[215]) : le nom du lieu (de la ville peut-être) peut se composer du verbe γαμέω / gaméō qui signifie épouser et du préfixe privatif α / a[216],[217].

Guerre contre Héraclès et mort de Laomédon[modifier | modifier le code]

Héraclès (à gauche), avec son arc, sur le point de tuer Laomédon (à droite). On peut voir Hésione derrière à gauche d'Héraclès, portant sa main au menton en signe de mélancolie. Face A, flacon en céramique sigillée de Gaule du Sud, de la fin du Ier siècle au début du IIe siècle, de la nécropole Lugone située dans la ville italienne de Salò ; conservation au musée de Gavardo, en Italie.

Causes de la guerre[modifier | modifier le code]

Laomédon consent, mais une fois Hésione sauvée, refuse à Héraclès de nouveau d'acquitter son dû et de lui donner les chevaux divins.Diodore précise qu'il fait emprisonner les deux hérauts envoyés par Héraclès, Iphiclès et Télamon. Ces derniers sont sauvés de justesse par Priam.

Déroulement de la guerre[modifier | modifier le code]

Furieux, Héraclès tue Laomédon et sa famille, à l'exception de Priam et d'Hésione.

Chute de Laomédon et les conséquences de la guerre[modifier | modifier le code]

À la suite de la lutte entre son père et Héraclès et de la prise de Troie par Héraclès et Télamon, il est le seul fils mâle de Laomédon qui est épargné. Pour ne pas devenir esclave, il est racheté par sa sœur Hésione et prend alors le nom de Priam, qui signifie « racheté »[218]. Il est d'abord nommé Podarge ou Podarcès (Ποδάρκης / Podárkês, « pied léger »). Parfois Priam est considéré enfant durant ces évènements[ico 4].

L'Iliade relate la destruction de Troie par Héraclès, cependant les enfants de Laomédon n’ont aucun rôle dans son récit[219]. À l'époque de cette guerre, Laomédon envoya Priam lutter contre Héraclès ; le combat eut lieu en Phrygie : c'est de cette guerre dont parle Priam à Hélène au chant III[220]. Plus tard dans sa vie, Priam se rangea aux côtés des Phrygiens lors d'une campagnes contre les Amazones[221].

Commentaires[modifier | modifier le code]

  • Strabon dit que ce n'est pas pour les juments à proprement parler qu'Héraclès va à la guerre contre Laomédon, mais en raison de l'offense et de la négation de sa promesse solennelle de le récompenser[222].
  • Déjà au Ie siècle, le rhéteur bithynien Dion Chrysostome a peine à comprendre comment Héraclès a pu être aussi irrité pour un sujet aussi léger puisqu'il ne s'agit après tout que de chevaux que Laomédon a refusé de lui donner après les lui avoir promis[195].
  • Dion Chrysostome dans un de ses discours s'interroge dès lors sur la première prise de Troie : comment Héraclès a-t-il pu s'emparer avec une armée aussi réduite d'une place forte aussi magnifiée? On peut mettre en regard l'effectif gigantesque qu'Agamemnon (voir notamment le catalogue des vaisseaux par exemple) déploiera pour prendre la ville de Troie durant le second assaut face à celui que nous présente l'assaut d'Héraclès[195].
  • Il est possible que le mythe ait pu fixer dans la mémoire des Grecs, le tremblement de terre dont le niveau VI des ruines de Troie nous témoigne archéologiquement aujourd'hui. On peut avancer que le tremblement de terre est l'objet de la vengeance de Poséidon dont les séismes sont la prérogative, mais c'est pourtant bien Héraclès qui franchit le mur[5].
  • La guerre menée par Héraclès peut se lire comme l'affection que les Grecs aimaient à trouver des répétitions dans leur mythe, comme des signes avant-coureurs : la première prise de Troie est la préfiguration de la seconde. Ce récit du siège mené par Héraclès est une solution littéraire éventuelle pour associer le célèbre héros à la Guerre de Troie de l'Iliade à laquelle il ne figure pas[5].
  • Les initiatives et voyages grecs de Priam à la recherche d'Hésione introduits dans le mythe ont une véracité historique plutôt incertaine bien que les liens entre les grecs mycéniens et l'espace troyen soient attestés par les céramiques tout au moins ; ces épisodes représentent surtout la motivation des auteurs latins à rassembler dans une même mythologie Grecs et Troyens dont ils s'estiment héritiers tout en différenciant l'un et l'autre pour bien rappeller qu'ils s'attachent les Troyens comme leurs propres ancêtres (notamment à travers la fuite d'Énée)[223].
  • Pourquoi Héraclès confie-t-il à Priam, dont il vient de tuer le père, son ennemi, le trône de Troie : pourquoi ne pas avoir donner le sceptre à tout autre sans l'ambiguïté de fidélité de Priam ?[195]

Son tombeau, son lieu de sépulture[modifier | modifier le code]

Tumulus, tertre, mycénien (grec), dit Trésor d'Atrée ou Tombeau d'Agamemnon situé sur le site de la ville de Mycènes en Grèce, avec une entrée, monumentale. Il s'agit d'une construction circulaire (un tholos) au centre maçonné, assez sobre et qui est recouverte de terre.

À l'occasion de la mort de la reine Amazone Penthésilée, Quintus de Smyrne nous apprend que les Troyens témoignent à l'égard de la guerrière une grande et luxueuse crémation après avoir récupéré son corps auprès de Grecs, en son honneur et celui de son dieu protecteur Arès. Ils rassemblent ses os restants dans une urne qu'ils décident de placer, avec ses armes et son cheval, dans le tertre de Laomédon, que l'on apprend alors être près des murailles épaisses ; sont aussi déposés les restes de la dizaine d'amazone qui sont venues aider les Troyens durant la guerre de Troie homérique[note 17],[224]. Cette version greco-orientée, laisse supposer un tertre assez grand et une sépulture détachée des Portes Scées.

Au second plan, à droite, se trouve la Porte Scée de la ville de Troie dont le linteau est pourfendu et que s'apprête à franchir le Cheval de Troie. Gravure sur cuivre représentant Laocoon dévoré par les serpents. Réalisée par l'italien Giovanni Battista Fontana (en), fin XVIe siècle.

Pour d'autre, le tombeau de Laomédon se trouverait près des Portes Scées, les portes de la ville de Troie, dont le nom même serait une apocope rappelant le lieu où avait été déposé le corps du défunt. Lisant les commentaires de l'auteur latin tardif Servius, l'historien anglais Robertson Martin suggère que le tombeau se trouvait sur le linteau afin peut-être que son esprit continue de protéger les lieux. De manière légendaire, disait-on qu'aussi longtemps que le tombeau demeure inviolé, la destinée de la ville était assurée ; les troyens détruiront eux-même la porte pour faire entrer le Cheval de Troie lors de la guerre de Troie homérique selon Virgile ou Plaute[note 18],[note 19].

Selon un avis discuté mais partagé par Robertson suivant l’helléniste français Charles Vellay, la présence du corps de Laomédon sur la porte ferait écho à une peinture de Polygnote qui se trouvait dans le Lesché, un édifice à Delphes. Aujourd'hui disparue, le géographe Pausanias nous a laissé néanmoins une description[note 20]. Deux personnages se trouvent légendés, Anchialos et Sinon, ce dernier étant sans doute le personnage peint depuis l'Énéide de Virgile comme le traître grec ayant convaincu les Troyens de faire entrer le cheval de Troie dans l'enceinte de la ville. Tous deux portent un cadavre, un corps sans vie, associé à un énigmatique nom Laomédon qui pourrait être un soldat anonyme, un fils d'Héraclès, mais cela porte à croire qu'il s'agit bien du grand Laomédon de Troie. Le personnage doit avoir une grande importance dans cette représentation du sac de la ville après l'épisode de la mort d'Achille et Pâris. D'autres éléments des scènes peintes sont intéressants : il y a une fontaine qui rappelle à un contemporain l'embuscade d'Achilles contre le prince troyen Troïlos, ou la statue d'Athéna tombant entre les bras de Cassandre qui fait allusion à la statue sacrée du Palladion consacrée à Pallas Athéna. Cela rappelle ce que Plaute considérait être les trois raisons de la chute de Troie : la mort de Troïlos, le vol du Palladion, et le corps porté témoignerait alors de la troisième et dernière, celle donc du viol du tombeau de Laomédon[225].

Interprétation globale du mythe[modifier | modifier le code]

Georges Dumézil remarque que la légende de Laomédon montre trois type d’hybris :

  • déloyauté économique envers Apollon et Poséidon, qu'il ne paie pas pour leur labeur ;
  • déloyauté héroïque contre Héraclès ;
  • déloyauté contre les hérauts, dont la personne est sacrée.

