Parthénios de Nicée

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Parthénios.

Parthénios de Nicée (en grec ancien Παρθένιος / Parthénios) est un poète élégiaque grec du Ier siècle av. J.-C.[1], considéré comme un précurseur du roman grec.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né à Nicée ou Myrléa en Bithynie entre 95 av. J.-C. et 85 av. J.-C., il est fait prisonnier par Cinna au cours de la deuxième guerre mithridatique (guerres qui opposent Mithridate VI, roi du Pont, à l'Empire romain), mais sa vie est épargnée en vertu de ses qualités d'enseignant. En 73 av. J.-C. ou 65 av. J.-C., il est amené à Rome où il demeure une fois libéré. Il fait la connaissance de Virgile, dont il fut peut être un des inspirateurs, et de Cornelius Gallus, un poète élégiaque. Il vécut jusque sous le règne de Tibère (selon la Souda, mais en réalité, sa mort survint avant le règne du successeur d’Auguste).

Œuvre[modifier | modifier le code]

Il composa des élégies, un Épicédion d'Arété, recueil en mémoire de sa femme, des Métamorphoses, et quelques petits poèmes mythologiques.

Parthénios de Nicée est l'auteur des Passions amoureuses (Περὶ Ἐρωτικῶν Παθημάτων / Perì Erôtikỗn Pathêmátôn), un recueil de trente-six histoires d'amour malheureuses en prose. Ce recueil se compose d'histoires courtes, historico-mythologiques, écrites dans un style sec, et sans grande recherche stylistique. L'ouvrage rédigé à partir de l'œuvre de poètes et auteurs hellénistiques. Il est probable que ce recueil devait servir d'inspiration à Cornelius Gallus (à qui l'œuvre est dédiée) pour ses élégies ainsi qu'à Ovide pour ses Métamorphoses.

Analyse critique de ses Erotiká[modifier | modifier le code]

Au-delà de la brièveté et de la sécheresse des 36 histoires d'amours malheureuses, on ne manquera pas d'être surpris par la monotonie répétitive de l'ensemble de ces histoires comme l’inéluctable agitation tragique de l'amour humain. Ainsi que les relations qui unissent les différents personnages commencent bien ou mal, la fin en est invinciblement tragique.

Ses sources[modifier | modifier le code]

Parthénios ne nous dit rien sur ses sources. Il aurait utilisé des épitomé d'historiens ou aurait utilisé un manuel de mythographie. Parfois il mentionne dans des manchettes (servant à compléter les informations du texte) les auteurs où il a puisé son information (il en nomme vingt-neuf, dont l'historien et ami Aristodème de Nysa ).

Voici une liste d'auteurs qui l'ont inspiré :

Références[modifier | modifier le code]

  1. * Lucien de Samosate 2015, p. 901
  2. Il est l'auteur d'un recueil de traditions sur l'antique Troie (Troiká), pour lequel il prend le pseudonyme de Céphalion de Gergitha.
  3. Il a raconté les événements de la cité de Pallène (Palleniaká), d'une façon romancée et fantastique, à juger d'après le peu des fragments qu'il reste.
  4. Il écrit une histoire de l'Attique (Atthís), en deux livres, à laquelle Thucydide reprochera le manque de précision. Il est l'auteur de nombreuses œuvres mythologiques et ethnographiques. La grande partie de son œuvre est perdue.
  5. Il est l'auteur d'un recueil d'élégies en trois livres, dont il demeure un fragment du troisième, qui est une espèce de catalogue, à la manière d'Hésiode, des poètes et des philosophes saisis d'une passion amoureuse.
  6. Outre quelques œuvres d'inspiration mythologique, en 272 il commence une Histoire universelle (fondée sur l'anecdote), en 28 livres, qu'il termine en 220 av. J.-C. Polybe, Plutarque et Trogue Pompée l'utilisent. Il ne reste d'elle que peu de fragments.
  7. en grec ancien : Περὶ καιρῶν

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Émile Chambry, Émeline Marquis, Alain Billault et Dominique Goust (trad. Émile Chambry), Lucien de Samosate : Œuvres complètes, Éditions Robert Laffont, coll. « Bouquins », , 1248 p. (ISBN 978-2-221-10902-1), « Comment il faut écrire l’histoire », p. 901. 
  • Parthénios de Nicée, The love romances of Parthenius and other fragments, texte établi et traduit par J.-M. Edmons et S. Gaselee, London – Cambridge-Massachusetts, Harvard University Press, 1916 (collection Loeb classical Library).
  • Parthénios de Nicée, Parthenius of Nicaea. The poetical fragments and the Erotika Pathemata, texte édité et commenté par J.-L. Lightfood, Oxford, Clarendon Press, 1999.
  • Parthénios de Nicée, Passions d’amour, texte établi, traduit et commenté par M. Biraud, D. Voisin, A. Zucker avec la collaboration de E. Delbey, K. Vanhaegendoren, F. Wendling et B. Charlet, Grenoble, Jérôme Millon, 2008.
  • Parthénios de Nicée, Hellenistic collection : Philitas, Alexander of Aetolia, Hermesianax, Euphorion, Parthenios, texte édité traduit et commenté par J.-L. Lightfood, Cambridge-Massachusetts, Harvard University Press, 2009 (Loeb classical Library).

Liens externes[modifier | modifier le code]