Anchise

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Énée portant Anchise, œnochoé à figures noires, v. 520-510 av. J.-C., musée du Louvre (F 118)

Dans la mythologie grecque, Anchise (en grec ancien Ἀγχίσης / Ankhísês) est le fils de Thémithé et de Capys. Il est le père d'Énée, qu'il eut de la déesse Aphrodite. Il est un des descendants de Tros, le héros éponyme de la Troade, son grand-père est Assaracos.

Mythe[modifier | modifier le code]

Énée fuyant Troie avec son père Anchise sur son dos, par Federico Barocci (1598)

Selon la tradition, il fut remarqué par la déesse alors qu'il gardait un troupeau sur le mont Ida. Pour parvenir à ses fins, Aphrodite lui fit croire qu'elle était une mortelle. Elle ne révéla sa véritable identité qu'après s'être unie avec Anchise : elle lui annonça alors qu'elle lui donnerait un fils qui serait élevé par les nymphes jusqu'à l'âge de cinq ans, âge auquel elle le remettrait entre ses mains. Elle lui fit également promettre de taire cette union contre nature. (Le pseudo-Apollodore attribue un autre fils à Anchise et Aphrodite, Lyros, dont on ne sait rien d'autre.)

Mais un jour qu'Anchise était ivre, il oublia la parole donnée et se vanta de son aventure. Zeus, pour le punir, le frappa d'un éclair, mais Aphrodite détourna le coup, qui ne fit que l'effleurer, et le rendit boiteux.

À la mort de Laomédon et à l'intronisation de son fils Priam, un oracle d'Aphrodite déclara préférer Anchise comme nouveau roi de Troie[1].

Avant la guerre de Troie, Anchise croise Évandre, alors enfant et plein d'admiration pour lui, alors que Priam lui-même vient visiter l'Arcadie et surtout sa sœur Hésione qui se trouve en Grèce depuis la défaite des Troyens et de leur roi Laomédon contre Héraclès[2],[3].

Bien plus tard, Anchise se retrouve mêlé à une des scènes les plus fameuses de la prise de Troie, qui voit Énée fuir la ville emportant son père sur ses épaules. Il s'embarque alors avec ses dieux pénates et ce qu'il possède de plus précieux. Il vit ensuite jusqu'à l'âge de quatre-vingts ans et sera enterré sur le mont Ida selon Homère ou, selon Virgile, à Drépane, en Sicile, où son fils lui élève un tombeau.

Dans l'Énéide, Virgile le situe au sein des Champs Élysées, instruisant Énée quant à sa destinée et à celle de ses descendants, les Romains. La tradition attribue en effet à Anchise des dons prophétiques[4].

Dans la Divine Comédie de Dante (Enf. I-76) Virgile fait référence à Énée en l'appelant fils d'Anchise.

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Scholie sur l'Iliade d'Homère, Chant 20, 307 citant Acousilaos (FGrHist 2F39). Voir (grc) Gulielmus Dindorfius, Scholia Graeca in Homeri Iliadem, t. 2, Londres, A. Macmillan et Socios, , env. 436 p. (lire en ligne [PDF]), p. 204-205 (213).
  2. Virgile, Énéide [détail des éditions] [lire en ligne], VIII, 157-168.
  3. Servius, Commentaires sur l'Énéide de Virgile (In Vergilii Aeneidem commentarii) latin sur le site anglophone Perseus VIII, 157.
  4. Ennius, Annales[Où ?] ; Denys d'Halicarnasse, Antiquités romaines [détail des éditions] [lire en ligne], I, 48, 2.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]