Ainsi, il y retrouve la trifonctionnalité indo-européenne :

  • berger et artisan ;
  • héros ;
  • Zeus, dieu protecteur des hérauts.

La tradition post-homérique a amplifié un récit auquel l'Iliade ne fait que quelques allusions et où les flottements comme celui sur la généalogie troyenne ou les raisons qui amènent Poséidon et Apollon à servir Laomédon par exemple, conduisent à avancer des justifications. Si un mythe antérieur indépendant à propos de Laomédon a pu avoir été, les mythographes posthomériques l'ont associé aux grands cycles mythiques comme celui des Argonautes où on découvre qu'Héraclès figure dans la liste des nombreux héros plus ou moins connue des uns ou des autres et où habilement il sort de l'intrigue sans dénaturer l'histoire. Car c'est de cela précisément qu'il s'agit : comment associer le grand héros aux grands mythes sans que sa popularité n'effrite celle des autres protagonistes du récit et en affaiblisse l'ensemble ? Le mythe de Laomédon est utilisé pour insérer le fameux héros dans la guerre de Troie où il est absent, une non-présence gênante qui sera comblée sans modifier le mythe de la guerre de Troie, mais avec un récit antérieur mettant en scène le roi troyen précédant les évènements homériques : le héros ne fait pas partie du récit d'Homère ou du cycle troyen car celui-ci a déjà fait la guerre à Troie, l'a menée et l'a prise, de surcroît seul (ou presque), avec peu de moyen, ce qui n'en dénature pas son acte mais en renforce la puissance du personnage[135]. Pour cela les aèdes n'ont pas hésité également à puiser dans d'autres éléments pris à d'autres récits, voilà pourquoi selon l'universitaire Paul Wathelet l'histoire de Laomédon paraît parfois aussi comme un mélange de celui d'Apollon et Admète et celui de Persée et Andromède notamment[5].

Au dynamisme roublard que Laomédon oppose aux dieux et à Héraklès, Priam opposera une passivité résignée contre ses ennemis lors de la guerre de Troie[223].

Laomédon dans l'art et la culture[modifier | modifier le code]

Iconographie antique[modifier | modifier le code]

Sculpture
Peinture & fresque
Poterie

(Les noms des objets ne sont qu'indicatifs)

Autre céramique

Évocations modernes et contemporaines[modifier | modifier le code]

Peinture
Apollon et Neptune conseille Laomédon, le roi Laomédon au centre consulte un plan avec Poséidon (vieil homme) à gauche et Apollon à droite pour la construction du mur.
Fresque
Tapisserie médiévale
Littérature médiévale
Téléfilm
  • Hercules and the Princess of Troy (en) en anglais et en italien Ercole e la principessa di Troia (« Hercule et la princesse de Troie »), péplum italo-américain de 1964 d'Albert Band où Laomédon apparaît sous les traits du personnage Petra, un oncle fratricide, mêlé dans des préoccupations d'héritage de trône et qui souhaite mettre à mort aussi la princesse Diana correspondant à Hésione. Hercules tue le monstre auquel elle est exposée, lutte contre les soldats de Laomédon et ainsi donc sauve la princesse - (en) Hercules and the Princess of Troy sur l’Internet Movie Database,
Astronomie

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sources classiques repères[modifier | modifier le code]

Pour plus de références, consultez les notes dans le corps de texte.

Essais et sources contemporaines[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes
  1. Priam, son fils, est un vieux roi durant la guerre de Troie dont la date est souvent avancée vers la fin du XIIIe siècle av. J.-C., si on associe le sujet mythologique à une trame historique. Voir David Bouvier, « Lieux et non-lieux de Troie », Études de lettres, no 1/2,‎ , p. 9-38 (lire en ligne).
  2. Leucippe peut être lu comme la crase de λευκός (Leukós), « blanc, brillant », et de ἵππος (Híppos), « cheval » ; Dans Zeuxippe, on retrouve la référence au cheval mais aussi à Zeus (Ζέυς), le père des dieux. Parfois le sens de Zeus peut être synonyme de « brillant », « briller » faisant donc écho au sens de Leucippe, laissant ouvertes les interprétations à ce sujet, à savoir si cela traduit une blancheur de peau (contrairement à la couleur de peau méditerranéenne plus communément teinte), à une blancheur morale, divine, un statut social élevé, ou bien au reflet de l'or dont l'aristocratie troyenne semble être férue, ou d'autres encore... Voir par exemple Hémithéa, la fille du roi voisin de Troie, Cycnos fils de Poséidon : elle est en effet parfois nommée Leucothée (Λευκόθεα / Leucόthea), « divine blancheur ». D'ailleurs le nom du roi Cycnos est justifié par la mythologie (peut-être après coup néanmoins) par la couleur blanche de sa peau ou bien de ses cheveux laissant penser au cygne.
    Dictionnaire grec-français (Bailly), édition de 1935 [lire en ligne], p. 1184, p. 976, p. 881,
    Scholie sur l'Iliade d'Homère, Chant I, 38 (auteur anonyme). Voir (grc) Gulielmus Dindorfius, Scholia Graeca in Homeri Iliadem, t. 1, Londres, A. Macmillan et Socios, , 502 p. (lire en ligne [PDF]), p. 10-11 (69/70),
    Scholie sur l'Idylle-Hiéron ou les Grâces (XIV) de Théocrite, 49 (auteur anonyme) faisant aussi témoignage des fragments d'Hellanicos et d'Hésiode. Voir (grc) Carolus Wendel, Scholia in Theocritum vetera, t. 3, Leipzig, Aedibus B.G. Teubneri, , 481 p. (lire en ligne), p. 328 (373),
    Phérécyde d'Athènes, Histoire mythologique, livre X, fragment FGH 99 / FGrHist 3F136c ? / Commentaire sur l'Iliade de Tzétzès, p. 38 :
    .Voir (la) Karl Müller (trad. du grec ancien), Fragmenta historicorum graecorum (FHG), t. 1, Paris, Editore Ambrosio Firmin Didot, , ~746 p. (lire en ligne), p. 95
    .Voir (grc) Goffried Hermann, Ioannis Tzetzae exegesis in Homeri Iliadem, Leipzig, Sumptibus Io. Avg. Gottl. Weigelii, (lire en ligne), p. 38.
  3. De nombreux de ses commentaires et résumés ont permis de compléter les portions perdues de l'ouvrage d'Apollodore, Bibliothèque, une compilation de la mythologie grecque (qui se terminait le sait-on, aux retours des Grecs après la chute de Troie) auquel on fait souvent référence. Pour rappeler l'origine un peu bricolée, sauvée, de ces portions de texte concises qui figurent sans doute dans les derniers tomes perdus de la Bibliothèque, on les classes comme (ou dans) Épitomes qui signifie en grec « résumés », et que l'on dispose à la suite de la Bibliothèque. Ce ne sont que des versions réduites du texte originel perdu. Les épitomes ont été découverts dans divers manuscrits et n'ont été compilés qu'assez tardivement (vers la fin du XIXe siècle, début XXe siècle), cela explique que certaines éditions de la Bibliothèque n'en fasse pas mention.
  4. Ce nom (ou adjectif) désigne la descendance de Laomédon aussi bien directe que celle des générations suivantes, voire parfois aux Troyens dans leur ensemble.
  5. La situation chronologique historisante de Laomédon et des évènements qui lui sont liés suivant différentes échelles de temps est souvent hasardeuse et variable selon les auteurs. La certitude, et tout le crédit que l'on peut en concéder, c'est que Laomédon est père de Priam que l'on juge identique au roi cité abondamment dans la guerre de Troie de l'Iliade qui sert souvent de référence mais dont la datation est elle-même peu acquise. Voici deux essais parmi plusieurs.
    L'évêque Eusèbe de Césarée du IIIe siècle ou IVe siècle s'est essayé à établir à une chronologie comparative entre les différentes cultures hébraïque, égyptienne, mycénienne, athénienneetc.... en partant de la date supposée de la naissance d'Abraham... Il ne cite pas Laomédon, mais fait référence à Priam, à la guerre de Troie : Priam est intronisé selon lui vers -1237 ou -1235 soit deux années avant le successeur d'Égée, Thésée et celui-ci est suivi par Ménesthée attesté à l'époque de la guerre (voir le catalogue des vaisseaux de l'Iliade) ; le règne d'Égée débute vers -1284 et dure 48 ans et l'auteur situe avec peu d'assurance l'épopée des ArgonautesHéraclès figure vers -1261 et la dévastation de Troie par le héros est actée vers -1245 ; Le règne de Laomédon est présenté plus ou moins commun avec celui du mycénien/argien Atrée, père d'Agamemnon, ou du pharaon égyptien (avec toute réserve!), Ramsès II ; il situe la prise de la ville de Troie vers -1180 ;
    L'historien Hérodote sème dans son ouvrage des références chronologiques, il fixe par ailleurs la guerre de Troie homérique vers environ -1284 (II, 145) ; L'helléniste Pierre-Henri Larcher (18-19e siècle) en propose une compilation dans laquelle le règne de Laomédon commence suivant Hérodote vers -1380 et dure 50 années pour s'achever en -1330 où Priam prend la suite...
    Aujourd'hui, l'archéologie est hésitante à fixer une date pour la guerre de Troie pour fixer une datation absolue de Priam et par là de son père Laomédon, et à condition d'avaliser la réalité historique de la guerre de Troie : avec réserve, on considère donc la date de cette dernière au XIIIe siècle av. J.-C. ou XIIe siècle av. J.-C., et tenant compte de quelques décennies de vie et la filiation avérée et directe de Priam, cela fait remonter la période de Laomédon vers donc le XIVe siècle av. J.-C. ou le XIIIe siècle av. J.-C. ;
    Eusèbe de Césarée, Chronique, Livre 2 [(la)(hy)(grc) lire en ligne], rapporté dans Chronicum ad annum Abrahæ de Jérôme de Stridon, qui sous forme de tableaux présente la chronologie des évènements depuis la date de naissance supposée d'Abraham (en) Tableaux mises en page de -2016 à -523,
    Hérodote, Histoires [détail des éditions] [lire en ligne] ; Chronologie de Larcher depuis l'Histoire d'Hérodote,
    David Bouvier, « Lieux et non-lieux de Troie », Études de lettres, no 1/2,‎ , p. 9-38 (lire en ligne).
  6. Pergame à la vocation d'un surnom pour Troie, mais l'appellation s'est fixée comme le nom de ville pour Pergame plus au Sud de Troie, avec laquelle il ne faut pas confondre.
  7. Apollon est remplacé par Athéna pour Homère étrangement...
    Homère, Iliade [détail des éditions] [lire en ligne], I, 396-406.
  8. Αἰγαίων = mer Égée (?).
  9. Homère met dans la bouche de son personnage Andromaque s'adressant avec autorité au généralissime troyen, son mari, Hector :

