Clientélisme

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Le clientélisme est un système d'échanges interpersonnels non marchands de biens et de services échappant à tout encadrement juridique, entre des individus disposant de ressources inégales (le « patron » et ses « clients »)[1]. Lorsqu'un patron a plusieurs clients, on parle de clientèle[2].

Jean-François Médard distingue deux types de clientélisme : formel – quand il est codifié comme le cas du féodalisme – et informel – aussi appelé patronage[3]. Le clientélisme peut prendre la forme du favoritisme lorsque le « patron » cherche à élargir sa sphère d'influence par l'octroi d'avantages indus.

Antiquité[modifier | modifier le code]

Le clientélisme est la relation qui à Rome unissait un patron à son client. Le client (« celui qui obéit »), individu de position sociale modeste, se mettait sous la protection du riche patron, qui lui assurait une aide matérielle régulière en échange de divers services : appui électoral, accompagnement au forum, soutien lors des procès.

Lors de la crise de la République romaine, les démagogues se constituaient des clientèles nombreuses, et transformaient parfois leurs apparitions au forum en manifestations réunissant plusieurs centaines de personnes.

Article connexe : Évergétisme.

Mawla[modifier | modifier le code]

Terme couvrant l'état de mawla (arabe). Dans le monde arabe, aux premiers siècles de l'islam, les tribus possédaient des esclaves qu'ils affranchissaient assez souvent ; ceux-ci devenaient alors des mawâlî (pluriel de mawlâ') ou clients du personnage dont ils avaient été l'esclave. Ainsi, des gens de l'extérieur venaient agrandir le groupe. Cette pratique largement utilisée dans les pays conquis joua un rôle essentiel dans le mouvement d'intégration des conquérants minoritaires dans les zones dominées. Les habitants libres de la région une fois convertis, ou bien des esclaves, devenaient des clients de la tribu et recevaient ainsi des charges importantes de la part des chefs de clans et, parfois, pouvaient atteindre rapidement des postes de responsabilité et un rang social élevé.

Définition politique[modifier | modifier le code]

Terme péjoratif inspiré de la pratique antique et couvrant les relations intéressées entre politiques et citoyens. Cette notion est aussi utilisée pour qualifier les relations entre les juges des tribunaux de commerce et les commerçants.

Le clientélisme s'entend ici comme une faveur injustifiée accordée à une personne, souvent en échange de son vote. Les députés français sont parfois accusés de clientélisme en faveur de leurs administrés locaux, en faisant pression sur le gouvernement pour l'obtention de crédits en faveur de leur circonscription.

Exemple : un juge de commerce rend un jugement favorable, ou une personnalité politique octroie un appartement (affaire des HLM de Paris), en échange d'un soutien futur (vote, soutien de la campagne électorale…).

Dans bien des régions les liens de clientèle politique basés sur le service rendu passent d'une génération à l'autre, c'est le clanisme comme en Corse. Si le lien est fondé sur la contrainte économique ou la violence c'est le caciquisme.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Louis Briquet et Frédéric Sawicki, Introduction, Presses Universitaires de France, (ISBN 9782130495543, lire en ligne)
  2. clientélisme, article sur universalis.fr
  3. Médard [1976], p. 118.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Médard (Jean-François) [1976], «Le rapport de clientèle : du phénomène social à l'analyse politique.», Revue française de science politique, 26e année, no 1, p. 103-131, voir en ligne sur Persée

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]