Hélène (mythologie)

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Ménélas retrouvant Hélène, cratère attique à figures rouges, 450-440 av. J.-C., musée du Louvre

Dans la mythologie grecque, Hélène (en grec ancien Ἑλένη / Helénê) est la fille de Zeus et de Léda. Selon la légende, elle était la plus belle femme du monde, seule la déesse Aphrodite la surpassant dans ce domaine. Elle est mariée à Ménélas, roi de Sparte, avant d'être enlevée par Pâris, prince troyen — cet événement déclenchant la guerre de Troie qui oppose Grecs et Troyens.

Origine et jeunesse[modifier | modifier le code]

Léda, femme de Tyndare, roi de Sparte, engendra quatre enfants, les jumeaux Castor et Pollux, Clytemnestre et Hélène. Mais Hélène et Pollux étaient en réalité les enfants de Zeus. Selon l'une des versions de la légende, Zeus visita Léda sous la forme d'un cygne ; de cette union, Léda pondit un œuf, d'où sortirent les deux enfants divins.

Considérée comme la plus belle femme au monde, inspiratrice d'innombrables passions, elle fut enlevée par Thésée dans sa jeunesse, qui l'emporta en Attique. Mais elle fut secourue par ses frères alors que Thésée s'était absenté pour se rendre aux Enfers.

Les prétendants et le « serment de Tyndare »[modifier | modifier le code]

Lorsqu'elle fut en âge de se marier, tous les chefs de Grèce briguèrent sa main (cf. ci-dessous). Comme leur rivalité risquait d'embraser la Grèce, sur la suggestion d'Ulysse, Tyndare sacrifia un cheval et fit monter les prétendants sur la peau du cheval et prêter un serment solennel : peu importe celui qui serait choisi, ils promettaient de lui porter secours tous ensemble si jamais quiconque tentait de lui ravir son épouse.

Listes comparées des prétendants
Apollodore
(Bibliothèque, III, 10, 8)
Catalogue des femmes
(fr. 68)
Hygin
(Fables, LXXXI, XCVII)
Agapénor Agapénor
Ajax fils d'Oïlée Ajax fils d'Oïlée
Ajax fils de Télamon Ajax fils de Télamon Ajax fils de Télamon
Alcméon
Amphiloque Amphiloque
Amphimaque (es) Amphimaque
Ancée
Antiloque Antiloque
Ascalaphe Ascalaphe
Blaniros
Clytios
Diomède Diomède
Éléphénor Éléphénor Éléphénor
Épistrophe
Eumélos Eumélos
Eurypyle Eurypyle
Ialmène
Idoménée Idoménée
Léitos
Léontée Léontée
Lycomède
Machaon Machaon
Mégès Mégès
Ménélas Ménélas Ménélas
Ménesthée Ménesthée Ménesthée
Mérion
Nirée
Patrocle Patrocle
Pénélée Pénélée
Phémios
Phidippos
Philoctète Philoctète Philoctète
Podalire Podalire
Schédios
Ulysse Ulysse Ulysse

La guerre de Troie[modifier | modifier le code]

Hélène et Pâris, cratère en cloche à figures rouges apulien, 380-370 av. J.-C., musée du Louvre (K 6)

Selon les variantes de la légende, Hélène choisit elle-même le plus beau des princes — mais non le plus spirituel —, ou bien ce fut Tyndare qui prit la décision, préférant le plus riche — mais non le plus agréable à sa fille. Hélène épousa Ménélas, devenant ainsi reine de Sparte, et lui donna une fille, Hermione. Plusieurs années plus tard, alors que Ménélas s'était absenté pour aller en Crète, le prince troyen Pâris arriva à Sparte et charma la belle Hélène. Selon certaines versions, il la séduisit grâce à l'intervention d'Aphrodite et la persuada de s'enfuir avec lui, ou bien il l'enleva et l'emmena à Troie. La déesse Aphrodite lui avait en effet accordé l'amour de la plus belle femme au monde à la suite du jugement de Pâris et de sa pomme de discorde. Furieux de cet affront, Ménélas se rendit auprès de son frère Agamemnon, le plus puissant des rois grecs, et tous deux montèrent une immense expédition pour aller à Troie, détruire la ville et récupérer Hélène. Selon le serment prêté peu avant le mariage d’Hélène, tous les anciens prétendants furent contraints de participer à la guerre qui se préparait.