    λαὸν δὲ στῆσον παρ᾽ ἐρινεόν, ἔνθα μάλιστα
    ἀμβατός ἐστι πόλις καὶ ἐπίδρομον ἔπλετο τεῖχος.

    « Arrête tes soldats près de ce figuier; c'est là, n'en doute pas, que la ville est d'un facile accès, que nos murs peuvent être aisément franchis »


    Homère, Iliade [détail des éditions] [lire en ligne], VI, 432-433.

  10. L'Ister est souvent identifié au Danube mais sans certitude, s'agit-il de la région autour des Colonnes d'Heraclès, selon l'une de ses définitions près du détroit du Bosphore ? Se dirige-t-il vers les Hyperboréens, peuple avec lequel il semble avoir des liens et que les commentateurs grecs situent dans un Nord incertain de la Grèce ?
  11. a et b Allusion et images sur (en) « The Greek Age of Bronze - TROY EXCAVATIONS » [« L'âge de bronze grec FOUILLE DE TROIE »] (consulté le 24 octobre 2015).
  12. Localisée à la partie côtière occidentale de la Géorgie actuelle.
  13. On trouve d'autres versions de la mort d'Hippolyte. L'une d'elle disculpe Héraclès et fait donner la mort à la reine par l'Amazone Penthésilée ; voir Apollodore, Épitome [détail des éditions] [lire en ligne], V, 1.
  14. Hellanicos ou Homère nous disent du mur qu'il est ἀμφίχυτος / amphíkhutos, ce qui littéralement veut dire répandu, voire amoncelé, ou autour de lui :
    Dictionnaire grec-français (Bailly), édition de 1935 [lire en ligne], p. 113,
    Homère, Iliade [détail des éditions] [lire en ligne], XX, 144-148,
    Hellanicos, fragment FHG 136/FGrHist 4F 26b/Scholie sur l'Iliade XX, 146 : Voir (la) Karl Müller (trad. du grec ancien), Fragmenta historicorum graecorum (FHG), Paris, Parisiis Editore Ambrosio Firmin Didot, , 754 p. (lire en ligne), p. 64.
  15. Homère suggère parfois une analogie entre le cheval et le navire qu'il désigne, ces derniers, comme des Chevaux des mers ou des Coursier des mers par exemple :
    Homère, Odyssée [détail des éditions] [lire en ligne], IV, 708.
  16. Homère qualifie fréquemment les Troyens dans son Iliade avec l'épithète ἱππόδαμος / hippόdamos venant de Ἱππος / Hippos, le cheval, et du verbe δαμάω / damáō, variante grammaticale de δαμάζω / damázō, ayant pour sens dompter ou domestiquer voire soumettre :
    Dictionnaire grec-français (Bailly), édition de 1935 [lire en ligne], p. 974, p. 976, p. 428-429,
    Homère, Iliade [détail des éditions] [lire en ligne], II, 23 ; III, 127, 131...
  17. Ce type de funéraille est typique des Mycéniens donc de la vision et la lecture grecque. C'est-à-dire qu'ils déposent les restes de l'incinération du défunt sous un tertre où une petite pièce rudimentaire est aménagée au centre. Le lieu de sépulture est utilisée par les générations qui se succèdent où leurs restes s'y accumulent, parfois en gagnant la place en repoussant les restes des générations précédentes.
  18. Virgile propose aussi dans son Énéide une description de l'entrée du cheval de Troie (voir livre II) : Virgile laisse à penser que les troyens ont « divisé leur murs » (v. 234), c'est-à-dire ont-ils percé la muraille ou bien ont-ils élargi les Portes Scées ? Les troyens ont grand peine à le faire entrer en l'ayant équipé d'un système roulant et s'y reprennent à quatre fois et à chaque fois le bruit des armes des guerriers cachés ne les alarme pas (v. 242-245) ; le groupe de soldat ouvre la porte depuis l'intérieur pour faire entrer les Grecs (266-267) dans la ville ;
    L'auteur comique latin Plaute affirme que c'est le sommet des Portes Scées (il les nomme comme « portes Phrygiennes » [portae Phrygiae] (v.31)) qui a été démoli pour faire passer le cheval sans doute trop haut pour les portes ; Ainsi note aussi Palaiphatos qui précise aussi que le cheval avait été conçu moins large que les portes mais volontairement plus haut
    Virgile, Énéide [détail des éditions] [lire en ligne]
    ou autre version latine et française en ligne [PDF]
    Plaute, Les Bacchis [français lire en ligne]] ; [(la)(en) lire en ligne], Acte IV, Scène 9 -Chrysale.
    Palaiphatos, Histoires incroyables [détail des éditions] [lire en ligne], 16 « Le cheval de bois ».
  19. •Le grammarien latin Servius du IVe siècle, qui dans ses Commentaires sur l'Éneide de Virgile dit  : « nam novimus integro sepulcro Laomedontis, quod super portam Scaeam fuerat, tuta fuisse fata Troiana (2.241) » (traduit à l'aide de l'anglais approximativement;) : Aussi longtemps que la tombe de Laomédon, qui était au-delà des portes Scées, restait inviolée, le destinée de Troie était assurée.)
    « A cadavre Laomedontis, hoc est Scenomate, ἀπὸ τοῦ σκηνώματοϛ, quod in ejus fuerat superliminio. (3.351) » (traduit depuis l'anglais de M. Robertson ;) : Du corps de Laomédon, qui est Scenoma, de σκηνώματοϛ / skênómatos , qui avait été dedans au-dessus du linteau)
    Pour l'historien britannique Martin Robertson, l'auteur latin a à l'esprit que le corps de Laomédon est exposé sur une sorte de niveau au-dessus du linteau des Portes Scées. On trouve des faits semblables où l'esprit du héros protège le lieu où son corps repose, ici donc les portes de la ville. Le mot grec σκηνώματοϛ / skênómatos, latinisé donc ici en Scenoma, qui signifie (Bailly) campement de tente (tente se dit σκήνος / skEnos), campement de soldat ou encore maison ou au sens figuré le corps, l'enveloppe de l'âme –on doit comprendre que le corps de Laomédon fut exposé dans un tombeau sur le linteau des Portes Scées?– donnerait sa première syllable aux Portes Scées;
    Servius, Commentaires sur l'Énéide de Virgile (In Vergilii Aeneidem commentarii) latin sur le site anglophone Perseus III, 351.
    (en) Robertson Martin (télécharger[PDF]), « Laomedon’s Corpse, Laomedon’s Tomb » [« Corps de Laomédon, Tombe de Laomédon »], Greek, Roman, and Byzantine Studies, États-Unis, Duke University Press, vol. 11, no 1,‎ , p. 23-26 (résumé, lire en ligne [PDF])
    Dictionnaire grec-français (Bailly), édition de 1935 [lire en ligne], p. 1759.
  20. Le philologue allemand Carl Robert (en) proposa une reconstruction en 1893, en s'inspirant du récit de Pausanias :
    Pausanias, Description de la Grèce [détail des éditions] [lire en ligne], Livre X Phocide, œuvre de Polygnote Chap. XXVII.
Références (spécialement iconographie)
  1. Fresque polychrome de Pompéi en Italie, de la maison de Siricus (VII.1.47) : « Apollon et Poséidon aidant à la construction des murs de Troie » : exèdre de l'angle Nord-Ouest de l'atrium sur le mur Ouest où Poséidon assis tient son trident face à Apollon debout et portant des lauriers ; l'arrière-plan voit des ouvriers qui bâtissent un mur, on distingue aussi du bétail et un dispositif de levage, une chèvre précisément - (en) Photographie de la fresque et schémas.
  2. a et b « Héraclès contre Céto », poterie étrusque, hydrie de Caeré à figures noires entre 530 et 520 av. J.-C. représentant Céto comme un serpent de mer noir dessus et blanc au-dessous au ventre, au milieu d'autres espèces marines comme deux dauphins, un phoque et un poulpe ; Céto, dont la queue ondulante est recouvert d'épines/de poils rouges, ouvre sa gueule et montre ses dents face à Héraclès qui lui avance à l'intérieur un hameçon, une serpe, une harpè ; collection Stávros Niárchos, Athènes (Grèce) - (en) Voir sur Theoi.com.
  3. a et b « Héraclès coupant la langue de Céto », par Lydos (en), kylix Coupe A attique à figures noires (face A), vers 540-520 av. J.-C., représentant Héraclès coiffé de la peau de lion, qui pose le pied sur la mâchoire inférieure d'un énorme monstre marin couvert d'écailles, sans doute identifiable à Céto et qui semble sur le point de l'engloutir ; Héraclès tenant la langue du monstre d'une main et de l'autre, avec une harpè (une serpe) s'apprête à lui la trancher ; se trouve derrière lui une femme semblant porter un voile, s'agit-il d'Hésione ? Il y a également un cavalier sur sa monture entouré de jeunes gens ainsi que des dauphins, hauteur 10,9 cm et diamètre 19,2 cm, Musée archéologique national de Tarente (Italie) (no 52 155) - Fiche-référence sur Lexicon Iconographicum Mythologiae Classicae (en) Suite d'images.
  4. Fresque polychrome romaine de Pompéi en Italie, de la maison du navire (VI.10.11) (ou comme maison de Zéphyr ou Flore, ou maison de Cérès, ou maison des Bacchantes) et aujourd'hui fort dégradée sur le mur ouest de la pièce 15 au point d'être presque invisible ; mais on a conservé un croquis nous montrant une illustration partielle qui ne dévoile qu'un homme assis sur un trône et qui laisse deviner une massue et une peau comme vetêment conduisant à l'identifier à Héraclès qui fait face à une femme portant un voile et une toge et montrant à l'homme assis un petit enfant tendant vers lui les bras ; s'agit-il d'Hésione présentant un Priam jeune ? - Série de photographie de la fresque et dessin associé.
Références
  1. Virgile, Géorgiques [détail des éditions] [lire en ligne], I, 502.
  2. Virgile, Énéide [détail des éditions] [lire en ligne], IV, 452.
  3. Énéide, V, 810.
  4. Homère, Odyssée [détail des éditions] [lire en ligne], VIII, 117.
  5. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m et n Paul Wathelet, Dictionnaire des Troyens de l'Iliade, t. 1, Liège, Université de Liège-Bibliothèque de la Faculté de Philosophie et Lettres, , « Λαομέδων » Aperçu.
  6. Dictionnaire grec-français (Bailly), édition de 1935 [lire en ligne], p. 1171, p. 457-458, p. 1372.
  7. Dictionnaire grec-français (Bailly), édition de 1935 [lire en ligne], p. 1237.
  8. Homère, Iliade [détail des éditions] [lire en ligne], VI, 23.
  9. Dictionnaire grec-français (Bailly), édition de 1935 [lire en ligne], p. 7.
  10. Iliade, XX, 236.
  11. Dictionnaire grec-français (Bailly), édition de 1935 [lire en ligne], p. 104.
  12. a, b et c Apollodore, III, 12, 1-3.
  13. a, b, c, d, e, f et g Apollodore, Bibliothèque [détail des éditions] [lire en ligne], III, 12,3.
  14. a et b Hygin, Fables [détail des éditions] [(la) lire en ligne] [(en) lire en ligne], CCL (250) « Attelages qui tuèrent leur meneur ».
  15. Selon le poète Alcman. Scholie sur l'Iliade d'Homère, Chant III, 250 (auteur anonyme) :

