Troie

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Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne la cité légendaire de Troie. Pour le site archéologique d'Hissarlik en Turquie, voir Site archéologique de Troie.

Troie *
Image illustrative de l’article Troie
Les murs de l'acropole appartiennent à Troie VII, qui est identifiée comme le site de la Guerre de Troie vers 1200 av. J.-C.
Coordonnées 39° 57′ 27″ nord, 26° 14′ 20″ est
Pays Drapeau de la Turquie Turquie
Type Culturel
Critères ii, iii, vi
Numéro
d’identification
[http://whc.unesco.org/en/list/849 849 849]
Année d’inscription 1998 (22e session)

Géolocalisation sur la carte : Turquie

(Voir situation sur carte : Turquie)
Troie

Géolocalisation sur la carte : Grèce

(Voir situation sur carte : Grèce)
Troie
* Descriptif officiel UNESCO
** Classification géographique UNESCO

Troie (en grec ancien Τροία / Troía et en turc Truva) est une cité disparue, à la fois historique et légendaire, située à l’entrée de l'Hellespont, non loin de la mer Égée, en Troade, en Asie Mineure, dans l'actuelle Turquie, à Hissarlık.

Son nom viendrait du hittite Taruiša (« rivières ») selon les linguistes[1] ou de Tros, le héros de Troie, selon la mythologie ; elle est aussi appelée Teucrie par les poètes, du nom de son premier roi mythique, Teucros de Phrygie, ou encore Ilios (en grec ancien Ἴλιος / Ílios) ou Ilion (en grec ancien Ἴλιον / Ílion), qui selon les linguistes pourrait provenir du hittite Wilusa, et selon la mythologie du nom de son fondateur : Ilos.

Avec l'Éolide, la Troade était l'une des sous-régions de la Mysie, et elle était également connue sous le nom de Phrygie hellespontique à l'époque achéménide.

Mentionnée pour la première fois par Homère, elle est au centre de nombreuses légendes de la mythologie grecque, et notamment de la guerre de Troie à laquelle se rattachent les récits du Cycle troyen.

La Troie légendaire[modifier | modifier le code]

Fondation[modifier | modifier le code]

La Troie imaginaire des Chroniques de Nuremberg.
Gravure sur bois (1493).
Carte de la Troade, incluant le site de Troie.

Selon la légende, Dardanos est considéré comme le fondateur de la dynastie des rois troyens. Il fuit le déluge et trouve asile auprès du roi Teucros de Phrygie. Après la mort de Teucros, il devient le seul héritier, en se mariant avec Batia, la fille du roi Teucros. On retrouve le nom de Dardanos pour désigner une tribu thrace ou illyre des Balkans : les Dardanes, ce qui suggèrerait des liens entre l'Europe et les Troyens (sachant que les voisins bythiniens des Troyens étaient des Thraces). Tros, petit-fils de Dardanos, est le héros éponyme de la Troade et de Troie. La ville elle-même est fondée par son fils Ilos.

Laomédon, le fils d'Ilos, lui succède sur le trône. Poséidon et Apollon, punis par Zeus, ont bâti pour ce roi cruel les murs de Troie, mais n'ont finalement pas reçu le salaire promis et, offensés par le roi, qui les menace de leur couper les oreilles, ils se vengent. Apollon envoie une épidémie de peste, et Poséidon ordonne à un monstre marin de dévorer les habitants et de dévaster les champs en vomissant de l’eau de mer.

L’oracle de Zeus, Ammon, conseille à Laomédon de sacrifier sa fille Hésione, en l'abandonnant nue, avec ses seuls bijoux, sur le rivage de la Troade, afin qu'elle soit dévorée par le monstre.

L'expédition d'Héraclès contre Troie[modifier | modifier le code]

Les frontons du temple d'Aphaïa à Égine représentent les deux « guerres de Troie » : le raid d'Héraclès (fronton est, en haut) et la guerre des chefs achéens (fronton ouest, en bas). Musée de Munich.