La guerre dura dix ans et fut la plus meurtrière de l'Antiquité. C'est sur les Portes Scées de la ville de Troie qu'elle est invité par Priam, aux côtés des sages troyens, pour lui présenter les chefs grecs que l'on perçoit au loin ; c'est aussi ici, que contrairement à de nombreux troyens, il lui témoigne son soutien, et lui prie de ne pas se reprocher les causes de la guerre, qui sont plutôt à lui dévouer[1]. Ménélas et Pâris s'affrontèrent en duel pour l'amour d'Hélène, protégés chacun par ses déesses protectrices, et le Troyen ne fut sauvé dans son duel que par Aphrodite, qui le déposa hors de la zone du combat. Finalement, grâce à une ruse d'Ulysse, les Grecs parvinrent avec le Cheval de Troie à s'emparer de la ville, qu'ils détruisirent totalement. Ménélas fit partie des Grecs qui s'introduisirent dans la ville. Il tua alors Déiphobe (le nouvel époux d'Hélène après la mort de Pâris) et retrouva son épouse.

Il avait tout d'abord l'intention de la tuer à cause de sa trahison, mais devant l'immense beauté d'Hélène, il s'éprit de nouveau d'elle et la ramena avec lui. Pendant le voyage de retour, qui dura huit ans, ils s'arrêtèrent en Crète, à Chypre, en Libye, en Phénicie, puis en Égypte. Après la mort de Ménélas, Hélène fut chassée de Sparte et se réfugia à Rhodes. Mais la reine Polyxo, qui l'avait accueillie sur son île, désespérée par la mort de son époux, tué devant Troie, l'accusa de ce malheur. Elle la fit alors étouffer dans son bain par ses servantes et fit suspendre son cadavre à un arbre.

Elle fut l'objet d'un culte héroïque important dans la ville de Sparte. Le Xe Discours de Dion de Pruse rapporte que c'est pour avoir parlé d'Hélène comme Homère que Stésichore fut frappé d'aveuglement, en punition de son mensonge, et que la vue ne lui fut rendue qu'après qu'il se fut dédit. Platon préserve dans le Phèdre la palinodie de Stésichore : privé de la vue par les dieux pour avoir nié les faits homériques, il compose alors un poème dans lequel il se rétracte. Toutefois, la tournure qu'il emploie laisse encore place à l'ambiguïté :

« Non, ce discours n’est pas vrai
tu [Hélène] n’es jamais montée sur les navires aux beaux bancs de rameurs,
tu n’es jamais entrée dans la citadelle de Troie. »

Cette palinodie est également citée par Ovide dans L'Art d'aimer[2].

Article détaillé : Guerre de Troie.

Hélène et la magie[modifier | modifier le code]

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Il semble qu'Hélène pratiquait la sorcellerie, ou la magie : elle utilisait des potions, qu'une femme, Polydamna, lui avait données en Égypte, comme on le lit dans l'Odyssée d'Homère, au Chant IV, où elle utilise un baume magique, le népenthès, qui fait oublier les malheurs.