    [Λαομεδοντιάδη]· μήτηρ Πριάμον͵ ὥϛ ϕησι Πορϕύριοϛ ἐν τῷ Περὶ τῶν Παραλελειμμένων τῷ Ποιητῇ Ὀνομάτων͵ κατὰ μὲν Ἀλκμᾶνα τὸν μελοποιὸν Ζευξίππη͵ κατὰ δὲ Ἑλλάνικον Στρυμώ.

    « [Descendance de Laomédon] : La mère de Priam nous est dit par Porphyre dans son ouvrage Περὶ παραλελειμμένων τῷ πολητῇ ὀνομάτων (Sur les noms écartés par Homère??), s'appeler selon le poète lyrique Alcman Zeuxippe, mais selon Hellanicos Strymo. »

    (en) J.M. Edmonds (Fragment 105), Lyra Graeca, t. 1, Londres, New York, William Heinemann (GB)/G.P. Putnam's Sons (USA), (lire en ligne), « Alcman:Life », p. 106/107 ; [(en) lire en ligne].

  16. a et b Scholie de Tzétzès à propos de Lycophron, 18 ; extrait :

    ὁ μὲν γὰρ Πρίαμος ἦν Λευκίππης, ὁ δὲ Τιθωνὸς Ῥοιοῦς ἢ Στρυμοῦς τῆς Σκαμάνδρου θυγατρὸς υἱός

    « En effet, Priam était de Leucippe, Tithonos de Rhoio ou Strymo, fille de Scamandre »

