Trésor d'Atrée

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Trésor d'Atrée
Treasury of Atreus Mycenae.jpg
Le dromos et l'entrée du Trésor d'Atrée.
Présentation
Type
Civilisation
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Le Trésor d'Atrée, parfois appelé Tombe ou Tombeau d'Agamemnon, est une tombe à tholos de l'époque mycénienne, située à Mycènes, en Grèce.

Localisation[modifier | modifier le code]

Carte du site de Mycènes, avec le Trésor d'Atrée situé au sud-ouest, au numéro VIII.

Le Trésor d'Atrée fait partie d'un ensemble de neuf tombes à tholos, construites sur le site de Mycènes, dans le Péloponnèse[1] ; il s'agit de « l'exemple le plus abouti » de cette architecture, en étant la plus grande et la plus ornée des tombes à tholos[1],[2]. Il est situé à l'extérieur de la citadelle de Mycènes[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Construction et usage protohistorique[modifier | modifier le code]

Le trésor d'Atrée est une tombe d'époque mycénienne, construite dans les siècles précédant et la période marquant la destruction des palais mycéniens et la fin de la civilisation mycénienne, mais sa datation plus précise fait débat[2].

Certains chercheurs, en utilisant les céramiques retrouvées, suggère une datation autour de [2] ; d'autres suggèrent que la construction remonte au XIVe siècle av. J.-C. et que la tombe est utilisée sur le temps long[2]. La date faisant consensus est celle d'environ , correspondant à une période de reconstruction dans la ville de Mycènes[2].

Cette tombe, présentant une architecture ostentatoire, est utilisée par plusieurs individus, sans doute membres des couches sociales les plus élevées de la ville de Mycènes, peut-être des rois[2].

Durant l'Antiquité[modifier | modifier le code]

Dans son ouvrage Description de la Grèce, Pausanias, au IIe siècle, décrit plusieurs tombes à tholos à Mycènes, auxquelles il donne des noms de personnages issus de mythes grecs, dont ceux d'Atrée et d'Agamemnon[3],[4]. Cela s'explique par la méconnaissance du passé mycénien pour leurs successeurs antiques, qui rattachent les vestiges encore visibles à un passé mythique[2].

Dès la période antique, des pillages ont lieu, dus à la visibilité de la tombe dans le paysage[1], rendant l'identification des individus inhumés plus difficile[2].

Redécouverte[modifier | modifier le code]

L'ouvrage de Pausanias est utilisé par l'archéologue allemand Heinrich Schliemann qui, lorsqu'il redécouvre ces tombes, nomme la plus imposante d'entre elles le « Trésor d'Atrée »[4], bien qu'il ne s'agisse pas d'un trésor. La tombe est également nommée « Tombe d'Agamemnon » en grec[2].

Néanmoins, rien n'indique que cette tombe ne puisse être rapprochée à un membre de la famille des Atrides, personnages mythiques[1],[2]. De plus, la tombe est antérieure à la date présumée de la guerre de Troie, indiquant que les individus inhumés ne sont pas des personnages magnifiés de l'œuvre homérique[4].

Description[modifier | modifier le code]

Section et plan du Trésor d'Atrée.

Dromos et entrée[modifier | modifier le code]

Détail de la maçonnerie du mur cyclopéen du dromos.

L'accès à la tholos se fait par une entrée inclinée et découverte ou dromos (« route »), longue de 36 m et large de 6 m, constituée de murs de pierres sèches cyclopéens[5],[6]. Le dromos est rebouché, afin de cacher l'entrée de la tombe et de rendre les pillages plus difficiles ; lors d'une nouvelle inhumation, il est vidé puis rempli de nouveau après les cérémonies[2].

L'entrée de la tombe est surmontée d'un linteau monolithique, à la masse et aux dimensions importantes : il pèse 120 t et mesure 9 m de long, 5 m de profondeur et 0,9 m de hauteur[6]. Ce linteau est lui-même surmonté d'un triangle de décharge[6], selon le même procédé que la porte des Lionnes de Mycènes[2]. Des dalles de marbre rouge et vert ferment à l'origine ce triangle de décharge, afin d'éviter que la terre remplissant le dromos ne se renverse dans la tombe[2].

Éléments de la façade du Trésor d'Atrée, conservés au British Museum.

