Géorgiques

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Géorgiques
Image illustrative de l’article Géorgiques
Pâtres et troupeaux, folio 44vr du Vergilius romanus (début du Ve siècle)

Auteur Virgile
Pays Empire romain
Genre poésie didactique
Version originale
Langue latin
Titre Georgica
Lieu de parution Rome
Date de parution  ?
Chronologie

Les Géorgiques ( ce qui veut dire « les travaux de la terre ») sont la deuxième œuvre majeure de Virgile, écrite entre 37 et Ce long poème didactique de quelque 2 000 vers, inspiré par Hésiode, est une commande de Mécène. Dédié à Octavien, il se présente en quatre livres, les deux premiers consacrés à l'agriculture (céréales, vigne), les deux suivants à l'élevage (animaux, abeilles). Mais loin d'être un simple traité d'agriculture, comme le De re rustica de Varron (publié en 37), il aborde des thèmes beaucoup plus vastes : guerre, paix, mort, résurrection. Il ne s'agit plus, comme dans son œuvre précédente, les Bucoliques, de chanter la terre pastorale des origines, mais de détailler les soins à donner à la terre contemporaine, trop délaissée et malmenée pendant les guerres civiles, dans l'espoir de retrouver, avec le retour de la paix, la prospérité sous la conduite de celui qui, sous le nom d'Auguste, va installer la Pax Romana.

Comme dans ses autres œuvres majeures, Virgile utilise l'hexamètre dactylique, dont il a contribué à fixer les règles. Mais si les Bucoliques sont écrites dans le style « humble » (tenuis), plus adapté à l'églogue, pour les Géorgiques, il emploie le style « moyen » (moderatus) qui convient aux œuvres didactiques, avec des élans épiques qui préfigurent l'Énéide.

Selon des témoignages antiques, le poème a fait l'objet d'une lecture publique par Virgile lui-même devant Octavien au printemps 29. Cantique à la terre vivante et méditation sur la beauté autant qu'œuvre morale et politique, il est considéré comme l'un des sommets de la création poétique occidentale. L'auteur y atteint une forme de perfection artistique qui lui vaut de mériter, de l'avis de Paul Claudel, le titre de « plus grand génie que la terre ait porté ».

Conditions de rédaction[modifier | modifier le code]

Article principal : Bibliographie de Virgile.

En - 37, lorsqu'il commence l'écriture des Géorgiques, Publius Vergilius Maro a trente-trois ans. Il est déjà un poète connu. Le recueil des Bucoliques est paru l'année précédente, et certaines églogues, la sixième en particulier, ont un tel succès qu'elles sont déclamées sur scène[1]. Virgile est même assez influent pour pouvoir présenter Horace à Mécène[2].

C'est, de son propre aveu, une œuvre de circonstance. Il entreprend, écrit-t-il, la rédaction de ce poème didactique à l'invitation pressante de son ami et protecteur Mécène[N 1], lui-même conseiller d'Octave, au moment d'une accalmie dans la lutte entre Octave et Marc Antoine, dans le but de remettre l'agriculture en honneur dans un monde épuisé et ravagé par des années de guerres civiles et de ramener les Romains à la simplicité des mœurs de leurs ancêtres paysans.

En effet, une paix éphémère a été signée en -39 entre Pompée et les membres du second triumvirat ; de plus, au printemps -37, Octave[N 2] parvient à conclure avec Marc Antoine un accord qui rallonge la durée de leur triumvirat de cinq années supplémentaires. Mais la guerre contre Pompée reprend en et le conflit entre Octave et Marc Antoine se ravive dès Ces évènements tragiques sont évoqués plusieurs fois dans l'œuvre par des digressions rapides et violentes[3]. La paix n'est assurée qu'en -30 avec l'annexion de l'Égypte, après la bataille d'Actium, évoquée deux ou trois fois au moins, et le suicide d'Antoine. Ces derniers évènements apparaissent en filigrane dans le livre quatre des Géorgiques avec l'apologue de la destruction de la ruche et de la renaissance des abeilles[N 3] :

 
[…] Tu munera supplex
tende petens pacem, et facilis uenerare Napaeas ;
namque dabunt veniamuotis irasque remittent.

 
[…] En suppliant, présente
des offrandes en demandant la paix, et vénère les nymphes indulgentes :
car elles pardonneront à qui les prie et renonceront à leur colère[4].

Virgile achève donc l'écriture des Géorgiques au moment où la paix s'installe enfin, sept ans après avoir commencé leur rédaction. Selon le témoignage des commentateurs anciens, cités par Donat, un de ses biographes[N 4], il a fait, à Atella[N 5], en Campanie, au printemps ou à l'été 29, une lecture publique (recitatio) des quatre livres durant quatre soirées consécutives, « Mécène prenant la relève chaque fois qu'il était interrompu par la fatigue de sa voix »[N 6], en présence d'Octave venu y soigner des maux de gorge[6].

La disgrâce et le suicide, en -26, du trop ambitieux premier préfet d'Égypte, son ami C. Cornelius Gallus, évoqué dans la sixième Bucolique (v. 64)[7], et dédicataire de la dixième[N 7], aurait poussé Virgile à remanier la fin du quatrième livre des Géorgiques, cette même année[9],[7], si l'on en croit les commentaires de Servius Honoratus[N 8]. Supprimant l'éloge direct de l'homme qui a perdu, à cause de prétentions excessives semble-t-il, l'amitié et a confiance d'Octave/Auguste[N 9], il développe à la place une petite épopée, l'histoire d'Orphée, le prince des poètes qui, parce qu'il a désobéi, a perdu Eurydice et a finalement été tué, osant ainsi rester fidèle à l'ami tout en satisfaisant son goût pour les mythes[10]. Suétone rapporte, dans De vita duodecim Caesarum[11], qu'Auguste pleura à la mort de Gallus, et ne demanda pas à Virgile de retoucher cet hommage indirect[10]. S'il y a eu remaniement, le travail a été fait avec tant de soin qu'il est impossible d'en détecter les traces, aussi certains commentateurs modernes doutent-ils de son existence[12], notamment Nicholas Horsfall[13].

Présentation[modifier | modifier le code]

Illustration du livre IV des Géorgiques, Vaticanus Palatinus, lat. 1632, fol. 51v (1474).

Le poème des Géorgiques est composé au total de 2 188 vers. Le terme « géorgique » (georgicus) est une latinisation du mot grec γεωργικός (« geôrgikos »), composé de γῆ («  », terre), et ἔργον (« ergon », travail, œuvre).

Avant le Res rustica de Varron[N 10], il n'existait pas d'ouvrage de référence en latin sur l'agriculture. Il en existait cependant plusieurs en grec, en vers (Les Travaux et les Jours d'Hésiode et un ouvrage de Ménécrate d'Éphèse) et surtout en prose : le monumental traité (en punique) du Carthaginois Magon en 28 livres, traduit en grec par Cassius Dionysus d'Utique au IVe siècle av. J.-C. (en 20 livres) puis condensé en 6 livres par Diophane de Nicée au Ier siècle av. J.-C.[14]. Varron résume le tout en trois livres (agriculture ; bétail ; volailles, gibier et viviers).