C’est ainsi qu’Héraclès, qui suivait Jason à la recherche de la toison d'or en Colchide, trouve Hésione enchaînée à un rocher sur le rivage de Troie, entièrement nue et parée de ses seuls bijoux. Il brise ses chaînes et offre de tuer le monstre marin en échange de deux chevaux blancs immortels, que Zeus avait offerts à Tros, le grand-père de Laomédon, pour le prix de l'enlèvement de Ganymède[2].

Les Troyens construisent alors un haut mur à quelque distance du rivage. Lorsque le monstre atteint le mur, il ouvre ses énormes mâchoires, et Héraclès s'engage armé dans la gorge du monstre. Après trois jours, il sort victorieux du ventre du monstre. Laomédon aurait alors trompé Héraclès en substituant deux chevaux ordinaires aux chevaux immortels promis. Héraclès s'embarque très en colère après avoir menacé de mener la guerre contre Troie.

Celui-ci recrute des soldats à Tirynthe et affrète des bateaux (6 à 18, suivant les sources) ; il compte parmi ses alliés Iolaos, Télamon, Pélée, Oïclès l'Argien, Déimaque le Béotien. Il débarque près de Troie, en confiant la garde des navires à Oïclès. Laomédon envoie le peuple équipé d'épées et de torches brûler les navires d'Héraclès, mais Oïclès résiste jusqu'à son dernier souffle et permet à ceux-ci de reprendre la mer.

Héraclès ordonne l’assaut immédiat de la ville, et c'est Télamon qui réussit à créer une brèche dans la muraille et à pénétrer dans la ville. Héraclès tue Laomédon et tous ses fils, à l'exception du jeune Podarcès. Hésione est attribuée à Télamon en récompense ; elle a la permission de racheter le prisonnier de son choix, et achète son frère Podarcès pour le prix du voile d'or qu'elle porte au front. Ceci vaut à Podarcès le nom de Priam, qui signifie « racheté ».

Après avoir brûlé la ville et dévasté les environs, Héraclès s’éloigne de la Troade avec Glaucia, fille du fleuve Scamandre, et en laissant Priam sur le trône.

La guerre de Troie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Guerre de Troie.

L’histoire légendaire de la guerre entre Hellènes et Troyens est le sujet de l’Iliade d'Homère, des épopées du cycle troyen et l'un des sujets de l’Énéide de Virgile, dans laquelle Énée doit abandonner Troie, événement qui mène très indirectement à la fondation de Rome, récit apocryphe servant bien entendu à l'édification de l'Empire romain.

L’origine de la guerre de Troie est l'enlèvement par Pâris, prince troyen, d’Hélène, épouse de Ménélas, roi de Sparte. Pour punir les Troyens, les rois grecs se coalisent et mettent le siège devant la cité. Au bout de dix ans de siège, les Grecs pénètrent dans la ville grâce à la ruse d'Ulysse : le cheval de Troie.

Durant ces événements, le roi de Troie est Priam, et la reine est Hécube.

Mythologie comparée[modifier | modifier le code]

La mythologie comparée consiste à comparer des récits et des mythes entre eux, et à rechercher les projections de ces mythes à l'intérieur d’une même sphère socio-linguistique, suivant en cela Georges Dumézil. Cette comparaison est de nos jours facilitée par la numérisation des textes et leur traitement selon leurs caractéristiques, permettant de déceler la diversité des sources et la chronologie des interpolations.

Selon cette analyse, aucun élément concernant la guerre de Troie n’est démontrable : elle ne serait qu’un mythe héroïsé, une agrégation d’archétypes récurrents plaqués sur des réalités géographiques et historiques (les nombreux conflits d’époques différentes que l’archéologie révèle sur le site)[3].

La numérisation permet aussi de découvrir que plusieurs courants philosophiques traditionnels considéraient déjà le siège de Troie comme allégorique et non historique. Parmi ceux-ci, le courant hermétique n'est pas le moindre. À titre d'exemple, citons Michaël Maïer, qui dans Arcana arcanissima, écrit en 1613 : « Quant au siège de Troie et sa réduction en cendres, Homère n'a, mystiquement et occultement, rien voulu entendre d'autre que la période et le contour du vase philosophique dans lequel la matière du principe (Hélène et Pâris) est contenue, étroitement recluse par son feu qui l'entoure, vaporeux et digérant. C'est Hélène elle-même la cause du combat, et dans le sein de laquelle se cache Pâris, le fainéant adultère. »[4]

La Troie historique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Site archéologique de Troie.
Carte de 1888 situant Troie à l’emplacement du site archéologique d’Hissarlik.
Reste des illustres remparts de Troie (Troie VII, identifiée comme la Troie homérique, vers 1200 av. J.-C.).