    —Voir (grc) Christian Gottfried Müller, Ισαακιου και Ιωαννου του τζετζου Σχολια εις Λυκοφρονα [« Isaac et Jean Tzétzès Scholies sur Lycophron »], Leipzig, Sumtibus F.C.G. Vogelii,‎ (lire en ligne), p. 302-305 (388-393).
  17. Scholie sur l'Iliade, Chant III, 250 citant un extrait de Περὶ Λέσβου / Perì Lésbou (« À propos des Lesbiens ») de Scamon de Mytilène (Σκάμων Μιτυληναῖος) (FHG 6 ou FGrHist 476F1?). Voir (la) Karl Müller (trad. du grec ancien), Fragmenta historicorum graecorum (FHG), t. 4, Paris, Parisiis Editore Ambrosio Firmin Didot, (lire en ligne), p. 491.
  18. Iliade, XX, 237-238.
  19. Virgile, Énéide [détail des éditions] [lire en ligne], III, 248.
  20. Iliade, III, 250 ; XV, 527.
  21. a et b Palaiphatos, Histoires incroyables [détail des éditions] [lire en ligne], XXXVII « Céto ».
  22. Iliade, VI, 20-28.
  23. Apollodore, III, 12,4.
  24. Hymnes homériques [détail des éditions] [lire en ligne] V -À Aphrodite, 218-239.
  25. Maurus Servius Honoratus, Commentaires sur les Géorgiques de Virgile [(la) lire en ligne], III, 48.
  26. Hésiode, Théogonie [détail des éditions] [lire en ligne] (v. 984-985).
  27. Énéide, I, 489.
  28. Ovide, Amours [détail des éditions] [lire en ligne], I, 8.4.
  29. a, b, c, d et e Apollodore, II, 6,4.
  30. a, b, c, d, e et f Iliade, III, 147-150.
  31. a et b Pausanias, Description de la Grèce [détail des éditions] [lire en ligne], X, 14.
  32. a, b, c, d et e Scholie de Tzétzès à propos de Lycophron, 224-227, lisant le logographe Hellanicos. Voir (grc) Christian Gottfried Müller, Ισαακιου και Ιωαννου του τζετζου Σχολια εις Λυκοφρονα [« Isaac et Jean Tzétzès Scholies sur Lycophron »], t. 1, Leipzig, Sumtibus F.C.G. Vogelii,‎ , 763 p. (lire en ligne), p. 492-493 (568).
  33. Hygin, XCI (91) « Alexandre Pâris » et CCLXXIII (273) « Ceux qui instaurèrent des jeux jusqu'au quinzième du fait d'Énée ».
  34. a, b et c Dictys de Crète, Éphéméride de la guerre de Troie [détail des éditions] [lire en ligne], IV, 22.
  35. Iliade, III, 261-263.
  36. Iliade, XXIV.
  37. Apollodore, Épitome [détail des éditions] [lire en ligne], V, 21.
  38. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l et m Hygin, LXXXIX (89) « Laomédon ».
  39. Darès le Phrygien, Histoire de la destruction de Troie [détail des éditions] [(la) lire en ligne], chap.3.
  40. Iliade, III, 180-190.
  41. Darès, chap. 4.
  42. a, b et c Scholie sur l'Odyssée d'Homère, Chant XI, 520 rapportant les propos du logographe Acousilaos. Voir (grc) Wilhelm Dindorf, Scholia Græca in Homeri Odysseam, t. 2, Leipzig, e typographeo academico, , 457 p. (lire en ligne), p. 517 (124).
  43. a, b et c Cicéron, Tusculanes [(fr)(la) lire en ligne], I, 26.
  44. a, b, c et d Euripide, Les Troyennes [détail des éditions] [lire en ligne], 820-824.
  45. a, b, c, d, e, f, g et h Hymnes homériques [détail des éditions] [lire en ligne], « À Aphrodite », 202-217.
  46. a et b Iliade, XX, 231-235.
  47. a, b et c Apollodore, III, 12,2.
  48. a, b, c et d Iliade, V, 265-271.
  49. a et b Petite Iliade [détail des éditions] [(en) lire en ligne], 7 / Scholie sur Les Troyennes d'Euripide, 822. Voir (grc) Hugh G. Evelyn-White, Hesiod the homeric hymns and Homerica, Londres/New York, Heinemann/MacMillan, coll. « Loeb Classical Library », , 704 p. (lire en ligne), p. 514.
  50. a, b, c et d Souda [(en+grc) lire en ligne], « Ἴλιον (Ilion) ».
  51. a et b Souda, « Μίνως (Minos) ».
  52. Diodore de Sicile, Bibliothèque historique [détail des éditions] [lire en ligne], III, 67.5.
  53. a et b Scholie de Tzétzès à propos de Lycophron, 314-322. Voir (grc) Christian Gottfried Müller, Ισαακιου και Ιωαννου του τζετζου Σχολια εις Λυκοφρονα [« Isaac et Jean Tzétzès Scholies sur Lycophron »], Leipzig, Sumtibus F.C.G. Vogelii,‎ , 763 p. (lire en ligne), p. 534-536 (604) .
  54. a, b, c, d, e et f Scholie de Tzétzès à propos de Lycophron, 315. Voir (grc) Christian Gottfried Müller, Ισαακιου και Ιωαννου του τζετζου Σχολια εις Λυκοφρονα [« Isaac et Jean Tzétzès Scholies sur Lycophron »], Leipzig, Sumtibus F.C.G. Vogelii,‎ , 763 p. (lire en ligne), p. 536-537 (606) .
  55. Virgile, Énéide [détail des éditions] [lire en ligne], II, 32-34.
  56. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q, r et s Diodore de Sicile, Bibliothèque historique [détail des éditions] [lire en ligne], IV, 42.
  57. Apollodore, II, 5,9 et 6,4 ; III, 12,7.
  58. Lycophron, Alexandra, [lire en ligne] [(grc) lire en ligne], 224-228.
  59. Lycophron, Alexandra, [lire en ligne] [(grc) lire en ligne], 314-322.
  60. Iliade, XI, 166-168.
  61. a, b et c Scholie de Tzétzès à propos de Lycophron, 921. Voir (grc) Christian Gottfried Müller, Ισαακιου και Ιωαννου του τζετζου Σχολια εις Λυκοφρονα [« Isaac et Jean Tzétzès Scholies sur Lycophron »], Leipzig, Sumtibus F.C.G. Vogelii,‎ , 763 p. (lire en ligne), p. 877-878 (936) .
  62. Conon, Narrations [détail des éditions] [lire en ligne], 13.
  63. Polyen, Stragèmes [lire en ligne] [(grc) Lire en ligne], VII, 47.
  64. Dictys, II, 5.
  65. Quintus de Smyrne, Suite d'Homère [détail des éditions] [lire en ligne], VI, 183-185.
  66. a et b Eustathe de Thessalonique, Commentaires sur l'Odyssée d'Homère, folio 1697 (vers 520 du chant 11 (Λ) de l'Odyssée). Voir (grc) Eustathe de Thessalonique, Stallbaum, Gottfried, (la)Commentarii ad Homeri Odysseam [« Commentaires sur l'Odyssée d'Homère »], t. 1, Leipzig, Weigel, , 460 p. (lire en ligne), p. 431-432 (folio 1697).
  67. Dictys, IV, 14.
  68. Apollodore, III, 12.5.
  69. Scholie de Tzétzès à propos de Lycophron, 232/233. Voir (grc) Christian Gottfried Müller, Ισαακιου και Ιωαννου του τζετζου Σχολια εις Λυκοφρονα [« Isaac et Jean Tzétzès Scholies sur Lycophron »], Leipzig, Sumtibus F.C.G. Vogelii,‎ (lire en ligne), p. 496-499 (572-577) .
  70. Ovide, Métamorphoses [détail des éditions] [lire en ligne], VI, 93-97.
  71. Denys d'Halicarnasse, Antiquités romaines [détail des éditions] [lire en ligne], I, 62.2.
  72. Martial, Épigrammes [détail des éditions] [lire en ligne], XI, 4, 2.
  73. a, b et c Iliade, XX, 219-230.
  74. Dion Cassius, Histoire romaine [détail des éditions] [lire en ligne], IV, 75.
  75. « πολύχρυσος  / polúkhrusos  », « abondant en or » (Bailly, p. 1602), chez :
    Euripide, Hécube [détail des éditions] [lire en ligne], 492,
    Quintus de Smyrne, Suite d'Homère [détail des éditions] [lire en ligne],III, 652 ; X,360.
  76. a et b Strabon, Géographie [détail des éditions] [lire en ligne], XIV, 5- La Cilicie, 28.
  77. Properce, Élégies [détail des éditions] [lire en ligne], II, 14,2.
  78. Scholie de Tzétzès à propos de Lycophron, 1341. Voir (grc) Christian Gottfried Müller, Ισαακιου και Ιωαννου του τζετζου Σχολια εις Λυκοφρονα [« Isaac et Jean Tzétzès Scholies sur Lycophron »], Leipzig, Sumtibus F.C.G. Vogelii,‎ (lire en ligne), p. 1011 (1102).
  79. Hérodote, Histoires [détail des éditions] [lire en ligne], VII, 20 et 75.
  80. Lycophron, Alexandra, [lire en ligne] [(grc) lire en ligne] Étude de l'extrait 1341-1345, 1341-1345.
  81. Ovide, Métamorphoses [détail des éditions] [lire en ligne], XIII, 429-435 et 531-575.
  82. Euripide, Hécube [détail des éditions] [lire en ligne], (Pièce entière).
  83. Pindare, Odes [détail des éditions] [lire en ligne], Olympiques, VIII, 43 ou (selon la numérotation des lignes) 55.
  84. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q et r Apollodore, II, 5.9.
  85. Dictionnaire grec-français (Bailly), édition de 1935 [lire en ligne], p. 1517/1518.
  86. Par exemple Euripide dans Les Troyennes, 799-819.
  87. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l et m Scholie de Tzétzès à propos de Lycophron, 34. Voir (grc) Christian Gottfried Müller, Ισαακιου και Ιωαννου του τζετζου Σχολια εις Λυκοφρονα [« Isaac et Jean Tzétzès Scholies sur Lycophron »], t. 1, Leipzig, Sumtibus F.C.G. Vogelii,‎ , 1169 p. (lire en ligne), p. 326-330 (411-417).
  88. a et b Scholie sur les Olympiques de Pindare, VIII, 41b. Voir (grc) Drachmann, Scholia vetera in Pindari carmina, Leipzig, In aedibus B.G. TeubneriSum, (lire en ligne), p. 246.
  89. Iliade, I, 396-406.
  90. a, b, c, d et e Iliade, XXI, 435-460.
  91. a, b, c, d, e, f et g Ovide, Métamorphoses [détail des éditions] [lire en ligne] XI, 194-220.
  92. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q, r, s, t, u et v Valérius Flaccus, Argonautiques [lire en ligne], II, 431-579.
  93. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m et n Scholie sur l'Iliade d'Homère, Chant XX, 146. rapportant un fragment de Troica d'Hellanicos FHG 136 ; (ou FGrHist 4F 26b?).
    –Voir (grc) Gulielmus Dindorfius, Scholia Graeca in Homeri Iliadem, t. 2, Londres, A. Macmillan et Socios, , env. 436 p. (lire en ligne [PDF]), p. 199 (208)
    –Voir (la) Karl Müller (trad. du grec ancien), Fragmenta historicorum graecorum (FHG), t. 1, Paris, Parisiis Editore Ambrosio Firmin Didot, (lire en ligne), p. 64.
  94. Lycophron, Alexandra, [lire en ligne] [(grc) lire en ligne] Étude de l'extrait 521-529, 521-529 ;  ; (en)lien anglophone avec notes : Drymas est une épithète d'Apollon à Milet et Prophante, celle de Poséidon à Thurii en Grande-Grèce, roi de Cromné/Paphlagonie ; voir à ce sujet la Scholie de Tzétzès à propos de Lycophron, 522, (grc) Christian Gottfried Müller, Ισαακιου και Ιωαννου του τζετζου Σχολια εις Λυκοφρονα [« Isaac et Jean Tzétzès Scholies sur Lycophron »], Leipzig, Sumtibus F.C.G. Vogelii,‎ (lire en ligne), p. 669 (735).
  95. Corpus hésiodique, Catalogue des femmes (Éhées), fragment 235 ou 83 (selon édition) :