Plan d'ensemble[modifier | modifier le code]

Virgile reprend le plan de Varron, avec quelques différences : il développe l'agriculture sur deux volumes et, en éliminant volailles, gibier et viviers, ne garde que les abeilles dans le dernier[14].

L'œuvre est divisée en quatre livres, de taille à peu près égale, qui, suivant une progression du matériel vers le spirituel, traitent :

  • Dans le livre I, du travail de la terre, essentiellement de la culture du blé et les conditions dans lesquelles la terre produit ;
  • Dans le livre II, de la vie végétale, en particulier des soins à la vigne ;
  • Dans le livre III, de la vie animale et de l'élevage, interrompu par deux méditations, l'une sur l'amour, l'autre sur l'épidémie et la maladie mortelle ;
  • Dans le livre IV, des abeilles, métaphore de la cité humaine idéale et image de l'inspiration poétique[15].

Virgile y combine un exposé didactique, objectif et technique avec l'expression subjective de ses sentiments, en faisant alterner les descriptions et les digressions morales ou pathétiques[16], pour composer finalement le grand poème du monde à habiter, à ordonner, à cultiver, mais aussi à contempler, à décrire et à chanter[17]. Il passe volontairement sous silence certains thèmes, tels les jardins, l'art botanique ou la chasse : le but des Géorgiques, qui célèbrent une vie de soins et de labeur, est bien d'inciter les hommes à cultiver la terre plutôt que leurs conflits[18].

Livre I (514 vers)[modifier | modifier le code]

Incipit des Géorgiques. Feuillet W400.16V des Œuvres de Virgile, par Cristoforo Majorana, Naples, vers 1470. Walters Art Museum, Baltimore.

Virgile commence par donner, en 4 vers et demi, le sujet de chaque chant des Géorgiques (céréales, vignes, bétail et abeilles), puis invoque les diverses divinités agricoles (18 vers et demi), et enfin Octave[N 11]. Il présente ensuite, vers 50 à 53, les cinq parties qu'il va développer dans le livre 1, en commençant par la fin : les vents, l'aspect du ciel, les modes de culture ancestraux, la nature des sols, la spécificité de chaque région[20], développant immédiatement ce premier thème. Dans chaque partie, les développements à caractère agricole sont suivis par des réflexions à caractère philosophique.

  • Vers 54-63 : une rapide évocation de produits spécifiques de chaque région d'Italie, d'Orient, de Grèce (v. 54-59) est suivie d'une évocation (v. 60-63) de Deucalion et de l'humanité, cette « race dure » née après le déluge.
  • Vers 63-159 : la qualité des terrains détermine les techniques d'entretien (jachère, écobuage). La terre, nourricière, est personnifiée : c'est la terre-mère ; et si le paysan maitrise maintenant le drainage, il doit prier pour que le temps soit favorable. Sa première vertu est la tempérance (v. 63-121). La pénibilité du travail de la terre (labor) n'est pas une punition, c'est une sage nécessité voulue par Jupiter : la constance dans l'effort, deuxième vertu, empêche de retourner sous la domination de Cronos/Saturne, car la culture (au double sens d'agriculture et de civilisation) est maitrise du monde, source de création (v. 121-159)[21].
  • Vers 160-203 : présentation des modes de culture ancestraux et des « armes » que doit soigneusement préparer le paysan. Non seulement elles lui permettent de maîtriser la nature, mais, confinant au sacré, elles lui apportent la « gloire d'un divin domaine ». Virgile termine cette partie par la description de l'aire[22] et des diverses semences (v. 160-198), avant de conclure par une réflexion philosophique (v. 199-203) dans laquelle il oppose la force humaine (vis humana) au principe de dégénérescence communément admis[N 12], et à l'idée de décadence la troisième qualité du paysan, la virtus[21].
  • Vers 204-350 : une première recommandation, l'observation du ciel — essentielle pour rythmer les travaux agricoles (v. 204-337) — est suivie d'une méditation sur la providence divine, qui donne à la fragilité humaine la chance de vivre en zone tempérée, puis sur l'immensité verticale du monde, du firmament au Tartare. La seconde recommandation, la prévision, concerne aussi le ciel (v. 252-337). La liste des travaux à prévoir s'accompagne de l'évocation des Titans en lutte contre le ciel et punis de leur orgueil. La quatrième vertu nécessaire au paysan est la piété ; les fêtes de printemps en l'honneur de Cérès verront son triomphe ; à celles des moissons, ovationné et couronné de chêne, il entonnera des chants[23].
  • Vers 351-514 : le dernier mouvement est consacré aux phénomènes météorologiques, en particulier les vents (v. 351-488). Virgile, s'inspirant d'Aratos de Soles, expose d'abord les signes qui permettent de prévoir le mauvais temps (v. 351-392), puis ceux qui annoncent le retour du soleil (v. 392-423), en insistant sur l'observation des oiseaux, enfin ceux qui ne trompent jamais, venant des dieux eux-mêmes, Soleil et Lune (v. 438-488). Les avertissements du dieu Soleil sont aussi politiques : son éclipse et d'autres prodiges survenus à la mort de César disent sa plainte face au malheur des guerres civiles[23]. La dernière méditation (v. 489-514) revient sur les deux sanglantes batailles de Philippes. Virgile demande aux dieux de « ne pas empêcher cet homme jeune de secourir une génération bouleversée »[N 13], et les interroge : pourquoi ont-ils permis ces batailles fratricides ? Rome n'a-t-elle pas assez payé les parjures de la Troie de Laomédon[N 14] ? Le poète se désole : tant de guerres par tout l'univers ! Les champs sont en friche et « Mars impie se déchaîne sur l'univers entier ».

Livre II (542 vers)[modifier | modifier le code]

Ce livre est consacré aux cultures arbustives, au premier chef la vigne exigeante (v.259-419) puis l'olivier et les autres arbres (v.420-457), utiles, même les plus humbles, pour leurs fruits ou leur bois (pin, cèdre, saule, myrte, cornouiller, buis…). Il est apparemment moins structuré que les autres, car traité « sous la forme d'une effusion lyrique »[25]. Son thème unique, semble-t-il, est celui d'une surabondance si foisonnante, que le poète se sent impuissant à la décrire[26]. Il est ponctué par trois digressions : au début, un éloge dithyrambique du printemps et de la luxuriance de la vie végétale (v. 136-176), suivi d'un éloge solennel de l'Italie (v. 136-176), et se termine par un long hymne au bonheur et aux vertus de la vie paysanne (v. 458-542)[27], dans lequel le poète insère une ardente prière aux Muses (v. 475-492)[28] :

Me vero dulces ante omnia Musae
quarum sacra fero ingenti percussus amore,
accipiant caelique vias et sidera monstrent…

Pour moi, veuillent d’abord les Muses douces sur toutes choses
dont je porte les signes sacrés et que j'aime d'un amour immense,
m'accueillir et me montrer les routes du ciel et les astres…

Le bonheur des humbles paysans n'est pas la joie pure des philosophes, car la peine (le labor), l'effort, n'en sont pas absents, mais ce bonheur simple a un triple caractère : la joie du printemps, celle de la fécondation universelle, des arbres qui relient la terre au ciel ; le « doux » amour de la patrie où se mêle l'opulence de la terre, l'héroïsme des hommes et la vertu des citoyens ; mais surtout ces « biens » inestimables : la vie au rythme des saisons, la chance de « pouvoir apprendre à connaître les causes » et de toucher au sacré, en respectant les divinités champêtres[29], loin des troubles politiques, « les lois de fer, les folies du forum ».