Selon l’Iliade, Troie était située sur les deux sources du Scamandre, l'une dégageant des vapeurs chaudes, et l'autre glacée. Cependant, lorsque les habitants grecs d'Ilion revendiquèrent l'héritage troyen, ils furent qualifiés de vaniteux. De plus, le géographe grec Strabon déclara que le site véritable se trouvait à 5,6 km de là, au « village des Troyens ».

Au printemps 334 avant notre ère, Alexandre de Macédoine franchit les Dardanelles avec son armée et il amorce ainsi la conquête de l'Empire perse. Il s'arrête sur le site supposé de Troie[5].

Le voyageur français Lechevalier affirma, à la fin du XVIIIe siècle, que Troie était le village de Bunarbashi (ce nom signifie « tête de source »), qui se trouvait au pied d'une colline rocheuse d'où jaillissaient plusieurs sources. Pendant deux générations, les chercheurs oublièrent que ces sources avaient la même température (mais il est vrai que de tels phénomènes géophysiques sont rarement pérennes). Heinrich Schliemann lui-même ne trouva pas trace de la ville à cet emplacement et se rabattit sur la colline d'Hissarlik, une éminence située à 4,8 km de la côte entre deux fleuves, nommés Simoïs et Scamandre dans l’Iliade (aujourd’hui Dımbrek et Kara-Menderes).

Comme souvent les légendes anciennes et les réalités topographiques modernes ne concordent pas exactement, même si des convergences existent. Cependant, le site d’Hissarlık est aujourd’hui reconnu sous le nom de « site archéologique de Troie » par l’UNESCO, qui l’a inscrit sur la liste de son patrimoine mondial en 1998.

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. R. S. P. Beekes, Etymological Dictionary of Greek, Brill, 2009, p. 1511.
  2. A. Tourraix, E. Gény, L'Orient, mirage grec, Presses universitaires franc-comtoises, p. 109.
  3. À ce propos, Paul Veyne affirmait dans son ouvrage Les Grecs ont-ils cru à leurs mythes ? Essai sur l'imagination constituante : « Critiquer les mythes n'est pas en démontrer la fausseté, mais plutôt retrouver leur fond de vérité ».
  4. Michaël Maïer, Les Arcanes très secrets de Michaël Maïer, Grez-Doiceau, Éditions Beya, , XXI + 444 p. (ISBN 2-9600364-5-X), p. 378.
  5. https://www.persee.fr/docAsPDF/gaia_1287-3349_2004_num_8_1_1463.pdf

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Homère, Iliade [détail des éditions] [lire en ligne].
  • (de) Latacz Joachim, Troia und Homer. Der Weg zur Lösung eines alten Rätsels, Piper, 2003.
  • Virgile, Énéide [détail des éditions] [lire en ligne]. Relate la prise finale de Troie et les voyages d'Énée jusque dans le Latium.
  • M. García Esperón, Le disque de Troie, roman, Mexique, 2006. Relate la fondation de Troie par Escamandro et Teucro, le royaume de Dardane et la constitution du Palladion comme objet sacré.
  • Sophocle, Ajax et Philoctète. Pièces de théâtre qui mentionnent toutes deux des épisodes de la guerre de Troie riches en signification.
  • Euripide, Hécube, Les Troyennes, Iphigénie en Tauride, Hélène, Iphigénie à Aulis, Rhésos.
  • Emmanuel d'Hooghvorst, Le Fil de Pénélope, tome I. Les personnages de la guerre de Troie y sont commentés et expliqués dans le sens hermétique. Éditions Beya, 2009. (ISBN 978-2-9600575-3-9).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]