Deux colonnes en calcaire vert de style minoen sont à l'origine engagées dans la façade ; conservées au British Museum, elles sont constituées de motifs de zigzags et de spirales[2],[6]. Des portes en bois massif, gainées de bronze, ferment à l'origine la tombe[2],[7].

Salle principale[modifier | modifier le code]

Intérieur de la salle principale.

La salle principale de la tombe à tholos, de plan circulaire[2], est recouverte d'une assemblage de blocs de pierres, placés en encorbellement, taillés et polis pour donner l'impression d'une voûte[6] : les blocs sont disposés en rangées horizontales, qui diminuent au fur et à mesure, de même que la dimension des blocs[2]. La salle est creusée dans la terre meuble d'une colline basse, les blocs sont placés par en haut[2].

Avec une hauteur intérieure de 13,4 m et un diamètre de 14,6 m[5], le Trésor d'Atrée possède la plus large voûte du monde pendant plus d'un millénaire[7], jusqu'à la construction du temple dit de Mercure à Baïes et du Panthéon de Rome[réf. nécessaire].

Cette salle principale n'accueille pas de sépulture, mais sert probablement aux différents rituels[6].

Salle latérale[modifier | modifier le code]

Les sépultures sont situées dans une petite chambre latérale, creusée dans la roche[6].

Dans la culture[modifier | modifier le code]

Le Trésor d'Atrée apparait dans le jeu vidéo Assassin's Creed Odyssey, sous le nom de Tombeau d'Agamemnon, à l'extérieur de Mycènes. Néanmoins, son apparence n'est pas tout à fait fidèle à la réalité : le dromos n'est pas représenté, la façade n'est pas similaire à celle du monument et l'ensemble n'est pas creusé dans la terre, mais dans la roche[7] ; son apparence se rapproche ainsi des tombes à chambre de la fin de l'Âge du bronze, plus petites et simples, creusées dans la roche[2],[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c et d Le Guen 2019, p. 128-130.
  2. a b c d e f g h i j k l m n o p q r s et t (en) Josho Brouwers, « The “Treasury of Atreus” : A Late Bronze Age tomb near Mycenae », sur joshobrouwers.com, (consulté le ).
  3. Pausanias, Description de la Grèce [détail des éditions] [lire en ligne], II, XVI.
  4. a b et c Mireia Movellán Luis, « Mycènes, la citadelle mythique », sur nationalgeographic.fr (consulté le ).
  5. a et b André Tiret, « Stabilité des coupoles en pierres sèches édifiées sans cintre », Archéam, no 7,‎ (lire en ligne [PDF]).
  6. a b c d e f et g (en) « Treasury of Atreus », sur britannica.com, (consulté le ).
  7. a b c et d (en) Josho Brouwers, « Assassin’s Creed: Odyssey. Exploring ancient Mycenae : Around Mycenae », sur joshobrouwers.com, (consulté le ).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • (en) Leicester Bodine Holland et Alan Wace, « Excavations at Mycenae : § IX.—The Tholos Tombs », The Annual of the British School at Athens,‎ , p. 283-402 (lire en ligne Accès limité [PDF]).
  • Charles Picard, « La Date Du Trésor d’Atrée », Revue archéologique, vol. 15,‎ , p. 253-256 (lire en ligne Inscription nécessaire, consulté le ).
  • (en) Alan Wace, « The Treasury of Atreus », Antiquity, vol. 15, no 55,‎ , p. 233-249 (lire en ligne Accès limité [PDF], consulté le ).
  • (en) Alan Wace, Mycenae: an archaeological history and guide, Priceton, Princeton University Press, , 298 p. (lire en ligne Inscription nécessaire), chap. VI-A (« The site outside the citadel: The approach - The Treasury of Atreus - The Panagia Tomb »), p. 26-34.
  • (en) Maria Teresa Como, « The Construction of Mycenaean Tholoi », Proceedings of the Third International Congress on Construction History, Cottbus, May 2009,‎ (lire en ligne [archive du ] [PDF], consulté le ).
  • [Le Guen 2019] Brigitte Le Guen (dir.), Maria Cecilia D'Ercole et Julien Zurbach, Naissance de la Grèce : de Minos à Solon, 3200 à 510 avant notre ère, Paris, Belin, coll. « Mondes anciens », , 686 p. (ISBN 978-2-7011-6492-2), chap. III (« Le monde mycénien (1450-1180) »), p. 123-179. Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]