Livre III (566 vers)[modifier | modifier le code]

Un homme taille une vigne enroulée dans un arbre surplombant un laboureur et un semeur. Au sol, au fond, 4 ruches
Enluminure en première page d'un manuscrit des Géorgiques, enluminé à Paris en 1403, illustrant le contenu des quatre livres (Pal. 69, f. 18, Bibliothèque Laurentienne).
On peut lire les deux premiers vers : « Quid faciat l[a]eta[r]e segetes quo sidere t[er]ra[m] / Vertere mecenas ulmis qu'adiu[n]g[er]e vitis. »

Introduit par une invocation à Palès, la déesse romaine des bergers et au « berger des bords de l'Amphryse »[N 15], puis une adresse à Mécène et à Auguste, il s'intéresse au monde animal, à travers l'élevage et le dressage, aux liens entre les paysans et les animaux, sauvages et domestiques, soulignant la fraternité qui existe entre tous les êtres vivants, capables de communiquer, d'aimer, de souffrir, de mourir, ce que les stoïciens appelaient sympathie universelle[31].

Il est découpé en deux moitiés (v. 1-283 et v. 284-566) conclues chacune par un épisode brillant : le premier (v. 242-283) célébrant la puissance de l'amour, le second (v. 474-566), qui sert aussi de conclusion au livre entier, évoquant la mort à travers l'épizootie du Norique. La position symétrique du désir sexuel et de la mort (Éros et Thanatos) est traditionnelle.

La première partie traite du gros bétail (bovins et chevaux), la seconde du petit bétail (brebis et chèvres), de leurs auxiliaires (les chiens), de leurs prédateurs (serpents, épidémies)[32]. À la différence des agronomes, Virgile ne s'intéresse pas à tous les animaux d'élevage, ne citant ni les porcs, ni les animaux de basse-cour, et fort peu aux aspects économiques. Il met l'accent sur le patient dressage et les soins à donner aux animaux reproducteurs, génisses et étalons, taureaux et cavales dont il admire la beauté et la virtus[33]. Son admiration va surtout aux fiers chevaux, élevés soit pour la course (la gloire) soit pour la guerre (l'honneur et le courage)[34].

Passant au petit bétail, il évoque les soins que les divers peuples fournissent aux brebis dans la touffeur de l'été et le gel hivernal, pour profiter au mieux de leur laine et de leur lait[35], mais il a un faible pour les chèvres indépendantes et attirées par les hauteurs[33]. Il poursuit par l'évocation des maladies, et de leurs soins, puis des prédateurs comme les serpents[N 16]. Le livre s'achève sur la description apocalyptique de la « peste » qui, un automne, a exterminé non seulement les troupeaux mais toute la faune sauvage du Norique, soulignant l'injustice du sort réservé à des bêtes innocentes[37].

Livre IV (566 vers)[modifier | modifier le code]

Très construit, il est encadré par une introduction de 7 vers et une conclusion de longueur similaire (8 vers), et se compose de deux grandes parties à peu près égales, chaque moitié avec des subdivisions en correspondance avec celles de l'autre, selon une architecture complexe[38].

S'adressant à nouveau à Mécène, Virgile annonce son sujet (vers 1 à 4) : « je vais chanter le miel aérien, présent céleste[N 17]. Je t'offrirai en de petits objets un spectacle admirable : je te dirai les chefs magnanimes, et tour à tour les mœurs de la nation entière, ses passions, ses peuples, ses combats ».

La première partie comporte deux mouvements :

  • Vers 8 à 148 : choix de l'emplacement idéal du rucher, fabrication des ruches, observation de l'essaimage[N 18]. L'épisode du « vieillard corycien » cultivant son jardin près du Galèse « sous les tours de l'acropole œbaldienne »[N 19], qui clôt ce passage (vers 125-148), permet d'introduire l'horticulture, qui fait l'objet d'un traitement spécifique chez les agronomes comme Varron ou Columelle. Sous l'apparence d'une digression, ce passage poétique présente l'idéal de l'auteur : il n'est pas favorables aux grands domaines, préférant le jardin des abeilles, exploitation à taille humaine, qui permet de trouver le bonheur, dans une vie pauvre peut-être, mais naturelle, équilibrée et sereine[41].
  • Vers 149-280 : amplification et spiritualisation du premier mouvement, car les abeilles, qui ont nourri Jupiter, sont porteuses de parcelles divines. De façon très anthropomorphique sont présentées les conditions de vie, dans la ruche/cité, de cette collectivité laborieuse, vertueuse et chaste, humble et héroïque, dévouée à son roi et à sa patrie. Les abeilles sont menacées de mort si elles piquent, si elles ont froid, si elles sont attaquées par des ennemis, des maladies, une épidémie, mais des remèdes adaptés sont chaque fois proposés[42]. À travers elles, Virgile médite sur la situation de Rome et de ses chefs, sur l'amorce de la monarchie[43].
Bugonia (en) organisée par Aristée. Illustration des Géorgiques. Lyon, 1517.

La deuxième partie, à travers le mythe du « Maître acadien », présente une réflexion sur la mort et la renaissance, matériellement, pour les abeilles, par la technique de la bugonia[N 20], et symboliquement pour Rome – dont le poète espère qu'Octave va la régénérer – à travers le sacrifice expiatoire d'Aristée aux Muses pour la mort d'Orphée.

  • Vers 281-424 : après une rapide présentation (v. 281-314) du procédé utilisé en Égypte pour ressusciter les abeilles, la bugonia, vient l'histoire du berger Aristée, le premier à l'avoir utilisé. Il pleure la mort de ses abeilles et va se plaindre à sa mère, la nymphe Cyrène, qui l'envoie consulter le dieu des métamorphoses, Protée.
  • Vers 425-558 : Protée, une fois ses sortilèges neutralisés, révèle à Aristée que la mort de ses abeilles est le châtiment suscité contre lui par Orphée pour avoir causé la mort d'Eurydice. Il raconte alors la descente d'Orphée aux Enfers[N 21], son imprudence, son deuil inconsolable, sa mort. Cyrène conseille alors à son fils d'implorer les nymphes des bois, compagnes d'Eurydice, de leur sacrifier dans le bois sacré quatre taureaux et quatre génisses, puis neuf jours après, d'offrir un sacrifice aux mânes d'Orphée. Cela fait, il vit s'échapper des cadavres en décomposition des nuées d'abeilles.

La conclusion du dernier livre (vers 559-566) sert de conclusion d'ensemble aux Géorgiques. Virgile y signe son nom (vers 563). Le derniers vers : « Tityre, te patulae cecini sub tegmine fagi » (Tityre, je t'ai chanté sous le vaste couvert d'un hêtre) est une citation presque exacte du premier vers de la première Bucolique : « Tityre, tu patulae recubans sub tegmine fagi » (Toi, Tityre, étendu sous le vaste couvert d'un hêtre), ce qui crée un lien entre ces deux œuvres, soulignant leur profonde unité[46].