    Ἰλέα, τόν ῥ᾽ ἐφίλησεν ἄναξ Διὸς υἱὸς Ἀπόλλων· καί οἱ τοῦτ᾽ ὀνόμην᾽ ὄνομ᾽ ἔμμεναι, οὕνεκα νύμφην εὑρόμενος ἵλεων μίχθη ἐρατῆι φιλότητι ἤματι τῶι, ὅτε τεῖχος ἐυδμήτοιο πόληος ὑψηλὸν ποίησε Ποσειδάων καὶ Ἀπόλλων.

    « Ilée, que chérit le roi Apollon, fils de Jupiter [Zeus], et à qui il donna ce nom, parce que ayant trouvé une nymphe favorable à ses désirs, il s'unit d'amour avec elle le jour où Neptune [Poséidon] et Apollon bâtirent la haute muraille de la ville magnifique (Trad. de A. Bigan) »

    —Fragment. 235 ;(grc) Reinhold Merkelbach, Martin L. West, Fragmenta Hesiodea, Oxford, Clarendon Press,  ; (grc) Sur Bibliotheca Augustana
    —Fragment 83 ; (en)(grc) Hugh G. Evelyn-White, Hesiod the homeric hymns and Homerica, Londres/New York, Heinemann/MacMillan, coll. « Loeb Classical Library », , 704 p. (lire en ligne), p. 209.
  96. Arnobe, Contre les païens (lat. Adversus nationes) [(la)(en) lire en ligne], IV, 25.
  97. a, b, c, d, e, f et g Eustathe de Thessalonique, Commentaires sur l'Iliade d'Homère, folio 1245 (vers 444 du chant 21 (Φ) de l’Iliade). Voir (grc) Stallbaum, Gottfried, (la)Commentarii ad Homeri Iliadem [« Commentaires sur l'Iliade d'Homère »], t. 4, Leipzig, Weigel, (lire en ligne), p. 209 (lignes 31-43 de la page 209).
  98. a, b et c Scholie sur l'Iliade d'Homère, Chant 21, 444 (ou Fragment d'Hellanicos FGrHist 4F 26a?). Voir (grc) Ernestus Maass/Gulielmus Dindorfius, Scholia Graeca in Homeri Iliadem : ex codicibus aucta et emendata, t. 2, Londres, Oxonii : E Typographeo Clarendoniano, 1875/1888, 642 p. (lire en ligne), p. 362 (398).
  99. Odyssée, XVII, 485-487.
  100. Iliade, VII, 442-462.
  101. Quintus de Smyrne, Suite d'Homère [détail des éditions] [lire en ligne], 659 et suiv.
  102. Pausanias, Description de la Grèce [détail des éditions] [lire en ligne], VII « Achaïe », 20, 4-5.
  103. Énéide, V, 811.
  104. Ovide, Fastes [détail des éditions] [lire en ligne], I, 520-530.
  105. Scholie sur les Olympiques de Pindare, VIII, 42a et 42b. Voir (grc) Drachmann, Scholia vetera in Pindari carmina, Leipzig, In aedibus B.G. TeubneriSum, (lire en ligne), p. 246.
  106. Scholie sur les Olympiques de Pindare, VIII, 44a et 44d. Voir (grc) Drachmann, Scholia vetera in Pindari carmina, Leipzig, In aedibus B.G. TeubneriSum, (lire en ligne), p. 246.
  107. Virgile, Énéide [détail des éditions] [lire en ligne], II, 259-264.
  108. Quintus, XII, 311-334.
  109. Pindare, Odes [détail des éditions] [lire en ligne], Olympiques, VIII, 30-52 ou (selon la numérotation des lignes) 40-69.
  110. Horace, Odes [détail des éditions] [lire en ligne], III, 3 « À César Auguste », 18-25.
  111. a, b et c Servius, Commentaires sur l'Énéide de Virgile (In Vergilii Aeneidem commentarii) latin sur le site anglophone Perseus VIII, 157.
  112. a, b, c, d, e et f Servius, Commentaires sur l'Énéide de Virgile (In Vergilii Aeneidem commentarii) latin sur le site anglophone Perseus I, 550.
  113. Dictionnaire grec-français (Bailly), édition de 1935 [lire en ligne], p. 2124/2125.
  114. a et b Lucien de Samosate, Des sacrifices [lire en ligne] [(el) lire en ligne], 4.
  115. Pierre Commelin, Mythologie grecque et romaine, Garnier Frères, coll. « Classiques Garnier », , 516 p. (lire en ligne [PDF]), « Laomédon et Hésione »
  116. Iliade, V, 90.
  117. Scholie de Tzétzès à propos de Lycophron, 522, citant Hérodore d'Héraclée (en), (grc) Christian Gottfried Müller, Ισαακιου και Ιωαννου του τζετζου Σχολια εις Λυκοφρονα [« Isaac et Jean Tzétzès Scholies sur Lycophron »], Leipzig, Sumtibus F.C.G. Vogelii,‎ (lire en ligne), p. 669 (735).
  118. Excerpta Vaticana (De incredibilibus), auteur anonyme, IV « Comment est lu qu'Apollon et Poséidon ont construit les murs d'Ilion » ; voir (grc) Nicola Festa, Mythographi graeci, t. 3, Leipzig, In aedibus B. G. Teubneri, , ~225 p. (lire en ligne), p. 89 (149).
  119. Hérodore d'Héraclée (en), fragment FGH 18/ FGrHist 31F28 : voir par exemple (la) Karl Müller (trad. du grec ancien), Fragmenta historicorum graecorum (FHG), t. 2, Paris, Parisiis Editore Ambrosio Firmin Didot, , ~680 p. (lire en ligne), p. 33 (79).
  120. Servius, Commentaires sur l'Énéide de Virgile (In Vergilii Aeneidem commentarii) latin sur le site anglophone Perseus II, 610.
  121. Eustathe de Thessalonique citant Palaiphatos, Commentaires sur l'Odyssée d'Homère, folio 1382 (vers 3 du chant 1 (A) de l'Odyssée). Voir (grc) Eustathe de Thessalonique, Stallbaum, Gottfried, (la)Commentarii ad Homeri Odysseam [« Commentaires sur l'Odyssée d'Homère »], t. 1, Leipzig, Weigel, , 460 p. (lire en ligne), p. 5-6 ; l. 35-40 (selon folio 1382) ou l. 49-55 (selon page).
  122. a et b Blaise de Vigenère, Les images ou tableaux de platte Peinture de Philostrate [lire en ligne], Introduction à la description du tableau de Persée p. 466-467.
  123. Voir paragraphe Vengeance des dieux contre sacrifice dans cet article.
  124. Hésychios d'Alexandrie, Lexique [(grc) lire en ligne], « ἐπακταῖος ».
  125. Apollodore, III, 5,5.
  126. Hygin, IX, « Niobé ».
  127. Apollodore, III,10,4.
  128. Scholie sur les Olympiques de Pindare, VIII, 41a. Voir (grc) Drachmann, Scholia vetera in Pindari carmina, Leipzig, In aedibus B.G. TeubneriSum, (lire en ligne), p. 246.
  129. Euphorion de Chalcis, fragment 58 selon l'édition (attribution incertaine) :

    Ἦ μὲν δὴ Φοῖβός τε Ποσειδάων τ'ἐκάλεσσαν Αἰακόν, οὐκ ἀβοήθητοι κρήδεμνα δέμοντες

    « Donc Phoibos [Apollon], Poséidon, firent appel à Éaque, pour ne pas construire des remparts inutiles »

    —fragment 58. Voir (grc) Meineke August, Analecta alexandrina, Berlin, Berolini, sumptibus Th. Chr. Fr. Enslini, , 462 p. (lire en ligne), p. 101

    —fragment 54 dans Collectanea Alexandrina : Reliquiae minores poetarum Graecorum aetatis Ptolemaicae 323-146 A.C. de J.U Powell., Oxford, 1925.

