Sinon

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Sinon captif devant Priam et les murs de Troie (le cheval de Troie est visible en arrière-plan), folio 101r du Vergilius Romanus, Ve siècle

Dans la mythologie grecque, Sinon (en grec ancien Σíνων / Sínôn), fils d'Ésime et par là cousin d'Ulysse, est un espion grec de la guerre de Troie.

Il joue un rôle capital dans le conflit en incitant les Troyens à accepter le cheval de Troie qui provoque leur perte. Pour cela, il se fait passer pour un déserteur haïssant les Grecs. Il présente ensuite le cheval comme une offrande destinée à Athéna, et affirme que sa présence dans les murs de Troie serait gage de victoire. Les Troyens se fient à lui, malgré les mises en garde de Laocoon et de Cassandre, et suivent ses instructions pour faire entrer le cheval dans la cité.

La nuit même, c'est lui qui déclenche le signal indiquant à la flotte grecque de revenir de l'île de Ténédos où elle attendait, pour mettre la ville à sac.

Une peinture de Polygnote, déposée dans la Lesché des Cnidiens, un édifice à Delphes, le représentait, avec Anchialos, portant le cadavre d'un certain énigmatique Laomédon : s'agit-il d'un combattant grec portant ce nom, d'un fils d'Héraclès peu connu[1]... ou peut-être le roi de Troie, le grand Laomédon : c'est l'avis de l'historien britannique Martin Robertson. Il estime qu'au regard des descriptions des peintures, où figure une fontaine rappelant la mort du prince troyen Troïlos, la chute d'une statue dans les main de Cassandre, que la scène représentant Sinon est une évocation évidente du peintre à la lecture d'un contemporain de ce que l'auteur comique latin Plaute définit[2] être les trois causes de la chute de Troie : la mort de Troïlos, le vol de la statue sacrée Palladion et la démolition de la muraille au-dessus des Portes Scées (les portes de la ville) que les Troyens ont eux-mêmes entrepris pour faire entrer le cheval de Troie. Sinon porterait donc le cadavre du roi de Troie Laomédon après que son tombeau, se trouvant près des portes (ou sur la porte elle-même), ait été violé[3]. Aujourd'hui l’œuvre est disparue mais on la connaît grâce à la description qu'en fait le géographe Pausanias[note 1].


Sources[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Notes et Références[modifier | modifier le code]

  1. Le philologue allemand Carl Robert (en) proposa une reconstruction en 1893, en s'inspirant du récit de Pausanias :
    Pausanias, Description de la Grèce [détail des éditions] [lire en ligne], Livre X Phocide, œuvre de Polygnote Chap. XXVII.
  1. Apollodore, Bibliothèque [détail des éditions] [lire en ligne], II, 7.8.
  2. Plaute, Les Bacchis, Acte IV, Scène 9 -Chrysale français latin et anglais
  3. (en) Robertson Martin (télécharger[PDF]), « Laomedon’s Corpse, Laomedon’s Tomb » [« Corps de Laomédon, Tombe de Laomédon »], Greek, Roman, and Byzantine Studies, Drapeau des États-Unis États-Unis, Duke University Press, vol. 11, no 1,‎ , p. 23-26 (résumé, lire en ligne [PDF])