Étude littéraire[modifier | modifier le code]

Dans sa Vie de Virgile, Donat rapporte comment Virgile travaillait son texte : « il avait coutume, chaque jour, de dicter beaucoup de vers qu'il avait médités le matin et, en les reprenant durant la journée, de les ramener à un très petit nombre, disant, non sans finesse, qu'il enfantait son poème à la manière d'une ourse et qu'il lui donnait sa forme dernière en le lèchant[47] ».

l'hexamètre dactylique[modifier | modifier le code]

Virgile a porté à sa perfection l'hexamètre dactylique dont il a contribué à fixer les règles.

UU | – UU | – UU | – UU | – UU | – U

la recitatio[modifier | modifier le code]

Les manuscrits anciens sont écrits en scriptio continua, sans espaces entre les mots ni ponctuation, et nécessitent donc la lecture à voix haute pour être intelligibles. D'ailleurs, on ne pratiquait pas la lecture silencieuse à l'époque de Virgile[48]. Son poème est essentiellement fait pour être dit, scandé, psalmodié, de façon fluide. Les commentaires antiques insistent d'ailleurs tous sur la nécessité de bien scander, de découper le texte en unités de sens, la distinctio, sorte de ponctuation orale[49]. Virgile lui-même était réputé déclamer ses œuvres avec beaucoup de grâce et de suavité[5].

Analyse de l'œuvre[modifier | modifier le code]

Pour Alain Michel, Les Géorgiques sont probablement le chef-d'œuvre de Virgile, car ce poème rassemble toutes les formes de son talent et de son inspiration[50] : il reprend la tradition pastorale des Bucoliques avec, parfois, des accents épiques qui préfigurent l'Énéide. À la fois écho d'Hésiode et annonce des Métamorphoses d'Ovide, il fait le lien entre la poésie grecque la plus antique et la tradition « moderne », c'est-à-dire celle de son temps, soit la fin de l'époque hellénistique et le début de l'empire romain[51]. Œuvre « totale », elle marie, ce qui serait difficile de nos jours, poésie et didactisme, subjectivité des sentiments et expression objective, réflexion philosophique et inspiration religieuse[52].

Chacun des quatre livres évoque des évènements tragiques et mortels, d'abord concrets : guerres civiles ; orages et tempêtes ; épidémie ; puis relevant du mythe : destruction des abeilles, mort d'Eurydice et dépeçage d'Orphée[53]. Et dès le début du livre premier (vers 24 à 40) le poète supplie Octave, destiné à l'immortalité, comme César, de ne pas se laisser tenter par le destin de Proserpine, devenue reine, certes[N 22], mais du Royaume des Ombres[56], et l'invite à se soucier de rendre la prospérité à la terre des vivants :

da facilem cursum atque audacibus adnue coeptis
ignarosque viae mecum miseratus agrestis
ingredere et votis iam nunc adsuesce vocari

Aide ma course, guide mon projet audacieux,
aie pitié avec moi de l'ignorance des paysans devant le chemin à suivre,
viens, et habitue-toi maintenant à être sollicité[57],[58].

Postérité de l'œuvre[modifier | modifier le code]

Rayonnement[modifier | modifier le code]

Page de manuscrit avec 20 vers en « lettres capitales carrées ». Grande lettrine « A » au début du premier
Feuillet du Vergilius Augusteus (Cod. Vat. Lat. 3256), Géorgiques, livre premier, v. 141-160.

Virgile est l'un des rares auteurs antiques dont l'œuvre intégrale, maintes fois recopiée, est parvenue jusqu'à nos jours. Il devient un auteur « classique » de son vivant : dès -26, soit à peine trois ans après la première publication des Géorgiques, Caecilius Épirota le met au programme de son enseignement en remplacement d'Ennius[59]. Désormais, tout petit Romain apprend ses lettres dans Virgile. Sauf pendant les temps troublés du Haut Moyen Âge (VIe et VIIe siècles), Virgile ne cessera jamais d'être enseigné, admiré, imité[1].

Au Ier siècle,

le philosophe Sénèque le cite abondamment ; le naturaliste Pline l'Ancien le considère comme une autorité[1] ; l'agronome Columelle écrit en vers le livre X (consacré au jardinage) de son grand traité d'agronomie De re rustica en douze volumes, répondant au vœu formulé par Virgile de voir un jour comblée l'absence de ce thème dans ses Géorgiques[60],[N 23] ; le grand pédagogue et théoricien du langage Quintilien, dans l'Institution oratoire, lui emprunte nombre de ses exemples et conseille vivement à l'apprenti orateur de lire ses œuvres[61].

Au IVe siècle,

Servius Honoratus fait un commentaire vers à vers de ses trois poèmes, qui a été conservé, et nous renseigne sur la façon dont Virgile était compris à son époque.

On pratique le genre virtuose du centon[61], dont l'un des plus célèbres, le Virgiliocento de Proba, utilise les vers de Virgile pour écrire une Histoire de l'Ancien et du Nouveau Testament, un « Virgile amélioré » (Maronem mutatum in melius) comme le dit sa préface[62]. On le consulte aussi pour connaître son avenir par la pratique des sortes vergilianae[N 24].

Enluminure pleine page. Au premier plan, viticulteur, berger et moutons. Au second, deux hommes regardent Virgile assis, écrivant
frontispice allégorique du Virgile de Pétrarque de Simone Martini (ms. A 49 inf, 1340), conservé à la Bibliothèque Ambrosienne.
De l'Antiquité tardive au Moyen Âge.

Le succès continu de Virgile est en grande partie lié à l'interprétation prophétique christianisante de la quatrième Bucolique[63], en particulier par Lactance à la fin du IIIe siècle[64].

Dans la Divine Comédie, c'est Virgile, « le poète le plus sage de l'antiquité classique », qui conduit Dante à travers les sept cercles de l'Enfer puis les sept du Purgatoire, et Dante déplore sa disparition à l'entrée du Paradis « avec les mots et les rythmes dont Orphée appelle Euridice, "deux fois perdue" à la fin des Géorgiques[65] ». Pétrarque, qui l'admire passionnément et le cite constamment, a longuement annoté le manuscrit des œuvres de Virgile qu'il possédait.

À l'époque moderne.

Au XVIe siècle, Jules César Scaliger considère que la poésie de Virgile donne l'image la plus pure de la beauté en littérature. Ronsard et Du Bellay admirent la musicalité de sa langue qu'ils cherchent à transposer dans leurs sonnets[66]. Même en pleine querelle des Anciens et des Modernes, Charles Perrault ne conteste pas le génie de Virgile et Boileau, dans la Satire IX, v. 175, tance les auteurs baroques qui préfèrent « Théophile et le clinquant du Tasse à tout l'or de Virgile »[66].

