Toge

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir toge (homonymie).
Pour draper la toge, on plaçait environ un tiers de l'étoffe sur l'épaule gauche, puis on ramenait le reste sur le bras droit, après l'avoir replié d'un tiers par un large pli, on tendait l'étoffe en contournant la poitrine et on rejetait l'excédent sur l'épaule droite. Ainsi disposée, la draperie formait sous le bras droit un pli en demi-cercle, le sinus.

La toge (du latin toga) est le vêtement de dessus, de laine épaisse, porté par les citoyens de la Rome antique, de mode étrusque, descendant de l'himation grecque ; elle s'est diffusée à l'aristocratie du monde latinisé, jusqu'en Égypte. C'est avant tout un costume d'apparat qui nécessite l'aide d'esclaves pour être drapée, tant l'ajustement est compliqué et malaisé. La différence essentielle entre l'himation grec et la toge romaine consiste dans la forme donnée à la pièce de drap qui la constitue : celle-ci, originellement rectangulaire, est taillée en demi-cercle, tandis que l'himation est taillé en carré. Le diamètre de la toge est d'environ 6,50 m sur 2,50 m. Les historiens des mentalités pensent que la toge, n'étant maintenue que par des plis, devait obliger celui qui la portait à adopter une certaine tenue et une certaine marche, étant donné qu'au moindre mouvement brusque ou désordonné on risquait de la perdre.

Types de toge[modifier | modifier le code]

La toge est un vêtement essentiellement masculin qui se porte au-dessus d'une tunique à manches courtes, les petites filles la portaient, mais il était mal vu pour une adolescente ou une femme adulte de porter une toge, car elle était associée à la prostitution. Elle couvre le bras gauche et laisse le bras droit dégagé.

La draperie forme des plis caractéristiques : pli en demi-cercle sous le bras droit, le sinus et plis produits en relevant une partie du côté gauche de la toge faisant saillie devant la poitrine, l’umbo[1].

Il y a plusieurs sortes de toges[2] :

La toge des magistrats lors de cérémonies officielles et des enfants est bordée d'une bande en pourpre de Tyr, tissée sur le bord rectiligne. Les adolescents quittent la toge prétexte après seize ans, au profit de la toge virile.

  • Toge virile (toga virilis)

Toge généralement de couleur blanc naturel légèrement écru (albus), objet d'un rite de passage pour les adolescents romains : offrande à Juventas, lors des fêtes religieuses Liberalia au Printemps. « Revêtir la toge virile » est une expression allusive fréquemment rencontrée dans les versions latines.

    • Toga virilis jaune portée par les augures.
    • Toga virilis candida : toge d'un blanc éclatant (toge candide blanchie à la craie) portée par les candidats à une fonction élective.
    • Toga pulla ou sordida de couleur bistre brun portée en signe de deuil.
    • Toga picta ou palmata : toge pourpre brodée d'or portée lors de cérémonies par les généraux victorieux qui ont obtenu les honneurs du triomphe.

Sous l'empire, la toge jugée lourde et encombrante est abandonnée à compter du Ier siècle pour ne plus servir que comme vêtement cérémoniel de magistrature au Sénat, ou sombre, comme vêtement de deuil. Le pallium est le manteau drapé, plus léger, qui la remplace ; maintenu par une fibule à l'épaule droite, il ressemble à une cape enveloppante. Le pallium peut céder la place au lacerne d'origine gauloise, manteau plus court avec capuche, la cucule et ouvert sur le devant, porté par les patriciens et les plébéiens ; la pænula, cape imperméable ; le paludamentum, manteau de couleur pourpre des généraux ; la chlamyde portée par les militaires.

La tunique[modifier | modifier le code]

La tunique (tunica) est le chiton grec ; elle descend au niveau du genou pour les hommes, et sur les chevilles pour les femmes. On distingue la tunique laticlave portée par les sénateurs et qui avait deux bandes de pourpre larges, une de chaque épaule au bas des pieds, l’angusticlave, tunique des chevaliers, ne comportant que des bandes de pourpres étroites et la tunica palmata, tunique brodée portée lors de cérémonies.

La tunique féminine s'ornait du patagium, bande décorée placée devant, du cou au bas de la tunique.

Les femmes ne portent pas la toge, sauf si elles ont été convaincues d'adultère ou si ce sont des prostituées. Pour une femme, la toge est donc une marque d'infamie. En revanche, ses vêtements traditionnels peuvent être :

  • le strophium, bande servant de soutien-gorge ;
  • la stola : tunique longue resserrée à la taille ;
  • la palla : grand châle rectangulaire servant de manteau, drapé sur la stola. La palla pouvait être ramenée sur la tête en guise de voile.

Influences des conquêtes[modifier | modifier le code]

Scène de sacrifice. À droite le célébrant revêtu de la toge en a rabattu un pan sur sa tête selon l'usage religieux. L'homme qui le suit porte la toge normalement, épaule droite libre.

Conquis, les Gaulois ont apporté aux Romains la dernière mode de Lutèce.

  • les braies : pantalons étroits portés par les Celtes de Gaule, et les Germains, qui apparaissent sous forme d'auxiliaires dans les corps d'armée ; c'est au IIIe siècle que les braies supplantent les tuniques traditionnelles dans la plèbe romaine.
  • pænula : épais manteau de pluie à capuchon
  • caracalla : autre manteau gaulois

Symbolique[modifier | modifier le code]

  • Dans la littérature, ce passé romain donne la toge comme symbole de la magistrature civile. Selon le proverbe arma cedant togae (les armes cèdent le pas à la toge = le civil prime sur le militaire).
  • Dans les textes historiques, « en braies » (bracata), s'oppose également à « en toge » (togata) ; l'opposition de ces termes est une métonymie renvoyant notamment aux Celtes encore insoumis et aux Celtes romanisés.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Anthony Rich, « Umbo », Dictionnaire des Antiquités grecques et romaines, 1883
  2. Jacques Bloeme, L'Europe avant l'an. Tome 1 : De l'éveil de l'Europe à l'apogée de l'empire romain, Editions L'Harmattan,‎ 2001 (lire en ligne), p. 325

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Au temps des légionnaires romains, collection La Vie privée des Hommes, Hachette, 1978, collectif, textes de Pierre Miquel (ISBN 2-01-003352-3)

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :