Pélops

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Pélops (homonymie).

Pélops
Pélops et Hippodamie pendant la course de chars, sur un bas-relief conservé au Metropolitan Museum of Art à New York.
Pélops et Hippodamie pendant la course de chars, sur un bas-relief conservé au Metropolitan Museum of Art à New York.

Nom original Πέλοψ / Pélops
Sexe Masculin
Famille Tantale (père)
Niobé (sœur)
Hippodamie (femme)
Atrée, Thyeste, etc. (fils)
Nicippé (fille)

Dans la mythologie grecque, Pélops (en grec ancien Πέλοψ / Pélops, étymologie obscure), fils de Tantale et Dioné (ou d'Euryanassa selon les auteurs), est l'ancêtre des Atrides à Mycènes et donna son nom au Péloponnèse. Il fut aussi l'éromène de Poséidon[1]. Il est principalement connu dans l'Antiquité pour l'épreuve de course de chars qu'il remporte contre le roi de Pisa Œnomaos afin d'obtenir la main de sa fille Hippodamie.

Mythe antique[modifier | modifier le code]

Enfance et banquet de Tantale[modifier | modifier le code]

Selon Ovide, Pélops fut tué dans son enfance par son père Tantale, qui le servit aux dieux lors d'un banquet pour tester leur omniscience. Les dieux comprirent la supercherie et ramenèrent Pélops à la vie. Ils lui donnèrent une épaule en ivoire pour remplacer celle que Déméter, la seule divinité qui n'avait pas reconnu sa nourriture, avait mangée[2]. Certaines traditions affirment que les descendants de Pélops avaient tous gardé une marque blanche sur l'épaule depuis cet épisode.

Enlèvement par Poséidon[modifier | modifier le code]

Ce fut à la suite de cette résurrection que, selon la première Olympique de Pindare, le dieu Poséidon tomba amoureux de l'adolescent et l'enleva afin d'en faire son amant et son échanson, comme plus tard Zeus le fit avec le jeune Ganymède[3]. Cependant, Pélops repartit sur terre sur ordre de Zeus à la suite du crime de son père Tantale. C'est ainsi que Pélops se rendit en Grèce où il fit la rencontre d'Hippodamie, sa future épouse.

Course de chars à Pisa et mariage avec Hippodamie[modifier | modifier le code]

Pélops obtint la main d'Hippodamie dans une célèbre course de char contre le père de celle-ci, Œnomaos, fils d'Arès et roi de Pise en Élide. Ce roi refusait d'accorder la main de sa fille à quiconque ne l'aurait pas d'abord vaincu dans une course de chars, et il avait l'habitude de tuer les prétendants qui perdaient contre lui. Or il remportait systématiquement la course grâce à des juments d'origine divine que lui avait offertes son père Arès.

Sur la façon dont Pélops remporta la course, les versions divergent. Dans la première Olympique de Pindare, Pélops gagne de façon honnête, grâce aux chevaux ailés que lui offre son ancien amant Poséidon. Une autre version est cependant connue par plusieurs auteurs antiques : Pélops soudoya Myrtilos, l'écuyer d'Œnomaos, pour qu'il sabote le char de son maître en en retirant une pièce ou en la remplaçant par une pièce modelée en cire qui fondit et se désagrégea pendant l'épreuve. Le char se disloqua et le roi mourut traîné par ses chevaux.

Par la suite, Pélops tua Myrtilos pour éviter de payer le prix de sa traîtrise, soit la moitié du royaume de son maître et une nuit avec Hippodamie qu'il convoitait depuis longtemps. En mourant, Myrtilos maudit Pélops et ses descendants. On attribua à cette malédiction les malheurs de la maison d'Atrée, le fils de Pélops.

Descendance[modifier | modifier le code]

Hippodamie donna à Pélops de nombreux enfants, dont Thyeste, Atrée, Alcyone, Trézène, Sicyon, Sciron, Coprée, Dias, Alcathoos, Nicippé, Cléoné, Eurydice, Eurymède et Pitthée. Pélops avait un autre fils, Chrysippe, qui n'était pas né d'Hippodamie mais d'une précédente union, soit avec la nymphe Danaïs, soit avec une mortelle nommée Axioché.

Assassinat de Chrysippos et exil d'Hippodamie[modifier | modifier le code]

Atrée et Thyeste, parfois à l'instigation d'Hippodamie, assassinèrent Chrysippos par jalousie envers ce fils que Pélops favorisait. Pélops exila alors Hippodamie et ses enfants, qui se répandirent un peu partout dans le Péloponnèse.

Le Pélops platonicien[4][modifier | modifier le code]

Platon donne le nom de Pélops comme dérivant de πέλας / pélas, qui signifie « près » en grec ancien, et de ὄψ / óps, qui signifie « vue, œil » en grec ancien, parce qu’il n’a pas anticipé, n’a pas pu percevoir que la mort de Myrtilos porterait malheur à sa descendance.

Arts figurés antiques[modifier | modifier le code]

Fronton est du temple de Zeus à Olympie[modifier | modifier le code]

Le fronton est du Temple de Zeus à Olympie, sculpté au milieu du Ve siècle avant J.-C., représente en bas-reliefs Pélops, Hippodamie, Œnomaos et peut-être Myrtilos, sans doute peu avant le départ de la course. Zeus, représenté aux côtés de Pélops, semble surveiller l'épreuve. Aux deux extrémités du fronton sont représentés les dieux-fleuves Alphée et Cladéos. La plupart des fragments du fronton sont parvenus jusqu'à nous, quoique l'ordre dans lequel sont disposés les personnages soit encore sujet à des interprétations divergentes.

Céramique grecque[modifier | modifier le code]

La céramique attique du Ve siècle, et surtout la céramique italiote du IVe siècle avant J.-C., représente régulièrement Pélops en privilégiant nettement les scènes liées à sa course de chars contre Œnomaos.

Postérité après l'Antiquité[modifier | modifier le code]

Le compositeur tchèque Jaroslav Vrchlický a composé une trilogie Hippodamie composée de trois mélodrames en quatre actes chacun : Námluvy Pelopovy (La Séduction entreprise par Pélops) en 1888-1889, Smír Tantalův (L'Expiation de Tantale) en 1890, et Smrt Hippodamie (La Mort d'Hippodamie) en 1891. Les mélodrames incluent un livret de Jaroslav Vrchlický.

Sources antiques[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. (en) Classical Mythology sur GLBTQ
  2. Le scholiaste de Lycophron (152) précise que la déesse était sans doute distraite par le chagrin dû à la disparition de sa fille Coré. D'après le scholiaste de Pindare, la déesse concernée aurait plutôt été Thémis ou Thétis selon les variantes de manuscrits.
  3. Pindare, Olympiques, I.
  4. Cratyle (394d)

Sur les autres projets Wikimedia :