La Fontaine en imprègne ses Fables, en particulier Le Songe d'un habitant du Mongol[67],[68], qui, à partir du vers 22 (« Solitude où je trouve une douceur secrète / Lieux que j’aimais toujours… ») est une paraphrase du finale du livre II des Georgiques : « Me uero primum dulces ante omnia Musae… »[N 25].

Au XIXe siècle

Si Chateaubriand, en particulier dans le Génie du christianisme, est plus inspiré par l'auteur de l'Énéide que celui des Géorgiques, l'œuvre de Victor Hugo est tout imprégnée de Virgile[70]. Il vénère le « maître divin »[71], partage ses méditations et lui emprunte maintes expressions : en 1856, dans Les Contemplations, il intitule « Mugitusque boum » (Et le mugissement des bœufs, Géorgiques II, v. 470) le poème XVII dans lequel, « s'unissant à Virgile et de poème à poème, de l'alexandrin à l'hexamètre l'un et l'autre nationaux, il écoute les mêmes voix, immuables, des bœufs au pré, le soir, et regarde le même spectacle des choses : du vent passant sur l'arbre, de l'oiseau sur l'eau, de l'homme sur le ciel — et en se confiant comme lui au mouvement réglé du vers »[72].

D'ailleurs l'imitation de Virgile court tout au long du siècle, Lamartine (Jocelin, 1836), George Sand (dans ses « romans rustiques ») et Frédéric Mistral (Les Îles d'or[N 26]) s'en inspirent, témoignant d'un moment heureux dans l'histoire de la paysannerie française[73].

À l'époque contemporaine.
  • Au XXe siècle, moins nourri de culture classique, l'influence de Virgile devient plus individuelle.

Claudel, qui l'admire, invoque l'auteur des Géorgiques dans « Les Muses », première de ses Cinq grandes Odes (publiées en 1911) :

      O poète, je ne dirai point que tu reçois de la nature aucune leçon, c’est toi qui lui imposes ton ordre.
      Toi, considérant toutes choses !
      Pour voir ce qu’elle répondra, tu t’amuses à appeler l’une après l’autre par son nom.
      Ô Virgile sous la Vigne ! La terre large et féconde
      N'était pas pour toi de l'autre coté de la haie comme une vache
      Bienveillante qui instruit l'homme à l'exploiter tirant le lait de son pis.

Giono, « qui est plus virgilien que Virgile »[74], lui consacre un ouvrage en 1960[75], et voit en lui un « prophète » et un « guide »[76] ; comme lui, il prône un monde en contact avec la nature et, surtout dans ses derniers ouvrages, met l'accent sur la dureté joyeuse de la vie[73], comme dans le premier récit de Ennemonde et autres caractères où il décrit la « fureur » des abeilles sauvages « qui chargent » en suivant Virgile de très près[77].

Gide confie à son Journal son ravissement à lire et relire tout Virgile[76]. En 1944 T. S. Eliot conclut une conférence sur la notion d'auteur classique en affirmant que « notre classique, le classique de toute l'Europe, c'est Virgile »[78].

Claude Simon met sous le patronage de Virgile, auquel il emprunte son titre, le roman qui lui valut le prix Nobel de littérature en 1985, Les Géorgiques, œuvre où, selon Jérôme Lindon, « la matière en est moins l'événement que le son de la voix, cette voix qui n'a cessé de parler depuis l'origine des temps et qui ne cessera probablement jamais de dire – et d'incarner – l’effort toujours recommencé des hommes pour changer un peu la face de la terre[79]. »

Interviewé après sa conférence inaugurale des Rendez-vous de l'histoire de Blois, le 12 octobre 2018, Michel Pastoureau s'écrie : « Prenez les Géorgiques ; ce texte magnifique est tout à fait dans l'air du temps, écologiste avant la lettre ![80] »

En 2019, Frédéric Boyer titre Le Souci de la terre sa nouvelle traduction. Les Géorgiques lui semblent un poème empreint de gravité et de mélancolie sur la fragilité de notre condition de vivant : il « comprend que notre tragique paradigme contemporain face à la terre devient pour [lui], traducteur, écrit au futur dans l'œuvre antique. Autrement dit, l'ancien dialogue aujourd'hui avec l'avenir qu'[il] interroge »[81]. Considérant Virgile comme un précurseur du « retour à la terre » —  prôné dans les années 1960 par le mouvement hippie et pratiqué aujourd’hui par les néoruraux[82] — il remarque aussi combien « cette œuvre de circonstance [qui] résonne du fracas des guerres civiles, de la chute de la République, du désarroi des Romains devant un avenir précaire, une crise où tout semble s’effondrer », a des traits étrangement familiers et actuels. Évoquant la mort des abeilles d'Aristée, dans le chant IV, il se demande « ce que cette inquiétante et persistante nouvelle, la disparition des abeilles, et plus généralement la dégradation de la diversité du vivant sur la terre, nous dit aujourd’hui de notre condition terrestre »[83].

Éditions et illustrations des Géorgiques[modifier | modifier le code]

Page de manuscrit. Enluminure très abîmée surmontant 6 vers : 2 bouvillons s'affrontent, deux adultes regardent, entre deux arbres
Combat de taureaux, Géorgiques, III, v.209-214 (Vergilius Vaticanus), Folio 4v.
Les manuscrits

Il existe très tôt des copies de l'œuvre de Virgile : des fragments de papyrus datant du Ier au IVe siècle ont été découverts en Égypte et en Palestine[84]. On possède surtout huit codices remarquables, plus ou moins complets, écrits en « capitale rustique », sans espaces entre les mots ni ponctuation. Parmi les plus anciens codices majores encore existants le Mediceus Laurentianus (Florence, Laur. 39.1), du milieu du Ve siècle, est le plus complet[N 27] ; les sept feuillets subsistant du Vergilius Augusteus, écrit en quadrata, sont ornés de lettrines en début de page ; le Vergilius Vaticanus (Cod. Vat. Lat. 3225), du IVe – Ve siècle, qui contient les deux derniers livres des Géorgiques et le Vergilius Romanus (Cod. Vat. lat. 3867), du Ve – VIe siècle, qui contient le texte complet des Géorgiques, sont tous deux abondamment illustrés de vignettes[86].

Après le creux des VIe et VIIe siècles, durant tout le Moyen Âge et jusqu'au XVe siècle, les Géorgiques sont constamment recopiées et diffusées, mais les premiers manuscrits sont très sobres : on connait ainsi une quarantaine de manuscrits du VIIIe siècle à l'usage des écoles carolingiennes[87]. À partir du Xe siècle, les manuscrits deviennent très nombreux, en particulier en France, en Allemagne, en Italie. Les lettrines font progressivement leur apparition, en particulier dans les nombreux manuscrits bénéventins au XIe siècle. Au XIVe siècle le nombre de manuscrits des Géorgiques ornés de miniatures augmente dans toute l'Europe, lié au regain d'intérêt de l'époque pour les auteurs classiques[N 28]. Cela est encore plus net au XVe siècle, en Flandre, en France et particulièrement en Italie[88].

En général les manuscrits, comme les textes imprimés par la suite, contiennent les trois poèmes de Virgile, reproduits dans le texte original. Certains, cependant, comme le Virgile de Pétrarque, reproduisent la version commentée par Servius[89]. Le nombre et la taille des illustrations sont variables : un frontispice général, comme dans l'exemplaire de Pétrarque ; une illustration à l'incipit de chacun des trois poèmes ; une illustration au début chacun des quatre livres des Géorgiques. L'initiale est souvent historiée[90] et les enluminures des exemplaires les plus luxueux sont en pleine page. La plupart du temps elles illustrent les travaux décrits par Virgile[N 29], mais peuvent aussi présenter des portraits de Virgile, de Mécène, voire de Servius, ou diverses références mythologiques[92], comme Cérès (Géorgiques I), Bacchus (Géorgiques II), ou Orphée (Géorgiques IV).

Gravure noir et blanc. Un homme demi-nu de dos retient dans ses bras une femme évanouie, penchée en arrière
Illustration de Gérard pour l'édition de 1798. Eurydice est remportée dans la nuit éternelle (livre IV, v.497)
Les ouvrages imprimés

Près de cent incunables, illustrés de bois gravés, sortent de presse à partir de 1459[93].

L'édition princeps est imprimée à Rome en 1469, une autre édition sort à Venise en 1491. En 1501 Alde Manuce crée l'édition aldine : ce sont des ouvrages in-octavo moins coûteux, utilisant les caractères italiques que Francesco Griffo a gravé pour l'occasion. En 1502 parait à Strasbourg un incunable illustré de bois gravés de Johann Grüninger, que reprend l'édition lyonnaise de Jean Crespin en 1529[94],[95].

Par la suite, la plupart des éditions imprimées sont sobres, dépourvues d'illustrations, sauf, au mieux, un « portrait » de Virgile en frontispice. Il existe cependant des éditions luxueuses, comme le Virgile in-folio imprimé à 250 exemplaires par Pierre Didot en 1798, avec vingt-trois gravures signées Girodet, Gérard et David[96]. Au XXe siècle, une traduction des Géorgiques publiée par l'Imprimerie nationale (1944-1947) est illustrée par des eaux-fortes de Dunoyer de Segonzac. En 2010, Gilles Sacksick publie des estampes inspirées des Géorgiques[97].

Traductions de l'œuvre[modifier | modifier le code]

Les premières traductions datent de la Renaissance[98] :

  • Traduction en décasyllabes de Guillaume Michel dit de Tours, en 1519
  • Traduction adaptée en décasyllabes de Le Blanc, en 1555
  • Traduction des frères Le Chevalier d'Agneaux en 1582.

Mais la première traduction à connaître un retentissement considérable est celle de Jacques Delille en 1769[N 30]. Cette traduction assez académique en alexandrins rimés, souvent fidèle et, à défaut, élégamment inventive, connut un énorme succès. L'abbé Delille (qui n'avait que 27 ans) fut considéré comme un nouveau Virgile, à une époque où les physiocrates et le public se passionnaient pour l'agriculture[99]. Voltaire écrit, à propos de celui qu'il surnomme « Virgilius Delille » : « Le poème des Saisons et la traduction des Géorgiques paraissent les deux meilleurs poèmes qui aient honoré la France après l’Art poétique. On ne pouvait faire plus d’honneur à Virgile et à la Nature » ; il propose à l’Académie de réserver à l’auteur une place vacante (il y sera élu en 1774)[100]. C'est cette traduction qu'utilise Julien Sorel pour obtenir un renseignement d'un académicien sans paraître ridicule :

« À propos d'une fleur, Julien cita quelques mots des Géorgiques de Virgile, et trouva que rien n'était égal aux vers de l'abbé Delille. En un mot, il flatta l'académicien de toutes les façons. »

— Stendhal, Le Rouge et le Noir, 1830[101].

Par la suite l'œuvre fut régulièrement traduite, en vers ou en prose :

  • Virgile (trad. Édouard Sommer et Auguste Desportes), Géorgiques, livre 1, Librairie Hachette, , 65 p. (lire en ligne). Texte latin, traduction, plus une traduction juxtalinéaire. [PDF]
  • Traduction de A. Gentil, Paris, 1900.
  • Traduction de Henry Antoine, Paris, 1911, prix Jules Janin[102]
  • Géorgiques (trad. Eugène de Saint-Denis), Les Belles Lettres, coll. « C.U.F. (Budé) : Série latine », , 126 p., édition savante, bilingue, plusieurs fois rééditée
  • Traduction de Maurice Rat, 1932.
  • Traduction en alexandrins non rimés de Hubaux et A. Tomsin, Liège, 1947
  • Traduction en vers libres du R.P. A. Nicolas, Paris, Lettres d’Humanité, VII, 1948
  • Traduction de fragments des Bucoliques et des Géorgiques par Jacques Perret, dans Virgile, Paris, Seuil, , « L’art de traduire les poètes », p. 163-176.
  • Traduction d'Alain Michel, 1997, Imprimerie nationale Éditions)
  • Traduction de Jeanne Dion (livre premier et livre IV, v.198-386), Philippe Heuzé (livre II et fin du livre IV, v.387-566) et Alain Michel (livre III et début du livre IV, v.1-197), (Gallimard, 2015, Bibliothèque de la Pléiade, édition bilingue)
  • Le Souci de la terre (trad. Frédéric Boyer), Gallimard, , traduction en versets libres[103]

Citations[modifier | modifier le code]

labor omnia vicit / improbus (livre I, v. 145)

« le travail l'a emporté sur tout, pervers[N 31] »

O fortunatos nimium, sua si bona norint, agricolas ! (livre II, v. 458)

« Ô trop heureux, s'ils connaissaient les biens qu'ils ont, les paysans ! »

« Heureux qui a pu apprendre la raison des choses »

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Géorgiques, III, 41 : « Par tes ordres sans mollesse, Mécène » (« tua, Maecenas, haud mollia iussa »).
  2. Les historiens modernes le nomment Octavien (Octavianus) pour la période allant de son adoption (par Jules César) à son accession au pouvoir, mais il est appelé Caesar dans les Géorgiques.
  3. L'abeille (bi.t en égyptien) était l'emblème de la Basse-Égypte, donc symbolise Alexandrie, où Marc Antoine s'était installé.
  4. Donat est un grammairien qui vécut au IVe siècle. Sa Vie de Virgile, probablement inspirée par un ouvrage de Suétone (De viris illustribus), dont la partie consacrée aux poètes illustres a disparu, est la plus développée de celles qui nous sont parvenues.
  5. Ville osque, berceau de l'atellane, à mi-chemin entre Naples et Capoue, dont les ruines se trouvent près d'Orta di Atella.
  6. Donat ajoute : « Or il déclamait avec une suavité et des grâces remarquables » (« Pronuntiabat autem cum suavitate, cum leniciniis miris »)[5]
  7. Homme politique très proche d'Octave, d'un an le cadet de Virgile, Gallus avait intercédé, avec Asinius Pollion et Alfenus Varus, pour éviter à Virgile d'être exproprié en -42, lors de la distribution des terres aux vétérans de l'armée après la victoire de Philippes ; il était aussi un poète très admiré, auteur de poèmes élégiaques[8].
  8. Ce grammairien, auteur de In tria Virgilii Opera Expositio, signale, dans son commentaire du premier vers de la dixième Bucolique, qu'un éloge de Gallus occupait le livre IV des Georgiques du milieu jusqu'à la fin, mais que, par la suite, Virgile le remplaça par l'histoire d'Aristée, à la demande d'Auguste (iubente Augusto) ; il note brièvement, dans le commentaire du premier vers du livre IV des Georgiques, le remplacement de l'éloge de Gallus (Galli laudes) par l'histoire d'Aristée et d'Orphée.
  9. Le sénat lui a donné le titre d'Augustus le , au début de son consulat.
  10. Lorsque Varron le publie, en 37, compilant et résumant les ouvrages existants, il a quatre-vingts ans.
  11. Au vers 25. Il l'appelle « César » car il l'envisage promis, comme son père adoptif, à l'apothéose[19].
  12. Le mythe des âges de l'humanité, rapporté par Hésiode dans Les Travaux et les Jours, présente cinq races successives, ou âges successifs dans lesquels l'existence, d'abord idéale, se dégrade progressivement : âge d'or, d'argent, de bronze, des héros et, finalement l'époque contemporaine, l'âge de fer.
  13. Il s'agit d'Octave qui, né le , n'a pas 20 ans à la mort de César et pas encore 30 ans quand Virgile écrit ce texte[24].
  14. Virgile suggère que Rome, à travers la guerre civile paie pour la faute envers les dieux de son lointain ancêtre troyen, le roi Laomédon, ingrat et parjure. C'est la piété d'un autre Troyen, le héros de l'Énéide, qui l'effacera[23].
  15. Il s'agit d'Apollon, condamné, après le meurtre des Cyclopes, à servir pendant neuf ans le roi de Tessalie, Admète[30].
  16. Virgile cite deux sortes de vipères, mais aussi la couleuvre, qu'on croyait nuisible[36].
  17. Dans Histoire des animaux, Aristote présente le miel comme une rosée venue du ciel, que les abeilles recueillent sur les fleurs[39].
  18. Les Anciens croyaient que les abeilles ont des rois, bons et mauvais, qui se battent en vol (et non des reines qui s'accouplent en vol), ignorant l'existence des faux bourdons. C'est à partir du XVIIe siècle qu'on commencera à comprendre et observer la fécondation aérienne de la reine[40].
  19. C'est-à-dire Tarente, où coule le Galèse, qui passe pour avoir été fondée par Sparte dont Œbalos est un roi légendaire.
  20. Du grec βοῦς (bœuf) et γονή (progéniture). Naissance d'insectes à partir du cadavre d'un jeune bovin. Archélaos, Démocrite, Magon, Varron citent ce prodige, mais Columelle et Pline l'Ancien doutent de sa réalité[44].
  21. Virgile reprendra les vers 471 à 477 presque textuellement au chant VI de l'Énéide (vers 305-312), lorsque Énée descend aux enfers[45].
  22. Depuis -509, date du renversement de leur dernier roi, Tarquin le Superbe et instauration de la République, les Romains ont forgé une rhétorique de détestation de la royauté, considérée comme un despotisme[54]. Jules César,soupçonné d'aspirer à la royauté, a été assassiné. Aussi Auguste, quoique détenteur du pouvoir absolu, se gardera-t-il de porter un titre monarchique et se fera appeler Princeps Civitatis (« Premier des Citoyens »), ce qui permet de maintenir en apparence les institutions républicaines[55].
  23. Dans Géorgiques IV, du vers 116 (« Si je n'avais hâte de tourner ma proue vers la terre, peut-être chanterai-je quels soins réclame la culture des jardins… ») au vers 148 (« je passe et abandonne à d'autres le soin de l'évoquer »), encadrant l'épisode du vieillard de Tarente.
  24. Il s'agit d'ouvrir le livre au hasard et de pointer un groupe de vers (cf. La consultation des sorts virgiliens par Pantagruel dans Le Tiers Livre au chapitre XIII, pour déterminer les chances de mariage de Panurge).
  25. « Pour moi, veuillent d’abord les Muses, dont la douceur, avant tout m’enchante et dont je porte les insignes sacrés dans le grand amour que je ressens pour elles, accueillir mon hommage et me montrer les routes du ciel et les constellations, les éclipses variées du soleil et les tourments de la lune […] Mais si, pour m’empêcher d’aborder ces mystères de la nature, un sang froid coule autour de mon cœur, puissent du moins me plaire les campagnes et les ruisseaux qui coulent dans les vallées et puissé-je aimer sans gloire les fleuves et les forêts ! Oh ! où sont les plaines, et le Sperchéus, et le Taygète où mènent leurs bacchanales les vierges de Laconie ! Oh ! qui me pourrait mettre dans les vallées glacées de l’Hémus, et me couvrir de l’ombre épaisse des grands arbres ! »[69].
  26. Par exemple :« Fai lusi toun blound calèu ! Coucho l'oumbro emai li fièu ! Fai te vèire, bèu soulèu ! Pèr te vèire, li piboilo Sèinpre escalon que plus aut » (Fais briller ta blonde lampe, Chasse l'ombre et les fléaux ! Montre-toi, beau soleil ! Pour te voir, les peupliers Montent de plus en plus haut).
  27. Écrit vers 450 à Rome, il ne lui manque que les cinq premières églogues et le début de la 6e. Une note à la fin des Bucoliques signale qu'il a été corrigé par Turcius Rufius Apronianus Asterius, consul en 494[85].
  28. Trois, en particulier, qui sont conservés, respectivement : à la Bibliothèque Ambrosienne de Milan (ms. A 49 inf.), à la Bibliothèque Palatine de Parme (Parm. 679) et à la Bibliothèque de l'université de Cambridge (ms. Ee 5.5)[88].
  29. Ce qui est un involontaire et précieux témoignage des techniques agricoles utilisées à l'époque de la rédaction du manuscrit[91].
  30. Disponible sur Gallica : « Géorgiques, livres I à IV »
  31. cette citation, souvent transcrite au présent Labor omnia vincit improbus et traduite « Un travail acharné vient à bout de tout », déforme la pensée de Virgile en donnant un sens erroné à improbus, qui veut dire malhonnête, trompeur, fourbe, et non opiniâtre. Au temps de l'âge d'or la nature était honnête, innocente, dit Virgile. Les arts ont ensuite amené le règne de l'artificiel, donc de la ruse et du mensonge[104],[105]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Virgile 2015, p. XLIX, préface de Jane Dion.