« Et alors Hélénè, fille de Zeus, eut une autre pensée, et, aussitôt, elle versa dans le vin qu'ils buvaient un baume, le népenthès, qui donne l'oubli des maux. Celui qui aurait bu ce mélange ne pourrait plus répandre des larmes de tout un jour, même si sa mère et son père étaient morts, même si on tuait devant lui par l'airain son frère ou son fils bien-aimé, et s'il le voyait de ses yeux. Et la fille de Zeus possédait cette liqueur excellente que lui avait donnée Polydamna, femme de Thôs, en Aigyptiè, terre fertile qui produit beaucoup de baumes, les uns salutaires et les autres mortels. Là tous les médecins sont les plus habiles d'entre les hommes, et ils sont de la race de Paièôn[3]. »

Elle pouvait aussi imiter les voix, comme elle le fit durant la Guerre de Troie, ainsi que le raconte Homère dans l'Odyssée, Chant IV, alors que les Grecs se trouvaient dans la ville cachés dans le cheval de Troie. La nuit tombée, elle fit trois fois le tour de la construction en appelant chacun des chefs en prenant la voix de leurs épouses pour les faire sortir malgré eux et risquant de donner l'avantage aux Troyens, ainsi que le lui rappelle Ménélas, son mari.

« je n'ai jamais vu de mes yeux un cœur tel que celui du patient Odysseus, ni ce que ce vaillant homme fit et affronta dans le cheval bien travaillé où nous étions tous entrés, nous, les princes des Argiens, afin de porter le meurtre et la kèr aux Troiens. Et tu vins là, et sans doute un dieu te l'ordonna qui voulut accorder la gloire aux Troiens, et Dèiphobos semblable à un dieu te suivait. Et tu fis trois fois le tour de l'embûche creuse, en la frappant ; et tu nommais les princes des Danaens en imitant la voix des femmes de tous les Argiens ; et nous, moi, Diomèdès et le divin Odysseus, assis au milieu, nous écoutions ta voix. Et Diomèdès et moi nous voulions sortir impétueusement plutôt que d'écouter de l'intérieur, mais Odysseus nous arrêta et nous retint malgré notre désir. Et les autres fils des Akhaiens restaient muets, et Antiklos, seul, voulut te répondre : mais Odysseus lui comprima la bouche de ses mains robustes, et il sauva tous les Akhaiens ; et il le contint ainsi jusqu'à ce que Pallas Athènè t'eût éloignée.[4]. »

Philostrate, dans sa Vie d'Apollonios de Tyane, rapporte un dialogue entre le philosophe Apollonios et son disciple Damis qui commentent le récit d'Homère, mais ils évoquent aussi la possibilité qu'Hélène ait pratiqué les incantations:

« D'ailleurs à quoi bon parler philosophie à des hommes dont l'esprit est abattu? - Ce sont précisément ceux qui ont le plus besoin qu'on leur parle et qu'on les réconforte. Rappelez-vous ce qu'Homère dit d'Hélène, qui versait dans une coupe les remèdes égyptiens pour y noyer les chagrins des hommes: ne croyez-vous pas qu'Hélène, qui était instruite dans la sagesse égyptienne, prononçait sur cette coupe certaines paroles magiques, et que c'était à la fois la vertu de ces paroles et celle du vin qui guérissaient les affligés? - Rien n'est plus probable, dit Damis, s'il est vrai qu'elle soit allée en Égypte, qu'elle y ait connu Protée, ou, comme le dit Homère, qu'elle ait été liée avec Polydamne, épouse de Thon[5]. »

Jugements sur Hélène[modifier | modifier le code]

Dans La guerre de Troie n'aura pas lieu, Jean Giraudoux présente une Hélène passive, à peine humaine, réduite de façon à la fois grotesque et tragique à son rôle de symbole de la beauté. Parfois évoquée, assez injustement, comme une séductrice vénale, l'Hélène de Giraudoux est avant tout l'incarnation du destin implacable et sourd, contre lequel il est impossible d'aller.

Hommage[modifier | modifier le code]

Hélène de Troie est une des 1 038 femmes représentées dans l'œuvre contemporaine de Judy Chicago, The Dinner Party, aujourd'hui exposée au Brooklyn Museum. Cette œuvre se présente sous la forme d'une table triangulaire de 39 convives (13 par côté). Chaque convive étant une femme, figure historique ou mythique. Les noms des 999 autres femmes figurent sur le socle de l'œuvre. Le nom d'Hélène figure sur le socle, elle y est associée à Sophie, sixième convive de l'aile I de la table[6].

Références[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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