  130. Macrobe, Saturnales [lire en ligne], III.4.
  131. Darès le Phrygien, Histoire de la destruction de Troie [détail des éditions] [(la) lire en ligne], IV.
  132. Voir l'Iliade.
  133. Les Troyennes, 799-819 .
  134. Scholie sur l'Iliade d'Homère, Chant XXI, 445. Voir (grc) Gulielmus Dindorfius, Scholia Graeca in Homeri Iliadem, t. 2, Londres, A. Macmillan et Socios, , env. 436 p. (lire en ligne [PDF]), p. 226 (235).
  135. a, b et c Paul Whathelet, Héraklès, le monstre de Poseidon et les chevaux de Tros, p. 61-74 dans « Le Bestiaire d’Héraclès IIIe Rencontre » sous la direction de Corinne Bonnet, Colette Jourdain-Annequin, Vinciane Pirenne-Delforge, Presses universitaires de Lièges, Liège, 1998, collection Kernos suppléments, 321-338 p.  [lire en ligne].
  136. a, b, c, d, e, f, g, h et i Philostrate le Jeune, Tableaux [lire en ligne], 12 « Hésione ».
  137. a, b, c, d, e et f Scholie de Tzétzès à propos de Lycophron, 471-475. Voir (grc) Christian Gottfried Müller, Ισαακιου και Ιωαννου του τζετζου Σχολια εις Λυκοφρονα [« Isaac et Jean Tzétzès Scholies sur Lycophron »], Leipzig, Sumtibus F.C.G. Vogelii,‎ (lire en ligne), p. 629-630 (695-697).
  138. a, b, c, d, e et f Lycophron, Alexandra, [lire en ligne] [(grc) lire en ligne] Étude de l'extrait 467-478, 467-478.
  139. a, b et c Lycophron, Alexandra, [lire en ligne] [(grc) lire en ligne] Étude de l'extrait 31-37, 31-37.
  140. Antoninus Liberalis, Métamorphoses [(grc)(la) Lire en ligne l'extrait] [(en) Lire en ligne l'extrait], 3-Hiérax.
  141. Inscriptiones Graecae [(grc) lire en ligne l'élément], 1293 A? l. 14-29 : inscription trouvée en Italie datant du IIe siècle.
  142. a, b et c Servius, Commentaires sur l'Énéide de Virgile (In Vergilii Aeneidem commentarii) latin sur le site anglophone Perseus V, 30.
  143. a et b Hygin, XXXI (31) « Autres travaux du même Hercule ».
  144. Lycophron, Alexandra, [lire en ligne] [(grc) lire en ligne] Étude de l'extrait 951-957, 951-957.
  145. Odyssée, X, 80-132.
  146. Scholie de Tzétzès à propos de Lycophron, 956. Voir (grc) Christian Gottfried Müller, Ισαακιου και Ιωαννου του τζετζου Σχολια εις Λυκοφρονα [« Isaac et Jean Tzétzès Scholies sur Lycophron »], Leipzig, Sumtibus F.C.G. Vogelii,‎ (lire en ligne), p. 891 (949).
  147. a et b Thucydide, La Guerre du Péloponnèse [détail des éditions] [lire en ligne], VI, 2.
  148. Scholie de Tzétzès à propos de Lycophron, 952/953. Voir (grc) Christian Gottfried Müller, Ισαακιου και Ιωαννου του τζετζου Σχολια εις Λυκοφρονα [« Isaac et Jean Tzétzès Scholies sur Lycophron »], Leipzig, Sumtibus F.C.G. Vogelii,‎ (lire en ligne), p. 890-891 (946-947).
  149. Denys d'Halicarnasse, Antiquités romaines [détail des éditions] [lire en ligne], I, 52.2-4.
  150. Hérodore d'Héraclée (en) rapporté par Apollodore ; également le scholiaste anonyme de l'œuvre d'Apollonius de Rhodes Argonautiques, mentionne Éphore de Cumes selon lequel Héraclès reste en arrière volontairement chez la reine de Lydie, Omphale dans l'intention de la servir ;
    Apollodore, Bibliothèque [détail des éditions] [lire en ligne], I, 9,19,
    (grc) Argonautica Scholia vetera in Apollonium Rhodium, Leipzig, Fleischer, (lire en ligne), p. 108 (127).
  151. Phérécyde d'Athènes rapporté par Apollodore, mais aussi par le scholiaste anonyme de l'œuvre d'Apollonius de Rhodes Argonautiques, qui y ajoute aussi les avis dans ce sens d'Antimaque de Colophon, de Posidippe ;
    Apollodore, Bibliothèque [détail des éditions] [lire en ligne], I, 9,19,
    (grc) Argonautica Scholia vetera in Apollonium Rhodium, Leipzig, Fleischer, (lire en ligne), p. 108 (127).
  152. Flaccus, I, 96-120.
  153. Flaccus, I, 22-63.
  154. a, b, c et d Apollodore, I, 9, 16.
  155. a, b et c Diodore, IV, 40.
  156. Flaccus, I, 64-78.
  157. Flaccus, I, 121-148.
  158. a, b, c et d Théocrite, Idyles [lire en ligne], 13-Hylas.
  159. a et b Flaccus, I, 574-609.
  160. a et b Diodore, IV, 41.
  161. Voir les listes des passagers chez les différents auteurs :
    Diodore de Sicile, Bibliothèque historique [détail des éditions] [lire en ligne], IV, 49,
    Valérius Flaccus, Argonautiques [lire en ligne], I, 350-486, —Apollodore, Bibliothèque [détail des éditions] [lire en ligne], I, 9, 16,
    Argonautiques orphiques [lire en ligne] [lire en ligne], 118-229,
    Apollonios de Rhodes, Argonautiques [détail des éditions] [lire en ligne], I, 90-96.
  162. Apollonios de Rhodes, Argonautiques [détail des éditions] [lire en ligne], Chant I, 345-347.
  163. Apollodore, I, 9, 17-19.
  164. Argonautiques orphiques [lire en ligne] [lire en ligne], 280-302.
  165. Antoninus Liberalis, Métamorphoses [(grc)(la) Lire en ligne l'extrait], 26-Hylas.
  166. Flaccus, II, 16-19.
  167. Flaccus, II, 72-81.
  168. Flaccus, II, 441-450.
  169. Diodore, IV, 42 et 44.
  170. Selon le scholiaste anonyme de l'œuvre d'Apollonius de Rhodes Argonautiques, tel était l'opinion de Denys de Mitylène, à considérer sans doute comme plutôt Denys de Milet ou d'un certain Damarète (Δήμαρετος  / Dêmaretos) ? Voir (grc) Argonautica Scholia vetera in Apollonium Rhodium, Leipzig, Fleischer, (lire en ligne), p. 108 (127).
  171. Diodore, IV, 44.
  172. a et b Par exemple, Flaccus, III, 459-704.
  173. Par exemple, Flaccus, III, 459-470.
  174. Flaccus, V, 130-139 et 170-179.
  175. Apollonios de Rhodes, Argonautiques [détail des éditions] [lire en ligne], 122-132.
  176. Flaccus, I, 350-486.
  177. Flaccus, V, 130-139.
  178. Apollonios de Rhodes, Argonautiques [détail des éditions] [lire en ligne], Chant I, 122-127.
  179. Argonautiques orphiques [lire en ligne] [lire en ligne], passim.
  180. Pindare, Odes [détail des éditions] [lire en ligne], Néméennes, III, 36-39.
  181. Euripide, La Folie d’Héraclès [détail des éditions] [lire en ligne], 408-415.
  182. a et b Fragment (de Callimaque?) de poésie lyrique grecque 931O (Papyrus de la collection de l'université du Michigan (en) no 3499, IIIe siècle av. J.-C. ou IIe siècle av. J.-C., voire jusqu'à notre ère) :
    (De nombreux caractères demeurent illisibles et la traduction comble les manques par des conjectures variantes et non arrêtées quand elle le peut!)