  2. Horace, Satires, I, vi, 54-55.
  3. Virgile 2019, p. 36.
  4. Géorgiques, IV, v. 534-536.
  5. a et b Virgile 2015, p. 1053, Appendice : Vie de Virgile par Donat.
  6. Virgile 2015, p. XXXVII, préface de Jane Dion.
  7. a et b Virgile 2015, p. 1104, note 25 sur Bucolique VI.
  8. Virgile 2015, p. 1114, note 2 sur Bucolique X.
  9. Virgile 2019, p. 16.
  10. a et b Virgile 2015, p. XL-XLI, préface de Jane Dion.
  11. Vie des douze Césars, « Vie d'Auguste », XLVI.
  12. Jacques Perret 1967, p. 51-55.
  13. (en) A companion to the study of Virgil, Leiden etc., Brill, , p. 86-87 (2e édition).
  14. a et b Virgile 2015, p. XXXIV, préface de Jane Dion.
  15. Virgile 2015, p. 1117, notice d'Alain Michel.
  16. Virgile 2015, p. 1118, notice d'Alain Michel.
  17. Virgile 2019, p. 30 et 33.
  18. Marie Soyeux, l'été d'un écrivain, La Croix, .
  19. Virgile 2015, p. 1138, note 10.
  20. Virgile 2015, p. 1134, Jeanne Dion.
  21. a et b Virgile 2015, p. 1135, Jeanne Dion.
  22. Définitions lexicographiques et étymologiques de « Aire » du Trésor de la langue française informatisé, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales
  23. a b et c Virgile 2015, p. 1136, Jeanne Dion.
  24. Virgile 2015, p. 1147, note 110.
  25. Jacques Perret 1967, p. 65.
  26. Jacques Perret 1967, p. 66.
  27. Virgile 2015, p. 1118 Notice d'Alain Michel.
  28. Virgile 2015, p. 1127 Notice d'Alain Michel.
  29. Virgile 2015, p. 1126 Notice d'Alain Michel.
  30. Virgile 2015, p. 1155, note 1.
  31. Alain Michel, introduction au livre III, Virgile 2015, p. 1153.
  32. Jacques Perret 1967, p. 61-63.
  33. a et b Alain Michel, introduction au Livre III, Virgile 2015, p. 1154.
  34. Virgile 2015, p. 1156, note 18.
  35. Jacques Perret 1967, p. 63.
  36. Virgile 2015, p. 1158, note 46.
  37. Virgile 2015, p. 1159, note 50.
  38. Jacques Perret 1967, p. 60-61.
  39. Virgile 2015, p. 1161, note 1.
  40. Virgile 2015, p. 1162, note 26.
  41. Virgile 2015, p. 1128 (Notice).
  42. Virgile 2015, p. 1160.
  43. Virgile 2015, p. 1159, présentation d'Alain Michel.
  44. Virgile 2015, p. 1165, note 57.
  45. Virgile 2015, p. 1175, note 7.
  46. Virgile 2015, p. 1168.
  47. Virgile 2015, p. 1052, Vie de Virgile par Donat.
  48. « Histoire de la lecture (Lecture orale et lecture silencieuse) », sur Université de Genève.
  49. Virgile 2019, p. 20.
  50. Virgile 2015, p. 1115, Notice d'Alain Michel.
  51. Virgile 2015, p. 1116, Notice d'Alain Michel.
  52. Virgile 2015, p. 1117, Notice d'Alain Michel.
  53. Virgile 2019, p. 41.
  54. Marcel Le Glay, Rome, grandeur et déclin de la République, Perrin, , p. 60.
  55. Paul Petit, Histoire générale de l'Empire romain, t. 1, Le Seuil, coll. « Points Histoire », , p. 22.
  56. « Proserpine », sur Dicoperso.com.
  57. Géorgiques, I, v. 40-43.
  58. Virgile 2019, p. 57.
  59. Jacques Fontaine 1978, p. 52.
  60. Élizabeth BINE, « Columelle, lat. Lucius Junius Moderatus Caius (Ier s.) », Encyclopædia Universalis.
  61. a et b Virgile 2015, p. L, préface de Jane Dion.
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  63. Virgile 2015, p. LI, préface de Jane Dion.
  64. Jacques Fontaine 1978, p. 54.
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  66. a et b Virgile 2015, p. LV, Philippe Heuzé, La fortune de Virgile.
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  68. « Le songe d'un habitant du Mogol (orthographe d'époque) », sur Wikisource.
  69. Traduction « Géorgiques, livre II, vers 475 sqq. », sur BCS (Louvain).
  70. Voir Amédée Guiard, Virgile et Victor Hugo, Blound et Cie, .
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  72. Pierre Campion, « Micro-études dans Hugo », [PDF].
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  74. Joël Thomas, p. 5
  75. J. Giono, Les pages immortelles de Virgile, Paris, Buchet-Chastel, .
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  79. Jérôme Lindon, « Les Géorgiques, présentation », sur Les Éditions de Minuit, .
  80. Sabine Gignoux, « Michel Pastoureau aux Rendez-vous de l'histoire », La Croix, no 41228,‎ 13-14 octobre 2018.
  81. Virgile 2019, p. 26 (préface).
  82. Julie Blanc, « Des hippies aux néopaysans », sur Reporterre, (consulté le 10 septembre 2019)
  83. Frédéric Boyer, « Le souci de la terre, chronique », sur La Croix, .
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  85. (en) « The Codex Mediceus of Virgil Written in Rustic Capitals », sur HistoryofInformation.com.
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  87. Perrine Mane 1995, p. 235
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  90. Perrine Mane 1995, p. 240-241
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  94. « Élements biographiques », sur data.bnf.fr.
  95. Virgile 2015, p. LXXXVII.
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  97. Virgile 2015, p. LVII, La Fortune de Virgile, par Philippe Heuzé.
  98. Virgile 2019, p. 49.
  99. Virgile 2015, p. LXII, La Fortune de Virgile, par Philippe Heuzé.
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  102. « Liste des bénéficiaires depuis 1880 », sur Académie Française (consulté le 7 juin 2018).
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  104. Virgile 2005, p. 1125-1126.
  105. Virgile 2019, p. 39.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Virgile (trad. Frédéric Boyer), Le souci de la terre, Paris, Gallimard, , 254 p. (ISBN 978-2-07-284033-3)
  • Joël Thomas, VIRGILE- Bucoliques, Géorgiques, ELLIPSES, (lire en ligne), sur HAL/archives ouvertes, avril 2018
  • Virgile (trad. Jeanne Dion, Philippe Heuzé, Alain Michel), Œuvres Complètes, Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », , 1386 p. (ISBN 978-2-07-011684-3). Édition bilingue, précédée d'une introduction, pages X à LXXXIX). Cette édition intégrale reprend la traduction et l'appareil critique des Géorgiques, par Alain Michel, qui datent de 1997.
  • Perrine Mane, Mélanges de l'École française de Rome. Moyen Âge, Temps modernes, t. 107, (lire en ligne), « Enluminures médiévales des Géorgiques de Virgile », p. 233-329, sur Persée.fr.
  • Roger Lesueur, « La fantaisie dans le livre IV des Géorgiques de Virgile », Vita Latina, no 138,‎ , p. 25-33 (lire en ligne) sur Persée.fr.
  • Jacques Fontaine, Bulletin de l'Association Guillaume Budé, no 1, (lire en ligne), « La conversion du christianisme à la culture antique : lecture chrétienne de l'univers bucolique de Virgile », p. 50-75, sur Persée.fr.
  • Jacques Perret, Virgile, Hatier, coll. « Connaissance des lettres », , 192 p.
  • Pierre Courcelle, Mélanges d'archéologie et d'histoire, t. 56, (lire en ligne), « La tradition antique dans les miniatures inédites d'un Virgile de Naples », p. 249-279, sur Persée.fr.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

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