    ...η...γαν Ἰλιάδαις ἀκαλὰ κτυπήσω
    ......τὰς ἐνάλους ἁπέβα κελεύθους.
    ...ζ...ς... ἐκ πολέμον παρὰ ναυσὶν εἷρπε
    ......ρος Ἡρακλέους, συνέθεντο δ' οὖτος
    ......νο.......α...απ...αιδ...έθηκε
    ...υγας οὕς ἔλαβεν Διὸς ἒκ τύραννος
    ...θεος οἰνοχόου χάριν ἀντιδώσει

    « 

    ...(non?) doucement devrais-je faire (grand?) bruit pour les descendants d'Ilos
    ...Il s'en était allé le long des routes maritimes...
    De la bataille (contre les Amazones?) par bateau est venu...
    (le puissant personnage?) d'Héraclès et il (et Laomédon) avait conlu un accord :
    il... (détruisit totalement?)
    ...Il lui aurait donné en retour (les chevaux) que Zeus fit don au dirigeant
    (ravi?) comme récompense contre son échanson

     »
    —Voir (en) David A. Campbell (trad. du grec ancien), Greek Lyric, The New School of Poetry and Anonymous Songs and Hymns, Cambridge (États-Unis), Harvard University Press, coll. « Loeb Classical Library » (no 144), , 496 p. (ISBN 9780674995598), p. 340-341 Aperçu,

    — Voir (en) photographie et détails du papyrus 3499 sur le site de l'université du Michigan.

  183. Paolo Scarpi (it), Héraclès entre animaux et monstres chez Apollodore, p. 231-240 dans « Le Bestiaire d’Héraclès IIIe Rencontre » sous la direction de Corinne Bonnet, Colette Jourdain-Annequin, Vinciane Pirenne-Delforge, Presses universitaires de Lièges, Liège, 1998, collection Kernos suppléments, 321-338 p.  [lire en ligne].
  184. Iliade, XX, 144-148.
  185. Natalis Comes, le mythographe italien du XVIe siècle semble avoir eu sous les yeux l'ouvrage du méconnu géographe et historien grec Androitas de Ténédos (en), aux dates incertaines (peut-être le IVe siècle av. J.-C. ou le IIIe siècle av. J.-C.), qui est l'auteur d'un Voyage autour de la Propontide (Περίπλους τῆς Προποντίδος / Periplous tês Propontidos) auquel le mythographe fait en effet référence, mais tout ce dont on connaît encore aujourd'hui se résume seulement au fragment rapporté par le scholiaste anonyme d'Apollonius de Rhodes sur ses Argonautiques (Commentaires sur le livre II, vers 160, (grc) Argonautica Scholia vetera in Apollonium Rhodium, édition de Fleischer de 1813) :
    Natalis Comes, Mythologiae, (fr) [lire en ligne] [(la) lire en ligne], VIII, 3 (l. 30-31 dans le lien latin).
  186. Scholie de Tzétzès à propos de Lycophron, 476-477, lisant le logographe Hellanicos. Voir (grc) Christian Gottfried Müller, Ισαακιου και Ιωαννου του τζετζου Σχολια εις Λυκοφρονα [« Isaac et Jean Tzétzès Scholies sur Lycophron »], t. 1, Leipzig, Sumtibus F.C.G. Vogelii,‎ (lire en ligne), p. 630 (698).
  187. Cela a encore grand écho plus tard puisque qu'Eurypyle vient à la guerre de Troie soutenir Priam contre les grecs menés par Agamemnon avec un bouclier ouvragé des exploits d'Héraclès où figure notamment la mort de Céto : Quintus de Smyrne, Suite d'Homère [détail des éditions] [lire en ligne], VI, 228-290.
  188. Dictionnaire grec-français (Bailly), édition de 1935 [lire en ligne], p. 274.
  189. « Héraclès tirant son épée du fourreau contre Céto », poterie étrusque, cratère à colonnettes à figures rouges, IVe siècle av. J.-C., voit Héraclès avec un pied sur la mâchoire inférieure de Céto et qui tire son épée de son fourreau, prêt à débiter le foie du monstre ? Le héros porte un motif de draperie qui protège son bras gauche et sa tête (peut-être de la chaleur), Musée national d'archéologie de l'Ombrie (Italie) - Fiche-référence sur Lexicon Iconographicum Mythologiae Classicae [Pas de lien avec image !!].
  190. a et b (en) « Fresco Fragment with Herakles and Hesione (Fragment de fresque avec Héraclès et Hésione) », musée J. Paul Getty Museum (Los Angeles) (consulté le 22 mai 2016)
  191. a et b Flaccus, 550-578.
  192. Iliade, XXIII, 348.
  193. Apollodre, I, 4,3.
  194. Apollonios de Rhodes, Argonautiques [détail des éditions] [lire en ligne], I, 179-184.
  195. a, b, c et d Dion Chrysostome, Discours, « Contre l'opinion commune sur la prise de Troie (ΤΡΩΙΚΟΣ ΥΠΕΡ ΤΟΥ ΙΛΙΟΝ ΜΗ ΑΛΩΝΑΙ) », 56-57.
  196. Apollodore, Épitome [détail des éditions] [lire en ligne], II, 3-6.
  197. Françoise Bader, Héraclès et le cheval, p. 151-172 dans « Le Bestiaire d’Héraclès IIIe Rencontre » sous la direction de Corinne Bonnet, Colette Jourdain-Annequin, Vinciane Pirenne-Delforge, Presses universitaires de Lièges, Liège, 1998, collection Kernos suppléments, 321-338 p.  [lire en ligne].
  198. Stace, Silves [détail des éditions], III, 4, 12-15.
  199. Ovide, Métamorphoses [détail des éditions] [lire en ligne], X, 160-161.
  200. Énéide, I, 23-26.
  201. Orose citant Phanoclès (en) dans son Histoire contre les païens, [(en) Lire en ligne l'extrait], I, 12.
  202. Mnaséas (en), Fragment FHG 30, cité par la Scholie sur l'Iliade XX, 234 : (la) Karl Müller (trad. du grec ancien), Fragmenta historicorum graecorum (FHG), t. 3, Paris, Parisiis Editore Ambrosio Firmin Didot, (lire en ligne), p. 154.
  203. Apollodore, Épitome [détail des éditions] [lire en ligne], III, 21-22.
  204. Strabon, Géographie [détail des éditions] [lire en ligne], XIII, 1-La Troade, 31.
  205. Diodore de Sicile, Bibliothèque historique [détail des éditions] [lire en ligne], XV, 48.
  206. Héraclide du Pont, cité par Strabon dans Géographie, VIII, 7.2.
  207. (en) « Site Helike.org » (consulté le 4 mai 2016).
  208. (en) « A city lost in the night (Une cité perdue dans la nuit) » (consulté le 4 mai 2016).
  209. « Commentaire des lignes 31-37 de L'Alexandra de Lycophron d'Évelyne Prioux sur callythea » (consulté le 5 juin 2016).
  210. Odyssée, XI, 521.
  211. Dictionnaire grec-français (Bailly), édition de 1935 [lire en ligne], p. 1089.
  212. Quintus, VI, 167.
  213. Hiéroclès, Synekdèmos, « Ἀγάμμεια », fragment 662-13. Voir (grc) Auguste Burckhardt, Hieroclis Synecdemvs; accedvnt fragmenta apvd Constantinvm Porphyrogennetvm servata et nomina vrbivm mvtat, Leipzig, in aedibvs B.G. Tevbneri, , p. 18.
  214. Rapportant Hellanicos (livre 2), Stéphane de Byzance, Ethniques [(grc) lire en ligne], « Ἀγάμμεια ».
  215. Hésychios d'Alexandrie, Lexique [(grc) lire en ligne], « Ἀγάμμεια ».
  216. Dictionnaire grec-français (Bailly), édition de 1935 [lire en ligne], p. 386.
  217. (en) John Antony Cramer, A geographical and historical description of Asia Minor : with a map [« Une description géographique et historique de l'Asie-mineure : avec carte »], Oxford, Oxford : University Press, , p. 110-111.
  218. Selon le Pseudo-Apollodore : Apollodore, Bibliothèque [détail des éditions] [lire en ligne] II, 6, 4 et III, 12, 5.
  219. Iliade, V, 638-642.
  220. Iliade, 184-190.
  221. Iliade, 190 et passim.
  222. Strabon, Géographie [détail des éditions] [lire en ligne], XIII, 1-La Troade, 32.
  223. a et b Paul Wathelet, Dictionnaire des Troyens de l'Iliade, t. 2, Liège, Université de Liège-Bibliothèque de la Faculté de Philosophie et Lettres, , « Πρίαμος » Aperçu
  224. Quintus de Smyrne, Suite d'Homère [détail des éditions] [lire en ligne], I, 781-809.
  225. (en) Robertson Martin (télécharger[PDF]), « Laomedon’s Corpse, Laomedon’s Tomb » [« Corps de Laomédon, Tombe de Laomédon »], Greek, Roman, and Byzantine Studies, États-Unis, Duke University Press, vol. 11, no 1,‎ , p. 23-26 (résumé, lire en ligne [PDF])
    Plaute, Les Bacchis [lire en ligne] ; [(la)(en) lire en ligne], Acte IV, Scène 9 -Chrysale.
  226. « Le Roman de Troie sur le site cosmovisions.com » (consulté le 23 mai 2016).

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